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I. PRÉPARATION DU PAPIER NEGATIF A L10DURE DE POTASSIUM

Dans un vase plus grand que le papier à préparer, on verse une dissolution saturée d’iodure de potassium.

On plonge le papier dans cette dissolution, on le laisse tremper de une à deux minutes, selon son épaisseur; après quoi on le retire du bain en le prenant par les deux coins, et on le passe rapidement, deux fois de suite et sans le lâcher, dans un vase plus grand, rempli d’eau distillée, ou, à son défaut, d’eau de pluie; puis on le sèche entre plusieurs feuilles de papier buvard, jusqu’à ce qu’il soit parfaitement essuyé.

Soumis à l’instant même à l’acéto-nitrate et à l’exposition, ainsi qu’il sera expliqué dans le chapitre suivant, cette préparation fournit une épreuve d’une très-belle venue : son exécution est d’une facilité extrême, comme on voit, et d’une certitude presque absolue.

11 est préférable de préparer le papier au moment d’exécuter l’épreuve. L’effet est plus constant et plus certain.

Le passage du papier ioduré dans le bain d’eau distillée a pour objet d’enlever l’iodure qui restait à la surface du papier. Il faut donc que le papier soit bien essuyé, et, pour ainsi dire, séché extérieurement dans le papier buvard , avant de le soumettre à l’acéto-nitrate d’argent, sans quoi l’image n’aurait pas de netteté.

Toutes ces opérations peuvent se faire au grand jour; le papier bien sec est recueilli dans un carton, il conserve ses propriétés chimiques pendant des mois entiers.

En raison de sa sensibilité à l’action de la lumière, ce pallier est particulièrement propre à l'exécution des portraits, comme à celle de tous sujets qui réclament une rapide exécution.

La simplicité de sa préparation pourrait le faire adopter à l’exclusion de tous les autres, s'il était propre à tous les genres de reproductions; mais, c’est malheureusement ce qui n’a pas lieu, et de là, la nécessité de varier les préparations, pour étendre le cercle des résultats qu’il est possible de demander à la photographie sur papier.

Avant d’entrer plus avant dans le détail des opérations, il est nécessaire de faire connaître les soins particuliers qu’elles exigent, les précautions générales quelles réclament, puisque l’oubli d’un petit soin, bien simple, bien puéril en apparence,

peut amener les plus graves perturbations dans les réactions chimiques qui doivent donner naissance à l’image.

Toutes les opérations où il entre des sels d’argent doivent être faites ù la lumière d’une bougie, la lumière du jour étant une cause d’altération.

Tout papier ayant reçu une préparation d’argent doit être conservé à l’abri de la lumière.

Les préparations où il n’entre pas de sel d’argent peuvent être faites au grand jour.

Les dissolutions d’argent doivent être conservées dans des tlacons de verre bleu. Si on se sert de flacons de verre blanc, il faut les recouvrir de papier noir.

Tous les flacons doivent être bouchés à l’émeri. Les bouclions de liège altéreraient les dissolutions.

Toutes les dissolutions, indistinctement, seront faites avec de l'eau distillée, et à son défaut avec de l’eau de pluie.

Avant d’employer une liqueur, on devra toujours la filtrer. Entre deux opérations, des dépôts et des décompositions partielles peuvent se produire, et il est essentiel de se mettre à l’abri des accidents qu’ils feraient naître inévitablement.

Les filtres devront être en papier blanc, et non de couleur; ceux qui auront reçu des dissolutions de sel d’argent ne devront jamais servir que pour une seule opération; on aura un filtre particulier pour chaque substance. Les entonnoirs seront de verre.

On aura un cahier de papier buvard pour chaque préparation. Un même cahier ne pourra servir à deux usages.

Le papier buvard sera choisi très-épais , bien blanc et non vergé. Les beaux papiers des imprimeurs sont excellents pour cet usage.

Les vases doivent être essuyés avec le plus grand soin, et les linges qui servent à cet usage d’une grande propreté.

Lorsque l’opérateur aies doigts tachés par l’acide gallique et le nitrate d’argent, il doit éviter de préparer du nouveau papier avec l’iodure de potassium. Ce sel dissout le gallate d’argent, et le papier serait taché.

Cet accident est d’autant plus à craindre, que les taches ainsi formées restent quelquefois des mois entiers sans paraître, et bien qu’invisibles, provoquent dans le cours des opérations des accidents qui s’opposent à la bonne venue des épreuves.

Lorsqu’on a eu les doigts tachés, il faut se laver les mains avec du cyanure de potassium. Ce sel dissout les taches avec la plus grande facilité.

Si on avait la plus légère égratignure à la main , il faudrait renoncer à l’emploi de ce sel. Il pourrait donner lieu à un empoisonnement des plus graves. Le cyanure de potassium a presque l’activité de l’acide prussique. Dans ce dernier cas, on devrait avoir recours à l’iodure de potassium, qui est moins efficace, mais qui n’offre aucun danger.

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