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III. DES MOYENS ACCÉLÉRATEURS

L'albumine iodurée est moins sensible à l’action de la lumière sur une glace que sur une feuille de papier.

En cherchant la raison de cette différence, on voit qu’elle est due à ce que l’albumine acquiert sur le papier une porosité qui la dispose à l’action photogénique, tandis qu’étendue sur un corps imperméable, elle acquiert une compacité qui fait obstacle à l’action de la lumière dans la masse.

Cette résistance à l’action photogénique est encore augmentée, si, au lieu d’exposer la glace à la chambre obscure, lorsque l’albumine est encore humide, on la laisse sécher.

Au contraire, en la ramollissant au moyen de quelque agent chimique, on augmente la porosité, les réactifs la pénètrent avec plus de facilité et sa sensibilité augmente.

11 résulte de ces observations , que nous sommes encore à nous demander si l’extrême sensibilité, que les sels que nous allons indiquer, donnent à la couche d’albumine, ne tient pas

tout simplement au ramollissement qu’ils font éprouver à celle-ci.

Si l’on verse dans le bain d’eau distillée qui sert à laver la glace au sortir de l’acéto-nitrate, 5 à 6 gouttes d’une dissolution saturée de fluorure de potassium, la couche d’albumine devient si sensible à la chambre obscure , qu’elle est impressionnée instantanément, c’est-à-dire rien qu’en démasquant l’objectif.

Lorsqu’on traite la glace par l’acide gallique , pour fixer l’image, on éprouve une grande difficulté, l’albumine se soulève en partie de la glace , surtout aux extrémités.

En évitant d’agiter la glace dans le bain d’acide gallique, on diminue la gravité de ces accidents, qu’on peut réparer même complètement et sans laisser aucune trace si l’on opère avec adresse; pour cela, en plonge la glace, au sortir du bain d’acide gallique, dans une dissolution très-concentrée de bromure de potassium, ou mieux encore, dans une vieille dissolution d’hyposulfite de soude.

Tous ces bains, et en particulier celui d’hyposulfite , ont la propriété de faire adhérer de nouveau l’albumine qui s’était détachée de la surface de la glace.

Mais là ne se borne pas le danger de perdre l’épreuve; le fluorure, s’il a été employé en trop grande proportion, a tellement desséché l’albumine, que celle-ci ne peut plus être exposée au contact de l’air sec ou de l’air un peu chaud, sans se fendiller ou se soulever entièrement de la glace.

11 faut donc, pour conserver ces épreuves, les faire sécher dans un lieu humide et obscur, et ne les sortir qu’en exerçant sur l’albumine une forte pression par le dépôt d’une feuille de papier que l’on charge d’une glace très-lourde.

Nous indiquerons plus tard, en traitant des épreuves positives, comment on doit s’y prendre pour ne pas perdre cette image si fragile, et dans quelle limite il est possible d’en tirer parti.

On conçoit qu’on doive être peu tenté d’opérer sur glace, après ce que nous venons de dire de tous les accidents auxquels on est exposé. Cependant on peut éviter une partie des accidents, en diminuant la quantité de fluorure. En réduisant la dose à une seule goutte, on obtient une glace quinze ou vingt fois plus sensible quelle ne le serait sans la présence de ce corps, et on n’a plus à redouter la perte de l'épreuve pendant ou après son développement.

L’expérience fera donc connaître les proportions qu’il est convenable d’employer, selon les effets qu’on veut produire et le temps qu’on peut affecter à l’exposition.

On pourrait peut-être, au moyen de quelques corps nouveaux, prévenir la dessiccation de l’albumine. Nous aurions bien désiré achever celle étude, avant de livrer ce chapitre à l’impression; mais à la naissance d’un art comme celui dont nous nous occupons, si nous attendions la solution des problèmes devant lesquels nous sommes placés pour publier nos essais, nous serions condamnés à garder indéfiniment pour nous le résultat d’expériences dont la connaissance peut amener d’utiles progrès, parle concours et l’habileté des amateurs auxquels nous les livrons.

11 ne faut pas s’effrayer si l’on remarque que le bain qui contient un peu de fluorure, prend une teinte laiteuse lorsqu’on y plonge la glace albuminée, au sortir de l’acéto-nitrate : cette teinte laiteuse est due au fluorure d’argent qui s’est formé; en agitant fortement et en faisant écouler tout excès de liquide.

comme nous l'avons dit précédemment , il n'en résulte aucun accident .

Le cyanure de potassium a des propriétés presqu’ aussi accélératrices que le fluorure, en l’employant dans les mêmes conditions.

Son action sur l’albumine est moins corrosive; aussi peut-on en augmenter la proportion.

Il suffit de verser 5 à 6 gouttes d’une dissolution saturée de cyanure de potassium dans le bain, pour donner à la couche d’albumine sur verre une extrême sensibilité.

Le précipité qui se forme lorsqu'on plonge la glace dans le bain est très-abondant, mais en agitant fortement la cuvette on voit qu'il se dissout peu à peu, c’est alors qu’il faut retirer la glace et la faire égoutter comme il a été dit précédemment.

Plus les manipulations s’exécutent avec célérité, plus la couche reste riche en matière réductible.

Ces moyens accélérateurs exigent qu’on expose la glace a la chambre obscure, pendant que l’albumine est encore humide. Si on la laissait sécher, l’albumine s’altérerait, et le résultat de l’opération serait compromis.

Les papiers préparés comme nous l’avons indiqué aux chap. IV et VI, acquièrent une plus grande sensibilité si on ajoute un peu de cyanure de potassium au bain d’iodure.

Et par une anomalie bien remarquable, le fluorure de potassium, qui donne une sensibilité si grande aux glaces albuminées, sans produire de taches, n’a pu être employé jusqu’à présent, dans la préparation des papiers, par suite des accidents qu'il fait naître.

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