Acquisivité
L'organe de cette faculté est situé a l'angle antérieur et inférieur de l'os pariétal. Spurzheim le désignait d'abord sous le nom de convoîtisivilé. Sir G. S. Mackenzic conseilla de lui donner le nom, plus convenable, d'acquisivité, nom que Spunheim adopta dans la suite.
Les métaphysiciens n'admettent pas, dans l'esprit humain.
une propeusilé à acquérir, qui poric l'homme à amasser sans but direct. Le D* Hulcfaeson dit : i Ainsi , aussitôt que nous comprenons que la richesse prut. servir à gratifier nos fantaisies, nous voulons acquérir la richcssi', parce quelle nous fournit le moyen de sati»faire tous nus autres désirs. • M. Stewart dit
également : . Tout , c qui nmis coudait à la gi atilication de nos appétits naturels ou de nos désirs est convoité par nous comme moi;™ d'un iirr il iii/s , éraul ainsi lialiiiinflli^nijin associé
J-i« 1rs |«-tiV- j>- c d»» ( If If :.((r^j|.l i. u,u< uvis
tuons petit à petit à considérer le moyen comme ayant une valeur pal- lui-même, indépendante de son utilité. C'est ainsi que la richesse devient à la fois le but positif de nos désirs, quoique d'ahord elle n'ait eu qu'une valeur relative aux moyens qu'elle donne de satisfaire d'autres désirs (i). >
Le même auteur dit ailleurs que > l'avarice est une modification particulière de l'amour du pouvoir, prenant sa source dans les différents usages de l'argent dans les pays commerçants; son influence, comme principe actif, lire sa plus grande force de l'habitude et de l'association (ï). i
Le D' Thomas Brown admet que le désir de la richesse est une modification de l'amour du pouvoir, mais il cherche à démontrer que la théorie de M. Stewarl eslcn défaut relativement à l'avarice, et cherche, par les arguments les plus ingénieux, a prouver que ce sentiment résulte de l'association. Il fait entrer le temps en compte, et donne pour exemple un jeune garçon achetant une pomme. « Avant que l'enfant n'ait échangé le sou qu'il possède contre une pomme ou une orange, i dit-il, ■ il n'est valable à ses yeux que comme moyen d'obtenir le fruit qu'il convoite; mais, une fois mangé, il a perdu toute sa valeur, tandis qu'il sait que le sou, encore existant, a conservé la sienne, et qu'il serait encore en sa possession s'il
(1) ÉtémnU, p. 5BS.
|î) Utturtt, vol. IN, p. 171.
n'avait pas convoité la pomme; il vive donc à son sou , dont il ne possède plus l'équivalent, et te regret de l'avoir dépensé s'éveille. 11 voudrait n'avoir point fait le marché, et que l'argent, au moyen duquel il pourrait satisfaire quelque nouvelle fantaisie, fût encore dans sa poche. Il résulte de ces réflexions une crainte de dépenser que l'habitude de plusieurs années convertit en parcimonie. >
Rien de plti6 ingénieux que ce raisonnement; c'est nn admï-
esl fausse. La question est: • Pourquoi cette crainte de la dèjiense n' est-elle ressentie que par certains cnranlsclccrtairis hommes seulement, tandis que l'amour des jouissances est une qualité générale a la nature humaine? •
11 convient de mentionner cependant que lord Kamcs (à qui les métaphysiciens reprochent d'admettre un trop grand nombre de faculté;;), rccniinait l'existence de cellc-ei , finmiio propensité primitive de l'homme, et l'appelle instinct d'amasser. ■ L'homme, > dit-il, i est, par sa nature, un animal collecteur (o hoarding animai), il est porté à rassembler les choses qu'il juge propres à son usage, et l'amour de la propriété le porte il conserver ce qu'il a amassé. > Il ajoute : < L'amour de la propriété, qui, de sa nature, est une qualité précieuse, devient un vice dangereux quand il dépasse les bornes de la modération. > Dans un autre ouvrage il observe que < les notions de la propriété prennent leur source dans un sens interne, qui enseigne aux enfants à faire la distinction entre le mien et leiien(i).i
Quiconque observe [a passion de l'avarice dans la vie réelle, doit sentir l'insuffisance des théories de MM- Stewart et Brown. Le D r King, dans ses Anecdotes de son temps, remarque que l'avare < naît imprégné d'un sordide amour de l'argent, qui
il) looif ffind iipimErfucnfion, î Mit. p. 100.
s'annonce dès sa première jeunesse, croit avec lui, augmente dans l'âge mûr, et s'accroit encore, dans la vieillesse, du silence de toutes les autres passions (page 101 ). ■ Il cite le lord chancelier Hardwiek, le duc de Marlboraugli , sir James Lowiher, sir Thomas Colby et sir William Smilh comme des exemples remarquables de ce fait.
