‹ Traité de phrénologieChapitre 29 sur 35 · Merveilleux · texte numérisé non relu

Merveilleux

Cet organe est silué immédiatement au-dessus de l'idéalité , dans les parties latérales de la région antérieure du vertex.

L'attention de Gall fut appelée sur l'organe de ce sentiment par quelques faits qui lui avaient été communiqués par le D r Thomas Forslcr : il observa que quelques individus s'imaginent être visités i<;ir des apparitions de personnes mortes ou absentes; et les questions suivantes se présentèrent a son esprit. Comment se fait-il que des hommes doués d'une grande intelligence croient à la réalité des fantômes et des visions? Sont-ce des sols ou des imposteurs? Y aurait-il , par hasard, une organisation particulière qui impose , sous cette forme , a l'intelligence humaine? Comment peut-on expliquer de semblables illusions ? Il Fait alors l'esquisse historique des cas do visions les plus remarquables. Socrate parlait souvent îi ses disciples d'un esprit ou démon qui lui servait de guide. Gall, îi ce propos, reiiiurijiir qu'il n'ignore pas qu'on a expliqué ce fait , en disant que Socraio faisait allusion à la force et à la justesse de sa propre intelligence; «mais, i ajoute Gall, i s'il n'avait pas lui-même cru communiquer avec un génie, l'opinion qu'il en avait un se serait perdue pendant les vingt-trois années qu'Aristophane en lit un sujet do ridicule ; et ses accusateurs n'eu auraient pas réveillé le souvenir , pour en faire un grief contre lui. Jeanne d'Arc disait aussi que saint Michel lui avait apparu pour lui dire que Dieu prenait pitié de la France, et qu'il la chargeait de lever le siège d'Orléans, et de faire sacrer

l'entend dam te rancissement de la tempête. L'ornueilleuse sciunco n'a iamais'éttOri son cspriL dans la route du soleil on ilani la Voiolaclte; mai» Il simple nature lui csjirrcr >["<■ [lerriiire ]j muBtagiic il est un humble tlrl, quoique monde paisililc, quelque Ile liieu Livreuse, où les esclaves ri'vni. m I, nr ItTHî ;ut il.', t:l ™ ils iimil [iîîH j ï.-.l"il.'f ni ennemi qui lepersécute, ni chrétien dévoré par la soit de l'or. .

Charles VII à Rbeims. Le Tusse affirmait avoir été guéri par la Vierge Marie et sainte Scholttslique, qui lui étaient appartins pendant un violent .un s Je liijvre. Dans les notes historiques qui accompagnent la Vie du Tasse , se trouve l'anecdote suivante, extraite des Mémoires de Manso, marquis de Villa, publies après la mort du poète, son ami :

i Le Tasse, dans son délire, croyait converser avec des esprits familiers. Un jour que le marquis s'efforçait de le désabuser, le Tasse lui dit : < Puisque je ne puis vous persuader ■ autrement , je ferai paraître devant vous l'esprit auquel vous t refusez de croire. > J'acceptai l'offre, dit le marquis, et le lendemain, pendant que nous étions à causer près du feu, il se retourna du côté de la fenêtre, et se mit à regarder fixement : il paraissait si absorba 1 que, quand je lui parlai, il ne me répondit point. < Voyez, vlivl/1 = dit-il en lin, ■ mon esprit « familier vient causer avec moi. » Je regardai avec la plus grande attention, el ne pus rien voir entrer dans l'appartement. Cependant le Tasse se mit a causer avec cet être mystérieux. Je le voyais et l'entendais seul. Quelquefois il questionnait, et quelquefois il répondait, et, par ses réponses, je devinais le sens de ce qu'il avait entendit. Le sujet de sa conversation était si élevé, et les expressions si sublimes, que je tombai moimême dans une espèce d'extase. Je n'osai ni l'interrompre , m l'importuner de questions, et sa vision dura longtemps. Je fus averti que l'esprit avait disparu, lorsque le Tasse, en se retournant vers moi, me dit ; < A l'avenir vous ne douterez i plus. • — ■ Dites plutôt , > répondis-je , t que je serai plus i incrédule que jamais ; car quoique j'aie entendu des mots . étonnants , je n'ai rien vu. > Il répondit en souriant : < Vous i avez peut-être vu plus, et entendu plus que... > 11 s'interrompit, et craignant de l'importuner par mes questions, je laissai tomber la conversation (i). ■ Hl tllact, VU du TVuh.toI. U, page m

