‹ Traité de phrénologie (volume 2)Chapitre 48 sur 78 · SE · texte numérisé non relu

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CIIAPITUli IV.

CflANIOSCOriE.

Celle parlie de la physiologie du cerveau a èlô confondue jusqu'à ce jour , par la populace phrénologique , avec la science dont elle ne forme qu'une fraction : elle consisle dans une exploration altentive du crâne de l'homme et des principaux vertébrés , afin d'apprécier les rapports qui existent entre la boîte osseuse et la parlie nerveuse qu'elle contient , je lui donne le nom de crànioscopie , mot dérivé de xpxviov crâne, et <Txor£iy examiner, c'est-à-dire examen du crâne. Elle a surtout pour but d'indiquer rigoureusement le siégo des parties nerveuses affectées à telle ou telle fonction , et d'apprécier leurs différens degrés de développement. Bien que l'importance de la crànioscopie soit reconnue de tous les phrônologistes ; bien que sans elle on ne puisse arriver à faire de bonnes applications , on peut dire que cette partie a été on ne peut plus mal traitée par toutes les personnes qui ont écrit sur la physiologie du cerveau.

J'ai la profonde conviction que c'est parce qu'on ne l'a pas présentée convenablement , que la phrénologie est tombée en discrédit dans l'esprit d'un très-grand nombre de personnes. Effectivement, quelle était la première chose que devaient faire Gall et ceux qui ont écrit sur la phrénologie? C'était, après l'exposition de la tliéorie des fonctions du système nerveux cérébral , de donner une espèce de carte où le siège des organes fût indiqué rigoureusement. Eh bien, je puis affirmer que jusqu'à ce jour on n'a rien produit de bon à cet égard. L'ouvrage de Gall, sauf quelques organes assez bien indiqués, est plutôt propre à induire en erreur qu'à donner une juste idée du siège des organes. Afin d'être mieux compris, je vais passer successivement en revue, et seulement sur ce point , les principaux ouvrages que les phrénologisles ont entre les mains. Je commencerai par l'ouvrage du fondateur de la science (1). Gall a publié deux éditions de son ouvrage ; la première se compose de quatre volumes in-4» et d'un atlas in-folio de cent planches. La seconde édition en six

(1 ) Je demande bien pardon aux auteurs qui seront le sujet de mes observations , si je suis un peu sévère dans mes crilifjiies : l'importance du sujet sera mon excuse. Je sais trop combien U m'en a coûté de peines et dus difficultés pour ne pas chercher à les aplanir à ceux qui vaudront étudier la science avec fruit. C'est aux hommes consciencieux et au-dessus des pcliles coteries , â juger si, sous ce rapport, mon ouvrage l'emporte sur ceux qui out étô publiés sur la môme matitTC.

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volumes in-8" , contient le texte de toute la physiologie de la première édition, et en plus une revue critique de quelques ouvrages d'anatomie et de physiologie du système nerveux. Celte édition est dépourvue de planches et cousèquemment inutile pour la partie pratique. Gall s'est contenté de renvoyer à son grand allas qu'il supposait , mais à tort, dans toutes les grandes bibliothèques. Quand même l'ouvrage de Gall sérail dans les principales bibliothèques publiques, il n'y aurait jamais qu'un très-petit nombre de personnes qui pourraient en profiter. En admettant même que son allas accompagnât son édition in-S", que presque tous les médecins possèdent, j'ai la conviction qu'il leur serait peu profitable, et pourrait même, comme je vais le démontrer, les induire souvent en erreur.

Cet atlas, ai-je dit, se compose de cent planches. Les dix-sept premières représentent le système cérébro-spinal d'une poule, la moelle épinière de l'homme, celle du veau, l'encéphale de cet animal, des cerveaux d'hommes et de moutons. Ces planches , qu'on peut considérer comme les principales de l'atlas de Gall , soul assez bonnes d'exécution , mais pèchent souvent , comme je le démontrerai dans mon ouvrage spécial sur l'anatomie du cerveau , sous le rapport de l'exactitude.

Ala fin de l'atlas se voient trois planches représentant, l'une un crâne vu deface, la 2^ vu en arrière, et la â' vu de profil. Comme ces trois dessins surtout ont été faits dans l'intention d'indiquer le siège des organes, nous allons nous y arrêter un instant (1). On peut dire d'une manière générale que ces trois figures sont très-mauvaises d'exécution, et capables d'induire en erreur. l°Toutes trois ce sont pas dans la môme proportion. La figure 99 représentant le crâne de profil , diffère de beaucoup , quant au volume , des deux figures 98 et 100. Il a même été impossible , à cause du peu d'étendue de la région frontale de ce crâne, d'y tracer une division convenable des organes.

2" Les organes indiqués sur ces trois figures ne sont pas toujours à leur véritable place : ainsi , par exemple , le n° YII de la figure 99 n'est pas sur la région de l'organe du penchant à acquérir ; il en est de même de l'organe de la construction indiqué par le n° XIX et de plusieurs autres : l'œil exercé d'un phrénologiste distinguera facilement l'inexactilude de leur position.

