COU SIBtlCTl VITE
Cet organe correspond à la partie de l'os frontal qui se trouve immédiatement au-dessusde la suture sphéno-Iemporale; son apparence el sa position varient légèrement en raison du développement dea parties environnantes. Lorsque l'arcade r.vgoma tique est Irès-saillanle, ou bien quand le lobe moyen du cerveau, le Front en général, ou les organes des tons et
- soi —
du langage sont fortement développés, sa proéminence est moins facile à distinguer. Le but principal doit être de déterminer le volume actuel de chaque organe et non sa simple proéminence; il est donc nécessaire de noter que, quand la base du cerveau psi étroite, cet organe occupe une situation un peu plus éli'iée qu'a l'ordinaire; nn remarque alors une légère dépression il l'angle exicrne de l'œil, cotre l'arcade lygonmiqiie cl ict organe, spécialement quand les muscles suni mini es. Dans res cas il apparaît sentent ausai haut que l'organe des tons l'est ordinairement. Celle légère déviation 4 l'uniformité de sa position a lieu pour tout es lesaiilreî partie» du corp*. Us anatoniisles n'éprouveoi aucun embarras 4 ce sujet; car les aberrations ne dépassent jamais certaines limites; et l'expérience les amène 4 reconnaître facilement la position des organes à l'aspect général que présentent les parties où ils
On a objecté que l'élévation ou la dépression de cette portion du cerveau dépend de la force des muscles temporaux qui la recouvrent. Les animaux carnivores, dit-on, qui mâchent des os, ont ces muscles très-puissants, et, en conséquence, leur téte est étroite, et leur cerveau peu développé dans la région, de cet organe.
On peut répondre à celte objection : 1° que les animaux carnivores ne cons (misent pas, et que cet organe manque chez eu*'; 2° que le castor, qui coupe avec ses dents des arbres d'une forte dimension, a ces muscles très-forts, et que cela n'empêche pas que chez cet animal éminemment constructeur, la tÛte ne soit très-large dans celte partie, et l'organe très-fort, circonstance tout à fait en harmonie avec nos principes; 3° que, dans l'espèce humaine, la saillie du crâne dans cette région n'est nullement en proportion avec le volume des muscles masticateurs; car on rencontre des individus se nourrissant d'aliments qui exigent peu d'efforts de mastication, qui ont la ICle étroite
dans celle région et qui sont peu portée à construire ; tandis que d'autres, qui se nourrissent de viandes dures, onl lu téte large, et montrent beaucoup li'upiihule :uin arts mécaniques ; el 4° qu'une forte saillie du crâne dans celle région, quelle qu'en puisse être lu cause, est toujours l'indice d'une forte propension à construire.
Les muscles temporaux n'ont pas une épaisseur égale chez tous les individus; au.isi le pluvnnlogue , lorsqu'il veut apprécier le volume de- la proèiuiiiem'e en qucntiuu sur une personne, doit IVngagcr il exécuter quelques mouvements de la michoire, ci en profiter pour apprécier le volume et ta force de ces muscles. L'incertitude , i-clutivcniriit aux dimensions du muscle temporal, ni; permet pas de reconnaître avec exactitude le volume des organes de la consiructivilé et de l'acquisivité sur les lûtes ui.nIi'Iivs; en cciisequcure , il esi plus mile d'examiner la lêlememe d'un homme vivant ou des cru nés dépouilles.