Swedenborg lie croyait miraculeusement appelé à révéler au monde les mystères les plus cachés, i Ko 1745, i dît-il. < il plut au Seigneur de se montrer ù moi, de m'apparaitre eo personne, pour me donner la connaissance du inonde spirituel,

pour me meure en comuuiiiicalinn ni ce. 1rs anges et les esprits, et ce pouvoir m'a i i ■ ijuuliuué jusqu'à ce jour, i Swedenborg, disent ses biographes, était d'une sincérité qui n'admet |ias de doute. Mais jamais il n'esisia d'entheusiaste plus extravagant.

('.a II n'uiai'nil:!, il au s le premier I'li t i < [ 1 1 < ■ <|ll'ii [nu <>] a.'IA it, un grand développement de celle partie du cerveau qui se trouve entre les orgnn.es de l'idéalité et de l'imitation; et II lit ensuite la mime ubservnlinn sur h létede plusieurs fanatiques. Le U 1 Jung Stilling, qu'il voyait souvent dira le grand-duc de Dade, fut tailleur dans sa jeunesse, puis instituteur, ensuite docteur en médecine , ■ulisic, théologien , journaliste, illuminé cl visionnaire ; cl cette partie du l'erve.iu émit, cliei lut, largement développée. U croyait tarin entent aux apparitions, et il écrivit un livre Sur ce sujet. Dans la maison lie détention de Berne, Gall vit un fanatique qui croyait que Jésus-Christ, resplendissant de lumières, semblables à un million île soleils qui auraient combiné leurs rayons, [ni avait apparu pour lui révéler la vérilnble religion. Un homme, qui fréquentait la meilleure société de Paris, demanda un jour à Gall d'examiner sa Ifllc : i Vous avez quelquefois des visions, et tous croyez aux apparitions. >I1 se leva brusquement lotit étonné, et avoua qu'il avait eu de fréquentes visions; mais que jamais, jusqu'à ce jour, il n'en avait parlé à personne , dans la crainte d'être traité d'absurde. Dans un aune occasion, Gai] dit au docteur W., dont il examinait la téte, qu'il devait avoir un goûlprononcépoBtle merveilleux et le. surnaturel. ■ Pour la première fois » lui dit celui-ci . vous vous trompes complète ment; car j'ai pour principe de ne croire qu'à ce qui peut se démonta» nialhémuliqnenienl. • Après avoir parlé de plusieurs

objets scientifiques, Gall, afin de meure à l'épreuve son incrédulité, fit tomber la conversation sur le magnétisme animal. Aussitôt il s'anima, et, après avoir répète" solennellement qu'il ne croyait qu'à ce qui pouvait se démontrer mathématiquement, il ajouta qu'il était cependant convaincu qu'uu être immatériel, agissant dans le magnétisme, opérait à de grandes distances ; qu'aucune distance n'opposait d'obstacle à son action; et, qu'en conséquence, il pouvait se meure en rapport avec une personne , quel que fût le lieu qu'elle habitai, t C'est lu même cause > continua-t-il ■ qui produit les apparitions. Les apparitions et les visions sont rares, sans doute; mais on ne peut nier qu'elles n'aient lieu quelquefois, et je connais les lois qui règlent leur production. • i -A cette occasion! dit Gall, i je pensais, eu moi-même, que ce que j'avais inféré du développement de celte partie de son «une, n'était pas aussi erroné que le digne docteur voûtait me le faire croire. >

