C. — UTILITÉ DE LA MÉTHODE
Descartes prise si fort l'utilité de la Méthode qu'il attribue à la diversité des Méthodes l'inégaUté des intelligences. C'est une exagération, car il y a entre les esprits des différences natives (Ps. 157, II). Il n'en reste pas moins vrai que la Méthode est nécessaire aux intelligences les mieux douées. — Les plus grandes forces, dans la nature et dans l'industrie, peuvent ne produire que des effets médiocres ou opposés à ceux qu'on attend d'elles, si elles sont mal appliquées. Il en va de même des
C) On pourrait multiplier les témoignages en ce sens : >■ La Scolastiole produisit dans la Logique, comme dans la Morale et dans une partie de la Métaphysique, une subtilité, une précision d'idées, dont l'habitude, inconnue aux anciens, a contribué plus qu'on ne croit au progrès delà bonne Philosophie » (Condorcet, Vie de Turgot, vers le début.) — « C'est aux Scolastiques que les langues modernes doivent en grande partie leur précision et leur subtilité analytique » (Hamilton, Discussions on Philosophy). — • Je suis convaincu que, dans l'éducation moderne, rien ne contribue plus que cette gymnastique intellectuelle, quand on en fait un judicieux usage, à former des penseurs exacts, fidèles au sens des mots et des propositions, et en garde contre les termes Iftches, vagues et ambigus » (S. Mill, Mémoires, p. 18). Encore du même auteur : « A celui qui méprise les règles je dirai : Essayez d'apprendre quoi que ce soit sans règles et voyez si vous réussissez... L'usage des règles de la Logique est principalement négatif ; leur fonction n'est pas tant de nous apprendre à penser juste que de nous préserver de penser mal. " (L'instruction moderne, Revue des cours littéraires, juillet 1867).
(-) " Ne m'objectez pas la Scolastique ; ce qui a fait son impuissance ce n'est pas du tout l'emploi du syllogisme ; c'est, dans le syllogisme, l'admission forcée de majeures artificielles. Mais entre ces majeures artificielles et les conclusions qu'elle en tirait, la Scolastique a déployé une grande force de dialectique. » — Cf. XXIV= Leçon dans Cours de l'histoire de la Philosophie raoderne, II" Série, T. III, p. 324-325, Paris, 1847».