3°Que signifient ces espaces entre les lignes indiquant le siège des organes ? Toutes les personnes étrangères à la science et qui les voient pour la première fois, les considèrent comme indiquant la place d'organes qui n'ont pas encore été découverts.

4° Toutes les planches de Gall , un très-petit nombre excepté , représentent des crânes humains qui ne sont qu'au trail. Il en résulte qu'elles ne peuvent servir à faire connaître la forme elle volume des organes , qui ne peuvent être bien saisis qu'à l'aide des ombres.

(1) Je ne saurais trop engager les vrais phrcnologisles à suivre mes observations sur les dessins luciucs (lue je signale ; ils pourront ainsi apprécier la justesse de mes remarques et rectifier les erreurs dans lesquelles ces dessins auraient pu les induire.

DE PURÊNOLOGIE. 253

5» Onze planches représeulant une mullitude de personnages pourvus de leur chevelure , d'un bonnet el même d'un chapeau , tel est , par exemple , le portrait de Louis XI, pi. XCIV , sont un remplissage de mauvais goftt et loul à fail inutile.

G" I/anatomie comparée du crâne des vertébrés s'y trouve traitée Irès-superficiellement , ou complètement négligée ; de là les nombreuses erreurs commises par Gall quand il indique le siège des organes chez les animaux : c'est surtout ce que je m'attacherai à prouver quand il sera question des facultés eu particulier.

7" Une chose qui a dû surprendre tous les phrènologisles instruits, et surtout les zoologistes, est le manque presque absolu, et la mauvaise exécution du système nerveux cérébral des vertébrés dansl'allas de Gall. Il est impossible de se faire une idée de l'embarras où je me trouvai, lorsque dans le commencement de mes recherches , je voulus utiliser les planches de Gall. Ayant commencé parranalomie du système cérébral des oiseaux de passage, je fus tout étonné de ne pas voir dans ses planches un seul cerveau des oiseaux appartenant à cette classe. Il en fut de même des oiseaux constructeurs, carnivores, musiciens, circonspects, etc., etc. J'y trouvai bien , il est vrai, plusieurs crânes de ces animaux , mais au simple trait , et comme j'ai pu m'en convaincre plus fard, avec des erreurs grossières dans le siège des organes.

Gall et tous les phrônologistes qui ont écrit après lui, ne cessent de répéter à tous ceux qui veulent s'occuper de physiologie du cerveau : consultez la nature , répétez nos observations. Rien de mieux sans doute ; mais ne pourrait-on pas leur dire : représentez-nous la nature et faites-nous connaître vos observations, vous nous éviterez, de cette manière, des recherches auxquelles tout le monde ne peut se livrer, et vous mettrez plus facilement sur la voie les personnes qui voudraient les étendre ? Certainement il n'est rien de tel que l'étude de la nature ; mais celle-ci ne devient profitable que lorsqu'on possède déjà de bon guides qui puissent nous la faciliter.

J'ajouterai, en outre, que la connaissance des objets qui servent de démonstration à la phrénologie , ne peut avoir lieu qu'à l'aide de collections faites avec soin ; et tout le monde n'est pas à proximité de pouvoir en tirer parti ou assez riche pour s'en créer de propres. On s'excuse toujours en disant que le nombre de sujets à représenter étant trop considérable, il a fallu se résignera n'en donner que très-peu. Ce langage m'a toujours paru celui de la paresse, ou plutôt de l'ignorance, qui cherche à faire croire qu'on s'est réellement occupé d'un sujet , tandis qu'on ne l'a étudié que superficiellement. Il en est de la phrénologie comme des sciences naturelles ; elle exige, du moins pour le point que nous traitons maintenant, non-seulement un grand nombre d'objets représentés , mais encore une exactitude de forme qui puisse conduire à des observations parfaites. Si tous les phrènologisles qui ont écrit jusqu'à ce jour avalent été bien pénétrés des vérités que je viens d'énoncer, on ne ver-

2âl4 TRAITÉ

rait pas commctire à chaque iostanf , pour l'homme et les animaux, les erreur:, les plus ridicules.

L'ouvrage de Spurzheim (1) offre très-peu d'avantages pour l'application , et contient une mulliludc d'erreurs extrêmement graves. Voilà surtout les principaux reproches que l'ont peut lui adresser.

l^Il ne présente aucuue figure du système nerveux cérébro-spinal.

2" Toutes les figures servant à l'application sont imaginaires , ou copiées d'après le mauvais dessins , et réduits à une proportion telle, qu'il est impossible d'avoir une juste idée du développement et de la forme des parties cérébrales.

3° Il n'existe aucune concordance entre la place des n"' appartenant aux trois figures qui sont à la tête de son livre , et les indications qui se trouvent dans le corps de l'ouvrage. Un seul exemple rendra mon observation évidente. En jetant les yeux sur la figure du buste vu de profil, ou voit que le nombres, indiquant le siège du penchant à acquérir, répond à une ligne perpendiculaire élevée du conduit auditif. Si nous jetons ensuite les yeux sur la figure 2 de la planche YIII , il est évident que le même organe ne se trouve plus à la môme place (2).

