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I. FIXATION

Lorsque l’image positive est assez accusée, on rentre le châssis dans l’ intérieur de la chambre obscure afin de le soustraire à l’action de la lumière du jour. L'image est alors regardée à la bougie , et si elle n’offre pas tout le développement nécessaire, on l’expose de nouveau à la lumière en replaçant bien exactement le dessin négatif sur l'image positive, ce qui n’est pas sans difficulté.

D’ailleurs, on peut simplifier aisément cette opération, el se ménager la faculté d’exposer et de retirer, autant de fois qu’on le veut, l’image positive, sans compromettre le dessin; pour cela on colle à la gomme ou à la colle à bouche, en deux endroits différents, le papier positif sur le papier négatif, et

on obtient presque infailliblement alors une superposition exacte des deux images, l'image négative n’ayant pu subir de déplacement.

Lorsque l’épreuve positive est bien venue, il reste encore à la fixer, c’est-à-dire, à la rendre inaltérable par la lumière.

(Je résultat s’obtient en dépouillant l’épreuve des sels d’argent sur lesquels la lumière n’a pas agi, et qui forme les blancs de l’épreuve.

On commence donc par laver l’épreuve, et pour cela on la fait tremper dans un grand vase, qui est rempli d’eau de pluie ou d’eau de ri \ ière.

Lorsqu'on a recours à l'eau de source, il faut s’assurer, avant de l’employer, qu'elle ne contient pas de sels de fer.

Lorsqu’on n’est pas pressé, on se trouve toujours bien de laisser les épreuves toute une nuit dans ce bain. Il faut introduire toutes les épreuves une à. une, mais en une seule fois; car, si on les mettait les unes après les autres, à un assez long intervalle de temps , les plus anciennes, ayant troublé le bain , tacheraient les nouvelles.

(Je bain ne pourra servir deux fois , il faudra donc en renouveler l’eau à chaque immersion d’une nouvelle série d’épreuves.

Les sels d'argent dégorgés par les épreuves sont généralement précipités lorsque l’eau n’est pas d’une pureté complète, ce qu'il n’est pas possible de réaliser en raison du prix élevé de l’eau distillée et des quantités qu’on en consomme pour celle opération; les précipités roux qui se forment, tachent fortement les papiers et conséquemment les images si celles-ci reçoivent le contact de l’air avant d’en être débarrassées. Cet accident est encore plus à craindre, si les épreuves entrent

couvertes de ces précipités dans le bain cVhyposuUïlc ; il est donc prudent, non-seulement d’introduire les épreuves une à une dans l’eau, mais de ne pas les laisser surnager à la surface, ce qu’on évite en déposant un fragment de verre sur la dernière épreuve, afin de les maintenir toutes au fond du vase; il faut avoir soin seulement que le dessin ait la face tournée en dessous et non en dessus, afin (pie les précipités ne soient jamais en dépôt que sur l’envers des images.

Lorsque les épreuves sont retirées de l’eau pour être passées à l'hyposulfite , il faut les sortir une à une du bain, en ayant soin de les agiter fortement sous l’eau afin de les débarrasser des précipités qui ne doivent ni recevoir l'impression de l’air ni celui des bains chimiques.

Quelques auteurs ont conseillé de ne pas avoir recours aux bains d’eau, lorsque les épreuves étaient trop faibles, et de les soumettre immédiatement à l’action de l’hyposulfite afin de ne pas les affaiblir encore; mais en suivant ce conseil, on produit le résultat contraire, on affaiblit les épreuves outre mesure.

L’eau est sans action sur les sels d’argent (pie la lumière a réduits et qui forment l’image, tandis quelle dissout les sels d’argent que la lumière n’a pas influencés; d’où il résulte qu’une épreuve qui a été passée à l’eau exige une immersion moins prolongée dans l’hyposulfite, qu’une autre épreuve qui n’a pas été lavée, par la raison bien simple que dans ce dernier cas il y a une plus grande quantité de sel d’argent à dissoudre, et comme l’hyposulfite dissout et ronge les sels même île l’image, surtout lorsque celte image est peu accusée, il en résulte que l’image sera d’autant plus affaiblie par le bain, qu’on aura dû prolonger son immersion plus longtemps.

Ce qu’on appelle lixer l’épreuve, n’esl donc pas une qualité nouvelle qu’on donne à l'image formée par la lumière, mais simplement une élimination de tous les éléments chimiques qui ont contribué à sa formation. Tous les réactifs qui peuvent agir par voie de décomposition sur le chlorure d’argent suspendu dans le papier positif, fixeraient donc l’épreuve, s’ils n’avaient point une action destructive sur les sels noircis qui forment l’image.

t/hyposulfite de soude qui a été indiqué par M. Talbot, l’inventeur de la photographie sur papier, est encore le réactif qui produit le mieux l’effet qu’on se propose , son action étant plus énergique sur les sels non réduits que sur ceux qui forment l’image.

Au sortir du bain d’eau, on plonge les épreuves en les agitant doucement, pendant une minute environ, dans la dissolution suivante :

\ partie hyposullite de soude,

8 parties eau ordinaire de pluie ou de rivière par préférence à l'eau de source;

au bout de quelques heures les sels d’argent de l’épreuve sont dissous, on le reconnaît à la transparence que prend le papier.

C’ hyposullite attaquant toutes les parties de l’épreuve, du ton brun que l’image avait primitivement, elle passe en quelques moments à la nuance rousse, les parties lumineuses sont éclaircies, mais les ombres sont dégradées dans le même ordre de décoloration.

Si l’on prolonge l’action, la décoloration devient trop considérable, l’épreuve acquiert pl us d’éclat, il est vrai, dans les lumières, mais, elle prend un ton uniforme dans les par-

ties colorées. Le ton dans les arrière-plans étant de la même coloration que les ombres, il en résulte que l’image manque d’air et de profondeur et perd une partie du charme que donnent aux dessins les dégradations ménagées de lumière.

Au sortir del’hyposulfite, l’épreuve doitêtre passée de nouveau dans un bain d’eau ; il faut en prolonger l’immersion pendant deux ou trois heures, si on peut renouveler l’eau plusieurs fois; dans le cas contraire , l’immersion doit durer au moins un jour.

Au sortir du bain on lave l’épreuve avec de l’eau bien claire, et on l’essuie entre deux feuilles de papier buvard; on peut encore la sécher en la pendant à un lil devant le feu d’une cheminée. Selon M. Guillot-Sagez, ce moyen serait préférable au premier, en ce qu’il donne à l’épreuve plus d’éclat et de fixité.

Photographie sur papier.

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