Quand Gall porta pour la première fois son attention sur le génie de la construction que manifestaient certains individus, il n'avait pas encore découvert que chaque faculté primitive dépend d'un Organe cérébral; en conséquence, mjii exiiiiicn embrassait 1'ensemlilc de la tète de tous les grands mécaniciens qu'il rencontrait. Une circonstance le frappait constamment, c'est que leur léle était aussi large a la région temporale que vers les pommettes. Cependant, quoique ce fait se présentât fréquemment, il ne lui parut pas tout a fait caractéristique, et il fut ainsi amené à penser que ce genre de talent dépendait d'une faculté particulière. Dans l'espoir de découvrir une proéminence du crâne qui pùl la lui indiquer, il se lia avec la plupart des hommes connus par leurs succès dans les arts
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plusieurs, le diamètre d'une tempe à l'autre était plus large que celui qui sépare les apophyses zygomaiiques, et chez, deux mécaniciens célèbres, les tempes présentaient deux saillies
parfaitement distinctes. L'examen do ces létes le convainquit qu'il ne fallait pas attribuer le génie de la coastruciion à cette circonstance fortuite du rapprochement de largeur des diamètres des tempes et des arcades zygumiiiiqnes, nuis à une protubérance arrondie des régions temporales qui, chez certains individus, est située un peu eu arrière des yeux; chei d'autres un peu en arrière et au-dessus. Ce développement indique toujours le talent de construire , et quand le diamètre des arcades lygoi lia tiques est égal, il en résulte un parallélisme remarquable des côtés de lu face; mais comme les apophyses lygomaliques n'uni rien de commun avec cel organe, et qu'elles varient, beaucoup chez les différents individus, cet aspect do la face n'est pas invariablement lié au génie de la méconiqueet ne duii pus, en 1:011 séquence, être considéré cninme la mesure dit développement de l'organe.
Ayant ainsi acquis une idée du siège et de la protubérance formée par cet organe, Gall s'ullaclia avec ardeur à multiplier ses observations : quelques personnages éinincnts lui présentèrent, à Vienne, un individu , en ie priant de leur indiquer quelle était 1. l'jctilié prrd uni munie de son (jénie. il dit qtte ce devait être la mécanique. On crut d'abord que Gall s'était trompé; mais le sujet de l'expérience fut follement frappé de cette observation : c'était le fameux peintre Unlerhergen, qui déclara que Gall avait raison, qu'il avait toujours eu uue passion pour les arts mécaniques, et qu'il ne peignait que pour gagner sa vie. Il El voir, cher, lui, une quantité de modèles de machines qu'il avait inventées on perfectionnées. Gall remarqua en outre que l'ait du dessin, si nécessaire ;m peintre, a des rapports avec lorgune île h constmelivilé, de sorte que l'art même qu'il pratiquait publiquement était une manifestation de cette faculté (i).
<\) U- ilwifiii Si'li.fl il,. Oi I «'nh;ij.'iip niait rn^jimuti- l.-s li'vmis du doc-
Des auditeurs de Gai! lui parlaient d'an homme doué an plus haut point du génie de la mécanique; Gall leur traça, trrant de l'avoir vu, la forme que son crime devait avoir, ei easuilo lui rendit une visite ; c'était le célébra constror tenr d'instrument* de mathématiques, I .inder.de Vienne: on voyait «'dicter au* régions temporales deui piitcs proéminences irrégulièrement arrondies. Gall avait déjà rencontré le même phénomène sur la téle du célèbre mécanicien cl astronome DaviJ, sur celle d'Augusiïnc Friar et du fameux Votgtlœnder, facteur d'instruments de mathématiques. A Paris, le prince de Schwarlzemberg, ministre d'Autriche, voulut meure la science de Gall et Spurahcim à l'épreuve : à l'issue d'un diner , il conduisit Gall dans un appartement voisin et lui montra un jeune homme: sans échanger une parole, le prince et le docteur rejoignirent la compagnie , et il dit a Spurzheim d'aller à son tour examiner la téle du jeune homme. Pendant son absence, Gall donna sou opinion sur ses qualités, et Spurzheim étant
leur Gall à Yicnne, d'oft il se rendit îi llomu; n» jnnr il entra, sans tire attendu, an court de ce professeur, cl In trouvant anlonré de ici élèves, Il lui présenta un crâne miulclé n! le piia de lui donner un opinion sur les pointu sa.illa.nl> qu'il nil'caii. Gall dil à l'insianl qu'il n'ai ail jamais vu l'organe de la construcihiié auwi IWtrniwii nVïL'loppù. Sdieel l'ayant prié de vouloir bien continuer l'ciamen, lo prolosscur indiqua encore une forte proéminence des organe» de l'amaUïitéct de l'imitation, i Que pensez voua du coloris? . i Je n'y avait pas Tau atit-mian. rqmiulii liait, car 11 esllrèsmodérémenl développé. > RHiivI In.nni.liiiiu n'pliipia : < C'en la ttle de Raphaël. lEITcctivcniiaL I,- ri iw rju.; n'pcvsniiaii lu inndijlc, conservé Ù l'académie do Saint-Luc ii Rome, était généra le ment considéré comme étant celui de Kaphaéï, et Sthcr-l ap-issaii im Immu' fui dam i-i-ih- occasion. Hais depuis on a découvert que ce crâne nV«l pas celui de Raphaël; il n'en est pas moins remarquable comme cwmplu d'un fort ilévi'loppc-mcnl rie l'organe de la conslrurtivilé: on dil qu'il vient d'^dj'uforio , célèbre amateur dos beaui-arts, fondateur de celle académie; mais comme los qualités qui distinguèrent .l'djuforio, ne sont pas connues, cecranc ne témoigne ni pour, ni conlrelaphrenologie; en conséquence, nous avons (unis d'en parler dans celte Édition. Journ. pArénol., vol. IX , p. Oî.
