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III. — VARIÉTÉS OU ESPÈCES

A) Hypothèses particulières : elles peuvent porter : 10 Sur l'existence d'une loi : toute loi revêt la forme d'une succession ou d'une coexistence relativement constante. Si l'observation nous révèle une succession ou coexistence de ce genre, nous supposons que c'est l'indice d'une loi : vg. on constate que tous les êtres doués d'un système nerveux éprouvent des phénomènes de conscience ; nous supposons que ces deux termes sont reliés par une loi.

(M On sait que Descartes (LeitresàCarcam,i\. juin et I7aoûtl649)prétendaTOir suggéré à Pascal l'Idée de cette expérience. Il semble cependant plus probable que Pascal l'a trouvée de son côté. Cf. J. Bertrand, Biaise Pascal, p. 307 et sqq. Ce qui rend défiant à l'égard de Pascal c'est que nous le « savons ardent et passionné » tandis que « le caractère grave de Descartes nous est garant de sa véracité dans une chose qu'il affirme avec précision ». (E. Boutroux, Pascal, Ch. ii, p. 39). Ce qui accroît la défiance c'est que Pascal a donné des marques certaines de cet esprit « passionné » dans d'autres questions scientifiques. Boutroux a jugé plus prudent de faire le silence sur cette attitude équivoque. Plus équitable, Bertrand cite deux exemples des injustices de Pascal, à propos de «l'histoire de la cycloïde ». Pascal " apporte contre Tor-icelli d'inexplicables préventions et, sans assigner de preuves, porte contre lui de graves accusations, avec une précision telle que les études les plus attentives et les plus certaines, en démontrant la complète innocence de l'illustre inventeur du baromètre, ont encore aujourd'hui laissé quelques incrédules ». N'est-ce pas dans la manière des Provinciales ? « En s'égayant aux dépens de Toricelli parce qu'il a osé produire, en 1644, une découverte imprimée seulement en 1675 sous le nom de Roberval », qui en réclamait la priorité, « Pascal avait vraiment le rire trop facile ». — Pascal, pour attaquer le P. Lalouère (c'est un jésuite) « retrouve le tour piquant et la verve des Provinciales, malheureusement sans respecter toujours la stricte vérité » (Bertrand, pp. 325 ; 328).

(66) l'hypothèse : ses espèces G55

2° Sur l'un des termes de la loi, la cause ou l'effet : l'expérionce nous montre tantôt un phénomène dont la cause nous échappe, tantôt une chose dont Veffet nous est inconnu. Alors nous imaginons la cause qui ne tombe pas sous les sens ou l'effet que nous ne voyons pas : vg. étant donnée telle maladie contagieuse, je suppose qu'elle est due à un virus : c'est une hypothèse relative à la cause. Etant donné tel système de répression légale, je suppose qu'il produira tel résultat, c'est une hypothèse relative à Veffet.

3° Sur la formule mathématique de la loi : vg. on a démontré que les planètes gravitent autour du soleil, on peut supposer que l'orbite qu'elles décrivent est une ellipse.

B) Hypothèses générales : elles cherchent à rendre compte d'un grand nombre de faits, parfois même de l'univers entier. Voici les grandes hypothèses scientifiques :

1. — La nébuleuse primitive : Laplace {^). II. — Loi des corrélations organiques : Cuvier (82, § 1).

III. — Loi des connexions organiques : Geoffroy-Saint-Hilaire (82, § II).

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