‹ Traité de phrénologie (volume 2)Chapitre 47 sur 78 · S II · texte numérisé non relu

S II

FACULTÉS DU SYSTEME NERVEUX Cl RÉERO-SPINAL. LEUR CLASSIFICATIOK.

La masse nerveuse contenue dans le crâne , et celle qui est renfermée dans le canal rachidicn, comme nous l'avons dit, sont les deux sources de toutes les sensations appartenant aux sens, des phénomènes dits intellectuels et affectifs, et des mouvemens. Il ne nous reste plus qu'à nous occuper de ces facultés en particulier (1).

Si nous jetons les yeux sur les ouvrages des principaux physiologistes ou métaphysiciens de notre époque , qui ont entrepris de traiter l'histoire des facultés intellectuelles et affectives, deux choses essentielles frappent surtout notre attention. 1" C'est que des personnes complètement étrangères à la connaissance du système nerveux, à son développement et à ses altérations, aient eu la prétention de se croire aptes à traiter ses fonctions ; 2° c'est de voir, d'un autre côté, des physiologistes donner dans l'extrême opposé, en supposant que l'élude analomique et pathologique suffisait pour arriver à une connaissance parfaite des fonctions de ce système.

C'est, selon nous, de la réunion des connaissances philosophiques et de celles que possèdent les analomisles , les physiologistes et les médecins , que doit résulter la connaissance exacte et profonde des facultés intellectuelles et affectives. On voit donc combien il est ridicule de vouloir prétendre connaître ces facultés, si on ne possède pas tout à la fois un esprit d'observation et des

(1) Nous ne nous occuperons dans notre oirvragc que de l'histoire des faculté» des sens et de celles désignées sous le nom dinlellectuelles et affecUves, renvoyant aux ouvrages d'anatomie et de physiolog e les personnes qui voudraient étudier les fonctions des nerfs affectés aux mouvemens.

DE PlIRKNOIOr.IE.

counaissanccâ anatomiques, physiologiques, zoologiques cl philosophiques assez éJendus.

Tous les travaux publiés sur la physiologie du cerveau , qui n'auront pas pour base les sciences que je viens de nienlionner , n'auront donc qu'une existence éphémère. On peut dire, d'une manière générale, que dans ceux qui ont été entrepris jusqu'à ce jour sur la physiologie du cerveau , ceux de Gall et des principaux phrénologislcs exceptés, aucun esprit philosophique n'a présidé à l'histoire des fonctions. On s'est contenté de répéter ce que les métaphysiciens avaient déjà dit ; ou l'on a cru pouvoir arriver , à l'aide de mutilations , à des résultats salisfaisans sur les fonctions du système cérébral. Mais il suffit de lire les expériences des mutilateurs, pour voir à quels résultats contradictoires elles ont donné lieu , et combien peu de profit la science en a retiré. Passons maintenant à l'histoire des facultés fondamentales et à leur classification.

Les philosophes qui observèrent avec attention les facultés de l'esprit humain, découvrirent bientôt que toutes étaient loin de présenter le même caractère ; de là les divisions si anciennes entre les facultés de l'esprit et du cœur, ou de l'intelligence et des passions. Plus tard Aristote, Locke, Condillac et les Idéologistes établirent les subdivisions de ces facultés , que nous avons déjà fait connaître. Mais , comme je l'ai démontré , tous se trompèrent , dans ce sens qu'au lieu de saisir les caractères d'une faculté, ils n'en prirent que l'attribut : de là leur division eu mémoire, attention , etc. Ils firent pour les facultés de l'esprit, ce qu'aurait pu faire un naturaliste en divisant les corps de la nature en végétaux , animaux et minéraux , sans donner les caractères proliresà chaque végétal ou animal. Ainsi, lorsqu'on a parlé d'attention, de mémoire , de jugement, je ne sais de quelle mémoire , ni de quel jugement il est question. J'ai dit qu'après avoir marché dans le sens des idéologistes , Gall se vit forcé de les quitter, pour étudier les facultés telles que la nature nous les présente.

