‹ Traité de phrénologieChapitre 28 sur 35 · Cottsr:ie»MUSiT · texte numérisé non relu

Cottsr:ie»MUSiT

Cet organe esl situé à la partie postérieure et latérale du sommet de la tète, au-dessus do la circonspection , en arrière de l'espérance. Dans les planches de Gall, la fonction de cette partie du cerveau est notée comme incertaine; et c'est à Spurzheim que revient l'honneur de la découverte etde la dé-

Dctout temps, les philosophes ont disputé entre eux'relativemenl a l'existence de cette faculté morale de l'esprit humaiu; la discussion s'est surtout échauffée depuis la publication des écrits de llobbes, vers le milieu du dix-septième siècle. Cet auteur pensait que ■ l'approbation que nous donnons aux actions vertueuses, ou utiles à la société, dépend de notre égolsme; car nous savons que tout ce qui esl avantageux à la société, est nécessairement avantageux il nous-mêmes. >

Il enseignait, de plus, que ■ comme c'est à l'institution d'un gouvernement que nous sommes redevables do tout le bicn-Gtrc delà vie sociale, leslois en vigueur sont les véritables règles de la morale (i). ■

Cudworth , en désaccord sur ce point avec Hobbes, a cherché a démontrer que l'origine de la notion du juste et de l'injuste esl dans un pouvoir prticulierde l'esprit, qui dislingue la vérité du mensonge.

Mandeville , qui écrivit au commencement du dernier siècle, soutenait , dans sa théorie de toute morale, que l'homme est égoïste de sa nature; qu'au nombre des désirs qu'il aime a satisfaire, il n'en est pas de plus vifqne son amour pour la louange; que lesfondateurs de la société, voulant exploiter ce penchant,

(t) StewarrtOultiiiM.p. 138.

avaient institué la coutume de donner des éloges à chaque sacrifice fait par l'égoïsme au bien public, cl avaient appelé ce sacrifice vertn. La louange est donc, la monnaie dont on paye le sacrifice des mauvais penchants; et les vertus morales, pour nous servir de l'expression de Mandcville, sont les fruits dt la flatterie et de torgueil. Ainsi donc, là où nous croyons voir de la vertu , il n'y a t en réalité qu'égoîsine. t

Le D r Clarke croit que i la vertu consiste à régler notre conduite, d'après les circonstances de la vie et les rapports des événements entre eux. > Et WoUastoo , dont les idées sont essentiellement les mêmes, fait consister la vertu h agir selon la vérité des choses, a traiter les objets scion leur caractère riel, ei non selon un caractère ou des propriétés qu'on leur suppose, et qu'ils n'ontpas réellement.

On sait que M. Hume a écrit un traité tendant à prouver que l'utilité est la partie constituante, ou la mesure de toute vertu; Smitb enfin, dans son langage hyperbolique, soutient que nom n'avons pas plus de motifs pour louer un homme, que nous a'ta avons pour louer un meuble quelconque.

Il est un autre système qui fait de la vertu, pratiquée en raison de ce qu'elle peut nous être utile, un avantage personnel dans tous les cas. D'après ce système, la vertu n'a jamais pour but que le plaisir ou la satisfaction personnelle ; si elle abandonne un plaisir, c'est pour un plaisir plus grand encore ; elle sacrifie la jouissance présente, mais ce n'est que dans l'espoir d'uuc autre jouissance, qui, par sa durée et par son intensité, promet de la dédommager amplement de son sacrifice. Ainsi donc, dans tous les cas où l'individu semble n'avoir en vue que le bien d'autrui, il n'est mû que par un désir de satisfaction personnelle.

Le D r Hulchcson soutient fortement l'existence d'un sens moral, d'où découlent nos perceptions de la vertu, indépendamment de toute autre considération.

Le l) r Paley, le plus populaire de tous ceux qui ont écrit sur ht pbilosophic morale, n'admet pas qu'un sentiment naturel dr. In Justin» noil ln hase île la vertu; il est aussi partisan du système égoistc, avec quelques modi Oca lions. 11 Tait consister la vertu a faire le bien au genre humain, par obéissance a la volonté de Dieu , cl dans l'espoir du bonheur éternel. Selon lui, la volonté céleste est notre règle, et notre bonheur particulier notre motif. On voit par là, que c'est de l'égoïsme présenté sous une autre forme.

Adam Smith, dans sa Théorie des sentiments moraux, s'efforce de prouver-que le spectateur impartial mesure son approbation morale, sur la sympathie qu'il éprouve pour l'action et le but de ceux dont il juge la conduite.

