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FORMATION DE I/ÉPREUVE POSITIVE

Pour obtenir une épreuve positive* on place l’éprouve négative du côté impressionné sur la surface du papier positif, préparé comme il vient d’etfe dit; on maintient les deuV feuilles l’une contre l’autre, dans un cadre, entre deux glaces, et on expose ce cadre à la lumière dit jour. L’épreuve négative est traversée par la lumière, et le papier de l’épreuve positive se trouve noirci en raison de la facilité ou de l’obstacle que les parties colorées de l’épreuve opposent à la lumière.

Le dessin qui se produit sur le papier positif est donc inverse de celui de l’épreuve négative, puisque les parties blanches auront laissé passer la lumière, et (pie les parties noires lui auront fait obstacle en raison de leur intensité.

La première condition pour obtenir une image positive bien

nette, c’esl de mettre bien en contact le papier positif sur l'image négative.

Si le contact était imparfait, la lumière se diffuserait par place et l’image serait alors accusée vaguement.

Pour arriver à un bon résultat, il ne suffit donc pas de mettre simplement le papier positif sur l’épreuve négative , il faut de plus les enfermer entre deux glaces, et exercer la plus forte pression possible pour rendre ce contact plus parfait.

On trouve dans le commerce des châssis à décalquer pour la photographie sur papier, construits d’après les indications de M. de Valicourt. Ils se composent d’un cadre en bois, dans lequel on ménage une rainure assez profonde pour recevoir deux glaces épaisses, et une planchette destinée à les recouvrir ; ces feuillures et cette planchette sont doublées en drap ; un système de boulons à écrous sert à maintenir les glaces comprimées l’une contre l’autre lorsqu’on y a enfermé les deux papiers positif et négatif.

Ce châssis est généralement adopté. Il faut avoir soin de choisir des glaces très-épaisses et d’exercer bien également la pression par les boulons à écrous, sans quoi on briserait les glaces, ou au moins on aurait une épreuve défectueuse, car la pression n’étant pas uniforme sur toute la surface du dessin, la netteté de l’image serait imparfaite.

Ce procédé ne s’applique qu’aux épreuves sur papier; pour les épreuves sur verre, on emploie seulement deux glaces, entre lesquelles on place le papier. Le poids de la glace supérieure , qu’on choisit à dessein un peu lourde, suffit pour maintenir le papier bien étendu.

On peut encore employer ce procédé avec les épreuves négatives sur papier. Dans ce cas, on étend l’épreuve négative

sur une glace, on la recouvre d’une feuille de papier positif, et on charge le tout d’une seconde glace; le poids de la glace maintient le contact entre les deux feuilles de papier.

On dépose ensuite les deux glaces sur une planche à rebord, afin de préserver l’envers du papier positif de l’action de la lumière.

En elfet, bien que le papier positif n’ait reçu de sels photogéniques que sur une surface, son verso n’en est pas moins sensible à l’action de la lumière, parce que ces sels ont pénétré dans la pâte même du papier. La lumière qui frapperait l’envers du papier positif y produirait donc une coloration, et si son action se prolongeait quelque temps, cette coloration atteindrait la surface sur laquelle se forme l’image, et celle-ci en serait troublée et pourrait même être perdue.

Toutes ces précautions étant prises, l’exposition peut avoir lieu indifféremment au soleil, à l’ombre, à l’intérieur ou à T extérieur des appartements; ce n'est plus qu’une question de temps, l’opération s’accomplissant plus ou moins vite, en raison de l' intensité de la lumière qui frappe l’image négative. 11 en est de même de l’inclinaison du châssis, elle est sans influence sur le résultat, si la pression a été bien établie.

Il est impossible de déterminer d’avance le temps que doit durer l’exposition, pour assurer la bonne venue de l’épreuve. La nature du papier, son épaisseur, la chaleur, l’ intensité de la lumière, sont autant d’influences qui concourent à sa production, et qu’il est impossible d'apprécier à priori.

L’expérience peut seule apprendre à l’opérateur comment il doit procéder; nous pouvons cependant lui indiquer quelques caractères qui lui serviront de règle pour apprécier les progrès de la lumière et la limite d’exposition nécessaire à chaque

épreuve en particulier, sans avoir à se préoccuper des variations atmosphériques survenues pendant le cours de cette exposition.

Dans le châssis à décalquer que nous venons de décrire, une petite porle est pratiquée dans le fond intérieur; on peut, en l’ouvrant, reconnaître, par la naissance du dessin au verso de l'épreuve, que la lumière a produit tout son effet.

Cependant, ce moyen ne peut recevoir que des applications assez restreintes, car l’image positive n’apparaît au verso de l’épreuve que lorsque le papier est assez mince ; encore peut-il arriver que le dessin soit suffisamment venu avant qu'il ait traversé l’épaisseur du papier.

Un moyen plus simple, qui est applicable en toutes circonstances et pour toutes sortes d’épreuves, consiste à laisser à découvert une bande de papier sur l’un des cotés de l’épreuve positive. De cette manière , on suit l’action de la lumière par la succession des couleurs que prend la bande du papier.