4° L'ouvrage de Spurzheim est complètement dépourvu d'analomie et de physiologie comparée, deux cas exceptés qui présentent deux erreurs grossières : ainsi , sur les fig. 1 et 2 de la pi. VII, il indique le siège de l'organe de la douceur sur les sinus frontaux , et par le n" V celui du courage sur les muscles qui vont s'insérer à l'occipital. Figure -4 de la même planche , il place l'organe du courage , pour le cheval , sur la mâchoire inférieure.

L'ouvrage de M. Combe (3) me paraît encore au-dessous de celui de Spurzheim pour la représentation des sujets. On peut dire, d'une manière générale, que celte partie si importante est entit'rement à refaire dans son livre. Uu anatomiste un peu distingué ne peut réellement pas jeter les yeux sur ses figures sans éprouver un sentiment pénible, tant elles sont peu conformes à ce que la nature nous offre. Je crois que M. Combe , pour qui nous avons d'aillieurs l'estime la plus profonde , fera bien de recommencer cette partie de sou travail, lorsqu'il publiera une nouvelle édition : personne n'est plus que lui en étal d'en apprécier toute l'importance. Malheureusement , comme celui do Spurzheim , l'ouvrage de M. Combe ne contient rien en anatomie et physiologie comparée.

Passons maintenant à quelques observations générales ou spéciales , qu'il est essentiel de connaître avant d'appliquer la phrénologie aux tètes humaines ou à celles des animaux.

(1) Vlir^inologie, Z" édition; Londres.

(2) Je ne connais rien de plus capable d'induire en erreur que le petit buste en plâtre de Spurzheim ; outre l'inconvénient de ne pas présenter les proportions naturelles , le siège des organes est on ne peut pas plus mal indiqué.

(3) Un Système de PlirCnolO'jie , par G. combe, 3*^ édition ; Edimbourg , 1830.

DK PnnÈNOLOGIE. 2oS

Les applications chez I'ljomme out lien sur des plAlrcs coulés sur nature ou sur des crAncs. C'est surloiit à so procurer ces derniers que le phrénologiste doit s'attacher : les plâtres sont assurément une très-bonne chose, mais ils ne sont pas sans inconvéniens; car Lien qu'ils représentent assez le volume du crAne , on doit toujours déduire celui des parties molles , et celte déduction ne peut être qu'approximative, vu la différence d'épaisseur qu'elles présentent chez les individus. D'ailleurs, les plâtres ne font connaître en aucune manière les changemens ou les altérations que le crâne aura pu éprouver dans un ou plusieurs de ses points.

Les bustes antiques ne peuvent présenter quelque intérêt qu'aux personnes très-versées dans la pratique de la phrénologie; leurs proportions sont généralement trop exagérées pour servir de guides fidèles aux commencans.

Les personnes qui auront occasion de se procurer le crâne d'un individu peu de temps après sa mort , feront bien de commencer par faire le moule de toute la tète , après avoir pris la précaution de raser les cheveux (1).

Les crânes les plus importans sont , sans contredit, ceux qui ont appartenu à des personnes mortes à l'âge où le système nerveux cérébral est parvenu à tout son accroissement. Viennent ensuite ceux des individus dont les facultés ont déjà éprouvé quelques changemens, mais pas encore assez grands pour empêcher d'apprécier leurs facultés dominantes.

Les'crânes des enfans , depuis la naissance jusqu'à la puberté , sont extrêmement précieux , si on possède une observation de leurs facultés bien détaillée, et faite avec sagacité ; ils peuvent encore servira faire connaître le développement progressif des diverses parties de l'encéphale. C'est aussi durant cette époque de la vie que le parallélisme des deux tables crâniennes est le plus parfait. On n'y trouve point non plus cet écartement souvent très-considérable des deux tables du frontal (sinus frontaux) ; écartement qui peut, dans certains cas, empêcher d'apprécier le développement dos organes qui y répondent. Je ne saurais donc trop recommander aux médecins placés à la tête des hôpitaux qui reçoivent beaucoup d'enfans, de conserver avec le plus grand soin le crâne de ceux qui y succombent, après avoir, toutefois, tenu compte de l'état de leurs facultés intellectuelles ou affectives.

Les crânes des vieillards , des décrépits et des aliénés , sont généralement très-mauvais pour l'application; seulement ils peuvent servira faire connaître les cliangemens que l'âge ou les maladies du cerveau et de ses membranes, apportent dans l'enveloppe osseuse. On peut voir ce que nous avons dit à cet égard dans la première partie.

Chaque crâne soumis à l'inspection du phrénologiste doit être partagé en deux parties, dans le sens vertical ou horizontal; il serait impossible d'ap-

(1) n serait bien à désirer que toutes les personnes qui s'occupent de phrénologie apprissent â mouler. Beaucoup de fails précieux ont été perdus par le manque de celle habitude que l'on peut acquérir en très-peu de temps.

précier, sans celle précaution , le développement de certaines parties du cerveau , telles sont , par exemple , celles qui reposenl sur le plancher orbilaire, et dans les fosses moyennes latérales de la base du crâne. Comme les sinus fronlaux peuvent devenir un obstacle à saisir parfailement l'état de développement des organes qui touchent la table interne du frontal, il est nécessaire d'enlever chez certains sujets , la table externe de cet os dans toute l'étendue du sinus. Dans le crâne représenté pi. C , fig. 1 , les sinus frontaux ont un développement énorme : leur longueur est de quatre pouces ; ils s'étendent de l'apophyse orbilaire interne jusqu'à l'externe ; leur hauteur , dans toute l'étendue du tiers interne de l'arcade orbilaire, est de plus d'un pouce; l'intervalle d'une table à l'autre est de plus d'un demi-pouce dans toute la partie située au-dessus des os du nez et de l'os unguis ; l'écartemenl va successivement en diminuant jusqu'aux apophyses orbitaires externes, où il est d'environ quatre lignes.