Un homme, nommé Ha leran , à Vienne, croyait être continuellement accompagné par un esprit familier; il le voyait et conversait avec lui. Quand 11 atteignit «a soixantième année, son génie parut vouloir le quitter, et ne le favorisait plus de sa présence qu'une fois par mois. A Gersbach , près de Dutiacli , dans le grand-duché de Badec , Gall vit un curé qu'on avait renfermé parce qu'il croyait avoir un esprit familier. A Manbeitu, il vit un homme qui croyait être sans cesse accompagné par des esprits : quelquefois ils marchaient à ses cotés sous des formes visibles; quelquefois ils se tenaient aous terre. Toutes ces personnes, dit Gall, avaient la punie du cerveau , dont nous nous occupons, fortement développée. Il pose en question <si ces circonvolutions ne font point partie de l'organe de l'imitation, et si un développement excessif de ce dernier n'exalte pas le talent de mimer au point que les idées se personnifient et deviennent, ainsi métamorphosées, un spectre en dehors de l'individu ; ou bien , si elles ne ronstituent pas une partie de

l'idéalité pi de l'imitation ; ou ralln, si elles constituent un organe particulier (t). Ces questions ne peuvent être résolues qiif. p:tr des rerherdirs iilliTÎriii'i";.

Walter Scott observe, que < jamais un nomme n'est parvenu à en imposer aux autres, s'il n'a été lui-même, jusqu'à un certain point, dupe de son imposture (ï). >

Gall dit que cet organe est très-proéminent sur les bustes de Socrate, de Jeanne d'Are, de Cromwell, do Swedenborg et de tous les individus qui manifestent, et ont manifesté une tendance à croire au merveilleux. Dans les portraits du Tasse, cet organe et l'idéalité sont également saillants.

(1) (\M , fU r Ift FfliirtiniM du terreau. V, p. 340. (iW.ifeof.VnpolKm Bonnfinrrr , ml. IV , p. RH.

enter.. — nuirt nr. rminoMsis. *'■>

Spuriheim exprime ainsi son opinion sur celte faculté, dans saPhrénologie, p. 206. «Il est encore un se miment qui exerce une très-grande influence sur les idées religieuses , el qui, selon moi, contribue plus que la vénération à la foi religieuse. Quelques-uns trouvent toutes choses naturelles et réglées par les lois de la création; d'autres s'occupent de fictions, recherchent les contes merveilleux et les miracles; ils trouvent, dans tous les événements passés, des circonstances extraordinaires et surnaturelles, et sont constamment à la recherche de ce qui peut exciter l'admiration et l'élonnement. Ce sentiment s'observe dans l'espèce humaine, en général, aussi bien parmi les sauvages que chez les nations civilisées. Dans tous les temps , et sous toutes les latitudes, l'homme a été guidé et trompé par sa crédulité et sa superstition. On a attribué une 'origine fabuleuse à tous les législateurs des nations; et, dans tous les pays, on trouve amplo moisson d'histoires et de traditions merveilleuses. Grand nombre de personnes sont disposéesà croire aux rêves, àla sorcellerie, a la magie, à l'astrologie, a i'iufluenco mystique des espritsel des anges.au pouvoir du diable, a lasecondevue,aux miracles, etc-, etc., etc. D'autres sont disposées à avoir des visions-, elles voient des démons, des fantômes. Cest le sentiment du merveilleux qui fait la force du véritable, comme du faux prophète, qui aide à la superstition, tout en étant essentiel à la foi, a la religion. Son activité no diflère pas seulement d'individu à individu ; elle diffère aussi de nationà nation. Le dérangement de ses fonctions constitue une espèce de folie.

i Les législateurs de l'antiquité , prévenus de la grande influence de celte faculté, l'exploitaient au profit des lois. Ils parlaient au nom de Dieu , des anges et des pouvoirs surnaturels. De nos jours , les sectes religieuses des swedenborgiens, des méthodistes, des quakers et plusieurs aulres, fournissent la preuve de son activité et de son influence. L'introduclioq d'esprits, d'anges, de métamorphoses et d'événements

surnaturels dans lus représentations dramatiques, proclame, à la fois, son activité chez l'auteur et dans le public qui recherche de tels spectacles.