Cependant nous devons faire remarquer que , dès le principe , il s'attacha surtout à l'examen des hommes qui lui présentaient une faculté dans un trèshaut degré de développement : si cette manière d'observer eut des avantages immenses, elle ne fut pas aussi sans inconvéniens. Ainsi, il est certain que par cette voie , Gall renversa l'école condillacienne : mais comme il n'observait les facultés que dans un haut degré d'excitation , sa nomenclature dut nécessairement s'en ressentir : c'est là ce qui explique plusieurs expressions vraiment incorrectes qu'il emploie pour désigner certaines facultés fondamentales.

L'idée d'avoir recours à des expressions propres à donner le vrai caractère des forces primitives, appartient surfout à Spurzhcim; c'est aussi à ce médecin que nous sommes redevables d'une classification des facultés. Tout en rendant justice à son talent et à ce qu'il a fait pour la science , je trouve qu'il a doublement errô dans les expressions qu'il emploie, et dans sa classification. Il Cal-

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liit que ce médecin ue fût pas lui-même Lien convaincu de l'excellence de son langage; car il n'a pas publié une seule édition de son petit ouvrage, sans faire il sa classification de nouveaux changemens. Gall n'a suivi aucun ordre, ou pour mieux dire n'a donné dans son ouvrage aucune classification des facultés (1) : en cela il a eu lorl ; car , ainsi que je l'ai dit plus haut , une classification, même imparfaite, n'eùt-elle que l'avantage de ranger dans l'esprit les matières qui sont l'objet de nos éludes, nous devrions encore y avoir recours. Je vais examiner le plus succinctement qu'il me sera possible la classification proposée par Spurzheim ; j'indiquerai ensuite celle qui me paraît la meilleure eu égard à l'état de la science.

Spurzheim (2) , ainsi que nous allons le voir , adopte la grande division des facultés de l'esprit des anciens philosophes. « Toutes les fonctions de l'homme » qui ont lieu avec conscience, dit-il, constituent la vie animale. Celles-ci » peuvent être rangées dans deux ordres ou divisions admises depuis la plus y> haute antiquité, et connues sous le nom d'ame ou esprit, facultés morales )) et intellectuelles, entendement, volonté, le coeur et la tête. Je les dési- » gnerai sous le nom de sentimens et intellect, ou par les expressions de fa- » cultes affectives et intellectuelles.

» Ces deux ordres de fonctions cérébrales peuvent être subdivisées en plu- » sieurs genres, et chaque genre en plusieurs espèces. Quelques facultés affec- » tives produisent seulement des désirs, des inclinations ou instincts : je les » appellerai par le titre général de propensilés. Le nom propensilé est alors » employé pour indiquer des impulsions internes qui invitent à de certaines » actions. Il y a d'autres facultés qui nesont point bornées au simple penchant , » mais ont quelque chose de plus et peuvent être appelées sentiment. L'or- » gueil , par exemple , produit un certain penchant à agir , mais en même » temps éprouve une autre émotion ou affection qui n'est pas un pur penchant. » Toutes les facultés que j'appelle penchans sont communes à l'homme et aux » animaux, mais cellesdont je parle maintenant et que j'appelle sentimens, sont » en partie communes àl'hommeet aux animaux,et en partie propres à l'homme.

» Le second ordre de pouvoirs intellectuels est destiné à nous mettre en re- » lalion avec le monde extérieur , avec les qualités des corps qui nous entou- » vent et leurs relations : je les appelle intellectuels. Ils peuvent être divisés » en quatre genres : le premier renferme les fonctions des sens externes et des » mouvemens volontaires ; le second , ceux des sens internes qui mettent « l'homme en relation avec les objets physiques ; le troisième , les fonctions

(\) voici quelles sont les expressions de Gall sur sa manière de procéder à l'histoire des facultés (pag. 224, vol 3' édition in-S"). « Je tâcberai de me coaCormer, autant qu'il me sera possible, m à l'ordrtvtel qu'il exisie à peu près dans l'organisation du cerveau humaiu. Je m'occuperai d'a- « bord des penchans ou des qualités inférieures j successivemeut je passerai aux qualités et aux î^ facultés qui revêtent de plus en plus un caractère de noblesse > et je finirai par le sentiment le K i>tus élevé, par celui de v^^ncke bommage â la itivinité. »

(2) SpMrzluiin , Plir(noto<jie , 3^ édit ; tendres. '

DB PHRBNOLOGIB.