Je suppose , maintenant , qu'un crâne humain soit soumis à l'examen d'un phrènologisle , pour obtenir des renseignemens sur les principales facultés de la personne à qui il appartenait ; trois choses doivent d'abord fixer son attention: lo l'âge de la personne; % la forme générale du crâne; 3" son état sain. Chez les Irès-jeunes sujets, c'est-à-dire depuis trois ans jusqu'à sept, le système nerveux cérébral n'apasloujours une énergie proportionnée à son volume. A cette époque de la vie, et chez beaucoup d'enfans, ce système n'a pas encore assez de fermeté pour l'accomplissement de toutes ses fonctions ; il y aurait donc légèreté de la part du phrènologisle , s'il affirmait que par cela même que le crâne d'un enfant présente tel et tel développement , la faculté de l'organe a dû être proportionnelle au volume de ce dernier. Les exemples d'hommes qui ne sont devenus remarquables qu'à l'époque de la puberté , et même après la vingtième année, ne sont pas rares. Ces observations ne prouvent pas seulement que le système nerveux, pour arrivera l'entier accomplissement de ses fonctions, doit présenter un certain volume, mais qu'il doit encore éprouver un changement qui ne peut être que le fruit du temps.

Les crânes des enfans présentent souvent un développement remarquable , et quelquefois même dans un haut degré, de certaines régions ; il arrive aussi très-souvent que l'état des facultés se trouve répondre à celui de leur système nerveux, dont le crâne n'est que le relief. Sur à peu près quatre-vingts crânes ou têtes d'enfans que j'ai examinés durant la vie , il m'est arrivé de trouver certains organes dans un degré de développement remarquable. Voici ceux qui ont principalement fixé mon attention : 1" l'organe qui préside au choix des aliraens ; 2° de la ruse ; S" du penchant à acquérir ; â" de la destruction : S° de l'attachement pour les petits sur les crânes des filles; 6" de la fermeté; 7° de la musique; 8" de la circonspection; et sur un nombre assez considérable, celui de la reproduction. Si un des organes indiqués précédemment est dans un degré de développement considérable sur le crâne d'un enfant , si ses parons jouissent d'une excellente santé, et si l'enfant se trouve dans îa même

or PUKEMOI.OtaE.

condilion , on peul affirmer que les facullcs répondanlàses organ's, se seront déjàraanifesices avec assez d'énergie.

J'ai dit tout à Iheure que le plirénologiste devait avoir égard à la forme du cnTine, et ce n'est pas sans motif, puisqu'elle peut souvent nous faire connaître que l'individu était affecté de rachitisme. C'est à ce vice qu'il faut attribuer ces déformalions du crâne, qui consistent le plus ordinairement daus un défaut de développement d'un de ses côtés, ou quelque autre chose d'anormal , de bizarre dans sa forme. Les phrènologistcs , qui ont vu beaucoup, comprendront facilement ce que je dis ici. Il est à peu près impossible de porter un bon pronostic sur l'état des facultés des individus à qui ces crânes appartenaient; leurs facultés auront cependant pu se conserver intactes . malgré le vice de conformation du crâne. Parmi le nombre assez considérable de cas semblables que j'ai été à même de voir, je citerai comme exemple celui d'un jeune sourd qui m'a été présenté par le docteur Ferrus , médecin de lîicêlre. L'expression de la figure et les actes de ce jeunehomrae annoncent qu'il jouit du libre exercice de ses facultés intellectuelles et affectives: son crâne présente cependant une différence excessivement remarquable d'un côté à l'autre (1). Nul doute que ce vice ne tienne à l'état rachilique bien caractérisé par la courbure de la colonne verlébrale.

Le volume général du crâne est une chose dont le phrénologisie doit tenir compte avant de porter un jugement. Si le crâne présente un volume bien a\idessous de l'état normal , l'individu était idiot. Le crâne représenté planche LXXXVI , est un exemple de ce cas. Tous les crânes qui seront au dessous de cette proportion et même un peu au-dessus , appartiendront , sans exception, à des imbéciles complets; d'autres fois le crâne présente un volume au delà de celui qui appartient aux tètes saines , quelqus volumineuses qu'elles puissent être : on peut alors affirmer qu'il y avait hydrocéphalie. La pi. XXII bis représente un de ces exemples dans un très-haut degré. Entre ce point et celui qui se rapproche le plus des crânes sains les plus développés, peuvent exister une multitude de nuances qu'une longue pratique pourra seule faire apprécier. Sous l'influence de certaines circonstances extérieures, ou de celles qui sont inhérentes à l'organisation, un é(at hydrocéphalique peut disparaître, au point de permettre l'exercice libre et même assez énergique des facultés intellectuelles; et, bien qu'à l'extérieur l'enveloppe osseuse annonce que le crâne appartenait à un hydrocéphale, on ne peut rigoureusement pas affirmer que les facultés intellectuelles ou affectives ne se sont pas manifestées.