• L'existence de ce sentiment n'est pas douteuse. Son organe est situé eu avant de l'espérance; et un grand développement des circonvolutions qui le constituent élargit et élève les parties supérieure et latérale de l'os frontal. I! est très-proéminent sur la tête de Sacrale, du Tasse, du docteur Price, de Jung Stilling, de Wesley, etc. J'ai fait, sur cet organe, un grand nombre d'observations, et je le considère comme établi. >

Voici mes propres observations : J'ai trouvé des personnes , courant après les nouvelles, et les croyant d'autant mieux qu'elles étaient plus extravagantes, portées à exprimer la surprise et l' étonne m eut dans la conversation la plus familière, et a'affeclant profondément de quelque récit merveilleux; se délectant à la lecture des ifi/fe et Une iVuiU; et, chez toutes, j'ai trouvé cette partie du cerveau , dont nous nous occupons , fortement développée. Quand cet organe prédomine, le regard exprime un étonne ment particulier : on lève , sans le savoir, les paupières vers le ciel. Les individus, chez qui cette partie du cerveau est petite, ont dans leur extérieur quelque chose de posé ou de froid. Tout ce qui est nouveau ou étrange les ennuie ; ils ne sont jamais surpris de rien, et ne trouvent bon que ce qui ne sort pas des voies battues de la probabilité ou de la réalité.

Les philosophes ont été très-embarrassés pour expliquer, pourquoi une forme d'habit ou de meuble est jugée belle, tandis qu'elle parait et ridicule et vieille, quand une nouvelle mode lui a succédé. Il est probable que la cause se trouve dans la faculté du merveilleux: les impressions agréables, que produisent sur elle de nouveaux objets, sont sans doute h source des jouissances qu'offre- le changement de la mode. Je reconnais que l'amour de l'approbation pousse le plus grand nombre a suivre la mode , sans s'inquiéter beaucoup de la nou-

veau té pour elle-même; mais on cela, comme on toute chose, il est des individus qui font In lui ; cl il doit exister, dans l'esprit, un principe que flatte lonic espèce de changement.

'l'ouïe faculté, nous l'avons déjà dil, a une sphère d'action qui lui est particulière. Je suis donc disposé à conclure de ce qui précède que la tendance de ce sentiment est d'inspirer à l'esprit le désir de toute nouveauté, et que son effet particulier est de pousser l'esprit à l'invention et au perfectionnement. L-i uiuJv |<3n U'i <■]■ lU.'ni '-■> I ■)■■ U^iiiiv iLm I » . t.jrij

extérieurs, et l'élégance intrinsèque est bien plus agréable aux. personnes qui possèdent un bon développement de la forme et de l'idéalité, que des formes dont la nouveauté fait tout le mérite. De là vient qu'il est une beauté qui ne meurt jamais, et des objets sur lesquels la mode n'exerce pas son empire. Une théière chinoise peut passer pour jolie, tant qu'elle est de mode; mais, dès qu'elle ne le sera plus, elle paraîtra laide et sans grâce, tandis qu'un vase d'une forme exquise plaira tonjours et partout. Je conçois que la théière dont je parle, doive son charme à l'impression que fait sa nouveauté sur la faculté du merveilleux. Huis quand cette impression a cessé, on la juge par ses qualités intrinsèques; et elle déplaît , tandis que lo vase, qui satisfait les facultés qui ont pour but de prendre connaissance de la beauté , ne peut cesser de plaire. Ce qui vient a l'appui de ce fait, c'est que les plus grands partisans de lu mode onlle plus souvent très-mauvais goût; circonstance qui concorde parfaitement avec la supposition que le seul amour de la nouveauté est le principal élément de celle disposition d'esprit.