» liées à la connaissance ou relation des objets et lears qualités : j'appelle ces » trois genres facultés perceptives ; le quatrième genre comprend les facultés » qui agissent sur tontes les sensations et notions , et celles-ci je les appelle » facultés réflectives. Chaque genre de facultés affectives et intellectaelles se » compose de plusieurs espèces, et chaque espèce présente plusieurs modifl- » calions ou variétés , même d'idiosyucrasie ou monstruosités. »

Des divisions et subdivisions admises par le docteur Spurzheim résulte le tableau saivant :

ORDRE 1er.

Facultés affectives.

Genre 1er.

Penchans.

1 Amativité.

2 Philogéniture.

3 Babilativité.

4 Affectionivité.

5 Combalivité.

6 Destnictivité.

7 SdcréUvilé.

S AcquisiviUi.

9 ConstrucUvité.

Genre 2',

Senlimens.

10 Orgueil ; estime de soi.

1 1 Approbativité.

1 2 Circonspection.

13 Bienveillance.

14 Vénération.

Î5 Fermeté.

16 conscienciosité.

17 Espérance.

18 Mcrveillosité.

19 Idéalité.

20 Gaité.

21 Unilation.

OBLBBE 2a.

FaCUITKS INTEllECTBELLES.

Genre lor.

Sens exiérteur».

Genre Ifi.

Facultés perceptives.

22 Individualité.

23 Oonflguratimi.

24 Étendue.

25 Pesanteur.

26 Coloris.

27 Localité.

28 Calcul.

2D Ordre.

30 Éventualité.

31 Temps.

32 Mélodie.

33 Langage.

Genre S*".

Facultés réflectives.

â4 Comparaison.

3^ Causalité.

Le tableau que nous avons sous les yeux a été copié sur celai qui setrouve à la tête de la troisième édition de la PJirônologie de Spurzheim , publiée à Londres. Deux facultés nouvelles ne s'y trouvent point : l'amour de la conservation , dont j'ai parlé le premier dans le Mémoire que j'ai présenté à l'Institut de France en 1827, et celle qui détermine les animaux dans le choix de leurs alimens, dont la découverte est due aa docteur Hope de Copenhague. .'. M. Georges Combe , dans la troisième édition de son système de Phrénologie , a adopté , sans restriction y laclassiflcation de Spurzheim ; on peut même dire qu'elle est généralement reçue en Angleterre.

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Ainsi que je l'ai déjà dit , les avantages d'une nomenclature ou d'une classification sont généralement trop bien appréciés pour que nous négligions d'y avoir recours. J'avais d'abord eu l'idée de conserver celle de Spurzbeim , et mon principal but, en agissant ainsi, était de faire accorder, autant que possible , les travaux des phrénologistes anglais et français. Mais après un examen rétléchi de la classification de ce médecin , je me suis vu forcé de l'abandonner ; plus je l'ai étudiée, et plus elle m'a paru vicieuse par le fond et la forme , par les divisions et subdivisions des facultés , et par la majeure partie des expressions ridicules employées pour les désigner. J'aipeineàconcevoir comment, avec un esprit d'observation assez remarquable, Spurzbeim n'a pas été frappé lui-même du vice de sa nomenclature. J'ai vu avec plaisir que les médecins les plus distingués en France n'ont jamais pu condescendre à recevoir les mots sécrètivité , merveillosilé , etc. , langage prétentieux , de mauvais goût , et qui figurerait à merveille dans la comédie des Précieuses ridicules ou des Femmes savantes.

Parmi les principaux reproches que l'on peut faire à la classification de Spurzbeim , voici , selon moi , quels sont ceux qui méritent surtout de fixer l'attention des phrénologistes.

1° Sa division des facultés en deux ordres, affectives et intellectuelles, qu'il a empruntée aux anciens , ne serait bonne qu'autant que ses subdivisions ou genres concorderaient avec elle, ce qui est loin d'avoir lieu. Ainsi si nous jetons un coup d'œil sur le tableau précédent , nous voyons , par exemple , que la fermeté et l'imitation se trouvent dans la classe des sentimens seulement propres à l'homme ; tandis qu'il nous sera facile de prouver que ces facultés sont communes à l'hcmme et aux animaux.