Les théories métaphysiques de M. Stcwart sont insuffisantes pour expliquer le phénomène de l'avarice, qui n'a eu vue d'autre jouissance que celle d'accumuler des richesses; le caractère de Trapbois, des Aventures de Nigel, est une admirable personniDcation de l'acquisivilé devenue insli ne lave ug!e, porté au plus haut degré d'énergie et d'activité, et ayant éteint dans l'esprit tout aulre sentiment que celui d'une crainte veillant sans cesse a la conservation de son trésor : celle peinture du caractère do l'avare est exagérée sans doute, mais elle est vraie dans ses iraits principaux. Il est donc absurde d'attribuer, comme le font les métaphysiciens, une passion aussi intense a. une simple association d'idées, à une erreur de l'entendement qui Tait voir dans la riclicsse les jouissances qu'elle peut procurer. La véritable essence do caractère de l'avare est l'amour du l'or indépendamment de toute pensée d'utilité. Les plirénologues oni observé que la passion d'amasser est en raison du volume d'une certaine portion du cerveau, et la considèrent, en cunséqiicure , comme une propensité primitive de l'esprit. Cet organe a été découvert de la manière suivante :
Gall , occupé à comparer les manifestations de l'esprit avec le développement du cerveau, rassemblait chez lui un grand nombre d'individus des classes inférieures , afin d'étudier les diverses propensités primitives, supposant qu'elles se dessinaient chez eux avec plus de simplicité et de vigueur que chei les personnes d'un rang plus élevé. Souvent ces individus rassemblés, encouragés par sa bonhomie, se laissaient aller à s'occuper entre eux de petits larcins, qu'ils appelaient ehiemtm. — nuurl nt nnttxoLOGiE. S4
pertes, cl s'amusaient à désigner ceux qui y excellaient. Les chipturs eux-mêmes se montraient fiers de leur savoir-faire. Gai! remarqua en mtme temps que quelques-uns montraient nue aversion insurmontable pour le vol, et préféraient subir les privations les plus dures que d'accepter une part du painou des fruits que leurs camarades avaient dérobés, tandis que les autres tournaient leurs scrupules en ridicule et les traitaient d'imbéciles.
Afin de découvrir si cette tendance au larcin était en rapport avec 1111 nïjnnc particulier du cerveau, Gall divisa les individus qui se trouvaient rassemblés chei lui en trois classes : dans la première, il rangea les filous; dans la seconde, ceux qui avaient , au contraire , le vol en horreur ; dans la troisième, ceux qui l'envisageaient avec indiiTércnce. En comparant les lêtes de ces trois classes, il trouva que les filous les plus invétérés avaient une proéminence s'élendant de la région occupée par la secrétivité a l'angle externe de l'arcade sourcilière; tandis que cette région se montrait aplatie chez ceux qui avaient horreur du vol. Chez les indifférents, celte région présentait une saillie plus ou moins visible, mats incomparablement moindre que celle des voleurs. A mesure qu'il eut l'occasion de répéter ses expériences, il oblinldes résultais identiques (i).
