‹ Traite de photographieChapitre 41 sur 61 · PAPIER DE M. TALBOT (I · texte numérisé non relu

PAPIER DE M. TALBOT (I

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La préparation du papier ealolypè se divise en deux parties assez distinctes.

Première partie. — On dissout R, 5 grammes (100 grains anglais) de nitrate d’argent cristallisé dans 186 grammes (6 onces) d’eau pure. On lave avec cette solution une feuille de papier à écrire sur un de ses côtés, que l’on marque pour le reconnaître ensuite. On le fait sécher doucement ; alors on le plonge pendant deux minutes dans une solution faite ainsi : liau. . •. . . 0,508 litres (1 pinte),

lodurc de potasse. . 32, Sgrammes (500 grains).

Après cela, on lave le papier dans l’eau, puis on le sèche, et, quoique peu sensible à la lumière, on a

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(I) M. Talbol a bien voulu me (aire cadeau de plusieurs de scs épreuve.»; ’ quelques-unes soûl d'un Ion admirable et d'un bien bel effet. On regrette véritablement , en les voyant, que la photographie sur papier ne soit pas plus répandue dan» notre paya.

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soin do le tenir enfermé dans un portefeuille. Avec celte précaution le papier pont sc conserver pendant un temps indéfini. Dans cet état, je l’appelle papier iodé, parce <|u’il est recouvert d’une couehe d’iodure d’argent.

Deuxième partie. — On prend une feuille de pa- , i, ,, pier iodé, et on la lave avec une solution d’argent

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ainsi préparée :

A. On dissout 6,5 grammes (100 grains) de nitrate d’argent dans 62 grammes (2 onces) d’eau pure. On y ajoute la sixième partie de son volume d’acide acétique un peu fort.

B. Solution suturée d’acide gallique cristallisé dans l’eau froide. La quantité ainsi dissoute est assez faible.

Les solutions A B étant ainsi préparées, on les ajoute l’une à l’autre à volumes égaux, mais en petite quantité à la fois, parce que leur mélange se décompose en peu de temps. J’appelle ce mélange gallonitrate d’argent.

C’est avec ce gallo-nitrate d’argent qu’il faut laver le papier iodé, cl pour s’éclairer on sc sert de la lumière d’une bougie. On laisse le papier ainsi humecté pendant une demi-minute ; alors on le plonge dans l’eau ; on le sèche avec du papier brouillard, en le tenant avec précaution devant le feu.

C'est la préparation du papier calolype.

On garde ce papier enfermé dans une presse jus- , " qu’au moment on l’on veut s’en servir. Cependant,

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si ou s’en sert tout de suite, on peut s’épargner la peine de le sécher, puisqu’il réussit également bien lorsqu'il est un peu humide.

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« Usage du papier . — On le met au foyer de la chambre obscure qu’on dirige sur l’objet qu'on veut peindre. Pour donner une idée du temps nécessaire, je supposerai la lentille objective de 25 miilirn. (1 pouce anglais) de diamètre et de 379 millim. (15 pouces) de foyer, et que l’on dirige l’instrument sur la façade éclairée par le soleil ; alors une minute me parait le temps le plus convenable pour la durée de l’action lumineuse. Ensuite en retire le papier et on l'examine à la lumière d’une bougie. On n’y verra probablement rien; mais l image y existe dans un état invisible. Pour la rendre visible, voici ce qu’il faut faire. Il faut laver le papier encore une fois avec le gallonitrate d’argent, puis le chauffer doucement devant le feu. On verra alors sortir comme par enchantement tous les détails du tableau. Une ou deux minutes suiliscnl ordinairement pour lui faire acquérir sa plus grande perfection : il faut alors le lixer d’une manière permanente. »

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« Fixation du tableau. — - Après avoir lavé le la

bleau, on l’humecle avec une solution ainsi faite : •' •'

Eau 218 à 810 gr. (8 à 10 onces). J .

Bromure de potasse. 6,5 grammes (100 grains).