Il n'est pas excessivement rare de voir les crânes présenter une grande légèreté ou une densité remarquable : ces deux cas indiquent toujours un état maladif; le premier se rencontrant presque toujours à la suite d'affections chro-

(1) n ne faut pas confondre cette différence immense d'iin côté <Ui ciine à i"aulre, avec celle qui existe naturellement chez tous les hommes.

258 Tll.VITÊ

niques do longu3 durèa , telle que la phlhisle, le scorbut, etc.; le second tient toujours à une affection du syslénie nerveux cérébral ou de ses membranes : il est excessivement commun chez les aliénés (I). Indépendamment de la plus grande éj)aisseur , on rencontre souvent une densité surprenante : je possède plusieurs voûtes de crânes provenant de maisons d'aliénés : on croirait, en les soulevant, qu'elles soiit<ia fer de fonte , tant elles sont pesantes ; il n'existe chez quelques-unes aucune trace de tissu diploïque, substance spongieuse. On rencontre quelquefois chez certains hommes , voire même des idiots, des crânes de forme régulière, d'un beau développement, sans aucune trace d'altération remarquable, et cependant avec des facultés intellectuelles très- faibles ou tout à fait nulles. C'est ce qui a lieu cliez les individus qui possèdent un système nerveux cérébral sans action; ce défaut d'activité des facultés peut tenir à diverses causes : le mauvais étal du système circulatoire, des coups reçus sur la tète , la nature même des élémcns qui composent le système nerveux (2).

Après avoir assigné à quelle espèce de catégorie pouvait appartenir le crâne d'une personne que l'on est chargé d'examiner, j'ajouterai encore quelques remarques générales dont il est bon de tenir compte avant d'asseoir son jugement.

1° Si le crâne présente un grand volume, et s'il appartenait à une personne saine, des facultés énergiques auront dû se manifester. Je donnerai comme exemple de ce mode général de développement , les crânes représentés pi. XCIX , fig. 1 ; pi. cm, fig. 1, pi. CVIII , fig. 2 ; pi. CX , fig. i; pi. CXI, fig. 2.

2° Le crâne , bien que très-développô , peut présenter des différences frap; pantes dans ses régions principales, je veux dire celle où siègent les facultés intellectuelles, celles des sentimens et cjUes des facultés communes à l'iiomme et aux animaux. Mais pour bien faire comprendre ce que j'avance ici, je serai forcé d'avoir recours à plusieurs divisions du crâne propres à indiquer le siège des organes de ces facultés.

Ainsi, toute la surface du crâne placée au devant de la ligne courbe K L , fig. I, pi. LXXXVII, recouvre les organes des facultés intellectuelles. La figure 1 de la planche CXI ; la fig. 2 delà pi. CVIII et la fig. 1 de la pi. XCI, nous offrent un exemple d'un développement remarquable de la région affectée aux facultés intellectuelles. La fig. 2 de la pi. CV , la fig. 1 de la pi. CXII, et la fig. 2 de la pi. CXIX , nous présentent, au contraire , un faible développement de la même région.

Toute l'étendue du crâne, placée au- dessous de la ligne courbe XX, répond

(1) Sur seize crânes d'idiotes ou d'alidnc'es que je dois à la bienveillance de M. Fairet , médecin de la Salpclrière , quinze sont dans uu Ctat maladif remarquable.

(2) n y aurait un beau travail à faire sur les chaiigemens physiques et chimiques que présente le système nerveux dans l'état maladif. Nous possédons déjà quelques fails assez prCciCUX sur le premier genre d'aliCratioQ ; l'autre est encore uue scieuce toute neuve.

DE riir>û.NOLOciB. 2o9

aux organes qui sont communs à l'homme et aux animaux (1). La différence que les crûncs prôsenlent sous le rapport de l'élcndue de celte surface , varie prodigicusemeul. Le cràue rcprésenlé lig. 2 , pi. CXII , la lig. "2 de la pi. CXI, et la fig. 1 delà pi. CIlI, prôsonicnt un développement considérable de toute la région affectée aux propensil'"y;.iiM maies, ou facultés communes à l'homme et aux animaux. La fig. 1 de la i î. CXI , la fig. 2 delà pi. CIII , et le crâne roprésenlé fig. 2, pl.iCiV, nous offrent au contraire la même région bien moins développée.

Toute la surface crânienne, compiise entre les lignes K L et XX, est le siège des organes des senlimens : ou toute cette région peut être très-dôvcloppée, ou seulement quelques-uns de ses points. Dans le crâne représenté fig. 1, pi. CX , relui représenté fig. 2 , pi. CXII , et la tète de la pi. CXIII , celte région tout entière est très-saillante. Le contraire a lieu pour la fig. 1 do la pi. CXII, do la pi. CV , id. fig. , et de la pi. CXV , id. fig.