rentré dit que ce devait être un grand mécanicien ou un artiste éminont dans quelqu'une des branches de l'art de conslruire. Le Tait est que le prince l'avait fait venir à Paris à cause de ses dispositions aux ans mccaniqucSi el lui fournissait les moyens de cultiver ses heureuses dispositions.
Gall ajoute qu'à Vienne et pendant ses voyages, il avait toujours trouvé cet organe développé chez les mécaniciens, les architectes , les dessinateurs et les sculpteurs, en raison directe de lenr talent.
Il rapparie qu'à Mulliausen les manufacturiers ne reçoivent dans leurs ateliers que les enfants qui, dès leur jeune âge, déploient quelques dispositions aux arts, en peignant ou en découpant des figures, parce que l'expérience leur a appris qu'eux seuls deviennent, plus lard, des ouvriers habiles el intelligents.
Spurzheim cite un coiffeur de Vienne remarquable par l'élégante variété de ses coiffures, et chez lequel cet organe était très- développé. La Société phrénologiquc possède un modèle en plaire de son crâne qui présente deux petites éminen ces arrondies à l'endroit de cet organe.
Ces figures représentent les crânes d'un ancien Grec el d'un indigène de la Nouvelle-Hollande; chez ce dernier, le crâne se montre remarquablement aplati en dedans des pommettes , tandis que, chez le Grec, on observe un renflement du crâne, à
l'endroit assigné à l'organe du lu constructible. ■ Les naturels de la Nouvelle-Hollande, < dit Walter Scott, ( sont encore au plus bas échelon de l'espèce humaine; ils ignorent tous les ans qui donnent le confort ù la vie. Ces infortunés sauvages n'ont ni viUemcnls ni cabanes pour les garantir conire les rigueurs de l'hiver; ils ne savent ni ebasser ni construire des Blets |>our la pèche; ils se nourrissent misérablement d'animaux morls et des poissons que la mer laisse déposés sur lu sable ou dans le creux des rochers. >
Spur/.licim étant à Edimbourg en 1817, visita l'atelier de M. James Miliie, homme fort ifi si iridié dans sa profession, et chez qui l'organe do la cous lr lie ti vite se montrait fort développé; il examina la téle de ses apprentis. Voici comment M. Milnc rend dompta de M qui se passa :
t Spuralicim, après avoir examiné le premier garçon qu'on lui présenta, dit qu'il devait exceller dans tomes leshranches de son art : et cela était vrai ; car c'est l'enfant le plus intelligent que j'aie jamais connu, lin peu après, Spuriheinl en désigna nu comme devant être nu bon ouvrier, et dans ce cas, son observation élait également bien fondée.Près do ce dernier travaillait un de ses frères plus âgés, que le docteur désigna encore comme bon ouvrier, mais néanmoins comme inférieur à l'autre ; je convins que ie premier était effectivement le meilleur, quoiqu'ils fussent buns tous les deux. D'autres furent reconnus, avec un égal discernement, comme n'étant que des ouvriers ordinaires. X la lin, il en découvrit un qu'il déclara être d'eue espèce toute dillorente, et nullement organisé pour être bon ouvrier : cl cela élait encore esact; car ce garçon, quuiquVn apprentissage il. puis sept ans, n'élait pas on élal de faire uu tiers de l'uiivrage que faisaient ceux qui étaient aussi anciens que lui : je fus te 11 émeut frappé de la justesse des observations de Spurzheim, et je trouvai laul d'exactitude dans les indications fournies par l'examen des
organes, que depuis lors, quand on ouvrier ou un apprenti se présentent, je donne la préférence à ceux chez qui l'organe de la constructivilé est proéminent, n'ayant jamais eu à me louer de l'aptitude de ceux chez lesquels il manque. •
