‹ Traité de phrénologieChapitre 20 sur 35 · Estime de soi · texte numérisé non relu

Estime de soi

Cel organe est sililé à la partie pmti'iii'iiio du , à

l'endroit oii la snil';irc coronalr Jt'clinc vers l' occiput, un peu au-dessus du l'angle postérieur ou de la sulurc sagiltalc des os p;iriâ:uix. Qunnd il esl prixl'itiiiiciil, la U'U; frjiw mi>' -suillii- ni liaul cl en arrière des oreilles.

|)| 1.M ohimaiiiiii. |.litv[]ii!n i! i'liii>s faite» mr b ii'utk'cc pape arropini i;t dissolu iw Iroiivcm .finis l'ini-ra^' dp Siuirihi'irii, LnJUuli- : Vhnntitiiiin in «ninarion iciift !/«■ Kurir/ of ^yii-mnomoni/ . p. 71. Le toi Alcsaroltc nui l'iltriDui !o pouvoir ue [rarbuer le nouveau monde enlrc le» roi»

Gall rapporte ainsi la découverte de cet organe. Un mendiant avait allirésoualtendou par l'originalité de ses manières, et tout en ri' Il & hissant aux causes qui , indépendamment d'une conformation absolument vicieuse ou de rêves inouïs de forlune, pouvaient réduire un homme à la mendicité, il pensa que cela devait dépendre également d'une grande légèreté d'esprit et d'une extrême insouciance. La foriue de la tête du mendiant le confirma dans son opinion. Il était jeune, d'ua extérieur agréable, et avait l'organe de la circonspection peu proéminent. Gall Gt mouler sa téte, et, en l'examinant avec attention, il remarqua, à la partie postérieure et supérieure de la ligne médiane, une proéminence qui s'étendait de haut en bas, et qui ne pouvait être formée que par une saillie de la masse cérébrale correspondante. C'était la première fois qu'il observait cette proéminence, cl il rechercha à quelle faculté elle répondait. La tête était on général très-petite et n'annonçait ni une grande intelligence ni des sentiments très- élevés. Après lui avoir adressé plusieurs questions dans l'espoir de saisir le trait principal de son caractère, Gall lui demanda de lui raconter son bistoirn ; le mendiant dit qu'il était le (ils d'un riche négociant et qu'il avait hérité d'une fortune considérable, qu'il s'était toujours senti trop de fierté pour s'occuper d'affaires ou pour prendre soin de la fortune que son père lui avait laissée, qu'il ne prendrait pas davantage la peine d'en acquérir une nouvelle, et que ce malheureux orgueil était la cause de sa misère. Ce récit, dit Gall, me rappela une personne qui, dans la crainte de paraître obligée de travailler, négligeait de se tailler les ongles. Il lit à ce mendiant plusieurs objections sur sa conduite, et lui laissa entrevoir qu'il doutait de sa véracité. Hais celui-ci se retrancha toujours dans son orgueil et soutint précisément que même, dans sa misère actuelle, il ne pouvait se résoudre

d'Espagne cl du Puriup-il , paraiiiiasaiit m premier 1» partie du territoire situé* l'orloni d'une Vigne imaginaire, s'éwuiiaiudu nord au sud, S uiveri l'ooiin Atlantique.

à aucune espèce de travail. Quelque difficile qu'il lui parût de comprendre comment l'orgueil pouvait Taire préférer la mondicilé an travail , Gall , par suite des assurances réitérées de cet individu, réfléchit sur ce sentiment, et fut forcé, par des faits incontestables, à reconnaître l'existence de cet organe (i).

Gall rapporte un grand nombre d'observations, au milieu desquelles je choisis les suivantes.

Un jeune homme, douéde facilités au-dessus de la médiocrité, avait manifesté dès son enfance un insupportable orgueil; il soutenait qu'il était de trop bonne maison pour travailler ou s'appliqner a quoi que ce fût; rien ne put jamais le faire sortir de cette obstination absurde ; ce Tut en vain même qu'on le renferma pendant huit mois dans une maison de correction a Hainar.

tin médecin de Vienne, fort aimable homme d'ailleurs, portait le sentiment de l'orgueil à nn si haut degré, que chaque fois qu'on l'appelait en consultation , même avec des praticiens plus âgés que lui, ou des professeurs, il affectait toujours une préséance, soit en entrant, soit en sortant do l'appartement du malade : s'agissait-il d'écrire une consultation, il insistait pour signer le premier. 11 se lia avec le médecin en chef d'un grand hôpital, mais seulement, comme il le dit après, dans la vue de le supplanter.

