A. — SA NÉCESSITÉ
Si la psychologie est vraiment une science, analogue aux autres sciences positives (sauf la différence de nature dans les phénomènes
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étudiés), elle ne doit pas se contenter de Tubservation. En ofîet toute science doit s'élever à ce qui est général, à la loi. La loi est un rapport de causalité universalisé. Or l'observation ne peut découvrir un rapport causal, démêler, parmi une multitude de rapports de simple succession, même constante, un rapport de détermination. Sans doute l'observation peut bien montrer les diiïérents antécédents d'un fait, et même Vunijormité des faits, c'est-à-dire des faits se succédant d'une manière invariable. Mais c'est insuffisant, car, parmi les antécédents d'un phénomène, tous, sauf un sont accidentels ; un seul est vraiment cause, l'antécédent déterminant du phénomène, la condition nécessaire et suffisante de son existence (67, Sect, II, § A). Il faut donc recourir à un autre procédé : l'expérimentatioii. La physique et la chimie doivent à cette méthode leurs progrès ; la physiologie a été transformée depuis que les Biciiat, les Claude Bernard, les Pasteur en ont fait une science expérimentale. Dans quelle mesure l'expérimentation est-elle applicable à la psychologie ?