* Après uneou deux minutes, on doit le laver encore et le sécher. Les tableaux ainsi fixés offrent le grand

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avantage de rester transparents. C’est ce qu’il faut pour pouvoir en tirer de belles copies. Pour faire la copie, on peut se servir d’une deuxième feuille de papier calotype qu’on presse fortement contre le tableau, et qu’on expose ainsi à la lumière. Mais il vaut mieux se servir de papier photographique ordinaire. A la vérité, les copies alors exigent plus de temps; mais, en revanche, elles sont d’une apparence plus agréable. Le tableau fournil ordinairement plusieurs bonnes copies : alors il s'affaiblit peu à peu , et les copies ne sont plus bonnes. Mais la propriété la plus extraordinaire qu’ont les tableaux calotypes, c’est qu’on peut les rajeunir et leur rendre leur beauté primitive. Pour cela, on n’a qu’à les laver encore avec le gallo-nitrate d'argent et les chauffer doucement. Les ombres du tableau noircissent alors beaucoup, sans causer aux parties claires aucun changement. Il faut après cela renouveler la fixation du tableau, et alors on peut tirer une deuxième série de bonnes copies. »

«Comme on ne trouve pas chez tous les pharmaciens de l’acide galliquc cristallisé, on peut y substituer l’extrait de noix de galle. »

« La manière dont il faut se servir du papier calotype pour obtenir des tableaux photographiques positifs par une expédition unique, fera le sujet d’une autre communication. •

A la suite decelte communication, M. Biot annonce qu’il a remis les échantillons de papiers sensibles, envoyés par M. Talbot, entre les mains de M. Re-

giiiiult, membre de l’Académie, qui s’est long-temps exercé à former des images daguerriennes, les(|uelles ont très-heureusement réussi. M. Biol a ajouté les remarques suivantes :

« Les papiers impressionnables devant devenir d’une grande utilité pour les voyageurs, il n’est pas sans intérêt de faire remarquer que leur usage pourra être fort amélioré, si l’on prend les précautions suivantes :

1" De les préparer toujours avec des papiers d’une pâte bien égale.

2° D’adapter à la chambre obscure des objectifs, non pas achromatiques pour la lumière, mais dont les courbures soient calculées de manière à réunir dans un même foyer toutes les radiations invisibles qui agissent le plus efficacement sur la substance impressionnable employée à leur confection.

3- De les tenir pendant très-peu d’instants en présence des objets , et de continuer le développement de l’image, hors de leur présence, par l'influence de la radiation solaire, transmise à travers un verre .rouge, conformément à la propriété si ingénieusement découverte par M. Edmond Becquerel.*

PAPIER ÜE M. BAVARD.

Tout le monde sait que depuis bien des années, M. Bayard obtient de magniliques épreuves sur di-

vers papiers dont il s’est réservé la propriété. En 1839, l’Académie des beaux-arls signalait en ces termes la belle découverte de M. Bayard :

« D’après les détails oii nous venons d’entrer, l’Académie, qui a déjà pu apprécier le mérite des dessins de M. Bayard, est aussi à même de juger par quels degrés de perfectionnements a passé, dans un si court espace de temps, un procédé qui ne peut être encore arrivé à sa dernière expression. Mais, dût-il êlro considéré dès ce moment comme un fait accompli, ce qu’il importe desavoir dans tousses détails, ce sont les propriétés qui caractérisent la découverte de M. Bayard et les avantages qui doivent la rendre précieuse pour les arts.

» L’Académie sait déjà que les épreuves dues au procédé de M. Bayard sont produites sur du papier, au moyen d’une préparation qui constitue en grande partie le secret du procédé. La qualité du papier que M. Bayard juge la plus propre à assurer le succès de son opération, est celle du papier lin à la mécanique. Il préfère le papier blanc au papier de couleur dont la coloration se perd inégalement par suite de la préparation qu’il lui donne, d’où il résulte des taches qui nuisent au dessin, tandis que le papier blauc acquiert, par le fait même de cette préparation , une coloration qui, partant de la teinte rougeâtre et passant par toutes les teintes bistres pour arriver à la teinte neutre, tirant au bleu, produit un effet général aussi harmonieux qu’agréable.

* Ajoutez à cela que les dessins produits par ce procédé jouissent, du moment qu'ils ont été fixés sur le papier par un lavage, de la propriété de se conserver comme les dessins à l'aquarelle; ils peuvent se porter en voyage, se classer dans un album, se passer de main en main, sans s’altérer par le temps, sans s’effacer par le frottement.

» Nous en avons eu la preuve par l’état même dans lequel sc trouvent la plupart des dessins de M. Bayard, qui circulent déjà depuis deux ou trois mois, sans avoir éprouvé d’altération sensible; il suffit, pour qu’ils gardent toute leur vigueur, qu’ils ne soient point exposés à l’effet direct d’une lumière trop vive. Ce sont donc de véritables dessins, quant aux moyens de conservation qu’ils possèdent, et quant à l’usage qui s’en peut faire ; ils ne sc détruisent que par ce qui détruit toute espèce de dessins dus à la main de l'homme, et par ce qui les produit eux-mêmes, par le temps et par la lumière.

