SYLLOGISMES COMPOSÉS
Ce sont des syllogismes dans lesquels l'affirmation ou la négation implique une condition, une alternative ou une incompatibilité. D'après la Logique de Port-Boyal, ce sont des syllogismes dont la majeure enferme le conclusion (^).
I. — Hypothétique : syllogisme dont la majeure présente la conclusion comme soumise à une condition, vg. SHl est jour, il fait clair. — Il se produit sous un double mode :
A) Positif {modus ponens) : si l'on affirme la condition dans la mineure, il faut affirmer le conditionné dans la conclusion : Or il fait jour, Donc il fait clair.
B) Négatif {modus tollens) : si le conditionné est nié dans la mineure, il faut nier la condition dans la conclusion :
Or il ne fait pas clair, Donc il ne fait pas jour.
II. — Disjonctif : syllogisme dont la majeure est une proposition disjonctive : Pierre est debout, ou assis, ou couché.
A) Mode positivo-iiégatif {modus ponendo tollens) : si l'un des membres de la disjonction est affirmé dans la mineure, les autres doivent être niés copulativement dans la conclusion :
Or Pierre est debout, Donc il n'est ni assis, ni couché.
B) Mode négativo-positif {modus tollendo ponens) : si l'un des membres est nié dans la mineure, les autres doivent être affirmés disjonctivement dans la conclusion :
Or Pierre n'est pas debout, Donc il est assis ou couché.
III. — Copulatif ; c'est un syllogisme, dit Port-Royal, qui a pour majeure : « une proposition copulative niante » comme celle-ci : « Un homme n'est pas tout ensemble serviteur de Dieu et idolâtre de son argent. »
Dans le syllogisme disjonctif, la majeure pose une incompatibilité et, en même temps, une alternative : les deux termes ne peuvent être vrais ni faux ensemble.
Dans le syllogisme copulatif, la majeure pose une simple incompatibihté sans alternative. D'où il suit que, si les deux termes ne peuvent
(M Logique, P. III, ch. xii, xiii.