Gall vit à Heidelberg une fille âgée de 18 ans, dont le caractère était fort remarquable; le moindre mot, le moindre geste familier la révoltait. Elle en appelait à Dieu en toute occasion, comme s'il avait dû sans cesse s'occuper d'elle; quand elle parlait, l'assurance et la présomption se peignaient dans ses paroles et sur ses traits; sa tûte, qu'elle portait haute et en arrière, lui donnait l'air fier et dédaigneux. L'oUéh-

(I) D.mtla il™-ripiimi rim- (i.ll ilf.jinc ili* la U'ie rte cet individu, Il est clair qu'il n oiaii guère plus qu'un idiot : sa miicrc était le résultat de ion Imbécillité unie îi uncfiraiidéeîliinïde soi.

sanco lui était impossible : ses passions étaient violentes, cl elle était capable de se porter aux dernières extrémités. Quoique ce no fût que la fille d'un marchand de plumes, elle parlait sa langue avec une pureté remarquable, et no se liait qu'avec des personnes d'un rang supérieur au sien. Chez chacun des individus dont nous venons de parler, l'organe de l'estime de soi était fortement développé. Gall ajoute qu'ayant examiné la lÛte de plusieurs chefs de brigands, remarquables par cette qualité de l'esprit, il avait trouvé cet organe proéminent chez tous.

Cette faculté inspire le sentiment de l'estime de soi ou {amour-propre; lorsqu'elle est modérément développée, elle produit sur le caractère les plus beureux effets; elle données degré de contentement de soi-même qui ouvre le cœur à toutes les jouissances providentielles et à toutes les douceurs de la vie. Elle nous donne cette confiance qui lait que nous tirons le plus grand avantage des situations dans lesquelles nous pouvons être placés. Elle nous grandit aux veux des autresjetchaquejouron peut observer, dans la société, qu'un homme est généralement traité avec d'autant plus de respect, qu'il s' estime assez piiur regarder tonte action basse comme indigne de l'élévation de ses sentiments. L'estime de soi vient fréquemment en aide aux sentiments moraux pour résister aux tentations du vice. Plusieurs individus qui avaient cet orgaae proéminent, m'ont assuré qu'ils avaient été détournés de former des liaisons indignes d'eux par une crainte insurmontable de tomber dans une sorte do dégradation, et qu'ils pensaient que leurs principes n'auraient pas suffi pour les préserver, s'ils [l'avaient pus été soutenus par une sorte do sentiment instinctif du respect qu'ils se devaient à eux-mêmes (i).

La faiblesse de cet organe engendre une trop grande humi-

(I) Vojut Phrenotajkat Journal, 111,83.

lité de sentiments. Dans ce cas, l'homme manque de confiance en lui-même el d'une jusie appréciation de son importance personnelle ; la crainte de la censure publique ou de ses supérieurs l'empéchf nu'mi- d'un'omplir ses devoirs dans toute leur étendue, en dépit de son proprejugemonl.Un liomme d'un esprit médiocre, mais qui est doué d'une grande énergie de cet organe, obtient souvent de plus grands succès qu'un homme beaucoup plus habile, mais qui s'estime médiocrement-, M. Adam Smith, dans sa Théorie des tentimenls moraux, remarque que, en général , il vaut mieux que ce sentiment ait trop que trop peu d'énergie, parce que si nos prétentions dépassent notre mérite, le monde ne cherche pas à nous disputer au moins ce que nous possédons ; tandis que si nos prétentions sont trop modestes, on nous prend trop souvent an mot, et le monde est rarement asseï juste pour nous estimer ce que nous valons.