S'étant assuré de la constance des faits, l'idée surgit naturellement dans son esprit que la propensilé à s'approprier devait nvoir quelque connexion avec la configuration particulière du cerveau qui l'avait si fortement frappé. On ne pouvait pas les attribuer a l'éducation, car les sujets soumis à ses obser-
(1) fiinpuliion que l'acquiiivllé donne w leiillmentu moriui n'en pa» eiiclemcnt tracée dam le» observai ions JcGull, CM organe peut être Iréa fartclei une pereonne qui pourtant aura horreur du vol, il les organe» de la con«iencio»lte, de la bienveillance ei île la réflexion >ont auui proéminenu : Tel aura .l'amour de la propriété, mais de la propriété honnête-
valions n'en avaient reçu aucune; enfants de la nature, ils avaient élé abandonnés à leurs propres instincts : quelques-uns de ceux qui détestaient le vol étaient précisément ceux dont 'l'éducation amie élé le plus complètement abandonnée; les besoins, les circonstances étaient presque les 'mêmes pour tous : il en élail do même pour l'exemple. Les différences morales ne pouvaifitl donc Être attribuées qu'à l'influence de leur constitution physique. '
A celle époque, Gall était médecin de l'hospice des sourds et muets; les enfants y .liaient admis de six à quatorze ans sans avoir reçu aucune éduc ation préliminaire. M. May, psychologiste distingué, directeur de rétablissement, M. Vénus, professeur, et lui, possédaient, en conséquence, 1rs moyens de faire des observai mu jiiwicuscs sur l'étal mental primitif de ces eufanls. Quelques-uns d'entre eux étaient remarquables par un penchant décidi! au vol, tandis que les autres ne montraient pas la moindre inclination vers ce vice. On parvenait à en corriger quelques-uns , mais il en élail qui se montraient tout à Tait incorrigibles ; les intuitions les plus sévères ne produisirem aucun effet sur l'un d'eux; et se sentant incapable de résister à la tentation, il choisit l'état de tailleur, parce que, dit-il, il pourrait se livrer à sou penchant avec impunité. En examinant la téte de ces enfauts , il trouva toujours la proéminence en question développée en raison directe de l'énergie de la propensilc. Gall El mouler lu téte de ceux chez qui ce penchant se montrait le plus intense, afin de les comparer avec celles des filous et des voleurs qu'il parvenait ù se procurer.
Vers cette époque aussi, Gall acquit une antre preuve décisive de lu connexion qui existe entre celle propensilc et te développement d'une portion du cerveau. En visitant une maison de correction, il vil un garçon de quinze ans, connu pour un voleur fieffé dès ses plus jeunes années. Les châtiments n'avaient produit aucun effet sur lui; et il avait fini par dire
condamné ii une prison perpétuelle comme incorrigible. Son husle, figuré a la 26 m " planche de l'ailasde l'ouvrage de Gall, présente une proéminence remarquable à la région du crâne qui correspond il la porlion du cerveau maintenant désignée comme siégede l'acquisivilé. Le front est bas, étroit et fuyant; son intelligence était extrêmement faible, ce qui explique l'ascendant et l'activité de l'acquisivité.
La planche suivante représente deux crânes, sur l'un desquels l'organe do l'acquisivilé est fortement développé; il l'est modérément sur l'autre.
Le désir instinctif d'amasser, résultat de cette propensïté, a, par lui-même, quelque ebose de vulgaire et de bas; ceux, qui en sont dominés nous apparaissent comme des êtres communs, sordides, égoïstes et morts à tottt sentiment généreux; mais dans ses résultats il conduit a la richesse, aux dignités, à la considération. Le premier besoin de la nature est de vivre et de jouir; les autres instincts, indépendamment de l'acquisivilé, porteraient l'homme à tuer, à manger, à se lisser des vêtements, à satisfaire enfin a ses besoins. Mais s'il bornait son industrie a ces nécessités, s'il se reposait après s'être procuré le strict nécessaire, jamais il n'amasserait de richesses. La richesse consiste dans ce que l'on amasse au-delà des besoins
du moment. Scion les mélaphjsiciens, il n'existe pas chez l'homme de propensilé instinctive qui le porte, par une impulsion naturelle, à ramasser et à accumuler; ils pensent, enfin, que le désir naturel d'une satisfaction immédiate des besoins, ou l'amour de la jouissance, sont les seuls motifs qui portent ['homme ù amasser. Muis les plire'riuliyiit's mieni dans l'acquisiïilé un instinct qui le porte à Iravailler encore pour le seul plaisir de s'enrichir, alors même qu'il a tout ce qu'il faut pour apaiser sa faim et sa soif, se couvrir convenablement et s'abriter contre les intempéries des saisntis. C'est cet instinct qui porte l'agriculteur, l'artisan, le marchand , a déployer 1 ■ ■ ; « ■ ■ l'industrie ilnut ils sont i.ipnbles. <■[, l.im dïtie i\ n . le mnbilc d'uni: avance sordide, il devient, étant liien dirigé, la source d'une vie élégante et commode. Son activité, bien entendue, distingue l lioninie nvilisê; le piudigue qui ne Mil rien conserver vit et meurt sans laisser de traces de son existence; l'artiian laborieux, au contraire, qui, sous l'empire de relie faculté, épargne la moitié du produit de sou travail , verse ainsi sa quotr-pait dans le capital national, et contribue au bien-être des généra lions futures, dont la prospérité va croissant de siècle en siècle. Mais si lu soif des richesses devient le besoin proéminent de l'homme, l'acquisivilé étouffe alors les sentiments moraux, dégrade l'esprit cl ravale toutes les facultés de l'intelligence.
