‹ Traité de philosophieChapitre 810 sur 921 · D. — CERTITUDE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

D. — CERTITUDE HISTORIQUE

I. — Objection : on a soutenu que le témoignage en matière de faits était impuissant à donner la certitude, et que par conséquent l'histoire la plus parfaite ne dépassait pas les limites de la probabilité et de la vraisemblance. C'est l'opinion de Locke, de J.-J. Rousseau. Un géomètre écossais, Craig ('■^) (xvii^ siècle), tenta de démontrer, d'après le calcul des probabihtés, que les faits du commencement de l'ère chrétienne cesseraient d'être croyables au bout de 3150 ans environ. Un autre géomètre, Peterson, indiqua la date de 1789.

IL — Réponse : 1° On ne doit pas traiter les choses morales comme les grandeurs mathématiques. Le calcul des probabilités n'est rigoureux que s'il est appliqué à des éléments quantitatifs ayant une commune mesure. On ne peut donc soumettre à ce calcul les qualités du témoignage.

2° Si la valeur du témoignage oral peut décroître avec le temps, celle du témoignage consigné par écrit demeure fixe en soi. Parfois même les assauts prolongés de la critique négative n'ont servi qu'à mettre hors de doute certains faits contestés.

3» Sans doute, en bien des cas, l'historien doit se contenter dlune plus ou moins grande probabihté. Mais il en est d'autres aussi où l'on peut arriver à une véritable certitude : qui doute par exemple de l'exis-

(') FÉNÉLON, Lettre sur les occupations de l'Académie française, § 8. (=) Theologise chrisiians; principia malhematica (Londres, 1699).

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