C'est seulement quand son action est désordonnée, alors qu'elle maîtrise toutes les autres facultés , que ses abus sont dangereux. L'enfant chei lequel elle est trop énergique est d'une humeur difficile, d'un caractère opinliiirc. Celui, au contraire, clin lequel elle est faible se montre obéissant et se laisse facilement diriger par la volonté des antres. À une époque plus avancée de la vie, un grand développement de cet organe, surtout si les organes des sentiments moraux sont faibles, produit l'arrogance, l'égoïsme, et empreint l'esprit d'un orgueil insupportable. La première pensée d'une personne ainsi organisée est dirigée vers les avantages qui peuvent résulter pourelle de ce qu'on lui propose; elle n'entrevoit le monde et tous ses intérêts que relativement à elle-même. Si, en même temps que cet organe est fort, celui de l'amour de l'approbation est faible, l'individu a une tendance à s'ériger en type do goût et de morale. Il mesure tout à sa taille et méprise toutes les opinions qui ne sont pas les siennes. Les

hommes de ce caractère font quelquefois des mariages au-dessous de leur rang, a cause de leur orgueil même, ils ne voudraient pas encourir un refus de la part d'une femme d'une condition égale à la leur; d'ailleurs ils méprisent l'opinion du monde.

On prend quelquefois les impulsions de ce sentiment pour l'inspiration du génie, surtout si des lieux communs sont débités avec emphase et avec le Ion solennel propre à la scienee. Le musicien placé sous son influence a la prétention d'ajouter des notes aux morceaux qu'il exécute, au point, quelquefois, de les rendre méconnaissables : enCn, quand son iir.Linn i'sl excessive, elle donne à l'individu Ui plus haute opinion de son importance ; il pense que lout ce qu'il fait, tout ee qu'il dit est admirable; il i'sl feniiciiient convaincu qu'il est digne du respect do tous. Son esprit est sans cesse occupé à déprécier les autres pour se faire valoir lui-même ; il est essentiellement envieux el inlolérant. Vous trouverez cet organe très -proéminent clic/, ceux qui sans cesse discutent le caractère des autres, et qui semblent dominés par le besoin do blâmer. Us se prennent invariablement pour point de comparaison et ressentent un secret plaisir en constatant leur supériorité. L'envie naît de l'estime de soi blessée par l'idée du bonheur ou de la supériorité intellectuelle des autres, et bientôt elle éveille la destructivilé, et pur conséquent la haine. Pour que les choses se passent ainsi, il faut cependant que la bienveillance cl la conscience soient faibles.

L'exagération de l'estime de soi a encore pour effet de faire que l'individu prise très-haut tout ce qui lui appartient. Un phrénologue écossais, voyageant sur la Clyde, avec un capitaine chez lequel cet organe était puissant, eut occasion de constater plus d'une fois ses effets. Le capitaine lui dit, entre autres choses, que lorsqu'il avait vu son bâtiment pour la première fois, il l'avait cru très-mauvais , mais qu'après l'avoir

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commandé pendant quoique temps il ;iv;iit trouvé que c'était le meilleur des navires qui vogunssuit sur la Clyde; il avait l'air d'un dictateur, répétant aux passagers qu'il était le seul maitre sur son vaisseau, que chut/uu iWaiL lui obéir; il parlait beaucoup de lui-même, et semblait avoir une soif insatiable de pouvoir. Ses facultés intellectuelles étaient d'ailleurs peu développées et l'orgune de la conseienriosité était très-faible chez lui(i).

Quand l'estime de soi prédomine, elle rend extrêmement égoïste : le mol mot revient à chaque instant : J'ai dit ceci, fai fait cela. Les manières Mint graves et solennelles; la parole est brève et impérieuse, l'individu affecte de no parler que patsentences, ce qui parfois est fort ridicule : Cobbett, dont toute la vie et les écrits indiquent une estime de soi extrêmement active, jointe a une forte combativité, a soutenu tour a tour les opinions les plus opposées, cl les a successivement défendues avec une égale ténacité. M" 0 de Staël , en parlant d'un des hommes 1rs plus remarquables ilo la révolution française, dit qu'il possédait des talents remarquables; mais, au lieu de travailler, iV s'étonnait de lui-même (i). Quelques-uns affectent d'étendre une protection bienveillante sur tout ce qui les entoure; ce qu'ils manifestent par des phrases telles que celles-ci : Mon bon monsieur, mon cher ami; ceux-ci ont à lu fois l'estime de soi cl la bienveillance.