Celle propensilé rei oi- l'influenc ■ des (acuités iulill relu elles qui réagissent sur elle. Si l'acquisivilé cl l'idéalité sont en mémo temps irès-énergiques, elles donneul la passiou des collections d'histoire naturelle; quand l'arquisivilé i st unie aux organes de la forme, dn coloris et de I idéalité, elle inspire lo goût des collections de tableaux; si la vénération est fui'tc, elle forme le caractère de l'antiquaire. 11 n'est aucun exemple, enfin, qu'an homme ail manifesté la passion d'acquérir, sans que cet organe se soit montré proéminent; tandis que, au tou-
traire, je )'al toujours trouvé extrêmement faible chez ceux qui semblent destinés à ne pouvoir rien conserver.
H. Owcn de New Lanark soutient que le désir des richesses n'est pas une propcnsiié naturelle de l'esprit humain; aussi, sur sa propre tfilc, «et organe , de infime que h dcstruclivilé dont il nie également l'existence, ne sont que très-peu développés. Ceux chez qui cet organe est très- fort sentent si différemment, qu'ils éprouvent le besoin d'acquérir pour la seule satisfaction d'amasser. S'ils possèdent cinquante arpents de terre, ils feront tout au monde pour en acquérir cinquante autres; et en possédassent-ils des milliers, ils s'e (forceraient encore d'en augmenter le nombre. En vain sont-ils convaincus qu'ils possèdent déjà tout ce qu'il faut pour être heureux, qu'ils sont à l'abri de toute espèce de besoins, qu'ils peuvent satisfaire tous leurs désirs, rien ne peut modérer leur propension a ajouter de nouvelles richesses à celles qu'ils possèdent déjà. Ainsi s'explique comment celte insatiable passion d'amasser est une cause de désappointement pour les personnes qui se retirent des affaires aundejouirdes fruits de leur industrie. Le besoin d'ajouter à leurs richesses était sans cesse satisfait par leur genre de vie antérieure; quand celte propen&ité n'a plus d'aliment, à moins qu'une autre passion ne vienne la remplacer, elles ne trouvent qu'ennui et dégoût dans leur nouvelle
On a objecté, pour nier l'existence de cette propensité, que la propriété est une institution sociale, et qu'il est impossible qu'un désir factice résulte d'un organe cérébral; on peut répondre que l'idée do la propriété tire sa source des suggestions de la faculté dont nous nous occupons, que les lois de la société sont les conséquences et non les causes de son existence. Des lois ont dii être faites pour régler le désir de la possession inhérent à l'espèce humaine, mais elles indiquent évidemment que le désir les a précédées.
Beaucoup de personnes chez qui la bienveillance el l'amour de l'approbation son! ires-forts, ainsi que l'acquisivité, s'imaginent difficilement que rate dernière faculté influence leurs sentiments; toujours disposées à ouvrir leur bourse el à dépenser leur fortune, elles n'ont jamais pu accumuler, et ainsi elles se persuadent qu'elles n'ont aucune tendance à acquérir. Mais ces personnes montrent briincuiip d'adresse dans les affaires, leur bonne foi est souvent chancelante ; el si elles veulent s'examiner avec attention, elles refront que le désir d'amasser des richesses peut les porter fort loin. Elles professent aussi une grande admiration pour les riches. Au contraire, ceux cliei qui cet organe est faible sont préoccupés de tout autre cliuse que Ju désir d'amasser. Ils peuvent être laborieux i'l industrieux, mais sans se préoccuper beaucoup dti gain. Leurs chût eau s eu Kapagnc ne sont jamais ces pahiis dorés que rêvent sans cesse Ceux qui tout sous l'empire lie l'acquisivité.