Le D r Rcid, lord Kamesct H. S le wart soutiennent qu'il existe dans l'homme une faculté qui produit le sentiment du bien et du mal , indépendamment de toute autre considérait n'y a pas plus d'accord, aujourd'hui, entre les métaphysiciens, qu'il y a un siècle. Un écrivain, l'auteur de l'article Philosophie morale dans Y Encyclopédie d'Edimbourg, doute de l'existence d'un sens moral , et fait reposer la vertu sur la religion cl l'inti: [■(*[. Sir James JL'^inti.^li, dans sa dissertation sur les progrès de la philosophie morale, qui précède l'Encyclopédie britannique, explique la conscience d'une manière que je me suis en vain efforcé de comprendre. Elle est formée, selon lut, de plusieurs éléments et de la comliinaison d'éléments hétérogènes, tels que les affections personnelles et sociales. D'après cela, dit-il, il est difficile d'en diviser les principes, el impossible de les faire ressortir dans une action séparée.

Le tableau que je \iens île u-aeev île res théories contradictoires prouvera , je pense, que la philosophie de l'esprit ne fera des progrès réels et durables, que quand les philosophes con-

sentiront à lui donner la phrénologie pour base; il existe. Bans doute, une puissance ou faculté, dont la fin est de produire le sentiment de la justice ou du ilmoir, indi'ix'iidamnient de tout désir égoïste, de l'espoir d'une récompense, de la crainled'un châtiment, ou.de tout autre motif extrinsèque; une faculté enfin, dont le langage naturel est : Fiat justifia, ruai axhan. Et c'est là, en effet, ce que prouve la phrénologie par de nombreuses observations : toute personne, chez qui la conscienciosité est peu développée, distingue à peine le juste de l'injuste; tandis qne celle qui est douée de cet organe a un haut degré, est invinciblement dominée par le sentiment de l'équité.

La bienveillance et la vénération produisent des émotions morales; et les actions opposées à celles qu'elles dictent, sont appréciées par l'esprit, comme inconvenantes et iniqnes. Mais elles ne semblent pas faire naître le sentiment du devoir; c'est à la conscienciosité qu'est dévolu ce ministère. L'équité est le résultat de ce sentiment, lorsqu'il agit de concert avec les pouvoirs intellectuels. Ces derniers approfondisse m les motifs et les conséquences des actions; mais ils n'éprouvent pas d'émotions.

Après avoir étudié la conduite de l'homme, et en avoir découvert le mobile, un sentiment d'approbatiun ou de blâme s'éveille dans l'esprit; ce sentiment, distinct de tous les antres , est le produit de la conscienciosité.

Cette faculté est de la plus grande importance, en raison de son influence sur toutes les autres. Quand la combativité et ta desiructivité sont trop actives, la conscienciosité leur impose des limites, elle autorise la défense, elle réprime l'agression. Quand f acquisivité nous presse trop fortement, elle nous raples droits d'autrni. La bienveillance nous encourage-t-elle

avant d'être généreux. L'idéalité nous transporte- t-el le dans le ciel des illusions, quand le devoir nous appelle ù dos exercices

laborieux, dans une sphère plus humble. In conscienciosité nous courbe sous le joug, et arrête notre esprit dans son essor.

C'est ainsi qu'elle réparc souvent, par son activité, le peu de développement d'autres organes. Quand la bienveillance est faible, la conscienciosité peut nous faire soulager les misérables, en nous faisant comprendre que c'est un devoir. Quand l'acquisivité est trop faible pour nous porter au travail, la cousdenciosilé nous y pousse par un sentiment d'équité envers ceux qui nous entourent. Celte qualité est donc essentielle pour former uncaractère judicieux et conséquent , et il est important de la cultiver chei les enfants.

L'homme, chei qui elle est puissante, montre une bonne foi, une intégrité, une droiture, qui inspirent la confiance, et forcent à croire à sa sincérité. Chacun sent qu'il est juste par le senl amour de la justice, et non par la crainte ou l'intérêt.

Klli; ne s'attache pas seulement aux droits légaux et a la propriété d autrui ; elle porte aussi a juger avec équité la conduite, les opinions et les talents d'aulrui. Une personne qui a cet organe fortement développé est aussi prompte à se condamner qu'à trouver des fautes aux autres. Elle rend l'homme ponctuel, parce que c'est une injustice que de sacrifier le temps et la commodité d'aulrui; elle lui fiiii satisfaire ses créanciers, parce qu'il est juste de paver ce qu'on doit; elle le rend circonspect dans ses promesses, parce qu'il compte les remplir; elle le rend conséquent dans sa conduite; enfin, elle lui communique une simplicité de manières.qui commande l'estime, et gagne l'affection de tout espril bien fait.