L'estime de soi entre pour beaucoup dans le iclc intolérant que déploient certains prêtres envers leurs ouailles, i II n'est aucune vertu," dit Cowpcr dans une de ses lettres, < que l'estime de soi ne simule avec plus de succès que le zèle relt-

(1) Yoyei le Phreaotogieal Journal, I, 300,

(2) RuV»|iiiTiv [i.i.-i'ilnii nu inmiL'iiM- iIi ; h']ii|.[«'[iimiL ik- <:ct urjjinc : «un action se dételait dans sa cutiiiiiiic, djns iouj sa ilistuiii» et jusque dam son maintien; uii'lc sl-s l-uI I C-^li los itimii - i (I n"!'!'' "a ii'io coninic un siiah

gieux. Tel liomiue croit combattre pour le Christ qui ne combat que [jour ses opiimms; il pense n'être mil que par le désir de conquérir à lu vraie religion le cceur du procliain, lorsqu'il ne cherche que la satisfaction d'un amour-propre désordonné; il suppose charitablement ses adversaires hors de la grâce, et que la lumière ne brille que pour lui. Lorsqu'il croit avoir accompli sa baute mission, il no peut concevoir qu'il ne vous ait pas converti. Si vous ne vous montrez pas ému de ses paroles, épouvante de ses menaces, si vous no confessez pas que Dieu fuit entendre la vérité par sa bouche, il vous traitera de réprouvé, d'mcomyible à jamais perdu, i

Certains écrivains, sous l'influence de cette faculté, font un abus excessif du pronom possessif : l'exemple suivant est tiré des œuvres deDugald Stewart, que ses amis appelèrent l'aimable tgotste : «Quand, pour la première fois, je m'aventurai à prendre le titre d'auteur, . dit-il, ije pris la résolution de ne jamais me laisser entraîner dans aucune controverse pour soutenir mes opinions, mais de les laisser se défendre par leur propre évidence. Par suite du plan d'investigation par induction, que j avais la conviction d'avoir rigoureusement suivi, an moins autant que j'en étais capable, je crus que si quelque erreur pouvait s'être glissée dans l'exécution de ma lâche, ma raison était un sûr garant que fêlais incapable d'offrir au public im système fondé sur des hypothèses gratuites ou des dcliniiions arhiiniircs. Au contraire, la découverte d'une légère erreur ne pourrait , je m'en /latte, que faire briller davantage la vérité des recherches que fai conduites avec le plus grand succès.

• J'ai été fortifié dans cet espoir par la sentence suivante de Bacon, que je puis, j 'espère, «l'appliquer sans être taxé de présomption, i Nos aulciu.si qua in rc vcl malc credidimus, vel obdormivimus et minus altendimns vel defecimus in via et inqutsilionem abrupimus, nihilo minus iis modis res mdai et

aperliu exhibemus, ut errores nostri noiari et separari possim ; atque eiiam , tu facilis et cxpcdila sit laborum nosirorum continuatio. >

On trouvera d'autres exemples également piquants d'un semblable style dans les Oraisons funèbres de Fléchier, évéque de Nimcs. Un portrait de l'auteur, joint à l'ijdiiion imprimée k Paris en 1802, décèle un puissant développement de l'estime de soi. Les portraits de Gibbon siml aussi l'urt remarquables sous ce rapport.

M. William Scott a publié, dans le premier volume du Journal phrénologique , p. 578, une excellente exposition des effets qu'exerce sur le caractère une estime de soi énergique, combinée avec un grand développement de chacune des autres facultés; on trouvera les détails aux pages 97,58,60,313 du H* vol.; 495 du IV; 506, 496, S92 du VIII e ; 64, 258, 412 du IX e . Il n'est peut-être pas de faculté dont la proéminence soit plus générale dans l'espèce liumainc que celle dont nous nous occupons.

personnalité individuelle dépend de celte faculté; ils out été amenés à celte conclusion par suite de ce fait incontestable , que l'idée de l'importance qu'une personne a d'elle-même est toujours eu raison directe du degré de proéminence de l'organe de l'estime de soi.

