III. SOLUTION DE CL. BERNARD ET DE RAVAISSON
A) Exposé : Ravaisson (i) résume ainsi la doctrine de Cl. Bernard qu il fait sienne : « M. Cl. Bernard (3)' a compris, comme Leibniz {% qu'induire « c'est toujours tirer des conséquences » ; il a su reconnaître que l'induction, au fond, est une déduction... Dans la pensée de M. Cl. Bernard, l'induction doit être une déduction provisoire et conditionnelle qui se change, par la vérification de l'expérience, en une déduction inconditionnelle et définitive. » Induire c'est donc chercher de quelle proposition générale, prise comme point de départ hypothétique on peut déduire tel cas particulier, à charge de vérifier ensuite cette hypothèse par l'expérience. L'induction phjsique n'est donc qu'une déduction réflexe qu on appelle réduction en géométrie. C'est de la sorte que Stanley
1^! ^" ^A^AissoN, La philosophie en France au XIX^ siècle, § 15, p. 127-130 (2'' Édit )
en Bai";! d'XTv.Snf "'' r"",-; ^' ''"'P''' ^' l'expérimentateur procède ordinairement en partant d observations particulières pour remonter à des principes à des lois ou à dp<? propositions générales il procède aussi nécessairement de ces mêmerp^oposUions générales ™d H cPrm'L'p^f '"'' particuliers qu'il déduit logiquement de ces prmcipes. Seulement soTmt. 1 ? du principe n'est pas absolue, il s'agit toujours d'une déduction provim nt ne t ennén? \\7'':'''T'' f P*^'-""*^"*^!^- toutes les variétés apparentes du raisonneî^ex téi.T H. ^ \ , ""'"'^ "*," '"J'^ '!"•' ^'°" ^''^'^^ e^ à ^a P'"s ou moins grande comsSt"nîî ', ' *''''' 'f "'"'' ^ ''P"' ^"^ ''1^°'"™^ fonctionne toujours de même par et ïa dMnV nf ^""kT'* K""^ .se conduire autrement... Je ne crois pas que l'induction disùnrf.?Tvl,r- 1 V "''* réellement deux formes de raisonnement essentiellement
que îar svHoS. n P \Tr-" "' P'^'^V^"'"'' "'^'"^•^'' ^^"^ '^^ raisonnements autrement s V P/%7"o-'sme c est-à-dire en procédant du général au particulier. » (pe p., ch. ir
(') Leibniz, Nouveaux essais..., L. IV, Ch. xvii, § 6.
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Jevons (^), SiGWART {^), WuNDT Comprennent aussi le raisonnement inductif : c'est la réduction d'une conclusion à ses prémisses probables. Exemple : l'eau monte dans un corps de pompe jusqu'à 10 mètres ; cette ascension est due à la pression atmosphérique. Cette déduction réflexe, de provisoire deviendra définitive quand l'hypothèse causale (la pression atmosphérique) aura été vérifiée par les conséquences qu'on en peut logiquement déduire (66, § II). Voilà, d'après Ravaisson et Cl. Bernard, le mécanisme du raisonnement inductif. Mais reste à expliquer sur quoi se fonde le passage de quelques cas à tous. Cl. Bernard donne pour fondement à l'induction le principe du déterminisme absolu des phénomènes {^). C'est un principe « qui se confond avec la constitution même de notre intelhgence, à savoir qu'il y a en tout de la proportion et de l'ordre, en d'autres termes, qu'il n'est rien sans raison (^) ».
B) Critique : 1° Quant au mécanisme de l'induction on peut soutenir avec Ravaisson et Cl. Bernard, qu'il se ramène en définitive au mécanisme de la déduction réflexe, car, en physique, on procède en réduisant les faits aux lois, d'où l'on peut les déduire ensuite quand les lois sont établies. Seulement, dans la réduction géométrique, l'esprit rattache la proposée à une proposition générale déjà prouvée ou immédiatement évidente, tandis que dans la réduction physique, on rattache un cas particuher à une proposition générale hypothétique, qui doit être démontrée expérimentalement, avant qu'on puisse en déduire sûrement le fait en question. — Mais on peut discuter sur la nature de cette réduction (§ V).
2° Quant au fondement de V induction, le principe du déterminisme, invoqué par Cl. Bernard, se ramène en dernière analyse au principe d'uniformité de la nature ou d'invariabilité des causes que nous proposerons plus loin, comme le fondement prochain de l'induction (§ Y). Ravaisson semble plutôt indiquer comme base de l'induction le principe de raison ou principe d'ordre. Âlais ce ne sont là que des divergences de mots ; au fond, ces doctrines reviennent au même, car le principe d'uniformité n'est qu'une application du principe de raison au principe de causalité. Si, les causes étant par hypothèse identiques, les circonstances restant aussi les mêmes, les efïets pouvaient être différents, cette différence des efïets, n'ayant pas sa raison d'être dans les causes et les circonstances, serait par là même sans raison, ce qui est absurde.
(') Stanle ï Jevo:> s, The Principles of science : a trealise on Logic and scienlific method. — Logic.
(') SiGWART, Logik.
(') Cl. Bernard, Inlroduclion..., I" P., cli. ii, § vu.
(') Ravaisson, Opère cit., p. 129. -^
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