Quand la conscienciosité est plus fortement développée que la bienveillance, elle fait d'un homme un maître rigide, quoique juste. Toute erreur est faute fi ses yeux; et, pour donner trop d'importance a des choses insignifiantes, il devient insociablo.

L'absence do la couscieiiciosité produit des résultats entière-

ment contraires; l'absence de ce sentiment perce dans toutes les actions de sa vie , alors môme que, dans sa conduite , il respecte les lois. Tousses sentiments, tous ses penchants agissent

sans ce contrôle puissaul. Si si m ndlirsivilé, ni sa bienveillance l'atlachent à un ami, il le regarde comme le premier des hommes; il est aveugle à [ouïes ses imperfections. Cet ami vient-il ù le blesser, c'est un monilre d'ingratitude el de lias* sesse; en un inslanl, l'ange s'est fuit démon, Due ccinscioneiosilé forte fait voir l'homme tel iju'il est ; l'estime se règle sur ses principes, cl l'uHerisc esl appi éoiée à sa jnsle valeur.

L'amour de l'approbation, forteuieiii développé, quand la conseil' iii'iusiïé es! bible , mms porte il ;ii.lu[>ii-r Unis 1rs moyens qui nous plaisent, sans égard a ce qu'ils ont d'injuste et d'inconvenant. L'amour de l'approbation nous fait illusion sur nos défailli; enfin, quand celle fariillé est faible en nous, elle noua porte» agir el aussi! juger la conduite d'auirui, d'après nos sentiments ilominnnls. Nnus sommes nllVciucux sous l'impulsion de In bienveillanee, sévères quand la dcstructivilc domine; nous admirons i pian il nuire m^nril , neiie limité nu noire affection excite nu sentiment favorable aux antres; nous condamnons, quand ees sentiments prennent une direction opposée; noire eomloiio n'es: jamais réglée par un principe; nous sommes peu scrupuleux; nous nous condamnons rarement nous-mêmes; nous ne pouvons nous reconnaître un ton. Les esprils ainsi faits peuvent être aimables, el déployer d'exccllenlcs quaiilés; mais il ne faul pas avoir foi en eux. Juges, leurs décisions sonl dérisuires; amis, ils sont sujels à exploiter et îl rendre peu; marchands , ils nais si ni on t ; acheteurs, ils vous foni banqueroute.

L'honneur, ici que le cuinprenneiil cennities gens, est fondé sur l'estime de soi et l'amour de l'approbation, cl sur l'absence de la conse.ienciosité. Qu'un homme ait des torts envers un nuire, la foule croit qu'il se dégrade en faisant des excuses.

Se battre el ne point avouer sa faute , c'est lu ce qu'ordonnent l'estime de soi et l'amour de l'approbation, quand la conscienciosité est très-faible; car l'estime do soi se sentirait humiliée de reconnaître un tort, et l'amour de l'approbation souffrirait à l'idée de ce que pourrait penser le monde; a moins qu'un sentiment plus élevé ne vienne l'arrêter, la misérable victime ira se faire tuer pour soutenir une conduite qui n'est pas souteuable. L'homme consciencieux Se relève dans sa propre estime, en avouant ses torts; et peu lui importe ce qu'en pense le monde ; car il est à lui seul un juge équitable et inflexible.

Ce sentiment est essentiel a l'esprit philosophique, surtout dans ses investigations morales. Il produit le désir de découvrir la vérité, le tact qui la fait reconnaître, une foi implicite en sa suprématie. L'hommo, dont la conscienciosité est faible, n'a pas d'opinion; s'il a l'amour de l'approbation et la secrélivïté développes il a un penchant pour les doctrines paradoxales; si à ces organes il joint celui de la combativité, il a une tendance aa scepticisme, il nie les vérités les mieux établies.

11 n'est point de sentiment qui soit plus difficile a comprendre que la conscienciosité, pour ceux qui ont cet organe peu développé. Ils comprennent qu'on se conduise par des motifs d'ambition, d'intérêt, do vengeance; mais cette résolution de l'âme, qui affronte la mort par le pur amour de la vertu, leur parait incompréhensible. Ils la regardent comme une espèce de folie qui se méconnaît. H™ de Staël dit de Napoléon, qu'il ne se méprenait jnm:iis jnssi ('ijinpltiU'iiit'iit -sur son caractère, que quand il lui arrivait de se rencontrer avec un homme guidé par les seuls principes de l'intégrité; il se mettait à la torture pour deviner ses motifs; il s'ingéniait vainement il découvrir son faible. Cette maxime, que tout homme a son prix, peut paraître vraie aux yeux de ceux qui ont l'acquisivité ou l'amour de l'approbation très-large, et la conscienciosité modérée.

