INTRODUCTION
La phrénologïe (du grec?^'. esprit cl Aîtc-, discours) (i) est un sysiiiuc de philosophie de l'esprit humain, fondé sur la physiologie du cerveau. Offert pour la première fois a l'attention publique, sur le continent de l'Europe, en 1796, il ne pénétra en Angleterre qu'en 18IS. Dès sa naissance, il rencontra des sectateurs zélés et des adversaires passionnés, tandis que la grande majorité du public demeurait étrangère aux discussions qu'il soulevait.
Nous croyons utile de présenter, sous la forme d'une introduction, 4° une courte notice de la manière dont les découvertes de Gall furent accueillies dans leur principe ; 2° une esquisse rapide des principes généraux que renferme le système pbrénologique; 5 a un examen des présomptions qui se sont élevées
(t) Celle «nomination ettdne au ducteur Tlrtmai Fonlïr.
pour ou contre ces principes, fondes sur la connaissance des phénomènes île la nature humaine; &° enfin une esquisse hisloriqticdc la découverte des organes de 1 intelligence.
Cette marche a eu: adoptée mm dans l'espoir de convaincre le lecteur des vérités de la phrénologic (car personne ne petit arriver a cette conviction qu'après de longues éludes et de nombreuses observai ions personnelles) , niais dans l'espoir de faire naître le désir de rulliver relie science.
Leplusgrand obstacle à l 'm! n i lsh i ljh deitmie découverte, consiste dans la difiinillé que leui homme éprouve à faire le Siicrifice des notions qui, dès son enfniec, om éié imprimées dans son esprit , et dans colle sorti: d'élimiu'inent qu'elles font d'abord éprouver à l'entendement. La phrénologic, comme touteslcs autres découver les, a rencontré Je s obstacles, cl les a également surmontés. Locke, en parlant de l'accueil qti'nljiienncnt ordinairement les vérités nouvelles, dil qu'elles doivent èlrr jppnvcrs des arguments les plus irrésistibles puni' qu'elles puissent, toulà la fois, vaincre la force d'inerlie que leur opposent les savants, qui se résignent toujours difficilement a faire le sacrifice de connaissances acquises par un travail opiniâtre et de laborieuses éludes, pour se trouver tout à coup obligésde reconslruirc l'édifice de leur savoir sur de nouvelles bases. Le.sargumenlsfonl sur leui'osprillamêrnc impression que leci 'iip de vciiLsur le vovaiiciir quand il le porte à s'envelopper de plus en plus de sonmattleau.
Le professeur Playfuir, dans une nolice historique sur les découvertes des sciences physiques, publiée dans un supplément de l'Encyclopédie britannique, observe que : < Dans toute société il existe un instinct de résistance aux choses nouvelles eu faveur des choses établies. Le monde politique et moral tend sans cesse a s'en défendre el à assurer la stabilité des institutions humaines, quel que soit d'ailleurs leur peu .le valeur réelle, comme chose d'utilité générale. Mais même dans les matières purement intellectuelles et qui ne cim-
cornent que les vérités abstraites de l'arithmétique el de la géométrie, les préjugés, l'dgoîsme et la vanité de ceux qui cultivent ces sciences, s'unissent trop souvent pour résister à toutes les améliorations, cl on les voit dévouer toutes les forces de leur intelligence à Taire rétrograder le char do la science au lieu de faciliter sa marche progressive. L'introduction de toute méthode entièrement neuve, apporte souvent de trop grandes perturbations dans la position des hommes engagés dans la poursuite (tes découvertes scientifiques ; un trop grand nombre se voient obligés do descendre des positions élevées qu'ils occupaient précédemment pour prendre une place inférieure dans l'échelle intellectuelle. L'inimitié de ces hommes, à moins qu'ils ne soient animés d'un grand amour du bien ci de la vérité, se soulèvera toujours contre toutes les découvertes qui viendront blesser leur vanité et diminuer leur importance ()}. •
Chaque âge a fourni des preuves de la justesse de ces obscr-
i Les disciples des noiubmi.ses écoles philosophiques de la Grèce se combattaient mutuellement et s'accusaient rdeiproqitciiicnt d'impiété el de parjure.
t Les peuples a leur tour détestaient les philosophes et accusaient ceu\ qui recherchaient le principe des choses, de présomption el d'atteinte sacrilège aux droits de la Divinité.