Une chose à laquelle beaucoup de plirénoîogistes ne donnent pas assez d'attention, est la hauteur plus ou moins considérable que le crâne présente ; j'entends par hauteur la distance qui existe de sa base à son sommet : cette hauteur peut être générale ou partielle, je veux dire exister tout à la fois dans la région antérieure, moyenne et postérieure, ou seulement dans une de ces trois régions. Les trois lignes verticales A B, C D, E F, pi. LXXXVII, fig. 1 , peuvent servir à indiquer les diverses hauteurs du crâne dans les régions indiquées ci-dessus. La hauteur du crâne est-elle également développée dans toutes ces régions? il en résulte une grande hauteur de tète, et une forme que jo considère comme le type du crâne humain. Je ne puis mieux faire comprendre ce que j'avance ici, qu'en donnant un exemple de ce mode de conformalion ; il m'est fourni par la tète de Belin, représentée pi. CXtlI, et par lo crâne de l'abbôGautier, pi. CX, fig. 1, surla tète parricide Martin, pi. XGVIII; il n'existe de la hauteur que dans la direction de la ligne C D, tandis que la région postérieure, et surtout l'antérieure, sont très-dèfecUieuses dans ce sens. Je prie mes lecteurs de ne pas perdre de vue celle remarque, sur laquelle je reviendrai lorsqu'il sera question delà combinaison des facultés, et des observations que j'ai faites sur un grand nombre d'Jiommes renfermés dans les maisons de détention.

Comme j'ai déjà dit que tout crâne soumis à l'examen du phrénologisto devait être scié verticalement ou horizontalement, celui-ci devra s'assurer du degré de dépression partielle ou générale du plancher orbilaire, fig. 1, pi. XI bis, 6, 7, 8,9, 10 ; il tiendra compte aussi de l'extrême largeur ou de l'étroitesse que présentent les fosses moyennes et latérales de la base du crâne C, E, D, pi. V bis, fig. 2, de celles connues sous le nom d'occipitales inférieures

(1) U suffit d'un peu d'attention pour ne pas confondre avec les reliefs du crâne où siègent les organes , les Jeux saillies indiquées par les lettres M et 51 : la première , et la plus considC-rablo , csl IMpophyse mastoïdc } l'autre , la crête occipitale externe , toutes deux servent d'altacUo a des muscles , et leur tlOvcIoppenicnt est complCtcmcnl étranger a celui des organes cCrébraiix.

260 TKAllè

F F, id. pi. On ue luauquera pas nou plus d'examiner leur plus ou moius grand degré de profondeur.

Une chose que le phrénologiste doit toujours avoir sans cesse présento à l'esprit, est la différence naturelle qui existe entre les deux côtés du crâne : celle différence peut servir à expliquer les bizarreries que présentent, parfois, les actes de certains hommes.

Les commcnçans feront Lien de choisir, dans leurs premières applications , les crânes qui présentent , dans leurs caractères généraux ou partiels, des différences bien tranchées. Ceux des personnes qui , de leur propre mouvement, et souvent malgré de grands obstacles, oui fail preuve d'un laleul remarquable, sonl très-précieux pour bien apprécier le siège et la forme de l'organe d'où résullait leur faculté dominante. Ces crânes deviennent encore plus imporlans, si les individus à qui ils appartenaient ne présentaient qu'un faible développement des organes voisins, parce qu'alors il existe un relief bien apparent.

Lorsque plusieurs organes voisins se trouvent développés à la fois dans un degré à peu près égal , il en résulte une masse commune , et conséquemment plus de difficulté pour bien apprécier leur degré de développement : celte disposition est la pierre d'achoppement de lous les commençans, qui supposent souvent, mais à tort, que par cela même qu'une partie est bien apparente, ou, comme on le dit vulgairement, fait bosse, l'organe doit être très-developpô ; tandis que celle partie ne parait quelquefois très-renflée que parce que celles qui l'environnent se trouvent dans un très-faible degré de développement.

J'aurais bien encore quelques remarques crânioscopiques à faire ; mais comme je serai forcé d'y revenir à l'histoire de chaque faculté, j'y renvoie mes lecteurs (1).

Le développement d'un organe, quelque considérable qu'il puisse être, n'est qu'une condition de son action et de sou énergie ; son activité demande que le système nerveux jouisse d'un certain degré d'excitation. Bien que les caractères d'une plus ou moins grande irrilabililè ne soient pas toujours en harmonie avec les attributs de lel ou tel tempérament, le phrénologiste ne devra pas moins tenir compte de la constitution de la personne dont il explorera le crâne ; enfin , le phrénologiste, s"il veut obtenir l'histoire complète d'un individu qui se soumet à son examen, devra s'enquérir avec soin des habitudes, des principes ou de l'éducation morale et intellectuelle, en un mot, de toutes

(1) Pour bien apprécier le ilcvcIoppenieiUdes organes , une longue praliquc f.Urês-iKJccssairc; cependant on rencontre , à cet égard , des différences remarquables dans les personnes qui s'y livrent : les unes , en très-peu de temps , parviennent à saisir, avec la plus grande facilité , les principales nuances de développement des reliefs crâniens } d'autres , au contraire , quelque longue qiîc soit leur pratique, commettront toujours des erreurs plus ou moius graves.