2° Nous voyons dans la classe des penchans, des facultés qui procurent autre chose qu'un simple instinct ou inclination, comme l'appelle Spurzbeim. Ces subdivisions sont même, comme je vais le démontrer, en contradiction avec ses principes. Mais , afin d'être mieux compris , je vais citer textuellement cet auteur.

« Quelques pouvoirs produisent seulement des inclinations ou instincts , je les appelle penchans. Le mot penchant est alors seulement employé pour indiquer des impulsions internes qui portent à certains actes. Il y en a d'autres qui ne sont pas bornés à de simples inclinations , mais qui ont encore quelque chose de plus , que l'on peut appeler sentiment. L'orgueil , par exemple , produit une certaine disposition à agir; mais on éprouve en même temps une autre émotion ou affection qui n'est pas un simple penchant. » Je ne sais réellement pas comment Spurzbeim a pu soutenir que dansles penchans il y avait seulement disposition ou inclination vers telle ou telle chose, sans que cette inclination fût accompagnée d'une émotion particulière. Est-ce que l'attachement d'une mère pour son enfant n'est pas une inclination accompagnée d'une vive émotion ? et le penchant au plaisir de l'amour, et celui de l'attachement, etc., etc., ne sont-ils pas dans le même cas?

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Ce que je viens de dire des facultés appelées affectives , s'applique à celles que le mémo auteur dôsigue sous le uom d'intellectuelles : ici , mêmes erreurs dans les divisions et les subdivisions. Daus le premier ordre des facultés intellectuelles, Spurzheim place les sens extérieurs, dont les actes, bien qu'en relation avec les facultés iulellectuelles , en différent cependant complètement. Sa division des facultés perceptives et rôflectives est loin d'être exacte ; car, ainsi que nous le démontrerons , plusieurs facultés qu'il range parmi les sentimens, devraient appartenir aux facultés intellectuelles; et toutes les facultés réJleclives ne se bornent pas à la comparaison et à la causalité.

Revenons maintenant sur les nouvelles expressions employées par Spurzheim pour désigner chaque faculté fondamentale. Afin de réussir, dit-il , à donner des noms spécifiques « aux facultés fondamentales, j'ai été obligé de changer » la nomenclature. J'admets que les organes tels que Gall les a nommés, sont » plus développés chez les personnes qui se distinguent par des caractères » particuliers ou des talens : je nie seulement qu'il y ait un organe de la ruse, » de la religion , de la poésie , des mathématiques , de la mécanique ; ces opé- » rations sont composées , et je pense que leurs élémens doivent être déter- » minés. Je ne donne pas conséquemment un nom aux organes d'après les » actions , mais d'après la nature des facultés seulement. J'éclaicirai ma ma- » nière de voir par les sens externes. Il y a un pouvoir de voir et un organe » de la vue , mais il n'y a pas d'organe pour voir le rouge , le bleu , le jaune, » ou des carrés ou d'autres formes. Nous parlons du sens de l'ouïe , et non du » sens d'entendre le chant des oiseaux , la musique de l'homme ou le bruit du » canon. Dans le même sens, il y a un organe du penchant à cacher, mais ). pas de l'hypocrisie; un organe du désir d'être approuvé, mais pas de l'é- » mulation ou de la gloire ; un sens de vénération, mais non de tel ou tel mode » d'adorer. Des précédentes considérations il résulte qu'un certain ordre peut » être établi dans les organes cérébraux , et que je fais plus que de me borner » à la méthode de Gall , qui consiste seulement à les considérer selon leur » situation. Je parlerai d'abord des penchans , des sentimens des sens exter- » nés, des facultés perceptives et finalement des facultés réflectives. »

Ayant établi divers penchans ou facultés particulières de l'esprit , afin d'indiquer les penchans, j'ai pris la terminaison ivité, et je l'ai ajoutée à une racine française pour dénoter les penchans.

Pour les autres facultés , les facultés intellectuelles exceptées , qui ne demandent pas d'explication , et dont les noms sont facilement entendus, Spurzheim emploie les mots usités par Gall, tels que imitation, comparaison, fermeté, circonspection (1). Ou verra cependant dans notre volume anglais, que Spurzheim a employé dans la langue anglaise, une expression particulière pour indiquer les sentimens.