• Pythagore fut chassé d'Athènes, et Anaxagore emprisonné pour avoir émis des opinions nouvelles. Démocritc fut traité d'insensé par les Aluiéritains pont* avoir recherché les causes delà folio dans l'un momie pulliolngiiptf . Sucralo, enfin , fut condamné à boire la ciguë pour avoir prouvé l'unité de Dieu {.). .
(i) l'art. 11, page ZT.
(ii S|jûn.tnN1n, l>iili. i|ii-. I'iii1<>s<>!>iii<i<ii't ilr l'IiiïiinldîiM'. Lomln» IKi'i.
M. Playfair, en parlant de Galilée , dit : ■ Galilée fut appelé dcii-t rois devant le tribunal de l'inquisition. Lu première fois, le conseil , composé de m 1 pi cardinaux , piiru uu>- sentence qui doit suas rcss« rire présente a l'esprit de ceux" qui pourraient penser que la violence peut étouffer ia vérité; savoir : que soutenir que le soleil est immobile au rentre du monde est une proposition absurde Tinsse en philosophie, hérétique en religion et contraire au témoignage de l'Écriture; qu'il est également absurde et faux en philosophie d'assurer que la terre n'est pas hniuebilo dans le centre de l'univers, et [pie la proposition contraire, sous le point de vue lliéolufîique, est i^idciitenl erronée et hérétique. >
1,'eMrail qui suit des dialogues île (ialilée sur le système d'astronomie de Copernic, démontre d'une manière frappante que le système de cet homme célèbre fut accueilli comme la phrénologie l'a été de nos jours.
• Trés-jeune encore, j'avais a peine fini mon cours de philosophie que j'abandonnai pour d'autres travaux, lorsqu'il arriva par hasard dans ce pays, un étranger de Hoslock dont le nom, si je m'en souviens, était Christian Urstitius, disciple de tinpernir, lequel donna à l'actidémic quelques leçons sur celte matière , qui rassemblèrent un grand nombre d'auditeurs; croyant qu'ils y étaient attirés bien plus par la nouveauté du sujet que par toute autre raison, je me dispensai d'aller l'entendre, car je m'étais imaginé que ses opinions n'étaient autre chose qu'une sérieuse folie; et en questionnant quelques-uns de ceux qui s'y étaient rendus, je m'aperçus effectivement qu'ils les tournaient en dérision, excepté l'un d'eu\ qui médit que ces idées ne devaient pas trop être méprisées. Comme ce dernier m'était connu pour un homme intelligent cl circonspect , je commençai à me repentir de ne pas avoir assisté aux leçons de l'étranger, je saisis dès lors toutes les occasions de converser avec les partisans du sys-
tèmo de Copernic et de 111' informer s'ils avaient toujours porté le même jugement sur ses théories. Un grand nombre d'entre eux m'avouèrent qu'ils avaient été longtemps d'une opinion contraire, mais qu'ils avaient fini par être convaincus par la force des raisonnements de ses disciples, Les ayant questionnés tour a tour pour savoir s'ils possédaient bien tous les arguments en faveur de ce système , je les trouvai prêts a répondre sur tous les points, et j'en conclus que leur opinion ne résultait pas d'ignorance, ou d'un désir vaniteux de montrer la perspicacité de leur esprit, mais d'une conviction bien fondée; je trouvai au contraire que plusieurs Péripaléliciens et partisans des Piolémées n'avaient pas pris la peine d'ouvrir les œuvres de Copernic ou bien qu'ils les avaient mal comprises, ou superficiellement étudiées, »
Hume, l'historien, rapporte que Harvey fut traité avec mépris lorsqu'il annonça sa découverte de la circulation du sang et qu'il ne tarda pas à perdre, à cause de cela, sa clientèle. Un éloquent écrivain a dit dans le a" 94 de la Reçue cTÉdiinbourg, en parlant des permutions dutil Uarrey fut victime, que i la découverte de la circulation du sang, découverte qui, sous le rapport des conséquences qui en sont résultées pour la physiologie ei la médecine, est peut-être lu plus importante qui ail été faite depuis que cciii: st-ieuce i:\istc, ne perd rien de son lustre pour avoir été dans son principe accueillie avec mépris par quelques-uns, impudemment revendiquée par d'autres, ou bien attribuée :m\ anciens physiologistes par la mauvaise foi jalouse des contemporains de son illustre auteur, quand ils se virent hors d'état de contester le mérite de cette grande découverte. Les noms de ces adversaires envieui d'un grand homme sont depuis longtemps oubliés, tandis que celui de Harvey passera à la postérité la plus reculée environné de la reconnaissance cl de l'estime publique. •