Les elTels de cotte faculté peuvent fiiro considérablement uiodiDés par une estime de nui énergique. L'aeqmsisiti inspire ramourdes richesses; l'rstime de siii\m\ lire f iimour de soi-même. Leur action unie donne le désir d'acquérir des richesses pour augmenter ses jouissances. Si leur énergie est grande, elles donnent lieu à l'égoisuie l< plus sordide, à moins que les sentiments moraux ne viennent conlre-ba lancer leur action.
Goll a observé que tes nègres suiit peu disposés à amasser, et que cet organe est peu développé chez, eux. Ayant eu l'occasion d'observer que, parmi les troupes espagnoles, les Aragonais et les Castillans ont la partie antérieure de la région temporale aplatie, co qui dénote une faible acquisivité, il s'assura qu'ils si nu lidéles sr-iviicurs, également incapables de tromper et de voler. Les Calmouks montrent une organisation cl des dispositions tout à fait opposées; ils sont connus pour voleurs et gens de mauvaise foi. Blumenbach, en décrivant leurs crânes, dit qu'ils sont presque globulaires et fort saillants
au siège de l'acquisivité. < Globosa fere calvariœ forma, ■ < capïta ad latera extanlia. > Gall possédait deux crânes de Calmoiiks, tous deux semblables a ceux décrits par Blumetibach. Spurilieim rapporte également : • qu'un jeune Calmouk, amené à Vienne par le comte de Stahrenberg, devint mélancolique parce que son confesseur, qui l'instruisait dans la religion et la morale, lui avait défendu de voler. On fut obligé de lui penni'ii™ de dérober à condition qu'il reslituerait les objets voles; profitant de la permission, il enleva adroitement la montre de son professeur pendant qu'il disait lu messe, et la lui rendit après en riant. >
11 est difficile de rencontrer un voleur endurci, sans qu'il présente un développement remarquable de cet organe; on peut, cependant, commettre un vol lorsqu'il n'est que médiocre. L'avarice seule est le résultat d'une acquisivité passionnée; le vol exige l'absence des facultés morales qui restreignent nos dangereux penchants. Qu'un individu ail des appétits sensuels énergiques qu'il ne peut satisfaire sans argent, il volera pour s'en procurer, sans qu'il soit nécessaire que l'organe de l'acquisiviic soit fort, mais on doit supposer qu'il n'rjsi doué que d'une ojnsdiifinosilé cm mut me.nl laibie.
L'existence de cet organe explique la tendance au vol que montrent, à un degré remarquable, certains individus places d;ms di'S i-irciJiisLiik'Ci qui si'ii>b!i-raicut devoir les mettre audessus de toute tentation. Pendant certaines excitations maladives de cet organe, les sentiments moraux (les facultés réflectives les plus élevées) deviennent impuissants pour réprimer ses impulsions. Gall rapporte plusieurs observations de maladies de cet organe. M. Kneislcr, gouverneur de la prison de Prague , lui coma, ainsi qu'à Spurzlieim, l'histoire de la femme d'un riche négociant qui volait sans cesse son mari de la manière la plus adroite, au point qu'on fut enfin obligé de la renfermer dans une maison de correction ; on essaya de l'en faire
Oigiltzed by Goo;!
