‹ Traité de photographie sur papierChapitre 19 sur 59 · Y. DESSINS ET GRAVURES · texte numérisé non relu

Y. DESSINS ET GRAVURES

Rien n’est plus facile que ce genre de reproduction. Toutes les parties du tableau étant sur le même plan , pourvu qu’on place T objectif au centre du tableau , dans le même plan d’inclinaison, on est sûr d’obtenir un résultat régulier comme lignes , quelle que soit la préparation qu’on ail employée.

Mais si rien n’est facile à obtenir comme la reproduction d’une gravure, lorsqu’on ne tient pas à un résultat irréprochable, aucune expérience de photographie n’exige une plus complète intelligence des effets photogéniques, pour arriver à rendre le dessin avec toute sa finesse, son modelé et sa coloration.

L’opérateur est placé ici devant une œuvre d’art; on ne lui demande pas d’en faire un croquis, mais une reproduction : il ne peut donc agir machinalement, comme on le suppose trop souvent, car il faut qu’il atteigne un résultat déterminé d'avance, sans rester au-dessous, ni sans le dépasser.

Aiusi, l’opération qui, imparfaite, est bien certainement la

plus facile, exige, pour être bien conduite, line étude infiniment plus approfondio que celles qui sont réputées les plus difficiles.

Justifions notre assertion par un exemple :

Si la gravure est très-noire, les lumières étroites, l’exposition au soleil sera plus favorable, par la raison que les noirs faisant résistance à l’action chimique, il faut, par une vive lumière, donner de la valeur aux parties ménagées par le burin et amener ainsi de la transparence dans les ombres.

Une exposition à une douce lumière rendrait insuffisante l’action de ses réserves dans les ombres; ces ombres resteraient à la fois trop larges, trop vigoureuses et sans transparence.

Si, au contraire, la gravuro est très-claire, les lumières larges, les ombres formées de hachures espacées, ou enfin peu vigoureuses, il faut opérer à l’ombre pour renforcer ainsi la valeur des noirs ; les parties blanches du dessin exerceront toujours leur action, que le modèle soit exposé à l’ombre ou au soleil, tandis que les noirs s’accuseront d’autant mieux, que l’exposition sera plus prolongée et la lumière moins vive.

Voilà donc des moyens artificiels de développer ou d’affaiblir l’action chimique sur une partie limitée du tableau.

Ce que nous venons de dire ici suffit pour faire voir que, s'il est possible de conduire l’opération de manière à se renfermer dans les effets que l’artiste a voulu produire, il est possible aussi de les modifier dans le sens d’un meilleur effet, obtenir ou de plus vives lumières, ou plus de vigueur, plus de modelé, plus d’harmonie, moins de sécheresse, amener enfin une épreuve plus satisfaisante, au point de vue de l’art, que la gravure elle-même.

Il y a ici une vaste carrière ouverte à la photographie sur papier. Nous avons l’espoir que le jour n’est pas éloigné, où la photographie sera non-seulement un sujet d’étude pour l’artiste, mais qu’elle lui fournira encore des effets qu’il eût été impuissant à produire sans son secours.

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