Cet organe forme une saillie remarquable sur la lêle du célèbre Brunei, constructeur du tunnel sous la Tamise, inventeur d'une machine à vapeur pour la fabrication des poulies destinées au gréement des vaisseaux, et a qui les diverses branches des arts mécaniques sont redevables de nombreuses améliorations. Il est également proéminent chez M. Edwards, célèbre graveur, chez MM. Wilkie Haydon et J. Williams, célèbres peintres, chez sir W. Herscbell . célèbre par ses découvertes astronomiques, dues en grande partie à l'excellence des télescopes qu'il fabriqua lui-même, et aussi chez H. Samuel Joseph , sculpteur. Les bustes de ces hommes éminents font partie de la collection de la Société de phrénologie d'Étiimbourg. Le crûne de sir llenri Racburn, d'abord orfèvre, et qui devint peintre célèbre par la seule impulsion de son génie, présentait une forte proéminence de cet organe; elle existe également sur la tûle de M. Scoular, jeune sculpteur du pins grand mérite, qui, dès son enfance, donna les plus grandes espérances; j'ai également toujours trouvé un fort développement de la construclivité chez les chirurgiens renommés par leur habileté duns les opérations; chez les graveurs, les ébénistes et les tailleurs qui excellent dans leurs professions; chez les enfants qui se montrent enclins de bonne heure à modeler ou à dessiner des figures. Il est fort, en général, sur la tète des Esquimaux, qui tous sont habiles constructeurs. Il forme une saillie remarquable sur un grand nombre de bustes grecs antiques, ainsi que sur celui de plusieurs grands artistes des siècles passés, et suc le buste de Michel-Ange, qui se trouve daus l'église do Suinte-Croix, à Florence. La largeur d'une tempe à l'autre est énorme, les organes des facultés réOectives
qui , comme on sait , occupent la région frontale et principale' ment l'idéalité, sont également larges sur ce buste; ce fuit explique l'heureux accord du goût et du jugement unis au génie de l'architecture qui distinguait cet homme célèbre.
Je possède, d'un autre coté, le modèle de la tête d'un de mes amis, écrivain distingué, mais totalement dépourvu de dispositions aux ails mécaniques, au pninl qu'il n'a appris à écrire qu'avec difficulté; sa tétc, quoique forte dans certaines parties, est d'une étroitesse remarquable à la région de cul organe. Parmi les exemples négatifs, nous citerons les Crânes des natifs de la Kouvcllc-IIulLiudc que possède la Société de phcénologie; tous sont remarquables par l'étroitcsse qu'ils préscmenl dans celle région, et mais avons déjà signalé combien l'intelligence do ces peuples est bornée sous ce rapport. La tête des Français et des Italiens forme avec ceux-ci un contraste frappant. Un pliP'in'lngue distingué rapiiwto que, pendant ses voyages en Italie, il a observé que la proéminence de la constructible forme un des caractères qui distinguent la tôle des Italiens; il en est de même chez, les français, quoiqu'à un moindre degré. Ces deux nations possèdent cet organe, et conséquemment se montrent meilleurs constructeurs que les Anglais, quoi qu'on puisse en penser au premier
Nous venons de rapporter des faits Incontestables relativement à l'orgaue de la constructivilé. Nous entrerons maintenant dans quelques considérations de nature a prouver que le ■aient de construire doit être envisagé comme une puissance distincte de l'esprit, indépendante, des facultés générales de l'entendement; le lecteur pourra ensuite se faire une juste idée du plus ou moins de concordance qui existe entre les opinions des phrénologues et les pli éno mènes de la nature humaine; cela est d'autant plus nécessaire, que les philosophes indta pli ysiciens n'admettent pas, eu général, une faculté primitive de
constructivilé, ci supposée! que l'aptitude aux arts mécaniques