Mais il est des esprits d'élite, que ni la fortune, ni les honneurs ne peuvent faire dévier des sentiers de la justice; ce sont ceux cliei qui la conscienciosité, la fermeté et la réflexion sont les pouvoirs dominants.

J'ai toujours observé que les individus chef, qui l'amour de l'approbation est très-large, quand leur oonscienciosité n'est point également développée, saut incapables de comprendre comment cm peut avouer qu'on croit à la phréuologie, lant que

1er le nombre de ses adiiiirniciirs, quand l'opinion publique changera ; car ils sont partisans de toute doctrine admise; ils méritent qu'on les plaigne et qu'on leur pardonne; leur conduite résulte d'une organisation moralement défectueuse; ce qui est un malheur et non uu tort.

Le fait, que cet organe manque souvent a dea individus amplement dotés des organes de l'intelligence, quand les penchants animaux sont fortement développés riiez eux, explique la bassesse de sentiments et les goûts dépravés d'hommes d'un mérite éminent. Et c'est encore ici le lieu d'observer les fonctions distinctes 1 1 < s rli verres facultés de l'esprit. Il n'est point d'erreur plus fréquente que celle de concevoir qu'en exerçant la faculté de la vénération, on cultive celles de In bienveillance et de la justice. ,M;iis, quand sa vénération est large el sa ctwsc.ienciosilé petite , un homme est à la fois pieux et injuste ; renversez cette combinaison d'organes, il est juste sans être pieux ; précisément comme on est aveugle sans être sourd, nu sourd sans être aveugle. L'absence de la vénération, comme nous l'avons déjà dit, n'entraîne pas nécessairement l'irréligion; ainsi, quoiqu'il soit rare de trouver un homme tout à la fois impie et juste, cependant on en trouvera beaucoup qui sont justes sans être religieux, et vice versd.

La conscicnciosité, quand elle est puissante, a le sentiment de son autorité souveraine sur toutes les autres facilites. La

scène de la Prùon <IÉdimbourg, où leanie Deans est représentée , faisant sa déposition dans le procès de sa sœur, devant la hante cour de justice, offre une preuve frappante de l'action de cet organe et de son autorité, quand il est soutenu par la piété. Le sentiment impérieux de la conscienciosité et de l'obligation d'être vraie, porte celle jeune fdle a sacriGer tout intérêt, toute affection , qui pourraient la faire dévier des sentiers du devoir; aussi, la voyons-nous obéir à son intégrité, aux dépens de tout autre sentiment cher à la nature humaine.

Le repentir, le remords, le sentiment de notre crime et de notre indignité, sont les conséquences de cotte faculté , quand nous avons commis des actions contraires h son impulsion. Cependant, c'est une erreur de croire que les grands criminels trouvent leur châtiment dans leur conscience; car cet organe manque, en général, aux hommes qui ont passé leur vie dans te crime; el ils sont, par conséquent, étrangers aux remords. Haggart regrettait d'avoir assassiné le geôlier de Dumfries; mais il n'avait aucun remords de ses vols. Sa bienveillance, largement développée, provoquait le repentir do son premier crime; la faiblesse de sa conscienciosité explique son indifférence quant au second. Bellingham avait !a bienveillance et la conscienciosité également faibles , et tout sentiment de justice et de compassion lui était étranger ; il ne témoignait ni repentir, ni remords.

Gall ne connaissait ni la faculté ni l'organe de la conscienciosité. Il considérait le remords, comme le résultat de toute action contraire aux dispositions prédominantes d'un individu. Selon lui , il y a autant de consciences que de facnltés : par exemple, celui qui, avant la bienveillance très-développée, fait ton à autrui, blesse cetle faculté, et le sentiment provenant de cette blessure est le regret ou le repentir. L'usurier, le libertin qui laisse échapper une occasion se repenl, le premier.de n'avoir point satisfait son acquisivilé ; le second, de n'avoir point

Du. i : ?J Lv

Tail une nouvelle vie Lime. C'esi là ce que Gall nommait la conscience naturelle ; il ne croyait pas qu'onpnis'y fier, et, parlant, des luis, des institutions positives devenaient nécessaires. Spurzheini a rétorqué cet argument avec beaucoup d'esprit : il prouve que le simple sentiment du regret est tout à fait différent du remords. Nous regrettons d'avoir perdu une paire de gants, ou dépensé inutilement une demi-couronne; mais ce sentiment u'a rien d'analogue avec le cri qui s'élève dans notre conscience, quand nous avons empiété sur les droits de notre prochain, commis un vol, ou articulé un mensonge. Gall unit par considérer la bienveillance comme la faculté de la morale; mais le sentiment du devoir est aussi distinct de la simple bouté, que l'espérance l'est de la crainte; cl d'ailleurs les faits sont là pour prouver que la morale et la bonté dépendent, de deux organes bien distincts.