De nos jours la découverte du doctcurGall a été traitéeeiac-
tentent comme telle de Hui'vey, et si lu plircnologie est une vérité, la postérité ne pourra -l-cîic pas, à juste litre, fldlrîr ses opposants desmcuit'srepi-orhcs? Plus tard le professeur PI a yfair [îiii'lant de la découverte di s rayuns linumi;ii\ par Newton, dit: . (Jmuquc celle dOi -oiivitic fin de ions points digne •! atirnlioo, cite subit le suri île tout eu qui est grand, neuf, eitraordinaire , quoiqu'elle m- consiilult m une incurie ni un système, ■nais la généralisation Ji- fjiii prouvés par l'expérience, cl qu'elle fut annoncée de la manière la plus simple cl la moins pi oli-iilicuM-, tilt Siiultia uni- fonte d'euiieniis qui semblaient se disputer a qui porterait les premiers coups aux vérités
que h voix un m ilr '..i |i'iso : i lté diiait saurlionnti . (I\ .'>li)
Un des plus ardeuls, le père Pardis, publia plusieurs écrits contre les expériences et ce qu'il affectait d'appeler les hypothèses de Ncwlon : une réponse calme et irrécusable le convainquit de son erreur qu'il se halu de reconnaître avec
riolc, fui plus difficile à convaincre, et malgré sou habitude des expériences il ne put jamais réussir en répétant celles de Newton. > Le récit des hostilités auxquelles les découvertes de cet homme illustre furent en bulle de [a part de ses iniiii'injuiraÎEis, se trouve dans sa vie écriie par Brcwstcr (p.171).
Si la persécution, les condamnations et le ridicule accueillirent les trois grandes découvertes scientifiques de Galilée, de Harvey et de Newton, pouvons-nous nous étonner que tel ait été le sort de la philosophie de l'intelligence ?
lit plupart de ceux qui se livrent îi renseignement de la philosophie intellectuelle semblent fortement imbus de l'idée que l'esprit et la matière forment deux entités séparées et distinctes. L'auatomie traite de la matière, la philosophie morale traite de l'esprit, comme si le corps cl l'esprit pouvaient cïre le sujet d'investigations Apurées et comme s'ils n'élaiont
pas unis cmrc eux par des liens nombreux qui les rendent inséparables.
Sans cesse dans le monde- on entend parler des dispositions et des facultés de l' esprit sans qu'on ait l'air de s'occuper de leurs rapports avec l'homme physique. Mais l'intelligence humaine, envisagée comme abstraction, ne pent par elle-même devenir l'objet de réciter tues philosophiques; répandue dans le monde matériel, elle ne peut entrer en action et rien ne peut agir sur elle que par l'intermédiaire des organes. Les douces émotions de l'âme qui se peignent dans les yeux de la beauté, transmettent leur irrésistible influence au cceur de l'objet aimé , au moyen des filaments du nerf optique, el le floi de paroles éloquentes qui coule des lèvres de l'orateur ému et qui vient impressionner si pi'ufumii meut b foule attentive, s'élabore et se transmet à travers un nombreux appareil d'organes.
Si nous suivons les progrès de l'esprit do l'homme du berceau a la tombe , celte importante vérité jaillira à chaque instant. Dans lu première enfance les facultés iutellectuelles partagent la faiblesse du corps; dans l'âge viril elles partagent sa puissance et son énergie; et lorsqu 'arrive la faiblesse sénile, semblables !i un flambeau qui s'éteint, elles ne jettent plus que de [inli's et incertaines lueurs.
Mais ce n'est pas seulement aux époques de l'enfance, de l'âge mûr el de la décrépitude que cette alliance se manifeste; l'expérience de chaque licnre du jour prouve l'intima connexion de l'esprit et de la matière. Le nuage chargé d'électricité pèse sur nos télés, déprime nos esprits et énerve notre intelligence; après un travail plus ou moins prolongé, dos facultés affaiblies cherchent le repos dans le sommeil ; la famine ou la maladie peuvent abattre les plus fiers courages, et ne voyons-nous pas l'espril lui-même, dans ses aberrations, méconnaître les lois de la nature et vouer l'homme à la destruction pour échapper au malheur?
