‹ Traité de philosophieChapitre 88 sur 921 · ÉLÉMENTS AFFECTIF ET SIGNIFICATIF DE LA SENSATION · texte numérisé non relu

ÉLÉMENTS AFFECTIF ET SIGNIFICATIF DE LA SENSATION

extérieurs ; or ceux qui emploient ce mot représentatif, prétendent que la sensation est simplement le signe de la présence et de l'action des objets extérieurs et non la représentation de leur nature Q).

Ces deux éléments de la sensation sont distincts. La sensation, même en tant que significative, n'est, par elle-même, qu'un état de conscience subjectif : elle se rapporte donc à la sensibilité. Mais cet élément significatif peut devenir objectif, car il est le moyen d'une connaissance possible pour l'intelligence qui l'interprète et lui donne un sens objectif : il est la matière première et le point de départ de la connaissance d'un objet ; il n'est objectif qu'en puissance.

Loi de Hamilton : les deux éléments de la sensation ne varient pas dans la même porportion. Les sensations les plus affectives sont généralement les moins significatives et, vice versa, les plus significatives sont les moins affectives. Si je regarde le soleil en plein midi, j'éprouve une sensation visuelle douloureuse et peu instructive ; avec une lumière moins vive la sensation cesse d'être douloureuse sans donner beaucoup de plaisir et devient plus instructive. D'où la loi de Hamilton : «La sensation et la perception (= l'élément affectif et l'élément significatif) sont en raison inverse l'une de l'autre. »

§ B. — RAPPORTS DES ÉLÉMENTS AFFECTIF ET SIGNIFICATIF DANS LES SENSATIONS

1. — Internes : l'élément significatif est presque nul — l'élément affectif prédomine, et, encore, est-il peu conscient quand il n'est pas douloureux : vg. quand les fonctions nutritives s'accomplissent normalement, nous éprouvons sans doute des sensations de bien-être, mais

«L'activité cérét)rale se développe entre deux cycles d'excitation enchaînés. Elle est le terme de l'un et l'origine de l'autre. Elle se manifeste par deux sortes d'actes extrêmes. L'un de ces actes appartient au cycle nerveux qui débute dans un organe des sens ou dans la peau, et il termine ce cycle : il consiste dans une mise en branle de la cellule psychosensitive (neurone sensitif central) et, par elle, de tout le mécanisme cortical, avec ses conséquences psychiques... La seconde espèce d'acte cérébral appartient à un cycle nerveux qui débute par l'incitation volontaire : celle-ci, ou plutôt l'ébranlement matériel qui l'accompagne, vient solliciter la cellule psychomotrice (neurone moteur central) ; et le cycle se termine dans un organe fonctionnel ordinaire, tel que le muscle... Toute l'histoire psychologique de l'hémisphère cérébral tient dans la connexion de ces deux réflexes enchalnésl'un à l'autre... » Dans le premier « le cerveau se comporte à la façon de tout autre organe fonctionnel terminal, c'est-à-dire placé habituellement à l'extrémité d'un cycle d'excitation. Il fait ce que ferait le muscle... qui réagit suivant sa nature, c'est-à-dire par une contraction musculaire... » Dans le second, « le cerveau se comporte à la façon d'un organe sensoriel initial, point de départ ordinaire du cycle réflexe d'excitation. L'incitation motrice remplace, ici, l'agent physique, excitant habituel des appareils sensoriels, tel que la lumière, excitant adéquat de la rétine ».

(*) A. Dastre : « La sensation n'est pas l'image de l'objet qui la provoque, mais le signe des actions que cet objet exerce sur le cerveau. » (Revue des Deux Mondes, 1" avril 1900, p. 680.)

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