L'instinct qui porte certains animaux à construire n'est pas en raison directe <le leurs autres facultés intellectuel les; le chien, le cheval, l'éléphant qui, par leur intelligence, se rapprochent le plus de l'espèce humaine, n'ont aucune idée de construction; l'abeille, le castor, l'hirondelle, au contraire, beaucoup moins intelligents, se construisent d'admirables demeures. Chaque jour on observe que, parmi les enfants d'une même famille, ou parmi ceux qui fréquentent une mime école, il en est dont les jeux n'ont aucun rapport avec l'art de bâtir, tandis que d'autres emploient toutes les heures de leurs récréations, soit a dessinera la craie, ou à modeler avec la cire et l'argile des figures d'hommes, d'animaux, des arbres, des maisons, etc.; de très-jeunes enfants ont quelquefois construit des modèles de vaisseaux de guerre que plus d'un éminenl philosophe eût en vain essayé d'imiter. Le jeune Vaucanson, ayant vu une pendule sous glace, en construisit une en bois sans autre outil qu'un mauvais canif. Une personne que je connais intimement construisit, étant enfant, un moulin pour moudre l'orge qui maintenant est mis en mouvement par un petit courant de la Leilh. Lebrun dessinait à l'âge de trois ans avec de la chaux , et à douze, il fit le portrait de son grandpère. Sir Christophe Wren, a treize ans, construisit un instrument fort ingénieux pour représenter le cours des planètes. Michel-Ange, a seize ans, avait exécuté des monuments dignes d'être compares à ceux de l'antiquité.
La plus grande partie des artistes céli-bres, loin de devoir leurs talents a une éducation bien dirigée, ont, au contraire, presque loujoursclé forcés de vaincre les plus grands obstacles pour suivre l'impulsion do leur génie (<). D'autres , élevés pour
(I) Un cai remarquable do celte eipice te trouve dans le Journal pKrinoloj.ow, 1,308.
[os ans el entoures île tous les moyens de développer leur intelligence, n'arrivent jamais qu'à une desespérante médiocrité. Me voil-on pas chaque jour des hommes, que leur position sociale empêche de se livrer aux arts, y être portés par une inclination naturel le et s'en occuper dans tous leurs loisirs? Un célèbre avocat écossais, die* qui la consiructiviié est trèsdévoloppéc , m'a dit plus donc luis que, même cil composant un plaidoyer, l'idée d'une mécanique venait lu distraire, et qu'il ne pouvait reprendre le cours de sou travail qu'après i»n avoir tracé le plan. Pierre le Grand et Louis XVI étaient d'excellents se rruriers. L'organe du la consiructiviié était fortement développé chez lord Clair, président de la cour des sessions, comme on peut le remarquer sur son luisie, sa Usine et ses portraits : on sait qu'il avait un atelier particulier à Avondnle, dans le l.iulilligousliïie , où il passait une partie de son temps, pendant h s vacances, occupé a construire de Ses propres mains d'admirables machines. La prédilection que de semblables personnages munirent pour la mécanique ne peut raisonnablement élro nltrihnéc ni à un dcfnui, ni à un excès de puissaace intellectuelle, entourés qu'ils sont de tant d'autres moyens de satisfaire l'activité de leur esprit, mais à l'impulsion d'une organisa lion qui les porte à aimer Je tels délassements. Nous pouvons également ciler de nombreux exemples de dispositions contraires: ou rencontre des hommes d'un esprit tresdislingué, qui snul d'uni' maladresse remarquable; Lucien cl Soci ale renoncèrent à la sculpture parce qu'ils ne se sentaient aucune disposition pour cet art. M. Scliurer, anciennement professeur de philosophie nalurelle à Strasbourg, brisait tout ce qu'il loucbniL II est des hommes qui ne peuvent jamais réussir ù tailler une plume, ni à aiguiser un rasoir : Gai! cite l'exemple de deux de ses amis, dont l'un professeur cl l'autre grand minisire, tous deux amateurs de jardinage, ne purent jamais réussir à greffer un arbre. Montaigne dit, en parlant de
lui-même: ■ Je ne puis plier convenablement une lettre ni tuilier une plume, ni découper à table, ni seller mon cheval.* Certains hommes, au contraire, d'une admirable dextérité , n'ont aucun autre talent et se montrent, sur toutes choses, d'une intelligence Ires-bornée.