DE riIUÉNOLOGIl^. S61

I les circonstances qui auront pu agir comme cause d'cxcitalion de lolle ou telle

facullê (1).

Crâniosoopic chez les animaux.

Les détails anatomiques contenus dans les chapitres III et V de la première partie, me dispenseront d'insister beaucoup sur la cràuioscopic chez les animaux. Il existe cependant plusieurs points essentiels que je ne puis passer ici sous silence; je vais les exposer le plus brièvement qu'il me sera possible.

1° Il ne faut jamais faire d'applications phrénologiques sur les crânes des vieux animaux.

2» Il existe , chez certaines espèces , des sinus frontaux si étendus , qu'il est absolument impossible d'apprécier le développement des organes placés dans leur région. La vache, le mouton, l'éléphant, les grosses espèces de chiens, le loup, le lion, l'ours, le porc-épic sont dans celle classe.

3" Les crânes des animaux très-jeunes n'offrent de l'intérêt pour l'application , qu'autant que ces animaux ont manifesté des facultés assez énergiques. Les crânes des adultes sont, de tous , les plus avantageux (2).

4» On ne doit jamais commencer les applications sur des crânes appartenant à des individus de classes et d'ordres différons; elles doivent toujours avoir lieu sur les crânes des animaux de même espèce, et surtout chez ceux qui sont sortis des mêmes père et mère. Toutes les personnes qui voudront se donner la peine de répéter mes expériences, c'est-à-dire de faire élever sous leurs yeux et pendant longtemps un grand nombre d'animaux , et de noter avec soin leurs facultés les plus saillantes , seront en état de faire d'excellentes applications crànioscopiques chez les principaux vertébrés.

S" Les changemens que le système nerveux et le crâne des vertébrés peuvent éprouver avec 1 âge , induiront facilement en erreur les personnes qui se borneront à comparer des espèces semblables, mais d'âge diffèrent.

6° Chez les oiseaux, sauf quelques espèces que nous avons signalées dans la première partie , les applications crànioscopiques sont très-faciles, le parallélisme entre les deux tables crâniennes étant parfait. C'est aussi pour la même raison que la comparaison entre les crânes d'oiseaux de classes , d'ordres , de

(1) Bien que les phrénologistes do nos jours aient réuni une masse de faits Immense et on ne peut plus propres à démontrer l'évidence dos faits qui servent de l)asc à la phrénologie , on peut dire que, sauf quelques exceptions bien tranchées , la combinaison des organes , leurs nuances d'excitabilité , l'appréciation des circonstances qui peuvent modifier nos facultés intellectuelles et affectives , n'ont pas encore été assez étudiées de nos jours pour que ion puisse i)orter , dans une multitude de cas, un jugement rigoureusement exact. I.c demi-savoir ou le charlatanisme , qui , comme on sait, ne doute jamais de rien, ont seuls cru pouvoir se prononcer avec certitude; mais on ne pourra l'obtenir qu'après de longues années , et des observations bien faites , multipliées à l'infuii.

(2) Le développement du .système nerveux cérébral variant suivant les espèces , on fera bien de cousullcr ce que jai dit â ce sujet dans le chapitre Vil de la première parlic.

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genres et d'espèces différens , n'offre pas le mémo Inconvénient que dans les autres classes de vertébrés.

7° Les crânes d'une multitude d'animaux sauvages présentant certaines facultés dans un haut degré de développement, sont extrêmement précieux, dans ce sens que, malgré les variétés de formes qu'offrent ces crânes, on trouve constamment , dans certains points, un mode d'organisation semblable , quels que soient les classes , les ordres , les genres et même les espèces : c'est ce que l'on rencontre chez tous les animaux voyageurs , destructeurs , circonspects, etc., etc.

Une erreur capitale, que commettent les personnes peu familiarisées aux applications crânioscopiques , consiste à comparer le développement des organes d'un animal ou d'un homme avec celui qu'elles ont rencontré sur d'autres crânes, tandis que c'est l'état de développement relatif des organes chez le même individu ou le même animal, qui peut faire connaître son caractère particulier. Je ne puis, à cette occasion, passer sous silence les expressions communément employées pour indiquer les degrés les plus remarquables de développement des organes. On peut les réduire à trois principales : ou l'organe a atteint son maximum de développement, et on le dit alors très-développè (1) ; ou il présente le terme moyen de développement, et on le dit moyennement développé; ou enfln, il peut être dans un degré inférieur à celui que je viens d'indiquer , et l'on dit que l'organe est dans un faible degré de développement.

Il n'y a qu'une personne bien exercée qui puisse saisir avec facilité toutes les nuances intermédiaires entre les trois degrés principaux.