Quand cet organe est faible et la secrélivité très- développée, surtout si l'idéalité et le merveilleux viennent au secours de ce dernier organe, on est porté au mensonge; ce penchant est quelquefois si fort , que ni les avantages d'une bonne éducation, ni ceux que l'on trouve dans la fréquentation de la bonne compagnie, n'ont jamais pu le vaincre.

Il est des criminels qui ne sont pas plutôt découverts, qu'ils confessent leur crime et semblent appeler te châtiment afin d'adoucir le remords qui les dévore. La Société phrénologique possède le moule du erano d'un homme qui exprimait ce désir. C'est celui de John Rothcrham, qui, ayant rencontré une servante sur la grand' route , la tua seulement pour satisfaire a l'impulsion de sa distruclivité; car il ne fit aucune tentative pour la violer : il prit seulement ses souliers et son parapluie. A peine arrêté, il confessa son crime, insista pour plaider sa culpabilité, et c'est avec beaucoup de peine que le juge parvint à l'engager à n'en rien faire. Cet organe était très-fort L'hcz lui , et il semble qu'il avait agi sous l'influence d'une excessive destrucli vite. James Gordon, au contraire, qui assas-

— :>tià -

Mua un jciitu: tnru.iijtii iIi.iiî l'.^k- 1 ;s Lh.'-.M uir , niait cllïuiiu-iiifiil sou crime, et après le verdict de condamnation, il accusait lu jury et lu cour d'avoir condamné un innocent. Cependant, au moment de l'exécution, il s'avoua coupable. L'orga nu de lu l'uii.si'umeiinilé uiantjuail loin à t'aii An-/ lui.

Cul organe est ti'ès-forl chez M™ H'", lu révérend H. M"', le D r Hetlc et Ra m moh un-Roy , qui tous manifestèrent ce sentiment il uil très-haut degré. H Tant ]>EMu™np d'alleHlkiii pour déterminer exactement l'étendue de cet organe. Quand la formulé est prociuiueme et la uonsnmidosilé laible, la uîle aplatie forme un angle dont le sommet aboutit à la fermeté, comme dans Haggart et Robert Bruce ; quand la fermeté et la conscieneiosité sont également développées, la télé s'élève considérablcuicnt de la circonspection a la fermeté, ut forme une saillie de forme rondo, comme chez le révérend H. M"", p. 170. Quand ces deux organes sont petits, la télé s'élève très-peu au-dessus de la circonspection , el parait aplatie d'une circonspection à l'autre, comme cela peut se voir sur ta ligure cidessous représentant la tête d'un jcuue garçon.

Chez SI no H., la fermeté 13 esl petite; lu couscienciosité 10 large : chez D. Ilaggart, la fermeté 13 esl furie, et lu conscienciosité 16 faible : chez le jeune garçon les deux organes manquent à la fols , eu qu'indique la forme aplatie de lu tûie , au-dessus des oi -gaiics de la einoiispci'Aien. Si chez SI™ H., [a fermeté eût été aussi forte qiiL' la ceaisLieuciosiié, ou que chez D. Ilaggart la c!i[i?i;ii-u< ïi.eair i.'iïl l'^ali' la fermeté, leurs létes eussent présenté un segment de cercle plein cl élevé, s'étendait! d'une circonspection il l'autre , et elle* eussent formé contraste avec celle du jeune fourbi;. Lu pratique journalière est indispensable pour bien apprécier ces différentes nuances.

La différence <i««s h: </cr(/o;i/i rment de ces organes, chez les différentes nations comme clic* 1rs individus, et les combinaisons qu'il Tonne avec les autres organes, naos permettent de nous rendre compte dit la différence que l'on :i remarquée, de lotit temps, dans les mitions de justice clic* 1rs différents peuples. L'amour de lu vérité est si faible chez les Induos , les Africains et les naturels de l'Amérique, que les magistrats anglais sont d'avis qu'on ne peut pas les admettre à témoigner dans les cours de justice; Il est curieux d'uLserver qui: l'abseuca de la conselenciosilé foi ■me généra Inu eut un vide caractéristique sur les crânes de ces peuples divers, que possèdent les sociétés de phrénologie. 11 csL également très- faible elle/ les Esquimaux ,

sera d'autant meilleur juge; de la musique, quo cet organe sera

fraude et au vol. Les notions de juslice que possède un individu sont d'autant plus parfaites, que cet organe esl plus fort, cl qu'il est combiné avec nu heureux développement des autres sentiments moraux ol des fa-

cultés intellectuelles. De mémo qu'une personne douée de l'organe des tons

combiné avec un fort développe ment des sentiments moraux et de la réflexion, de même les lais qui ordonnent ou défenfeui telles ou telles actions sont indispensables pour régler la conduite de ceux qui, n'ayant pas reçu de la nature un dévelopucineni suffisant de cet organe, ne possèdent pas en eux le sentiment du juste à un assez haut degré pour pouvoir régler leur conduite; ceux qui ont reçu ce don précieux, ont, suivant saint Paul , « la loi en eux-mêmes. >