Ces phénomènes doivent Ctro rapportés an\ organes avec lesquels l'esprit est lié dans celle vie; mais si les organes exercent une si grande influence sur les manifestations moniales, aucun système ili' philosophie peut-il mériter l'allenlion, lorsqu'il néglige l'élude de leurs rapports et traite de la pensée comme si elle pouvait être séparée du nu-pi? Le plu'énologuc étudie l'homme ici que Dieu l'a créé ; son but est de découvrir les lois qui règlent les rapports de l'âme cl de ses organes, sans clierclier à découvrir l'essence de l'une et la nature de leur union.
Les notions populaires qui séparent l'esprit de la matière
Quelques remarque* l'crmu envisager celte doctrine sous son véritable point de vue. D'abord, nous n'avons pas la conscient» de l'existence et des fonctions des organes au moyen desquels l'esprit se manifeste dans ecllc vie : c'est pour cela que la plupart de ses actes nous paraissent purement intellectuels, tandis que l'expérience et l'observa lion prouvent incontestablement qu'ils dépendent de ['action d ouanes corporels. Par exemple, en avançant ou en mirant le bras, nous avons la conscience que nous exécutons un acte de la volonté donl le mouvement du bras est une conséquence, mais nullement de l'existence de l'appareil par le moyen duquel la volonté en a amené l'exécution. Cependant l'cxpéncnrc ci l'obsefvalinn démontrent dans le bras l'existence do plusieurs os admirablement disposés el articules pour le mouvement, de muscles doués de la faculté de se contracter et de trois sortes de libres nerveuses renfermées dans une seule gaine, l'une destinée à transmettre; la sensation, la seconde destinée aux mouvements et la troisième cliargce do transmettre à l'Intel licence une notion exacte de l'état des muscles pendant l'action; tous ces organes, excepté les nerfs
du sentiment, doivent combiner leur action pour que le bras puisse être mù et son mouvement réglé par la volonté. Tout ce qu'une personne étrangère à l'anaiomio sait , c'est qne le mouvement s'exécute selon sa volonté; l'ensemble de l'action lui appurait comme purement nionial, et l'action de la matière est pour lui bornée au bras seulement. Cependant les recherches analotuiqucs et physiologiques mil positivement ét;ibli que celle conclusion serait erronée, que l'acte n'est pas purement mental, mais qu'il s'aremnplii pni-rinleiinéiliaircdes liuiulii cuv ui'piiics que nous venons drniiinrrcr. L'acte de la vision exige également un certain étal du nerf optique : l'audition n'a lieu que par !c jeu d'organes tres-cumpliipics que renferme le tympan, et pourtant nous n'avons aucune conscience de la part que prennent ces différents organes à l'exercice Je cette fonction.
Kn faisant un pus de plus d;ins la route que nous parcourons, nous constaterons que chacun des actes de la volonté, que chaque éclair de l'imagination, que toute impression, que tout travail de l'intelligence dans cette vie ne s'accomplit qne par le moyen d'organes cérébraux dont noua n'avons pas la conscience, mais dont l'existence peut être démontrée par l'expérience cl par l'observation; en un mol que le cerveau est l'organcdeTespril, la condition matérielle sans laquelle aucun acte mental n'est possible dans l'ordre actuel du monde. Les plus grands physiologistes ont tous admis celte proposition sans hésiter. Cullen dit que : • La portion du corps humain qui a i les rapports les plus immédiats avec l'esprit et que con- > cernent par conséquent le plus spécialement les diverses ■ aberrations des fondions Je l'intelligence, est le centre eomi mun des nerfs qu'on appelle le cerveau. >
Ailleurs il dit encore : • JXous ne polirons doultr que les < opérnlionsdc l'intelligence ne soient toujours le résultat d'une i certaine action du cerveau. • Le docteur Grégory en parlant de la mémoire, de l'imagination cl du jugement, observe que ;
. Quoiqu'un premier :ifn>nl i'rs facultés | -lh-li i ssimi être juin., mont menlalcs el indépendantes de la matière, toutefois certaines maladies qui tes troublent, prouvent que la santé du cerveau est nécessaire à leur exercice et qu'il est l'organe primitif de la puissance intérieure. >
Un des plus grands plnsùdogistes de l'Allemagne, Blumcnbacli , dit: > L'esprit est lié intimement au rervean qui est la condition matérielle ries l'aiis intellectuels : cela, est démontré par le trouble des facultés mentales qui accompagne ni les affections du cerveau. .