Quelques moyens mécaniques ont été employés en Ecosse , et dernièrement à Paris, pour apprécier, avec autant d'exactitude qu'il est possible, les variétés de développement des diverses régions du crâne. On pressent que je veux parler du crâniomèlre , dont l'usage ne peut être de quelque utilité qu'aux personnes complètement étrangères aux applications crânioscopiques, ou assez mal organisées pour ne pouvoir s'y livrer : je plains celles qui sont obligées d'avoir recours à de pareils instrumens. Un simple fil, que l'on appliquera au besoin sur un pied-de-roi, suffira pour apprécier la hauteur, la circonférence et les diverses étendues d'un organe à l'autre ou de tout le crâne. Quant à quelques détails minutieux, il n'y a pas de crâniomèlre qui puisse valoir un œil et des mains bien exercés (2).

(1) Dans le langage phrénclogiquc , les mots organe et faculté sont alternativement employés pour exprimer la même idée.

(2) J'ai négligé, à dessein , quelques objections faites par des savans sur l'influence de la compression de l'enfant lors du passage et sur celle des muscles sur la forme du crâne. Xlall et Spurzheim se sont plu h les rapporter pour se procurer sans doute le plaisir d'une réfutation facile. Je n'ai pas cru devoir imiter leur exemple. \ quoi bon relater une multitude de choses , quand un peu do bon SCDS suffit pour démontrer leur peu de fondement?

DE PIIBÉNOLOGIR. 263

Quelques remarques sur lo Tableau Jo la classincatlon des facultés selon l'ordre que j'ai adojité.

En iMiuliantavoc attention la classification des organes , et conséquemraenl celles des facultés représentées dans le tableau precedent, on pourra se convaincre qu'indépendamment de son ordre anatomique, elle concorde assez bien avec celui de la composition des organes du système nerveux cérébral des principaux vertébrés. En effet, de quoi se compose la vie de relation dans les animaux inférieurs , si ce n'est d'actes extrêmement limités ? Se conserver, se nourrir , exécuter divers mouvemens , tels sont , y compris l'action des sens, les phénomènes les plus remarquables du système nerveux des classes inférieures. La reproduction , qui compose à elle seule un des actes les plus iraportans de leur vie sensitive , n'a lieu qu'à une époque assez éloignée de leur naissance.

Dans les classes plus élevées dans l'échelle animale , non-seulement do nouvelles facultés apparaissent, mais celles qui leur sont communes avec les classes inférieures présentent plus de durée et plus d'énergie; elles servent en quelque sorte de transition à celles que nous trouverons ensuite chez les oiseaux, les quadrupèdes et l'homme qui réunit à lui seul toutes les facultés des animaux dans un degré plus considérable, et qui en possède que nous ne trouvons pas chez eux.

C'est î-.ne chose vraiment digne de remarque, que ce changement produit par le volume du système nerveux cérébral , et que l'on observe en passant des reptiles aux oiseaux.

Étudions les actes cérébraux des animaux de cette dernière classe , et nous serons réellement frappés de leur multipliciîè, quelquefois même de leur énergie. La ruse , le courage, l'attachement à vie, le sentiment de conservation, la circonspection , divers talens , tels que celui de la musique , de la construction, de l'imitation , etc. , etc. , sont autant de facultés dont l'existence nous est démontrée, et qui se trouvent puissamment secondées par l'action de sens parfaits et d'appareils de locomotion très-compliqués. Mêmes appareils encore chez certains quadrupèdes, mais avec plus de durée et d'énergie dans les fonctions, et ainsi successivement jusqu'à l'homme , chef-d'œuvre de la création.

Je commence l'histoire des facultés du système nerveux renfermé dans le crâne et la colonne vertébrale, par celles de volition ou des mouvemens, celles de sensibilité générale, et celles de communication. (Voirie tableau, page 2o0.) Comme le nom de chacune de ces facultés donne une juste idée de leurs fonctions , je me contente de les énumérer, renvoyant aux ouvrages d'anatomie et de physiologie humaine et comparée , les personnes qui voudraient les étudier en détail. Ces facultés constituent le premier ordre de ma classification.

Je passe ensuite à l'histoire des facultés du second ordre : toutes , sans ex-

cepliou , sont communes à l'iiommc el aux .inimaux. Quanl à leur dôvcloppemenl , il offre des variélés infinies suivant les classes , les ordres , les genres el les espèces.

Vient ensuite l'iiisloirc des facultés du troisième ordre : elles renferment trois genres ; le premier contient les facultés communes à l'homme et aux animaux : leur nombre, leur modification, leur degré d'énergie varient prodigieusement. Considéré d'une manière générale , l'homme est de tous les animaux celui qui les présente dans le plus haut degré. C'est là ce qui explique la différence que présente, comparativement à ceux des animaux, son cerveau el conséquemmcnt son enveloppe osseuse, dans toute la région où les organes de ces facultés sont logés.

Le second genre se compose de trois facultés , qui sont encore communes à l'homme el aux animaux ; mais l'homme est encore celui qui les présente dans le plus haut de degré de développement.

Je passe ensuite aux facultés du troisième genre : leur développement , dans l'espèce humaine , est tel qu'il suffit pour établir entre elle et tous les vertébrés une différence bien tranchée.

Viennent enfin les facultés du quatrième ordre : de ces facultés , les unes sont communes à l'homme et aux animaux; les autres n'existent que dans l'espèce humaine.

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