» Les images sont en sens direct, ce qui est encore une des principales propriétés du procédé.

» Jusqu’ici, les applications du procédé ont principalement porté sur des masses d’édifices, sur des détails d’intérieur et des ouvrages d’art, statues, bustes, figurines, qui ont été reproduits avec autant de fidélité que de charme. Parmi d’autres applications dont son auteur le croit susceptible, et qu’il a essayées avec plus ou moins de bonheur, nous nous bornerons à mentionner celle qui consiste à repro-

duire l’objet imperceptible vu et agrandi au microscope solaire (t). »

* Mais une des applications que nous croyons propre à M. Bayard, et qui serait d’une grande utilité pour l’art et pour ceux qui le cultivent, ce serait la reproduction des estampes que notre auteur a déjà pratiquée avec succès (2). »

M. Vérignon (3) a composé un papier photographique qui donne d’assez jolis résultats à la chambre noire; mais malheureusement, comme la plupart des autres papiers, il est peu sensible , c’est ce qui a engagé l’auteur a renoncer à sa fabrication.

Voici la manière de le préparer :

Le papier blanc doit d’abord être lavé avec l’eau acidulée par l’acide hydrochlorique , puis , après la dessiccation , passé dans une solution composée de la manière suivante : 14 parties d’eau contre 1 d’un mélange formé de 2 parties de chlorhydrate <fam-

(I) Les images sur papier peuvent avoir pour certains objets d'art un bien plus grand charme qu'une image daguerrienne. Les remarquables effets obtenus par M. Bayard ne peuvent laisser aucun doute 4 cet égard. Peut-être même arrivera-t-on avec une rapidité un peu plus grande 4 faire de délicieux portraits et des vues d'un três-bel effet. Mais pour tous les objets qui demandent, surtout et avant tout, une grande finesse de détail, jamais le papier ne pourra lutter avec la plaque de doublé; sa texture fibreuse sera toujours un obstacle insurmontable 4 ce genre de reproduction. ( Note de N. -P. Lcrebours.)

(1) L'avantage du papier de M. Bayard sur celui de M. Talbot pour la reproduction des gravures, c'est que le premier donne de suite l’image dans son véritable sens, tandis que sur le papier Talbot l'image est inverse ou n tgatlve, c'est-4-dire les noirs 4 la place des blancs, ee n'est que par un contre-calque qu'on obtient l'image directe ou positive.

(3) Le papier Vérignon est excellent pour la reproduction des gravures.

moniaquc, 2 parties de bromure de sodium, et une partie de chlorure de strontium. Le papier desséché de nouveau est passé dans une solution très-étendue de nitrate d’argent. Il se forme ainsi par double décomposition un chlorure et un bromure d’argent qu’on fait noircir en exposant le papier à la lumière, environ l’espace d'une demi-heure. Le papier ainsi préparé peut rester sensible pendant une quinzaine de jours, mais au bout de ce temps le noir a pénétré de l’autre côté du papier, qui alors a perdu sa sensibilité.

Pour obtenir l’effet photographique, il suffit de tremper le papier dans une solution très-étendue d'iodure de sodium et de le porter de suite et tout humide dans la chambre obscure, en la plaçant do manière à recevoir l’image lumineuse. Au bout de douze minutes, si le temps est favorable, l’effet photogénique est entièrement produit. L’image une fois obtenue, il ne faut plus, pour fixer le dessin, que le passer dans une solution très-étendue d’hyposulfite de soude cl de fer, puis le laver à l’eau pure; l’opération est alors terminée.

M. Lassaigne avait employé, en avril 1839, pour la reproduction des gravures, sans le secours de la chambre noire, un papier qui offrait une grande aualogie avec celui ci-dessus.

Nous avons entretenu nos lecteurs, dans le chapitre qui traite des verres continuateurs, des intéressantes recherches de M. Ed. Becquerel. M. Talbot parait avoir, de son côté, vers la même époque, fait de nombreuses recherches sur les propriétés continuatrices de certains rayons appliqués à son papier calotype.

Nous ne donnerons pas la description de tous les papiers sensibles qui ont été proposés ; nous nous contenterons de citer M. Raifépour son papier argenté, et MM. Sehaefhaeult, Hunt, Petzhold. Nous ne pouvons résister cependant à donner la recette extrêmement simple d’un papier préparé par M. Ponton, et communiqué par M. Edmond Becquerel.

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