On a objecté que la conduite des personnes douées d'un farge développement de la conscienciosilé , est très-souvent en opposition avec ce sentiment, qu'elles se montrent intéressées, ambitieuses, précisément comme celles chez qui cet organe est très-faible; et l'on se demande ce qu'en pareil cas devient l'influence de cet organe. La pluralité des facultés explique ce phénomène. La conscienciosilé n'est pas la seule faculté de l'esprit, et quoique son amorili: M>ii suiivi'i'niiie, sa force peut la trahir quelquefois. L'homme dont la bienveillance et la destruciivité sont également larges, peut être amené, dans certaines circonstances qui excitent fortement sa desiructivilé, a manifester cuite dernière faculté par des accès de fureur, des actes de vengeance , de sévérité inouïe , tous opposés à la bienveillance: do même, celui dont l'acquisivité et l'estime de soi sont très-fortes, peut obéira leurs impulsions, malgré l'influence de la conscienciosilé. Mais l'homme bienveillant, une fois son accès de destruciivité passé, comprend ses torts et les déplore ; ainsi de celui qui a commis des injustices, quand la conscienciosilé est fortement développée en lui.

J'ai toujours remarqué que, quand sa conscienciosilé est forte, un homme fait droit aux demandes qui lui sont adressées, toutes les fois que la justice C6t du coté du demandeur, et quand cet organe est faible en lui , il n'est guidé que par des motifs qui y sont totalement étrangers. Dans l'intérêt des gouverncmenls et du bien public, on ne devrait appeler aux

fonctions publiques, que des hommes chez qui cel organe est très-proéminent; c'est là une vérité qui sera d'autant mieux appréciée, que la société progressera dans les voies de la dvili-minn et de la morale.

Une autre difficulté que l'on Tait valoir, c'est que la conseienciosité étant un sentiment , ne donne pas, par elle-même, la perception de ce qui est juste; et ici nous répondrons par un eseinple : un juge entend dans une cause l'une des parties, et sa coiiscienciosilé, agissant d'après les faits qui lui sont présentés par le moyen de l'intelligence, produit le sentiment que le droit est du coté de celte partie. La parlio adverse est entendue; de nouveaux faits sont mis au jour, et la conscienciosité produit alors le sentiment que la justice est de ce dernier côté. Si celte faculté même formait des idées spécifiques sur ce qui est juste, ce serait un pouvoir Intellectuel, et te raisonnement serait proportionné au développement do l'organe dont elle émane; mais ce n'est qu'un sentiment : sa fonction réelle est de produire une émotion de justice ou d'injustice , d'après le cas particulier ou l'assemblage de faits qui lui est présenté par l'intelligence.

L'explication de cette doctrine se trouve tout au long dans l'Ermite de Pamell. L'ange fait tomber le domestique dans le torrent, et tant qu'on ignore la cause de cette action, on la trouve injuste; mais quand on apprend ensuite que son intention était d'assassiner son maître la nuit suivante, la conscinnciosité sent que l'ange, en le détruisant, a fait un acte de justice. On ne peut dire que la conscienciosilé donne des décisions opposées sur te même cas; elle produit simplement l'émotion qui lui est particulière, selon qu'il lui est présenté.

Quand cet organe est dans un état morbide , des sentiments singuliers de crimes, le plus souvent imaginaires, s'emparent de l'esprit. J'ai vu deui individus atteints de cette maladie. L'uns'imaginails'étre endetté d'une somme énorme qu'il n'avait

pas les moyens de rembourser ; l'antre s'imaginait s'élre rendu coupable de meurtre, et, en général, de toutes les iniquités les plus atroces; et cependant Ions deux, en état de santé, étaient ronnus par leur humanité et leur délicatesse parfaite en tout ce qui touche l'honneur.