Selon M. Magendie, le cerveau est l'instrument matériel de la pensée: cela est prouvé par une multitude d'expériences et de fails.
> Je suis prêt h convenir, dit M. Àbernelby, de la proposition que le cerveau des animaux doit cire considéré comme l'oigano au moyen duquel le principe perchant roi <livcrsetuenl affeclé: 1° parce que dans les sens de la vue, de l'nuie, ctc.je »uisdcs organesdistim ts pmir la pnalnrlion de
chaque pccu pl ; 2" pane que le cerveau est plus mlu-
mineui et plus compliqué en raison du nombre des affections dont le principe percevant est snsrcplilde ; 7'' p.irn- •)»■: les maladies et les blessures iroublenl ou annulent certaines facultés et sensations panirtdiércs, sans nuireà l'intégrité des autres; 4° enfin parce qu'il me semble plus rationnel de supposer que chaque faculté perceptive peut être diversement affectée par le moyen de l'action vitale transmise u travers une grande diversité d'organes, que de supposer que celle variété dépend d'une différence propre à la nature particulière du principe percevant. •
. Si le cerveau n'est pas formé pour l'acromplisseiiU'Ut de. actes intellectuels, dit M. Lawrence, quelles 60ul donc ses fonctions? chez, lus animaux qui possèdent seulement une petite portion de l'organisation du cerveau humain, les s en-
salions existent, souvent mémo elles sont plus actives que chei lïiouimc. Quelle fonction assïgncra-t-oo alors à ce surplus que l'homme possède sur les animaux, à quoi serviront ces hémisphères si volumineux et d'un si prodigieux développement? Croirons- nous qu'ils ne sont li que pour l'élégance de ses formes ou puur remplir h boite du cône (i)? ■ Ailleurs il dil ; • En conformité des vues déjà expliquées rclalivt'itiviil il tu partie iuli-llfrUicllc de notre être, je rapporte la diversité des sentiments moraux, des facultés perceptives et réfleetives aux diversités de l'organisation du cerveau indiquées par les différentes protubérances qu'on remarque sur le crilnc (s) et correspondant avec elles, i Le docteur Mason Good en parlant de l'intelligence, des sensations et du mouvement musculaire, dit; ■ Il est bien reconnu que toutes ces modifications de l'énergie vitale dépendent du cerveau, qu'il est l'instrument de la puissance intellectuelle et la sourco des sensations et du mouvement, quoique par l'effet de la connexion intime et de la sympathie qui existent entre tes autres organes et le cerveau spécialement les viscères thoraciqnes et abdominaux, ces diversités aient été dans les premiers âges rapportées à plusieurs d'entre eux avant que les recherches anatomiques aient prouvé a l'évidence que le cerveau est leur véritable point de départ. Ces hypothèses erronées remontent à une si haute antiquité, que non-seulement elles se sont répandues dans tous les pays, mais qu'elles ont envahi toutes les langues: ainsi lecteur, le foie, la rate, les reins cl les entrailles sont cités Egurcmpnt par toutes les nations, comme le siège des facultés mentales ou des sentiments moraux.
L'élude de l'anatomie est venue enfin dissiper celte confusion
(i) tours de pbjiiologie, leçon i.
(i) Idem.