En général , les Français possèdent un développement considérable des organes de l'idéalité, du merveilleux et do l'amour de l'approbation. Aussi, les a-t-on toujours cou sidérés comme les rois de la mode. Leur conversation fourmille aussi do termes d'admiration i:l d'appnibaiii.n , qui pamissent exagérés an» Anglais. A les entendre, tout est superbe, magnifique; et

Digiiiz M lyC opglc

[ps termes bon, beau, excellent, expriment un éloge si faible, que c'est presque de l'improbation.

Sir John Ross m'a dit que les jeunes gens, nés et élevés dans l'intérieur des terres, qui entrent de leur plein gré dans la marine , ont un large développement de cet organe ; et c'est sans doute pour satisfaire celte faculté qu'ils deviennent marins.

Le merveilleux aide au génie, en poussant l'esprit à chercher le nouveau. Kepler, Napier, Newton et Davy, qui tous aimaient à s'élancer dans le» régions abstraites et inconnues de la science, étaient portés a ta superstition. Le D r Samuel Johnson est fortement suspecté d'avoir cm aux esprits, trait qui indique un développement excessif de celte faculté, et son style est plein de mots nouveaux, de formes inusitées d'expression, que ce sentiment lui a sans doute fait adopter. Le O r Cholmers montre aussi une forte tendance au néologisme, et ses discours ont parfois un tour étrange. Gela vient, sans doute, de ce que le merveilleux agissait chez lui avec la comparaison et l'idéalité. M. Tonnant, auteur de Anslrr Fair, et M. Ifazlitt montrent dans leurs écrits la même disposition, et j'ai trouvé cet organe très-large dans la téte de tous deux. Cette faculté nous porte, comme le fait remarquer Spm ahcim, à introduire le merveilleux dans la poésie. Cet organe est large dans les portraits de Sbakspeare, dans les bustes de Walter Scott, et modéré dans la tête de Rammohun Roy. Ce sentiment était très-fort cher. Robert Burns, et le moule de son crâne indique un large développement de l'organe.

Spurzheim conclut, sur celte faculté, par les remarques suivantes : i Les faits précédents m'ont, autrefois, déterminé à designer ce sentiment par le nom de surnaturalitê , et il est certain qu'il se manifeste surtout par 1a foi dans tout ce qui est miraculeux et surnaturel. Cependant, comme ce sentiment s'applique a ta fois aux événements naturels et surnaturels, et remplit , dans tous les cas, l'esprit d'étonnement et de sur-

prise, je n'hésite pas a substituer le nom de merveilleux, k celai de ntrnaturalilé.'

L'exaltation des fonctions decel organe est la grande source du fanatisme religieux. Quand il est fortement développé, ii t-st susceptible d'une activité énergique, même dans l'état de santé. Les impressions qu'il éveille peuvent être prises , par

directes avec le ciel, et la raison succombe sous l'apparence. Cet organe est aussi très-susceptible d'une excitation vive , par suite de communications avec des personnes dont l'esprit est porté au fanatisme et au merveilleux : c'est ainsi que les dogmatisas les plus extravagants, prétendant être illuminés par le ciel, trouvent si facilement des croyants et des sectateurs. Ayant examiné la téte de feu le R. Edward lrving, avant qu'il ne se fût posé comme prédicateur, et qu'il eût acquis comme tel de la, célébrité, j'observai que les organes du merveilleux et de l'estime de soi avaient chez lui une grande prédominance. Ils ont formé le trait principal de sa vie publique. Les organes de la bienveillance, de la conscienciosité, de la vénération et ceux des facultés intellectuelles , étaient aussi fort développés ; de sorte qu'il possédait, à un haut degré, tousles éléments du caractère chrétien. Mais ils ne produisirent rien d'utile par suite de l'exagération de l'estime de soi et de l'organe du merveilleux. Cet organe est très-proéminent sur le crâne des anciens ctec. Grecs; il est petit chez les Esquimau*;

iy-"' L-! '~~-~> to jB auss ' ce sentiment est-il beaucoup plus

I faible parmi ces derniers, que cliez les

U îffl Ji^B sauvages en général (i). Quand il est

r\ iimi ^"g^^B petit, le crâne s'affaisse rapidement de

il) MÉ 'iiTIwI chaque coté; tandis quequand il est fort,

Vdt ■ fi^^ lovertcx est large, comme on peut le

jy/ voir sur la figure ci-jointe.