Les personnes chez, qui les deux organes de la circonspection et de la conseienciosité se trouvent dans un état morbide, s'imaginent avoir commis les péchés les plus énormes, et subissent, par anticipation , tous les tourments de l'enfer. Dans ce cas, quand tout espoir Je iiin i iïmi n'est p;is perdu, surtout si, en élat de santé , son humeur est douce et bonne, je conseille de respecter les idées du malade, et d'appeler un prëtro en mémo temps qu'un médecin.

Dans la première édition de cet ouvrage, je dis que la recoini ii issu u ce provient sans douledc cette faculté ; mais sir G. S. Mackeniie, dans son ouvrage intitulé Ilkulralioni ofPhreno- Iogy,a démontré que la reconnaissance vient surtout de la bienveillance; et je demeure tout fi fait d'accord avec lui sur

Il n'est pas temps encore, quand l'historique de chaque fonction n'est pas terminé, de parler des combinaisons de facultés; mais c'est cependant ici le lieu de faire observer que la phrénologie nous explique l'origine des diverses théo-

llobbes, par exemple , dënhiii tous les sentiments, ot regardait les lois civiles comme la régie de toute morale. C'est là une idée qui doit paraître naturelle a l'homme dont ta conscienciosité est très-faible, et qui n'a jamais éprouvé la plus simple émotion de justice , mais qui comprend la crainte, le désir de la propriété et d'autres affections qui font attacher un grand pris a la sécurité , et par suite, désirer un gouvernement régulier. J'augure de la que Hobbes était ainsi constitué.

Mandcville fuit de l'égoisme et de l'amour de la louange

les baies de toutes nos actions. Supposons un inslaut que Maudeville manquait de conscienciositê et qu'il avait l'amour de l'approbation fortement développé, sa doctrine alors nous parailra le produit naturel de sud esprit.

M. Hume irouve lu vertu dans le besoin que nous avons d'Aire utiles à nous-mêmes ou aux autres. C'est là un sentiment qui doit résulter de la en mbiliais- ni il'rnn' finir btenveMIani.'c , de facultés réfleclives énergiques et d'une faible conscienciositê.

Palcy dil qu'être vertueux, c'est prendre la volonté de Dieu pour règle et s'y conformer eu ayant en vue notre bonheur éternel. Celle pensée a dû émaner d'un espril où l'égoïsme et les penchants animaux étaieuL (niiemcut dévclnppés, oit la vénération est aussi proéminente ci la conscienciositê assez, faible.

Cudworlli, Iluli'liesun, iicnl , liâmes , Sleuarl et lirown, au contraire, soutiennent, avec amant d'obstination que de talent, qu'il existe dans l'esprit un sentiment originel on une émotion qui produit la justice et qui est indépendant de toute autre considération. C'est là le seniinn rii nature] aux personnes cliei qui la conscioncinsilé est puissante, l'a liomme très-respeclable, obéi qui eel orgauc est prédominant, me dit n'avoir jamais pu comprendre que des philosophes pussent nier l'existence de cette faculté; à ses yeux, c'élail comme si on s'efforçait de prouver un axiome mathématique.

L'existence de col organe est prouvée.

Cet organe est situé de chaque côté de la vénération, el s'étend en dessous d'une partie de l'os frontal et de l'os pariétal. On n'a pas encore réussi a eu dessiner les contours. Gall considérait l'espérance comme une propriété inhérente a toute faculté; mais Spurzheim a fait observer avec raison que,

quoique touie faculié produise un désir lorsqu'elle est active, rependant ce désir es! bien différent de l'espérance, faculté qui donne lieu à une ëmolion simple mi generis, susceptible d'élrc dirigée de mille manières. Le désir est quelquefois trèsfon , alors qui 1 l'espérance est faible ou nu'me éieinie. Le criminel, monté sur l'échafand , peut désirer ardemment de vivre, quand il n'n plus l'espérance d'échapper à la mort. C'est en procédant par analyse que SpurEhcim en vint à se convaincre que l'espérance est un senti ment primilif, et qu'il devait avoir un organe particulier. De nombreuses observations en ont déterminé plus lard la situation ; et la plupart des phrénologues le regardent maintenant comme établi. Cependant Gall a continué, jusqu'il sa mort, (le regarder la fonction de celle partie du cerveau comme incertaine.

