‹ Traite de photographieChapitre 39 sur 61 · DE LA GRAVURE · texte numérisé non relu

DE LA GRAVURE

L’idée de transformer les images obtenues sur les plaques d’argent en planches gravées, de manière à les multiplier par l’impression, a dû se présenter à un grand nombre de personnes; à notre connaissance c’est M. Donné qui, le premier, a obtenu un résultat assez satisfaisant. Voici comment il s’y prit (i).

(I) M. Fizeau, dont tout le inonde connaît les admirable» découvertes en pliotliograpliie, vient de découvrir un procédé pour graver les plaques daguerriennes bien supérieur A tous ceux. connus. Nous avons vu quelquesunes des épreuves obtenues, et tirées sans aucun soin particulier par un ouvrier-imprimeur d’un talent tout à fait ordinaire. Eh bien, nous pouvons affirmer que la plus grande partie de ces gravures offraient à la loupe la reproduction identique des détails infinis de l'image daguerricnne. De plus, dans les épreuves qui ont été mises sous nos yeux, les noirs étaient reproduits avec beaucoup de vigueur, et, chose plos remarquable, les blancs du papier étaient d’une pureté irréprochable. Quand on songe à l’avenir d’une pareille découverte on n’est pas surprisqueM. H. Fizeau aitdésiré en garder le secret. Pour notre compte particulier, cette découverte nous rendrait un immense service pour la publication des Excursions daguerriennes. En effet , nous pourrions, presque sans aucun frais, reproduire immédiatement les rues si remarquables que nous envoient nos commettants ; et afin de nous mettre à l’abri d'une altération plus ou moins grande causée par le tirage, nous reproduirions de suite plusieurs planches par la Galvanoplastie.

Après avoir exécuté le lavage comme à l’ordinaire en ayant soin d’employer une solution un peu faible, on sèche la plaque, qui doit être sans defaut, en bon doublé au vingtième, et on recouvre les bords au delà de l’image, d’une couche de vernis de graveur.

On dispose la plaque horizontalement au-dessus d’une cuvette sur laquelle elle porte par ses quatre angles, et l’on verse dessus de manière à recouvrir toutes les parties non vernies, d’unê couche liquide assez mince, une dissolution contenant trois parties d’acide nitrique pur et quatre parties d’eau.

Au bout de trois ou quatre minutes, de petites bulles commencent à paraître sur quelques points et elles finissent par s’étendre sur toutes les parties de la plaque. C’est ici que se présente la plus grande difficulté, et il n’y a que l’expérience qui puisse indiquer le moment où la planche est assez mordue. Si l’on cesse l’opération trop tôt, les noirs n’auront aucune vigueur et seront gris; si elle est prolongée au delà du temps nécessaire , les blancs eux-mèmes seront attaqués : on voit que l’opérateur se trouve entre deux écueils. M. Donné signale un tour de main qui lui a réussi plusieurs fois et qui consiste, pour préserver les blancs, à chasser, en souillant, l’acide de dessus les parties. Ce moyen est sans doute fort bon ; mais il n’est exécutable que quand les lumières se trouvent réunies sur un même point, ce qui est fort rare.

Le docteur J. Berres a indiqué un procédé de ravurc qui a beaucoup d'analogie avec celui de

M. Donné, si ce n’est que M. Donné opère avec un mélange d’acide nitrique tandis que le docteur Berres commence par exposer la plaque aux vapeurs qui se dégagent de l’acide nitrique légèrement chauffé et, après avoir recouvert d’un vernis les parties qui doivent être ménagées, la couvre d’une couche de gomme arabique qu’il l'ait ensuite fondre dans de l’acide nitrique à 12 ou 13 et qu’il renforce progressivement jusqu’à lt> ou 18 degrés. Quand les vapeurs commencent à se faire sentir, la planche doit être gravée. ,

Ce procédé, que nous n’avons jamais pratiqué, nous parait devoir exiger une certaine habileté pour ménager les blancs en les recouvrant de vernis, et saisir le moment où la planche est suffisamment mordue; en en mot, nous croyons qu’un graveur peut seul espérer de bien réussir.

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