Certains cas de maladie prouvent également que la constructivité est une faculté spéciale, et non le résultat d'uno intelligence supérieure. Le D' Rush rapporte l'histoire de deux maniaques qui dessinaient parfaitement pendant leurs accès,
et il ajoute qu'il n'y a pas il'lmsjiici! il'aliniés qui nu fournisse des exemples d'individus qui, n'ayant jamais donné, avant d'être malades, des signes de leurs capacités pour les arts mécaniques, construisent néanmoins des ouvrages ingénieux. Quelques-uns ont l'ait des modèles de vaisseaux auxquels il ne manquait pas un agrès (i). Fodéré, dans son Traité du goitre et du crétinisme, p. 153, remarque que, < par une inexplicable singularité, quelqucs-unscicccs individus (crétins), dont l'intelligence est si faible, naissent pourtant avec un talent particulier pour la peinture, la poésie, la musique, etc. J'en ni connu qui avaient appris d'eux-mêmes a jouer passablement de l'orgue et du clavecin ; d'autres qui , sans qu'on le leur eût jamais appris, savaient raccommoder les montres et construire différentes pièces mécaniques : mais ils étaient déroutés lorsqu'on leur en parlait, si ne se perfectionnaient jamais. •
l.a nature a doué certains animaux de la faculté de construire; mais chez eux cette faculté est toujours spéciale, tandis que, chez l'homme , cette tendance varie dans ses applications. Ainsi , par exemple , la nature inspire au castor le désir de construire, et lui donne, en outre, une impulsion instinctive et inaltérable, indépendante de l'expé-
(1) RUifh't Mtdical fngwrta and Obiercatiom on Ihe DitKUtt ofthe laid. Pliiladclpliia , 1613, p. iSS.
ricnec et do la rcPexion, qui le porto à construire d'une manière particulière et toujours lu même ; de sorte que la faculté que possède l'animal est invariablement renfermée dans la sphère limitée de son inspiration instinctive. Do son coté, l'homme a reçu de lanatnre une propensité à bàtir;maisce n'est pas chez lui un instinct limité a la construction d'une maison, d'un navire, à la confection d'une veste ou d'un habit; il n'est pas enfin limité a une série d'objets particuliers. Le castor est privé des puissances rétlcctives capables de diriger son instinct. La nature a dû, en conséquence, imprimer dans son intelligence, non-seulement le désir de construire, mais encore celui de construire sur un plan invariable. Les puissances réfleclives de l'homme, la faculté qu'il possède d'amasser chaque jour des connaissances nouvelles, le mettent à même de tracer des plans et de produire une grande variété de constructions.
On voit que de la conslructivité résulte seulement la faculté de construire en général, et que son impulsion doit être modifiée par les autres facultés : par exemple, l'intelligence seule ne fera jamais d'un homme, chei qui cet organe est faible, un habile mécanicien; mais si le développement de la conslruclivité est égal chez deux individus, dont l'un a sut- l'autre l'avantage d'une haute puissance intellectuelle, le premier produira, sans auenn doute, des œuvres de beaucoup supérieures à celles du second. La raison en est claire; le talent primitif de construire est le même chez tous deux; mais l'un, par la puissance de ses facultés intellectuelles, perçoit les rapports des moyens et de la fin, et peut ainsi choisir dans le cercle immense de la nature et de l'art tout ce qui peut étendre et élever ses conceptions, et aider à leur exécution; tandis que l'autre, borné, pour ainsi dire, à son instinct mécanique, no s'élève guère au-dessus de l'iuiiiatinn de ce qui existe.