(1) Pag. 407, vol. 5<= , édition in- 8°.

Observation.

II est certain que le langage employé par Gall pour désigner les facultés est loin d'être toujours correct , et Gall lui-raênle convient de l'imperfection de sa nomenclature. L'idée de Spurzheim, de rendre par une expression le vrai caractère d'une faculté, est très-bonne; c'est même à elle que nous devons quelques expressions plus correctes. Mais ce n'est vraiment que par quelques expressions que la nomenclature de Spurzheim est meilleure ; car , prise dans son ensemble et dans ses détails, elle est aussi vicieuse que de mauvais goût.

Je ne donne pas ^ dil-il , un nom aux organes d'après les aclions, mais d'après la nature des facultés. Pourquoi alors avoir conservé une foule d'expressions indiquant une action déterminée, telles que imitation, circonspection, veneration , etc., où l'on ne trouve pas sa terminaison (ï'ivité , employée , selon lui, pour indiquer une force, une manière d'agir dans un sens. Ainsi, c'est pour avoir voulu rendre une pensée que tout le monde entend si bien , que Spurzheim s'est mis l'esprit à la torture et a imaginé un langage aussi barbare qu'absurde. Pourquoi donc n'avoir pas conserve l'expression de l'action même en y joignant le mot oigane? Tous les jours nous disons respirntion , diçjcstion, circulation : faudra-t-il y joindre la terminaison ivité, et dire circulafiviié , afin d'indiquer une force particulière? est-ce que ce mot seul n'entraîne pas avec lui l'idée d'une force, d'une puissance? J'aurais bien encore une multitude d'observations à faire sur les vices de la nomenclature de Spurzheim ; mais comme il suffit d'une simple lecture des ouvrages de ce médecin pour les saisir, je préfère y renvoyer mes lecteurs.

L'on peut , dans la classification des organes du système nerveux cérébrospinal, suivre un ordre à peu près anafomique , comme l'a fait Gall; ou bien adopter un ordre basé sur la nature des facultés : ce dernier mode de procéder serait sans contredit le meilleur ; mais comme il supposerait une analyse parfaite des facultés, il nous parait inadmissible dans l'état actuel de la science : c'est même, indépendamment des locutions vicieuses employées par Spurzheim , ce défaut complet d'analyse qui m'a fait rejeter sa nomenclature, tout en rendant justice aux efforts qu'il a faits pour se rendre utile. Je désire ardemment que les phrénologistes vraiment dignes de ce nom, se bornent à sui- VTe un ordre anatomico-physiologique , je veux dire une classification des organes d'après leur situation et leur développement ; car si chaque phrénologiste vient armé d'une nouvelle nomenclature, il en résultera, au bout de peu de temps , un véritable cahos et une perte réelle pour la science. Une nomenclature parfaite dans les sciences d'observation, et surtout dans la phrénologie qui repose sur une analyse réfléchie des facultés de l'esprit humain , ne peut être que le fruit du temps et de nombreuses observations.

J'ai dit tout à l'heure qu'un ordre de classification basé sur l'analomie et la physiologie, serait celui que je jugerais le plus convenable dans l'étal actuel de la science : on verra ci-après, et sous forme de tableau la classification

DE l'HRKNOI.OCJiE. 2'* 9

qae je propose. Voici quels sont les principaux avantages qu'elle me parait présenter.

l» Sauf des transpositions assez importantes dans l'ordre dos organes, elle se rapproche beaucoup de la classification adoptée jusqu'à ce jour.

2» La dénomination des facultés me paraît capable d'être bien comprise par tout le monde.

Zo Elle est tout à fait au niveau de la science.

•4<»0n y trouve des facultés dont la découverte m'est propre ou m'est commune avec d'autres phrénologistes.

S» Enfin cet ordre de classification est celui qui me paraît le plus en harmonie avec le développement des facultés dans la longue chaîne des animaux vertébrés : ce motif seul eût été plus que suffisant pour me le faire adopter.

TRAITÉ Dli PHRÉNOLOCfE,

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