sortir, uiitis elle vola de nouveau, et on dut la renfermer encore; elle fut emiihiuiiiéi! ;i un troisième i'i plus long emprisonnement, cela ne l'cmpecltu pus Je se livrer ù sa funeste passion, elle votait même en prison; elle avait fort adroitement pratiqué une cachette dans le poêle de la chambre comnimii', uii elle dépusuit son argent; elle commit un grand nombre de déprédations; on employa mille moyens pour la surprendre : on avait attaché des sniiuiiites à toutes les portes et aux croisées, mais ce fut en vain. A la lin, on attacha la détente d'un pistolet a la serrure du coffre-fort; elle fut si effrayée par l'explosion, qu'elle n'eut pas le temps de s'échapper. A Copenhague , Gall et Spuriheim virent un voleur incorrigible, qui parfois distribuait aux pauvres le produit do ses vols. El ailleurs, un voleur, renfermé pour lu septième fois, leur assurait avec douleur qu'il ne pouvait s'empêcher d'agir ainsi; il priait qu'on le retint en prison et que l'on y pourvût
A Munster, un homme fut condamné ù huit ans d'emprisonnement pour quelques vols : à peine libéré, il commit de nouvelles déprédations et fut rond, mon- à pcqjéi tiitè; soizeansaprès, comme il avait révélé un projet de conspiration tramé par les autres détenus , on proposa de le gracier ; le juge s'y opposa en disant que le détenu lui aïait avoué que son penchant au vol était si fortement enraciné dans sa constitution, que tous les efforts qu'il ferait pour le vaincre seraient inutiles. Un an après, il parvint à s'évader et recommença sa vie antérieure ; il fui de nouveau arrêté et il finit par se pendre dans sa prison. ■ Pendant dis ans que je l'ai connu, » disait Werneking, de qui Gall et Spuriheim tenaient celle observation, ■ il se fit
service divin; mais j'appris après sa mort qu'il n'avait pas cessé de se livrer à son fatal penchant, même lorsqu'il était en
Cii 11 i-ijijiorlp que, parmi les ji'uncs yens renfermés dans une des prisons de Berlin ( Sladloogley} , an en particulier attira l'attention de Spurzheim et la sienne. Ils conseillèrent de ne pas lui rendre la liberté, car, selon eux, il était impossible qu'il ne volât pas. En examinant peu après les registres, le clief qui les avait accompagnés lut fort surpris d'y voir que le prisonnier avait, dès son enfanco, manifesté la plus indomptable propensité au vol. Les organes des sentiments élevés étaient extrêmement faibles , tandis que l'acquisiïLlé était extrêmement proéminente; ta sccrélivité était aussi volumineuse. Cet homme était pelil el contrefail : son front, ignoblement bas ftiyait on arrière immédiatement au-dessus du sourcil; mais les parties latérales, c'est-a-dire les tempes , étaient larges et proéminentes. En semblable circonstance, aucun phréuologite n'eût hésité à donner un sembluble avis.
Dans la prison de Berne, Gall elSpurcheim virent un garçon bossu et mal organisé, âgé de douze ans, qui ne pouvait se défendre do voler. Il dérobait le pain de ses camarades, bien que déjà il en eût les poches remplies. A Elaina, le commandant leor parla d'un voleur incorrigible, nommé Fesselmayer, qu'aucune punition ne pouvait amender ; en prison même , ses vols devinrent si audacieux, qu'on lui attacha une marque an bras pour que ses camarades s'en défiassent. Avant de le voir, Gall el Spurzlicim dirent quelle devait être la forme de son crâne, et leur prédiction se trouva juste. Il semblait n'avoir que seize ans, quoiqu'il en eût , en réalité, vingt-six; sa téte était ronde, et n'égalait guère, dans son volume total, que celle d'un enfant d'un an; il était, en outre, sourd et muet.
M. Schiolz, magistrat danois, rapporte l'observation d'un incorrigible voleur, chez lequel il trouva l'organe de l'acquisîvilé très-fort.
De nombreux exemples d'activité maladive de cet organe
montrent celle propensilë portée au plus haut degré chez certains individus renfermés dans les maisons d'aliénés, et prouvent évidemment l'exist^m-c indépendante d'un organe de l'acquisiviié. Pinc) dit qu'il est d'observation journalière que des aliénés qui, pendant leurs intervalles lucides, sont, avec justice, considérés comme des modèles de probité, ne peuvent s'empêcher de voler cl de tromper pendant la durée des accès. Gall cite quatre observations de femmes qui , dans l'étui ordinaire, ne manifestaient nulle tendance au vol, mais qui s'y sentaient fortement portées lorsqu'elles étaient enceintes.
Deux habitants de Vienne, d'une vie irréprochable, devinrent fous et contractèrent nu plus liant point la manie de voler; du malin au soir, ils volaient tout ce qui leur tombait sous la main, h paille , les chiffons, le bois, les couvertures, et cachaient s'ji^nniscitiiîiit le produit de leurs vols dans l'appar-
entre eux. Chez tous les deux, l'acquisiviié était largement développée. J'ai vu plusieurs malades dans les asiles pour les insensés, qui avaient la manie du vol ; chez tous on remarquait une forte suillie de l'acquisiviié.