(i)Voyeî Journal Phrénologique, VIII ,

Le D r Adam Smith, dans son Histoire de l Astronomie, appelle le merveilleux un sentiment, et cherche à le distinguer de la surprise. > Le merveilleux, > dil-it, • nous frappe , quand nous apercevons un objet extraordinaire et peu connu : à l'aspect des phénomènes qui n'apparaissent que rarement dans la nature, tels que les météores, les comètes, les éclipses, à la vue de plantes et d'animaux singuliers, de toutes choses, enfin, que nous n'avons pas l'habitude de voir, nous sommes émerveillés, quoique déjà avertis de eeque nous allons voir. ■ (Nous sommes surpris, > continuefrilj « a la vue de choses que nous connaissions déjà , mais qui apparaissent inopinément, et quand nous ne nous attendions pas à les voir; nous sommes surpris à l'apparition soudaine d"ua ami que nous avons vu mille fois , mais que nous rencontrons par hasard.i

Lord Kamcs observe que i de tomes les circonstances qui éveillent cette émotion, sans en excepter la beauté et la grandeur, la nouveauté est celle dont l'influence est la plus puissante; l'aspect d'un objetnouveau produit, a l'instant, une vive émotion de surprise qui s'empare de l'esprit pour un temps, à l'exclusion de toute autre idée. La conversation du vulgaire n'est jamais plus intéressante, que quand elle est tournée vers des objets étranges ou des événements extraordinaires. L'homme quitte son pays natal pour courir à la recherche du rare et du nouveau; la nouveauté convertit la fatigue et même les périls du voyage en plaisirs : à quoi peut-on attribuer ce fait? Ala curiosité sans doute, principe implanté dans l'humaine nature, dans un but extrêmement utile, celui de donner le désir d'acquérir des connaissances; et le sentiment du merveilleux, éveillé par la nouveauté et l'élran gelé des sujets, enflamme notre curiosité et nous donne le désir de les connaître à fond (i). >

(i) ElonmU nfjhc Critinsm ,tol. I, |>. îli.

Le D r Thomas Itrown admet aussi le sen liment du merveilleux eomme une émotion primitive, et soutient, avec raison, que la surprise et l'admiration sont le même sentiment, mais excité par des objets ou îles circonstances différentes. Nous admirons une comète dans la nouveauté de sou apparition; nous sommes surpni de rencontrer un ami à Edimbourg, si nous le croyions a Londres : mais ce n'est pas sa présence qui cause notre surprise c'est la situation nouvelle et inattendue dans laquelle nous le rencontrons.

Le D' Brovrn fait une remarque assez singulière, c'est que • il semble Tort probable que le sentiment de surprise, que nous cause lout eiviicuinit exioonlinaire et inattendu, n'a pas lieu dans l'esprit de l'enfant, à l'aspect d'événements qui tous sont nouveaux pour lui ; d'où il conclut que la surprit* ne résulte point d'une pure sensation de nouveauté, mais qu'il faut encore supposer la connaissance de quelques autres circonstances qui sont attendues; je ne conçois donc pas que ce sentiment puisse exister dans un état d'ignorant* complète. •

Les faits que nnus observons journellement sont directement contraires à cette doctrine. L'organe du merveilleux existant, tout objet nouveau l'excite, cl Tait naître l'émotion; aussi plus l'ignorance est grande, plus l'étonnement est fréquent et intense; car, alors, tout événement est nouveauté.

Le D T Itrown observe, avec raison, que l'on peut être à la fois frappé de la beauté ou de la grandeur d'un objet nouveau, et que l'émotion, que produisent la nouveauté et la beauté combinées, se nomme admiration.