L'estime de soi entre pour beaucoup dans la passion que

haute valeur qu'elles attachent aux objets qu'elles seules possèdent s'explique en grande partie par lj puissance dcl'amourpropre; elles croient ainsi obtenir une grande supériorité sur tout le monde, et sentent ainsi s'accroître leur importance et leurs droits à la considération. L'acquisivilé est aussi un des éléments de celte passion.

L'amour du pouvoir el de la domination dérive de l'estime

de soi : cet organe est irés-fort dans les bustes de César- Auguste et de Napoléon. J'ai toujours remarque !a infime configuration chez les individus qui, dans lu vie privée, aspirent à obtenir des places qui km- confèrent < :ertaine auloriié. Cette faculté donnant l'amour du pouvoir, il arrive que ceux qui aiment le plus à l'obtenir et à exercer une domination quelconque, montrent la plus violents opposition contre l'autorité qu'ils n'exercent pas, et deviennent alors les plus ardents avocats do la liberté. Mais ;'i peine en possession du pouvoir , ils en abusent et deviennent des tyrans. Quand doux individus ont une soif égale de dominai ion, si l'un parvient à subjuguer l'autre, celui-ci saisira toutes les occasions de manifester son impatience du joui,', cl l'amour de l'autorité eu fera un ennemi acharné de l'autre; l'estime de soi engendre l'esprit d'iudépeu-

Lcs nations différent entre elles par le plus ou moins de proéminence de cul organe. Il est fort chez les Chinois et les Indous; il est plus proéminent die* les Anglais que chez les Français; aussi la puNicsse française parait-t'lle basse cl obséquieuse à ceux-ci, tandis que les manières anglaises paraissent sèches et hautaines aux Français. La proéminence de cet organe rend les Anglais impatients des entraves du pouvoir, et doit être considérée comme une des causes qui les rendent si jaloux de leurs libel les poliiîi.jims. Celle remarque n'avait pas échappé au D r Ferguson. En parlant de l'Imbcas corpus, il remarque que, < de même que toute la constitution politique de la Graiide-UrcLiyne, cet acte ne peut être conservé quejiar f 'esprit réfractaire et le zèle turbulent avec lequel ce peuple fortuné soutient ses libertés {%). t Cet organe su montre irés-aclif chez la plupart des sauvages, la bonne opinion de

(1) Vovm Journal P/irràolorjigicc, lit, n.

(2) llitloryof àcit Sotù(r. l'an. III , wwl. 0.

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soi-même étant presque toujours en raison directe de l'ignorance i!o l'individu.

Quand l'estime du soi est fort puissante, et que son action n'est pas modifiée par un développement équivalent des sentiments ^Icvds, l'individu porte la télé haute et un peu inclinée en arrière; ses manières snnf froides et re pou ssa nies; tout en lui est désagréable aux autres, surtout a ceux qui ont le mémo vice d'organisation.

Le D r ISeid et M. Sicwart ont désigné ce sentiment sous le titre de: < Anioui- (In pouvoir. • Le l) r Tiiniiiiis ISnnvn l'appelle < orgueil i , el le définit : ■ Une sensation de plaisir dans la contemplation de noire propre excellence {i). > Le D' Brown

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dislincle ; l'estime de soi me parait, â moi, le scnlimem fondamental, et je considère l'amour du pouvoir comme n'étant qu'une des formes de sa manifestation. On conçoit aisément qu'un individu qui ne possède aucun moyen d'arriver au pouvoir ne montre aucune velléité de gouverner son pays, quand bien même l'estime de soi serait chez lui fort active; mais il sera fier et despote dans son intérieur. C'est le mémo principe diversement dirigé. Jamais je n'ai connu d'homme brillant de l'amour du pouvoir el dévoré par himbilion, chez qui cet organe manquât, ou même ne Fût que d'un volume modéré.

dérer l'orgueil comme sentiment primitif, et l'amour du pouvoir comme constituant un désir distinct cl original.