Cetle faculié produit le sentiment de l'espérance en général, ou la tendance à croire a la réussite des désirs qui émanent des autres facultés. La conviction de celle réussite dépend de l'intelligence. Ainsi , la personne douée de l'espérance et d'une forte acquisivilé, s'allcndra à devenir riche; une autre, douée de l'cspéranee et de l'amour de l'approbation, espérera parvenir aux honneurs; celle colin, qui sera douée de l'espérance et de l'amour de la vie, s'abandonnera à l'espoir d'une longue et heureuse existence. Celte faculté produit des émotions délicieuses ; elle fait envisager l'avenir sous les couleurs les plus

réalisent jamais, tandis que celui qui a la circonspection plus puissante que l'espérance, vil dans l'appréliension de malheurs qui n'eïisienl que dans son imagination. Le premier ne gaie jamais le présent par des craintes sur l'avenir; le second ne voit aucun des plaisirs qui sont sous sa main. Celle faculté imp énergique dispose à la crédulité et con-

duil i des entreprises inconsidérées, téméraires. Les personnes ainsi douées n'envisagent jamais leur situation sous son véritahle point de vue : elles s'exagèrent tout avantage et ne voient

aucun obstacle; elles promettent beaucoup et tiennent peu, sans qu'il y ait diei elles intention de se tromper. L'expérience ne corrige guère leur jugement; leur tendance à espérer immodérément élanl constitutionnelle , elles ne voient jamais que le lion coté dos choses. (Juiun! I'i S|h'i Liii^ h' est Liblo et la circonspcction très- développée , une sombre tristesse accable l'esprit, et quand , de plus, l:i deslruclivité est forte, l'individu a souvent recours au suicide pour échapper ;m malheur qui l'accable.

Toutes les fois que cette faculté n'est point combinée avec l'acqnisivité ou l'amoui' de l'approbation, on est disposé à l'indolence par la eoiiiiauee uiéine que l'on a dans l'avenir. Quand, au contraire, elle se combine avec ces organes, elle aiguillonne l'esprit, en lui représentant cousl animent les objets qu'il veut atteindre. A-i-ou l'acquiaiviié iorie, une large circonspection et l'espérance petite, on épargne pour devenir riche. A-ton, au coniraire, la circonspection petite, l'espéiaiiLjetrès-iléïcloppée.aiusi que l'acqnisivité, on spécule pour s'enrichir. J'ai toujours H ou vé l'espérance et l'a cquisi vile iivs-développées chez les joueurs.

L'espérance l'iianne I r-s craintes du mourant. J'ai vu des personnes, chez qui celte faculté était tres-développée, languir pendant plusieurs mois, mourir à petit feu, sans même soupçonner le destin qui les attendait. Elles espéraient aller mieux jusqu'au moment ou elles s'éteignaient. Les personnes clici qui l'espérance et la eondialmlé qui donnent le courage 6onl petites, quand la circonspection et la couse ienciosi lé sont eliez. elles fol lement développées, parviennent îi grand'peine, malgré les promesses de l'Évangile, a penser avec sang-froid

ou confiance an grand j ■ du jugemoill.

Cette faculté, en portatu a envisager raveuir avec espoir, dispose à la croyance en une autre vie.

Les métaphysiciens admettent cette faculté, et la phrénologio n'a fait qu'en révéler l'organe et les conséquences de ses divers degrés de développement, l'ai déjà fait valoir comme argument en faveur do l'existence de Dieu, l'existence d'un organe de In vénération qui donne une tendance an culte de la Divinité: Ne peut-on, dans ['existenn; de I" faculté de l'espérance , trouver également la preuve d'une vie future? L'espérance me parait être la faculté d'où dérive l'idée de l'immortalité ; et, selon moi, cette tendance instinctive a mépriser les biens présents, pour s'élancer par la pensée dans l'éternité, prouve que l'homme n'est pas destiné à mourir tout entier. Addison soutient admirablement relie thèse dans son monologue de Caton ; et 1» phrénologie donne du poids a son raisonnement, en démontrant que cette ardente espérance, cette soif d* [immortalité, n'est point un sentiment factice, le produit d'une imagination vagabonde, mais bien le résultat de deux facultés primitives de l'esprit , l'amour de la vie et l'espérance, qui doiventau Créateur leur existence et leurs fonctions.

Pope a décrit d'une manière sublime l'influence du sentiment de l'espérance dans les vers qui suivent :

" Lo! the poor Inilian wboie uniuiored mind SecsGod In cloiids, orhuars him in the wlnil ; Bit tout proud science nevur lauglit In slra» Farai thciolarwalk, orMilkj Way; Yel simple nature 10 liis hape has itiven, Beliinit ilie cli>uii-iopt hill an hiimbler heiten : Some ttkr vtnià , lu rlujith o( woodi eniUraewl ; Some happlcr island in Itie witcry warte; Where slaves once more toeir naliTC land bcbold , No fiundi taraient, noCliri>liaiu Ibirsl for gold (I) ".

L'existence de cet organe est prouvée.

(i) Voici le «en» des ht» de Pope :

■ Le pauvre Indien dont l'esprit eu inculte voit Dieu dans Ict nuages cl

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