M. Stcwart et le D' Rcid ne parlent pas de celte émotion. Leurs écrits, surtout ceux du D' Reid, indiquent que celto qualité est faible dans leur esprit; et c'est peut-être pour cela qu'ils l'ont omise dans les émotions mentales primitives.

Le sujet des visions est encore hérissé do mille difficultés.

J'ai vu des as semblables à ceux rapportés par Gall et Spurzlieim. J'ai examine, a Bcdlam, la léle d'un homme dont

l'aliénation consistait à voir partout des fautùmcs, et à agir comme s 'ils existai rut en réalité, quand, cependant, il se disait convaincu que c'étaient des illusions; mais il nu pouvait parvenir ii régler sa conduite d'après celte conviction, Chez lui l'organe de ia forme était bion développé; celui du merveilleux était extrêmement large. Je lui demandai s'il éprouvait linéique sensation dans la lûle, dans les moments où il élait ullligé de ces visions; il mit le doigt sur les deux organes du merveilleux, en disani qu'il éprouvait là une sensation sourde.

Dans l'asile des fous de Kii'luuond, à Dublin , j'en ai vu plusieurs chez qui cet organe éiail [imlnuiiimiu, et dont l'aliénation consistait à se croire dej êtres surnaturels ou inspirés. Dans celui de New-Castle, j'ai vu M"" 11 " dont la folie consistait h se croire sous l'inllucuce deiros immatériels, et chez, elle cet organe était très-fort dans l'heiuisplii'iv j^uirlie do la tête.

Un cas intéressant do dérangement de l'organe du merveilleux est rapporté dans lo Journal phrénotoyique , volume V, p. 58o. Le D' Andersou, de Cuppar-Fife, eniliousiaste de l'otudedu maguatisme anima l.s'iuiagiiui enfin être lui-même sous sou inllneiicc; et cette opinion prit, un tel ascendant sur lui. qu'elle finit par l'absorber tout entier. Ses nuits furent troublées par des rêves fatigants ci d'étranges fantômes. Il pensait que i-erlains individus, qui avaient pour lui île l'butipaihie , pouvaieoi a volonté lo soumettre à uon influence magnétique maligne, et le priver de toute jouissanre 11 supposait a caa esprits invisibles, comme il les appelait, un pouvoir illimité. Aucun lieu ne pouvait le mettre i l'abri de leur malignité; aucune distance ne pouvait la diminuer, tu ISJJ , il fit un voyagea Paris, dans lo but de leur échapper; mais il retrouva leur puissance, en celte ville, aussi grande que chei lui. Il entendait pendant lu nuit ses ennemis comploter ta ruioe, [Uns

son imagination, ils avaient recours à imites les lorlures inventées par lïnquisilion. Plusieurs fois il s'adressa aux autorités dti lieu, afin de déjouer leurs plans; et jamais, comme on peut le croire , il n'y réussit. Sur tout objet qui ne toueliait point au magnétisme animal, il avait un juge ment sain, et faisait preuve d'une grande finesse d'esprit. Un étranger n'aurait pu, alors, soupçonner sa folie. Lorsque, après sa mon, onouvritson crâne, on trouva l'enveloppe du i-crvi'iiu [lï's-qKiissi; <;i très-dure, offrant des traces d'une Iongu» maladie ; au-dessus de l'organe du merveilleux était un dépùt inflammatoire, qui paraissait exister depuis longtemps, en dessous de la membrane arachnoïde; celle membrane elle-même était épaisse, et présentait, dans l'espace d'un pouce el demi de longueur et d'un pouce de largeur , de fortes adhérences avec les parties sous-jacentes. Le D r Scott, qui rapporte ce cas, n'indique pas particulièrement l'organe du merveilleux comme le siège exact de l'affection, parce que, n'étant pas versé dans la phrénologie, il ne connaissait pas la situation de cet organe. Mais le D r A. Combe reçut une lettre d'une personne présente a la dissection, qui avait étudié le sujet, où elle dit positivement que le dépôt était sur l'organe du merveilleux, et que le D' Anderson, pendant huit ans que dura celle douleur, faisait des applications d'eau froide pour eu diminuer la chaleur excesssive. Dans l'asile des aliénés pauvres d'Édimbourg, Spurzheim a vu une femme qni se disait visitée par desspectres et des démons. Chez elle, l'organe du merveilleux était très-développé. Il lui demanda si elle souffrait quelquefois de la tête, elle répondit que oni; et elle indiqua comme siège de la douleur l'organe dn merveilleux.