En traitant de l'arqiiisivilé , nous avons dit que les effets pratiques de cette faculté sont considérablement modifiés par le plus ou moins de force de l'estime de soi, avec lequel son action se combine , l'égoismo étant dans le cas d'atteindre son summum d'intensité. Si les deux organes sont également puis- Mi LtOura, vol. Ht, p. ÎM.

sanls, l'acquisivilé inspire [g désir d'acquérir des richesses, l'estime de soi inspire celui de les conserver el de les appliquer au* jouissances de ) 'amour-propre. Cerlnins animaux paraissent posséder cet organe : le dindon, le paon, le cheval manifestent des sentiments qui tiennent de la licite, de l'estime de soi. i Le taureau , > dit lurd Kames, i précède le troupeau, soil qu'il revienne à l'éuible, soit qu'il se rende au pâturage, et devient intraitable si on le contrarie; aussi doit-on avoir l'aticntion de le placer ii la tèlc <1ï; l'siii^hii'c du chariot ou de la charrue. )

Gall a émis sur ce sujet des idées particulières : il dit que, considérant le gentiment de l'orgueil comme une faculté mentale primitive, il voulut, en étudiant l'organe tîo ce sentiment dang la race humaine, s'assurer si ses observa'ions seraient confirmées par l'examen des animaux. En conséquence, il fit une étude de la tête de ceux qui sont généralement considérés comme capables de fierté : le cheval, le coq, le paon , etc., et ne trouva cliox aucun d'eux un organe correspondant a celui de l'estime de soi cliei l'homme; tandis qu'il le trouva extrêmement proéminent dans une classe d'animaux auxquels on n'avait jamais sonjjé à aitribner sentiment, c'est-à-dire chez ceux qui aiment à vivre sur les plus hautes montagnes ou dans les régions les plus élevées de l'air: tels que le chamois, le chevreuil , la chèvre, (.niâmes espèces d'aigles et de faucons; et, ce qui me frappa le pius , ce fut de trouver que cet organe était d'autant plus proéminent, que l'animal appartenait à une espèce aimant à vivre dans des régions plus hautes de la terre ou de l'air. ■ Étonné de celte découverte, je me demandai, > dit Gall , ■ si le désir de s'élever à des hauteurs matériellog, chez les animaux, procédait de l'organe qui, chez l'homme, fait naître le sentiment de t'estime de soi; cela me parut d'abord improbable et inadmisgible; toutefois, i dit-il, « j'ai pour principe de faire connaître la marche et les progrès de

mes observations, ainsi que l.i manière dont mon opinion se forme. Celle qui n'est point basée sur des faits est, sinon erronée, au moins très-peu fondée; et dans l'élude de l'histoire naturelle, on doit mains craindre de commettre une erreur dans l'interprétation des faits, que de fonder son opinion sur le raisonnement seul. ■ En conséquence, il donne des observations intéressantes sur les endroits divers fréquentés par ces animaux ; appelant l'attention du lecteur sur ceux qui babilent les régions i'k'U-osri sur mu qui [îréfùrenl Ici 1j;;ssps terres, il démontre que, chez, les premiers, on observe au sommet de la téte, immédiatement au-dessus de l'organe de la philoprogéniture, une proéminence semblable à celle que forint l'organe ilr l'estime de soi chez l'homme (t),

Spurzbeim soutient que cette proéminence du cerveau des animaux correspond a l'organe n° 5 de l'homme (nommé par lui habilalivilé, et par nous conerntrativité J, et tout en admettant l'exactitude des observation! de Gall, il en tire des conclusions différentes, et soutient qne l'organe qui produit, chez l'homme, l'estime de soi, n'est pas le même que celui qui donne aux animaux l'amour des régions élevées, mais que ce sont deux organes distincts, répondant a des facultés morales tout à fait séparées. Nous croyons que Spurzheim a raison quand il soutient que l'organe n° 5 est différent de l'estime de soi chez les animaux comme chez l'homme, et que la différence qui existe entre l'opinion de Gall et la sienne, est que Spurr.heim admet deux organes dans l'espace compris entre Ht fermeté et !a philoprogénilure, tandis que Gall n'en admet qu'un : Gall considère tout cet espace comme occupé par l'estime desoi chez l'homme, et l'amour des régions élevées chez les animaux! tandis que Spurzheim considère la région supérieure de cet espace comme affectée à l'estime de soi , et l'inférieure

11) Voyez Gnll , IV les Fonction! du rtrttau.

tmii. — nuit or. rairêMUHis- 38

à l'organe de l'habilnlivité , chez l'homme comme chez les animaux. Je suis convaincu que ces organes sont dislincis chez l'homme, cl qne l'organe supérieur est effectivement celui do l'estime de soi. Des observations ultérieures sont nécessaires pour bien établir les fonctions de celui qui occupe la région inférieure et qui répond au n° 3 de Spurzheim.

