MÉTHODE DES VARIATIONS CONCOMITANTES
A) Canon : Quand un phénomène (a) varie, si de tous ses antécédents lin seul (A) varie dans la même proportion, cet antécédent est la cause îherchée.
Premier cas : A., ^, ^'g ^,j : a^,
Deuxième cas : A3 ^2 K\ ^2 ■ ^3 Troisième cas : Aj ^-, ^o ^^ : a^
B) Exemple : si l'intensité du son croît et décroît proportionnellement M' amplitude des vibrations imprimées au corps sonore, c'est une nouvelle preuve que la vibration est bien la cause du son (^).
40) MÉTHODE des restes OU RÉSIDUS
A) Canon : Si l'on retranche d'un phénomène complexe (a, b, c) tout îe qui peut être attribué (b, c) à des causes connues (B, C) en vertu l'inductions antérieures, le résidu (a) du phénomène sera l'effet des
C) Cl. Bernard, Introduction à l'étude de la médecine expérimentale, V P., Ch. ii, § 8.
(^) S. MiLL (Op. cit., L. III, Cil. VIII, § 4) rattache aux deux premiers procédés une néthode mixte qu'il appelle Méthode unie de Concordance et de Différence ou Méthode de lifférence indirecte. Elle sert à remplacer la Méthode de Différence directe quand celle-ci l'est pas utilisable.
(') Un EXEMPLE FAMEUX dc l'cmploi de ces trois méthodes est l'application qu'en a aite Pasteur dans ses expériences sur la génération spontanée : « Supposons que l'on )arte de cette hypothèse que la production spontanée d'organismes vivants ait pour cause a présence de germes en suspension dans l'air, qui viennent à rencontrer dans un liquide ermentescible un milieu favorable à leur éclosion. Que fera-t-on pour vérifier l'hypothèse ? [" On exposera à l'air libre des vases remplis de liquides fermentescibles, et on prouvera lue, partout où des germes supposés auront pu tomber sur ces liquides, les productions lites spontanées auront lieu : Méthode de concordance. — 2° On pratiquera la contre-épreuve m soustrayant ces liquides à l'action de l'air extérieur et en prouvant que des vases fermés, )ù l'air ne peut pénétrer, restent indéfiniment exempts de tout organisme : Méthode de lifférence. — 3° On montrera que le nombre des organismes produits est proportionnel au lombre de germes que l'on peut supposer dans l'air. Par exemple, dans les caves où l'air st immobile et où les germes doivent être depuis longtemps tombés sur le sol, on pourra xposer des vases ouverts à l'air libre sans que les organismes se produisent ; et si l'on Tavit les montagnes, où les germes doivent devenir de moins en moins fréquents à proporion de la hauteur, le nombre des organismes doit décroître proportionnellement ; or tous es faits se sont vérifiés. C'est la Méthode des variations concomitantes. « (P. Janet, Trailé lémentaire de philosophie, n. 416. Pour plus amples détails, Cf. Rabier, Logique, Ch. viii, . 138-141. — Vallery-Radot, Vie de Pastenr, Ch. v).
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antécédents restants (A, D). — Pour déterminer lequel des antécédents restants (A, D) est la cause du résidu (a), on emploie l'une des trois premières méthodes. Herschel (^) avait déjà signalé l'importance d( l'étude des « restes » et remarqué que beaucoup de découvertes astronomiques sont dues à la méthode des résidus : vg. la précession des équinoxes.
A ^ î^ D : rVT
B) Exemple : les mouvements de la planète Uranus étaient dans leui ensemble rapportés à des causes connues et calculées ; mais il y avait dans ces mouvements des irrégularités qui restaient inexpliquées. Li Verrier les rattacha à une cause nouvelle : la planète Neptune.
Remarques : I. — S. Mill reconnaît que la méthode des résidus n'esl qu'un cas particuher de la Méthode de différence ; on peut donc ramenei les règles de l'induction aux trois principales déjà indiquées : !« Posita causa... 2o Sublata causa... 3" Variante causa...
II. — On peut dire aussi, en se mettant à un autre point de vue, que les trois premières Méthodes se ramènent à celle des résidus, en ce sens que, dans toutes ces Méthodes, la cause est obtenue comme reste d'une éhmination ; il n'y a que le motif d'élimination qui varie.