-fades idées et prouver que [es organes designés pur l'opinion populaire comme le siège des sensations, ne l'é lai eut qu'à cause de leur connexion sympathique avec le cerveau par l'inlriwdiairc des nerfs (i). i
Le docteur Kcil Aruott, dans ses Éléments de médecine, s'exprime ainsi : ■ Les lois de l'esprit qui peuvent f-tre comprises par la raison ne sont pas les lois de son essence indépendante, mais de l'esprit en connexion :ivfi- le corps et si m s L'influence de l'organisation vitale. Quelques philosophes nnt pensé que l'esprit sépari* de la matière consume un cire luiiifrW et intelligent; mais l'esprit lié à la matière peut seul, lentement et au moyen des organes des sens, acquérir des couoaissatires qui seront plus ou moins parfaites selon que les orpanes des sens et le cerveau , .n 'gane rentrai de l'intelligence, seront plus ou moins parfaits, lin nomment aveugle etsonid, et par conséquent demeuré muet, comme le jeune Miicliell en j fourni l'observation, croit, sans rapports avec le monde extérieur, et ne jouit que d'une existence automatique; un enfant, né avec un cerveau incomplet ou trop rétréci, reste nécessairement dans uo étal d'idiotisme : l'enfance, l'Jge mùr, la décrépitude, si ililféienu entic eux par la puissance corporelle, différent également sous le rapport des famltCs a ■■■ : - et elles sont également toujours d'accord dans leurs
■ La Beyre, uo coup reçu Ù la léte, cliaogeol . .. . tu plus heureuse meut organisé snus le rapport de l'intelligence, en un maniaque furieux ; ils rendent une vierge innocente et
pure, capable des plus réveil Hïs obscénités; ils placent le
blasphème dans lu bouche de l'homme religieux, cl le plus grand nombre de cas de folie peut être attribué à un état maladif do cerveau. • (Introduction, p. xxiii.) Est-il ué-
(t) Stinlv of mcdicinc.éuil. S', ebap. 5.
ccssairc de faire observer que [a plupart de ces auteurs sont disposés à soutenir les principes de 1g phrénologie?
Le fait que les plié no mènes intellectuels riont nous avons la conscience sont le résultat de l'action combinée do l'esprit et du cerveau, est complètement prouvé par l'observation des phénomènes qui ont lieu pendant la syncope, le sommeil, ou lorsque cet organe est comprimé.
Lorsque le sommeil esl profond, la connaissance esl entièrement suspendue; ce fait ne peut s'expliquer qu'en admettant le principe que l'organe de l'intelligence est dans un état de repos complet : mais il serait Imil à fait incompatible avec l'idée d'un principe immatériel, capable d'agir indépendamment du cerveau , el en elli'i, s'il en était ainsi , pourquoi la pensée serait-elle suspendue pendant le repos de la matière? Pendant la syncope, le sang n'arrivant plus librement au cerveau, la conscience du moi est momentanéon ut suspendue. Si ipioti|ue portion du cerveau est mise ù déeouven par suinr d'une fracture dn crflne, on peut, en le comprimant légèrement avec les doigts, suspendre momentanément le sentiment de l'existence et le voir se ranimer aussitôt que la pression cesse. Nous citerons quolqis'-s uiils à l'appui do re que nous venons d'avancer.
M. Richerand traitait une malade dont le cerveau était a découvert mit mu: assez, grande lUi'iulise , p:ir suite d'mie :i EV<:i*t ii>it des os du crâne. Un jour qu'il était occupé à. la panser, il lui arriva, pir hasard, de ci un primer le cerveau un peu plus que de coutume ; au même instant la malade qui , peu de secondes auparavant, répondait a ses questions avec une présence d'esprit parfaite, s'arrêta au milieu de sa réponse et devint complètement insensible. Comme cette pression ne lui avait pas
et toujours avec le même résultat. La malade recouvrait toujours ses facultés au moment même où l'on cessait la compression. M. Richerand rapporte encore l'observation d'un
individu qui fut trépané pour iino fracture du cranc , et dont les facultés inti'Ili'Cliit'Ilcs cl l;i riHisrirncc du niui s'nllaiblissaicntcn raison de la quantité de pus <pii. s' a M» ululant sous l'appareil , comprimait In cerveau (i). Un homme, à la bataille dn Waterloo, reçut une blessure à la têle ; une purlion du crâne fracassé comprimait le cerveau ; le blessé était tout a fait sans connaissance et paraissait presque culièrenieul privé de vie; M. Coopcr avant relevé la portion d'os déprimée, le malade
lière cl guérit rapidement (i). Le professeur Scltapman do Philadelphie, ■■itf, dans son émirs, l'hislnire d'un individu i-ln-y. lequel une lésion du crâne avait mis le cerveau à découvert : soumis par le professeur Wcslar a la même expérience que la malade de 11. Kiclicrand . m'., f;i r-i! I < l-s iuleiicclnellcs el m'unles
se suspendaient pendant la prossirm p ■ récupérer leuracti-
ulp pleine cl entière aussili'a qu'elle ccisail (r.i. Kn fait cucure plus remarquable rappinTi; pal 1 ~ir A-lldev ( L i , > ; n r , a été observé sur Hn individu nommé Joluis. Gel homme fut privé lie connaissance par suite d'un coup qu'il reçut à la lélc a bord d'un vaisseau dans la Méditerranée. Il vécut pendant plusieurs mois à Gibraltar dans un étal d'insensibilité complète, après <|uoi il fut transporté :t Deptfunl cl ensuite a l'hôpital Sainl- Thomas dn Londres. M. Cline, diirnrgieii, remarquant qu'une portion du cranc était déprimée, le trépana et enleva la pièce osseuse qui comprimait le cerveau: trois heures après cette opération, le malade s'assit sur sou lil, il avait récupéré le senliment et la volonté, el quatre jours après il pouvait soulenir une conversa lion. I^s dernières circonstances qu'il se rappelait étaient lu prise don bâtiment à laquelle il avait coopéré dans la Méditerranée, treize mois auparavant. Un jeune
[i] MiiivcaiH fltiniL'iii» de iiliMitiliiiii*, 7"ïJlu, 1.3, p. IBïitSO.