Quand l'es lime de soi est surexcitée d'une manière anormale, on voit naître ta monomanic des grandeurs; le malade s'imagine être roi , empereur, quelque homme d'un génie transcendant, et quelquefois même l'Être suprême. Gall rapporte l'histoire d'un sieur B., chez qui cet organe était très-proéminent, et qui fui accidentellement blessé par un crampon dans celte région. Tant que sa blessure fut ouverte, il se crut élevé au-dessus des nuages et voyageant dans les airs; il conserva pendant sa convalescence, et même après, l'air de fierté cl les manières hautaines qui le distinguaient dans l'état de santé.

• Cet organe, • diiGall, < était également irès-proé minent chez un maniaque renfermé dans l'hôpital de Badcn, près de Rastadt; sa folio consistait à se croire major; sa téte était petite; le seul organe développé à un très-haut degré était l'estime de soi; toutes les autres circonvolutions cérébrales étaient faibles. Dans la maison de charité de Fribourg, nous vîmes un insensé qui se montrait excessivement orgueilleux; il soutenait, d'nn ion véhément et inspiré, qu'il était la souche a l'aide de laquelle Dieu avait créé et conservait le monde, qu'il avait été couronné par Jésus-Christ, qu'il était celui que la reine du Ciel avait choisi pour son époux. Son attitude était fière et arrogante. Profondément pénétré de son importance, il se tenait les bras croisés, et, pour donner une idée Je lu force éuimwuu; qu'il [mssrkUiii . il siï frappait la poitrine et les côtes avec violence. Sa pose habituelle consistait à placer un pied en avant; le corps était droit et légèrement incliné en arrière. < Quand je le priai, i dit Gall , • de me

permettre do palper sa tête , il me répondit : < Ich habe ktrnm Kopf, tondernem Htnipt.> Je n'ai pas une tête comme les liommes, maiB une Haupt (tête de roi ou de dieu), 1 et il se retourna brusquement comme si nous étions tout à fait indignes de l'approcher. Mous pûmes cependant observer distinctement l'énorme protubérance que l'eslime de soi formait sur sa tête. >

Pinel, Fodéré, et beaucoup d'autres écrivains qui se sont occupés de l'aliénation mentale, rapportent de nombreuses observations de maladies de cet organe. « Un malade, > dit Pinel, i renfermé dans un des hôpitaux de Paris, croyait, pendant ses accès, être Mahomet; il prenait l'attitude du commandement et le ton le plus élevé; ses traits étaient rayonnants et sa démarche pleine de majesté. Un jour qu'on tirait le canon a Paris pour quelque événement de la révolution, il se persuada que c'était en son honneur; il priait qu'on fil silence autour de lui et montrait la joie la plus exaltée. > — ■ Une femme, > continue lo même auteur, ■ d'un caractère trùsiiïi|j!:rii'uv cl :u;i;ijiiUI [lux ;i I'' ibéissatli'.c if« suu mari , ilaivnrait au lit une partie de la matinée, et insistait pour qu'il vint lui présenter son café à genoux. Elle finit par croire, pendant ses extases orgueilleuses, qu'elle était la Vierge Marie. » J'ai vu des cas semblables que j'ai rapportés dans le IV m ° vol. du Journal phrénologique , pag. 80 (i).

Cet organe est, en général, plus fort chez l'homme que chez la femme. On peut le considérer comme établi. Il était trèsfort chez Haggart, Bellioghani cl Dempsey, et modéré chez le D r Uette; l'ouvrage de Spurzheim, intitulé : La phrémkgie en rapport avec tétude de la physionomie, contient un grand nombre d'exemples de proéminence de cet organo. Voy. pl. X, fig. I ; XV, 1; XVI, 1; XVII, 1 ; XXII, I; XXV, 2; XXVI, 2;

(i) Vojez auisi A. Combe, Observation sur les affection» p. 178.

XXVH,i;XXVM,let3;et XXIX, I, 2, 5, i, 5,6.L'organe ut figuré petit, pl. X, Sg. 2, et XV, 2.

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