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II. — THÉORIE DE V ACTIVITÉ

D'autres philosophes expliquent le plaisir et la douleur par l'activité. Mais on peut comprendre cette théorie de deux façons, au sens pessimiste., ou au sens optimiste.

A. — Sens pessimiste : d'après Épicure et les pessimistes Sgho- PENHAUER, Hartmann, le fait positif et primitif c'est la douleur qui a sa source dans l'activité ; car agir, c'est faire effort, et tout effort est douloureux. Le plaisir est donc dans l'inactivité, qui mène à Vataraxie (a-rapa^i'a, à-Tapaact»), à l'exemption du trouble, à la non-douleur (mdolentia).

Réponse : 1° Tout effort n'est pas pénible (19, A, II). — • 2" Cette théorie de l'inactivité et de V indolence priverait l'homme d'un grand Qombre de plaisirs véritables, qui réclament une grande dépense d'activité : vg. plaisirs intellectuels.

B. — Sens optimiste : d'après Aristote (2), au contraire, c'est le plaisir qui résulte de l'activité : c'est dans l'action que semble consister le bien-être et le bonheur. Le plaisir n'est pas Pacte même., ni une qualité intrinsèque de l'acte, mais c'est un surcroit qui n'y manque jamais, c'est une perfection dernière qui s'y ajoute, comme à la jeunesse sa fleur. '£v iM epyw ooxeT xàyaOov sîvat xal to eu. Chaque action a son plaisir propre et, non seulement pour Aristote le plaisir nait de l'acte, mais il se mesure à l'acte : Tant vaut l'acte, tant vaut le plaisir qui l'accompagne. Hamilton dit d'une façon équivalente:» Le plaisir et la douleur sont des accompagnements ou contre-phénomènes de chaque énergie particulière (^). »

C'est bien l'activité, en effet, qui explique le plaisir et la douleur.

(M J. DE BoNNiOT, Le problème du mal, L. III, ch. ii.

(') Aristote, Morale à Nicomaque, L. X, Ch. IV, § 8. — L, I, Ch.VII,§ 10 (Ed. Didot).

(^) Hamilton, Lectures on Metaphysics, t. II, Lecture XLII.

Le plaisir, c'est un fait d'expérience, naît de l'activité satisfaite, qui s'exerce dans le sens de ses fins ; la douleur de l'activité contrariée, qui est détournée de ses fins. Un être absolument inerte se prête indifféremment à tous les changements. Rien ne lui étant conforme ou contraire, rien ne saurait l'émouvoir, pas plus le plaisir que la douleur- Une activité, déterminée comme celle d'une montre par un mécanisme, ou par attraction comme celle d'une pierre qui tombe, est nécessairement indifférente au mouvement qui se produit en elle, fnais sans elle. L'être pour jouir ou souffrir doit donc être doué d'une activité interne, dont il soit le principe ; il doit être, comme dit Aristote, aCiToy.i'vriToç, capable de se mouvoir lui-même.

Enfin, il doit être conscient, car on ne saurait sentir plaisir ou douleur sans savoir qu'on sent. L'activité, qui est cause de la jouissance et de la souffrance, c'est donc une activité interne et consciente : xivr,(7tç laurriv y.tvou[j.£vyi. Reste à déterminer selon quelles lois l'activité cause le plaisir et la douleur.

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