J'ai vu , il j a plusieurs années , dans l'ouest de i'Écosse, un homme qui se croyait visité par des spectres. 11 avait alors 38 ans, jouissait d'une parfaite santé, et n'était nullement extravagant dans ses idées ou dans ses sentiments. Il me dit

qu'il avait presque constamment sous les yeux, un lapis couvert de figures qui dansaient. Lorsqu'il visita Glascow, il vit un grand morceau de bois monté sur deux axes cl quatre roues, traîné ainsi dans les rues. Lorsqu'il revint chez lui , il revittont

cet attirail en mouvement. Tu mie autre Occasion, il vil passer un cul erre ment, et, pendant bien longtemps ensuite, toutes les fois qu'il fermait les yeux , il revoyait la procession aussi distinctement qu'auparavant. Ce sont là quelques exemples, pris au nombre des mille et un objets qui repassaient dans son imagination. 11 ne voyait jamais, dans ^apparitions, que desobjnts qui avaient déjà passe sous ses yeux; et toujours elles avaient lieu quand il les tenait fermés, ou lorsqu'il se trouvait dans une obscurité romplcic. S:j u'-te était en général bien formée; les divers organes, i) l'exception de celui du merveilleux, qui était d'une largeur eUminlinaire , étaient bien proportionnés cuire eux. Les tirâmes du savoir dominaient un peu ceux do la réflexion.

Il dit que son Gis avait hérité de celte particularité. Un jour, cet enfant s'avança vers ce qu'il croyait être un pauvre, et il alla se cogner te visage contre un mur, à travers lequel il crut qu'il était disparu. Je n'ai pas eu l'occasion d'examiner la tète du fils; mais mon père m'a affirmé qu'il n'y avait que celle particularité dans sa constitution mentale.

Celte tendance de l'esprit, qui se présente assez souvent dans les districts éloignés des montagnes d'Écosse, a probablement donné lieu à la seconde vue. Un correspondant du Journal phrénologique donne l'histoire d'un habitant des montagnes, qui croyait qu'une apparition de la seconde vue s'était présentée b lui. Le correspondant affirme que, dans sa léle, l'organe du merveilleux es! très-large.

Disons cependant qu'il est difficile de comprendre comment l'élal d'exaltation de cet organe produisait ces effets, sans supposer qu'il existe les organes de la forme, du coloris, de

l'étendue et de l'individualité, qui seuls peuvent faire naîtra des illusions etdes couleurs propres a satisfaire le merveilleux; précisément de la même manière que l'activité involontaire de la circonspection, pendant le sommeil, excite les organes intellectuels à concevoir des objets de terreur, et produit ainsi les rêves effrayants. Celle théorie esi appuyée par le Fait, que l'excitation morbide des organes du savoir produil les illusions de spectres, indépendamment de l'affection de l'organe du merveilleux. M. Simpson a érrit un article admirable sur ce sujet dans le Journal fihrinaloqique* J'aurai l'occasion de le mentionner plus d'une fois.

Le langage naturel de celte faculté est un mouvement oblique dans la direction de cet organe. J'ai observé ano personne, chez qui il dominait, coulant a une autre une histoire merveilleuse. A la Gn de chaque incident extraordinaire, celui qui écoulait, relevai! deux ou trois fois la léte et poussait des ah! de surprise.

La fonction générale de cet organe est regardée comme déterminée; mais l'analyse métaphysique en est encore incomplète.

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