FERMETÉ
Cel organe est situé à la partie postérieure de la région coronale de la léte, presque sur la ligne médiane.
Gall observa que les personnes d'un caractère ferme cl constant ont cette partie du cerveau trés-développée ; et Lavalcr avait déjà regardé cette conformation comme concomitante avec ce genre do caractère. Les principes ultérieurs de celte faculti: échappent à l'analyse. Gall fait remarquer que la fermeté n'est, a proprement parler, ni une
donne ii l'homme une «mpreinlo particulière que l'on appelle le caractère; celui qui en manque est le jouet de circonstances tilmnuïs fit d'impressions communiquées, t «On est portés prendre", dit Spuribeim,< les effets de cette faculté pour ceux de la volonté, parce que les personnes chez qui elle est largement développée disent volontiers : Je veux, et cela avec cmplia.se ; cependant elle diffère de la volition proprement dite. Elle donne de lu force, de la constance, de la persévérance, de h résolution; celui qui est doué de cette faculté à un haut degré est obstiné, opiniâtre, infatué de lui-même. Cet organe est toujours largement développé chei
les enfants opiniâtres et intraitables.
La fermeté semble être une faculté sans rapport aucun avec
les objets citernes. Son inlluence ne s'exerce que sur l'es-
prit même , el ne fait ■ | ij'sij^iu ■ line qualité à lu manifestation des autres puissances. AgU-t'Ih: avec la i^niihutivild, elle pro- (luit mit; bravoure intrépide; avec la vénération, une piété soutenue; avec la conscieneinsilé, une intégrité inflexible; cepcuJanl elle ne donne de la persévérance, '[lia lorsqu'elle agit sur des facultés fortement développées. Celui qui a la fermeté proéminente, ainsi que les tons, s'occupera de musique avec persistance; mais si les Ions sont faibles, malgré le développement de la fermeté, il ne persévérera pas. A ce propos, Gall fait remarquer, avec raison, qu'on ne doit pas confondre la fermeté de caractère avec eetle persévérance qui ne consiste qu'a satisfaire les dispositions prédominantes de notre esprit. Ainsi, lorsque l'arquisivite est le penchant dominant d'un individu, quoique sa fermeté soit bible, tous ses efforts tendent à s'enrichir ; mais alors il est vacillant et irrésolu quant aux moyens qu'il emploiera : un projet le captive aujourd'hui; le lendemain il l'abandonne pour un autre, auquel il renonce encore le surlendemain; si sa fermeté eût été large, il eût adopté le plan le plus convenable, et l'eût poursuivi jusqu'au bout. Ou persévère dans une action par deux motifs ; le premier, parce qu'elle est agréable par elle-même; le second, parce qu'on est résolu d'agir. C'est dans la fermeté qu'il faut chercher l'origine de ce dernier motif. La prédominance de cet organe donne aux manières et au maintien une certaine roideur; à la voix , une force emphatique.
l"n développement minière de cet organe est essentiel pour parvenir;'! la célébrité, ilans quelque carrière que ce soil. C.aQ fait observer que , quand II est dominant chez un individu, sa devise est : i Tu ne cède malts, sed contra audacior ito. 1 II produit le lenacetn propositi virum. Les Anglais l'ont plus développé que les Français. Aussi, ces derniers s'étonnent-ils de la persévérance des premiers dans leurs projets, qu'ils aient rapport aux arts, aux sciences ou à la guerre. Hapoléon con-
naissait bien le faible du caractère français soirs ce rapport; et, dans ses conversations rapportées par Las-Cases, il le déplore souvent. C'est surtout a la guerre qu'on remarque les effets de cet organe dans les armées de ces deux nations. Les Français, sous l'influence d'une forte combativité et d'une circonspection modérée, marchent à l'ennemi pleins d'audace et sûrs de vaincre; mais s'ils trouvent une forte résistance, comme ils manquent de fermeté, leur ardeur s'affaiblit, et ils reculent bientôt. Les Anglais marchent à l'assaut de sang-froid, quoiqn'avec moins d'ardeur, effet d'une grande fermeté, d'une circonspection et d'une secrêtivité forte; ils peuvent être repousses, niais ils ne se tiennent pas pour battus, et conservent la présence d'esprit qui doit leur faire reprendre l'avantage.
Cette faculté contribue beaucoup au succès de toute entreprise; la fatigue abat bientôt l'ardeur du plus brave; aussi, le plus capable de maintenir ses facultés dans un état d'application longtemps soutenue, réussit à la fin, par cela seul qu'il fatigue son adversaire. La force, la patience, qualités distinctes du courage actif, résultent de cette faculté. La fermeté est large chez les Indiens-Américains; aussi, ce qu'ils supportent paraît incroyable aux Européens, Gall la trouva très-proéminente chez, un voleur de grand chou au crime. On l'avait tenu a pour le forcer à nommer ses i
ecnn pendu 11
-longtemps
celui de la desliuciivitc éUiieui aussi trés-prononcés chez
Jobn Thurlell, exécuté comme assassin de Weare, et toute sa vie prouve combien leur énergie était puissante. Ccl organe était également très-puissant citez le roi Robert Bruce, connu par sa fermeté indomptable an milieu de circonstances qui auraient réduit au désespoir un nomme d'un caractère moins énergique. Il était Tort cher Haggart, si déterminé dans le crime, si courageux contre la souffrance. Les ligures ci-jointes représentent la tète d'un homme chez qui cette faculté est très-forte, et dont le caractère est décrit dans te 8° vol., pag. 2(Hi du Journal phrénologique dÉdimbourg.
Quand cet organe est petit , l'individu rrdr facilement h ses penchants prédominants. Quand c'est la bienveillance qui le guide, sa bonté est extrême; mais, s'il est porté à la destruclivilé ou à la combativité, il se montre emporté, querelleur et violent. Un trait de caractère commun a ceux qui manquent de fermeté est l'inconstance. Si l'amour de l'approbation et la bienveillance sont très-forts et la fermeté faible, l'individu résistera difficilement aux sollicitations. Cet organe est très-
faible sur la tète de M™ H. (i). Aussi, manifeslc-l-elle beaucoup d'instabilité dans sa conduite.
Lcsfiguresdela p. 388 représentent cet organe fort et petit ; il est fort ciiez Ram m oh un-Roy , p. 4!i, et Spurzheim, p. 56; de même que chez Oberlin, Rnmns, Stubbs et Schlab rendort, dont les tCtes sont représentées dans l'ouvrage de Spurzheim, intitulé : Phrtnology m connexion icirfi the stiuly of f/ie physiognomony, pl. xvn.fig. 2; pl. xxv, Gg. 2, et p!. xxvi, fig. lot 2. Les planches ci-dessous indiquent l'aspect que présente le crâne quand cet organe est ires-fort et quand il est très-petit.
J'ignore si les mathématiciens admettent une faculté correspondante à ce sentiment. Elle exerce une grande influence sur le caractère, et son omission doit laisser une lacune importante dans tout système de philosophie morale.
Les effets produits par l'état maladif de cet organe ont été peu observés; on doit croire qu'ils doivent exalter ses fonctions et produire une extrême opiniâtreté. Un cas dans lequel cet organe était très-fort et en apparence surexcité par une cause maladive, est rapporté par le professeur Otto, de Copenhague, dans le Journal phrénokgique , vol. VIII, pag. 66.
Cet organe est établi.
(1) Vcijcï lot Planche i.