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G. - FONDEMENT DE LA FOI AU TÉMOIGNAGE

Pour quelles raisons ajoutons-nous foi au léuioiguago de nos semblables? La foi au témoignage peut être, comme toute croyance, spontanée ou réfléchie. La réponse variera selon le cas :

L — Croyance spontanée ou naturelle : l'École écossaise {^) recourt à un double instinct : instinct de vénicitc ou inclination à dire la vérité ; instinct de crédulité ou inclination à y croire. — Il faut rejeter commt' inutile l'existence primitive de ces inclinations. La véracité et la crédulité s'expliquent par un fait qui leur est antérieur : nous parlons pour exprimer notre pensée ; c'est là le but et l'utilité essentiels du langage. Nous en inférons spontanément, par une analogie toute naturelle, que les autres parlent aussi dans ce but ; et l'expérience vient vérifier cette induction. Le fondement de la foi spontanée au témoignage est donc cette induction naturelle ; et cette foi persiste tant que l'induction n'est pas démentie par les faits. Alors apparaît la nécessité d'un foi réfléchie.

IL — Croyance réfléchie relie repose sur une application (^) du principe de raison suffisante. Après avoir constaté que parfois nous cédons à la tentation de tromper les autres et que nous nous sommes trompés involontairement, une analogie toute naturelle nous fait penser qu'il en peut être ainsi pour les autres. Puis les faits viennent confirmer cette induction spontanée. Dès lors nous concluons que l'on ne peut pas se fier toujours et sans réserve au témoignage : désormais avant de croire nous exigeons des garanties et des conditions. Quelles sont-elles ? Un témoignage peut être attribué seulement à trois causes : à la mauvaise foi^ à Verreur ou à la réalité du fait attesté. Si l'on parvient à éliminer les deux premières, il ne reste plus que la troisième : la réalité du fait. Dès lors la croyance au témoignage est justifiée. Refuser d'y croire, toute fausseté étant dûment écartée, n'aurait pas sa raison d'être, serait donc déraisonnable. Les conditions ou garanties que l'on doit exiger des témoins sont par conséquent la probité et la science. La critique du témoignage n'est qu'un cas de la recherche de la cause : il faut donc employer la méthode d'exclusion des antécédents qui ne sont pas causes pour découvrir la valeur du témoignage.

(') Reid, Recherches sur l'enlendement humain d'après les principes du sens commun Ch. VI, Sect. XXIV, p. 346 et s. (Édit. Jouffroy, T. II).

(») Il est inutile de recourir, avec certains philosophes, à un principe spécial, qu'ils nomment principe de transcendance (Cf. un Mémoire d'E. Naville, dans les Comptes rendus de l'Académie des Sciences morales et politiques, avril 1873, p. 577).

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