Quelques-uns oui pensé que le mol cotutruclivité ne rendait pas exactement l'idée de la faculté dont nous nous occupons, coiiss. — Tiumt dï nmÉiioLocifc. 37
Construire, dit-on, c'est réunir des matériaux épars pour en former un tout. Ainsi, on peut dire correctement que l'on construit une maison , une machine, un vaisseau : cependant cette faculté ne se borne pas là, elle semble donner une tendance générale à former, a façonner, en d'autres termes, à changer, à altérer la forme des objets , soit en combinant des matériaux épars, en détachant des fragments, soit en traçant des lignes, en combinant des couleurs. Le propre de cette faculté n'est pas d'inventer, mais simplement de tracer, de construire (i). L'invention est un acte de l'entendement seul; de sorte que
sont dépourvus do toute habileté mécanique, et de l'antre, des constructeurs habiles dépourvus de tout esprit d'invention. Il est probable, néanmoins, que la constructivité, quand elle est énergique, stimule les autres facultés, et les porte à se tourner vers des inventions d'où dérive un exercice agréable a la tendance qu'elle inspire ; quand l'organe de la pesanteur est également énergique , la tendance de l'esprit se porte vers la mécanique (i).
Gall dit qu'il est difficile de découvrir la position de cet organe chez certains animaux , a raison de la disposition différente et de la petitesse des circonvolntions de leur cerveau ainsi que de l'absence totale de quelques-unes de celles qu'on remarque chez l'homme. L'organe du ion, chez les animaux, est situé vers le milieu de l'arcade sourcilière, et l'organe de la constructivité gît un pen en arrière. Chez la marmotte et le castor il est facile a reconnaître, et les erâocs de ces animaux
(1)11* Richard Fdiiioii™ iifM .in. 1i."1it ibn> eon essai sur i let Fonction/ dci orgaitct de la pctanleur, ri de la coniteucliviti ; > publié liani le n— vol. du Journal phrinolagtq,iic , p. CSI , examine les fonctions dp cm organes ions un nouveau point de tue; mais je ne mis pu convaincu de rexacllliide de ion analyse.
(!) Verra Pkrenolonieal Journal , n , 115 ; ei III, 100.
se ressemblent exactement sur ce point. Chez le dernier et les autres rongeurs, il se voit immédiate ment au-dessus et en avant de la base de l'arcade zygomatique ; et plus l'instinct de construction est énergique chez l'animal , plus la saillie qu'on observe sur cette région du crâne est prononcée. Le lapin, qui se creuse un terrier, et le lièvre, qui se con lente de se coucher a la surface de la terre, out une conformation générale à peu près semblable; mais si vous comparez leurs crânes, vous trouverez h région en question beaucoup plus développée chez l'un que chez l'autre. On observe la même différence en comparant le crâne des oiseaux qui bâtissent leurs nids, avec le crâne de ceux qui dc sont pas doués de cette faculté. La meilleure manière d'apprendre a reconnaître cet organe chez les animaux, c'est de comparer ta conformation de ceux qui bâtissent avec celle des animaux de la mémo famille qui ne manifestent pas cet instinct, le lièvre, par exemple, avec le lapin, etc. Il est impossible de comparer avec avantage les crânes d'animaux d'espèces différentes.
L'existence de cet organe est prouvée.
(IfSUE 11. Sr.MIMLMS.
Ces facultés sont celles des sentiments qui! les métaphysiciens nomment • émotions; > elles dill'èi eut des perceptions intellectuelles, parce qu'elles sont accompagnées d'une sorte de vivacité que cliacun comprend, mais qu'il est dillicile d'exprimer par des mots (t); elles peuvent être exciicVs par la présence d'objets qui ont des rapports naturels avec elles. Ainsi le danger éveille la crainte, l'aspect d'un grand homme fait naitre la vénération; mais ces sentiments peuvent également naitre d'une activité spontanée de l'organe. Spniï.heini a désigné ces Limités sous le ikjiii ilt! snitiuieni..", pamo ijiiVIL'ï produisent
une émotion ou «nlimetii spécial en mémo temps qu'une prope usité a accomplir un acte. Mais, comme nous le démontrerons dans l'appendice n" II, toutes les nuances de celte classification sont loin d'être rigoureusement tracées. Quelquesuns de ces sentiments sont communs à l'homme cl aux animaux; d'autres sont le partage exclusif de l'espèce humaine seule. Nous traiterons d'aburd des sentiments commuiw.
(l)tfrliirfj, pufhomil Dronit.