M. Esquirol, médecin de la Salpétrière, communiqua a Gall l'histoire d'un chevalier de Malte qui avait abandonné l'armée au commencement de la révolution française et qui, par suite de chagrins de fortune ot d'amour , avait éprouvé un affaiblissement notable des facultés intellectuelles; il était devenu d'un caractère violent et trés-porté au vol. Étant en route pour la maison de santé du D? Esquirol , il vola des couverts dans un hôtel où il s'était arrêté pour dîner. Il sortait accompagné d'un gardien et fréquemment entrait dans les cafés pour se rafraîchir; au lieu de payer, il fourrait la lasse et la cuiller dans 6a poche et se sauvait. Sous d'autres rapports, sa conduite était assez, raisonnable. Ce penchant au vol cessa: néanmoins son intelligence resta faible.
- aoa -
Àcrel parle d'un jeune homme qui fui trépané pour une large blessure à la tempe, juste au siège de l'organe de ! acquis] si le. Après ?:i sortie de. l'hôpital , il manifesta un irrésistible penchant a voler: après avoir commis plusieurs vols, il fut mis en prison et aurait été condamné, si Acrel n'eût déclaré qu'il éiait fou.
i II est des personnes, ■ dit un médecin distingué de Philadelphie, le D' Rush, i qui sont douées de qualités morales très-élevées sous certains rapports, nuis qui néanmoins vivent sous l'influence d'un penchant à quelque vice : une femme, dont la conduite était exemplaire sens tous les autres rapports, ne pouvait réprimer son penchant au vol, et cela était d'autant plus remarquable, qu'elle jouissait d'une grande aisance et n'avait que des goûi» modestes. Telle était l'énergie de celte propensilé, que quand elle dînait chez ses amis, elle remplissait ses poches de pain, si elle ne trouvait rien de mieux. Elle s'accusait do ce vice et le déplorait." Une observation analogue se trouve rapportée dans le Journal phrénologique (i). Montaigne avait aussi observé deux ras analogues (i).
Le Journal de Paris, du 39 mars 1816, rapporte que > le S' Beaueonscil , ex-commissaire de polire, venait d'être condamné à 8 ans de travaux forcés et à la marque , pour avoir, étant en fonctions, volé quelques pièces d'argenterie dans un Ijôtel. l/ru'i'iisé ]>ersi.-,l;i jusqu'il lii li:i linns ne singulier système de défense; il ne niait pas le vol, mais il l'attribuait à une aliénation mentale, occasionnée par nne blessure qu'il avait reçue à Marseille en 1815. > Gall pense que, si la conduite antérieure de Beaueonscil était irréprochable, et s'il avait réellement reçu une blessure à la téte, son défenseur était inexcusable de n'avoir pas fait valoir ce moyen, ou la cour inexcusable de l'avoir écarté.
(1) Vol. IX, p. 430.
(31 Suait, I. It, rhap.S.
Celle propensité existe encore dm certaines espèces d'animaux. Lord Kamcs observe que les castors défendent comme leur propriété les [iirci;s de lu is qu'ils oui ivmpées; les abeilles semblent aussi avoir la conscience de leurs droits sur le miel qu'elles out amassé. GjII parle également de beaucoup d'animaux qui monirciu celle propensïlé. Les cigognes, les hirondelles, les rossigrnh, 1rs * , iin;;!\s-;;<ï reviennent par couples aux lieux qu'ils fréquentaient l'année précédente, reprendre possession de leurs anciens nids. Si d'autres oiseaux tentent de s'emparer de leur domicile, ils leur font une guerre acharnée jusqu'à ce qu'ils les en aient chassés. Les vaches , en rentrant du pâturage, viennent reprendre leur place à l'étable, et la défendent si une autre veut s'en emparer. Le chat et te chien cachent leur nourriture pour la faim à venir; l'écureuil, le choucas, etc., qui font des provisions pour l'hiver, ont , sans aucun doute, l'instinct de h propriété des choses qu'ils ont accumulées. Cependant, ces animaux n'ont aucune idée des lois, et l'instinct de la propriété est cher, eux une impulsion tout à fait naturelle. Il en est de même pour la race humaine, dilGall, la nature a imprimé dans l'esprit l'insli net de la propriété, les lois sont venues ensuite pour la régler.
Cet organe est établi.