‹ Traité de phrénologie (volume 2)Chapitre 32 sur 78 · S II · texte numérisé non relu

S II

Le cervelet et le cerveau sont composés de substance grise et de substance blanche , de même que le système nerveux du bas- ventre , de la poitrine , de la colonne vertébrale et des sens.

Observation.

Cette idée n'est pas neuve. Long-temps avant MM. Gall et Spurzheim, on savait que deux substances entraient dans la composition du système nerveux cérébro spinal. Les expressions de substance grise et substance blanche ne nous paraissent pas convenables , car elles n'indiquent qu'une modification ou changement de couleur qui ne se rencontre pas chez tous les animaux. Les expressions de substance pulpeuse et fibreuse nous paraissent préférables.

IIÙ TUAITÉ

La gubstanco blanche du cerveau ne peut être , sous aucun rapport , cona-r parée à une substance médullaire : elle est, ainsi que les autres nerfs, enlièremeut fibreuse. |

Observation.

Long-lemps avant ces médecins , la nature de la substance blanche était •connue; mais ils sont, de tous les anatomistes, ceux qui ont le plus insisté gur sa véritable organisation. Il est vraiment singulier de voir encore, de nos jours, nier l'évidence fibreuse de la substance blanche : entêtement probablement dû à la méthode vicieuse de couper le cerveau par tranches transversales. On conçoit qu'en ayant recours à ce procédé , un corps composé de fibres très-fines paraîtra formé d'une substance pulpeuse , comme seraient une pomme, un morceau de fromage. Que l'on coupe, par exemple, transversalement et dans l'état frais, les muscles pectoraux d'un poulet, la surface de la partie coupée paraîtra lisse ; mais si nous raclons ces muscles, nous ne tarderons pas à nous apercevoir qu'ils se trouvent composés de portions fibreuses.

La substance blanche du cerveau , comme celle de tous les autres systèmes nerveux, prend naissance dans la substance grise.

Ces deux substances sont dans le cerveau , de même que dans les autres systèmes nerveux, en raison directe de leur quantité.

Les systèmes particuliers du cerveau sont , de même que les autres, renforcés et perfectionnés graduellement.

Dans les appareils de renforcement et de perfectionnement, les fibres cérébrales sont juxta-posées et entrelacées en forme de ganglions ; de même que les autres systèmes nerveux prennent leur renforcement tantôt dans des plexus, tantôt dans des ganglions. \

Observations.

Les propositions , 3 , 4 , S et 6 , ont tant de rapport entre elles , que nous avons cru devoir les réunir avant qu'elles devinssent l'objet de nos remarques.

DK niKÉNOLOGlK. 119

Nous croyons devoir blAmcr cede expression , que la substance grise donne naissance à la substance blanche ; elle nous parait d'autant plus inexacte, que ces deux substances peuvent varier beaucoup de proportion , dans le sens opposé à. celui où l'entendent MM. liall et Spurzbeim , qui , comme nous l'avons vu , soutiennent qu'elles sont toujours en proportion l'une de l'autre. Nous allons citer quelques faits, renvoyant à notre ouvrage sur l'anatomie du cerveau pour leur démonstration.

1° D'abord, M. Tiederaann assure n'avoir trouvé aucune trace de ganglions dans la moelle épinière du fœtus (1), ce qui devrait cependant avoir lieu , si la substance grise était formée avant la substance blanche. Le memo auteur dit aussi avoir observé le corps calleux que ces anatomistes disent venir de la substance grise des circonvolutions, à une époque où les circonvolutions n'existent pas et où l'on n'aperçoit aucune couche de substance grise à leur surface. Cette dernière proposition renverse aussi , comme on le voit , les idées de ces anatomistes sur les fibres rentrantes. Nous croyons avec M. Tiedemann : 1° que la substance grise ne donne pas naissance à la substance blanche , et bien qu'il existe souvent un rapport de volume entre les deux substances , ce rapport n'est pas constant ; du moins c'est ce que nos recherches sur l'homme et les animaux nous ont appris.

2° Nous ne croyons pas que le corps calleux du cerveau soit formé par les fibres venant de la substance grise. Nos recherches sur le cerveau des oiseaux et des quadrupèdes ne s'accordent nullement avec cette hypothèse. Dans les oiseaux , par exemple , toute la surface des hémisphères se trouve recouverte de substance grise. En écartant leurs hémisphères, pi. LXX, fig. 3 , on aperçoit deux commissures , l'une très-petite , en devant , et l'autre beaucoup plus large, en arrière. Comment se fait-il que cette commissure ne règne pas tout le long des hémisphères , comme chez les quadrupèdes , pour former ce que chez eux nous avons appelé corps calleux (2). Nousdonne-

(1) Anatomic du cerveau du Jcetus , IraJuit par Jourdan, page 134; Paris, 1823.

(2) Le docteur Spurzheim parait avoir eu en vue celte objection, autant que j'en puis juger par ce passage extrait de son Aiiatomie du cerveau , publiée à Londres, page 185. « Jl reste » encore à voir si la protubérance annulaire et le corps calleux sont de vraies commissures : » ces parties sont seulement trouvées chez l'homme et les mammifères. Dans les oiseaux, les » reptiles et les poissons , elles manquent. Les oiseaux et les reptiles ont cependant des hémi- « sphères cérébraux avec deux forts ganglions, et comme chez eux, les autres commissures n désignées sous le nom d'antérieure , de moyenne ( nous ne savons pris où se trouve la » moyenne) et une postérieure, sont en proportion avec les masses latérales, et sont situées » comme chez Ihomme et les autres animaux supérieurs; elles ne peuvent être considérées » comme remplaçant le corps calleux. » Mais alors que deviennent les fibres renlrautes venant de la substance grise, et qui devraient former ce corps? Voici comment M. Spurzheim se tire d'affaire : « Jl résulte donc que l'union des hémisphères cérébraux des oiseaux est établie » selon une autre loi que celle des mammifères , ou que la protubérance annulaire et le corps » calleux ne sont pas de vraies commissures; dans ce cas, ils auraient dû être considérés » comme de vraies parties constituantes du cervelet et du cerveau. » On voit <juc , pour ex-

Page 1