Ainsi, la bande de papier passe du blanc au rose, puis au lilas, au violet, à la nuance terre brûlée, au noir, au vert et enfin au vert foncé. A partir de cette nuance, la teinte, vue sous un certain angle, prend un aspect bronzé métallique, et à partir de ce moment, elle diminue d’intensité; ainsi le bronze antique passe au bronze vert , celui-ci au bronze olive, en se dégradant de plus en plus. (*)

(1) Les selsd'argent, avantd’êtrefntés, c’esl-à-dire dans lecoursdes réductions produites par la lumière, offrent celte particularité que les premiers effets de la lumière les accusent en noir, et que du noir ils passent au blanc sous l'action continue de la lumière. Lorsque l’épreuve négative est parfaitement bien développée, et encore dans le bain d’acide gallique, si on la sort delà

Î1 faut donc déterminer par une expérience préalable le rapport de coloration qui existe entre la bande de papier laissée à nu et la feuille qui est couverte par l’épreuve négative; celle donnée une fois acquise, on saura toujours quelle est la nuance de l’épreuve d’après celle de la bande décou verte.

On voit que la coloration de chaque épreuve négative

lumière artificielle pour l’exposer au grand jour, les parties blanches du papier, qui sont celles que la lumière u’a pas frappées lors de l’exposition de la chambre obscure, seront noircies, en même temps que celles qui étaient prîmitivement noires seront blanchies. Le résultat primitif se trouve donc renversé, et le dessin négatif devient alors positif.

Un phénomène semblable it lieu avec l’épreuve négative sur Verre couvert d’albumine, non plus en se servant de la lumière pour amener une plus grande réduction métallique, mais en fournissant la substance métallique elle-même dans le bain où s’accumule la réduction. Si on ajoute de l’acéto-nilrate d’argent au bain d’acide gallique, le bain se trouble, et la surface albuminée de la glace se couvre d’une poudre blanche qui adhère fortement à toutes les parties colorées de l’épreuve. L’aspect de cette épreuve, si l’on place derrière la glace un fond noir, devient positif, bien que, vue par transparence, elle soit négative. Ces épreuves, malgré leur aspect positif, donnent des épreuves positives tout aussi parfaites que lorsqu’elles ont été traitées autrement.

Nous n’avons pas parlé de ces effets dans le chapitre des épreuves négatives, parce qu'ils n’ont pas d’intérêt pour nous, sous le rapport des produits de la photographie; nous les Signalons seulement comme pouvant être étudiés pour amener de nouveaux résultats.

A celle occasion, nous citerons encore un autre phénomène : c’est celui qui résulte de l'exposition à la lumière du jour de l’épreuve négative sur papier. Pendant qtt’elle est encore darts lé bain d’acide gallique , si on présenté à la lumière du jour, non phis la face impressionnée, mais le verso du papieV qui est resté parfaitement blanc , on voit naître sous l’action de la lumière le dessin existant sur l’autre face, mais dans l’ordre inverse de coloration, le blanc s'accusant en noir, ca qui fait que celte image est positive au verso du papier cl négative au recto. Comme résultât, cette image positive manque de finesse et des qualités que réclame un dessin pour être acceptable. Il n’offre donc qu’un intérêt scientifique, sur lequel nous reviendrons plus lard , avec tous les déyèlopÿbmehts qub réclame un si gravé sujet.

modifie singulièrement le temps de l’exposition; il y a telles épreuves, sur verre comme sur papier, qui suivent presque à un quart ou à une demi-nuance près la coloration de la bande extérieure du papier, tandis qu’il en est d'autres qui ne sont mente pas arrivées à la nuance violette, lorsque la bande est déjà arrivée à la nuance bronze olive.

Il ne faut jamais pousser l’exposition de l’épreuve positive jusqu’à donner aux ombres la teinte bronzée, car celle teinte est plus claire qiie celle qui la précède.

Lorsqu’on opéré, sur des épreuves négatives trop colorées, il est presqu’ impossible d’obtenir de bonnes épreuves positives; car, les ombres de l’épreuve positive ont le temps de passer à la teinte bronzée, avant que la lumière ait tra versé les noirs de l’épreuve négative, de manière à s’accuser sur le papier positif.

Lorsque les épreuves négatives sont très-faibles et d’un ton uniforme, les épreuves positives sont encore défectueuses; car, les parties claires du dessin sont inévitablement trop colorées, si l’on prolonge assez longtemps l’exposition pour obtenir quelque vigueur dans les ombres.

Avec ces deux sortes d’épreuves négatives, il faut donc renoncer à des détails dans la lumière pour les premières, et à des ombres puissantes pour les secondes.

Malheureusement, ces épreuves qui pèchent par un défaut d'harmonie dans les lumières sont les plus communes.

Dans un chapitre spécial, où nous traiterons des artifices à l’aide desquels on peut amener de meilleurs résultats , nous donnerons les moyens de tirer un très-bon parti de ces épreuves.

Les meilleures épreuves négatives sont celles qui permettent de pousser l’exposition jusqu’à ce que les ombres vigoureuses

de l’épreuve positive arrivent à la teinle qui précède l’aspect bronzé, tandis que les plus vives lumières de l’image (les coups de jour seulement) conservent la teinte blanche du papier.

11 faut donc, pour toute épreuve positive, pousser l’exposition jusqu’à sa limite extrême, si l’on veut avoir une image bien complète.

En effet, une épreuve négative correcte renferme toutes les dégradations lumineuses du tableau qu’elle reproduit. Ces dégradations ne sont pas toujours visibles à l’œil dans le dessin de l’épreuve; mais elles n’en existent pas moins dans la pâte même du papier. Lorsqu’une épreuve positive est bien venue, elle présente des détails que l’aspect de l’épreuve négative n’aurait jamais laissé soupçonner, et cela parce que la lumière, en rencontrant ces réductions invisibles extérieurement, a éprouvé un obstacle dont le dessin produit est justement la

mesure.

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