|li<ii!ii'i]'s |i!-iiii-i[ilrnjf milieu"? njv^'f). fi) lVim'i|ilfa rif iiieiliciim h\ Siiraucl Jrirluion M. I).
homme île Hartford, aux Ktais-Unis d'Amérique, immédiatement après une cliute, perdit connaissance au point qu'on le crut mon. Le docteur Brignnm enleva plus d'un demiaetier {gïll) do sang caillé épanché sous le crâne : immédiatement après le malade parla, recouvra toute son intelligence, cl six semaines après f accident il était complètement rétabli I».
Pinel rapporte une observa tinn liifri prnpre à prouver l'in-
habitué à des travaux mécaniques, fut renfermé !i Bicélre; il éprouvait, à des intervalles irreguliers, des accès de folie caractérisés pur lessympiomes suivants ; c'était d'aliorJ une sensation de cli a leur brûlante clans les viscères abdominaux , accompagnée d'une soif intensect d'une forte constipation; la chaleur s'étendait graduellement a la poitrine, au col et a la face avec turgescence de ces parties, remarqoable surtout aux tempes où l'on voyait de fortes et fréquentes pulsations des artères temporales qui semblaient comme prèles à se rompre; enfin l'affection nerveuse arrivait au cerveau et le malade se sentait nne propension irrésistible â verser le sang; s'il avait pu se saisir d'une arme quelconque, il aurait sacrifié, dans sa fureur, la première personne qu'il aurait pu nttcindrc (s). 1 Le même
douceur et «l'une réserve remarquables pendant les intervalles de lucidité, mais qui changeait totalement lorsque le cerveau était excité par l'accès. < Au retour du paroxysme, dit Final, particulièrement quand il était marqué par une rougeur de la face, une chaleur excessive de la téle et une soif violente, il marchait d'un pas précipité, ses regards étaient pleins d'audace, il éprouvait une grande propension a provoquer
■i. lini.;:]kî J il LÈji- r:i1lil.T!ns ni' '.■iilliviEinri . ii|u>n hf.illii,
l.i Arnariuti NripLini». lioston 1813.
(*) Pinel, De l'Aliénation mentale, p. 137, § 100.
— If. —
età combattre ceux qui s'approchaient de lui {i). Le docteur Rîcby rapporte le cas d'un nègre de Madagascar qui fut pris de délire avec forte tendance a détruire, par suite d'une blessure qu'il avait reçue à la totc vers la partie inférieure de l'os pariétal gaucho : en guérissant il devint plus calme et moins sanguinaire, mais à lu moindre picssinn exercée surla blessure par le bandage, les paroxysmes de fureur recommençaient (i).
■ La supposilinn (pie li' leiveau est l'organe de l'esprit est pleinement confirmée par les phénomènes que l'on observe
portion du crâne : sir Aslhle; Coopor mentionne le cas d'un jeune homme qui lui fut présenté ayant une portion du crâne enlevée juslemtnl au-âtssia du sourcil. tEn examinant la teto, dit sir Asthley, je vis distinctement les pulsaiionsdu cerveau; elles étaient lentes et régulières; mais de temps en temps à la moindre opposition à la volonté du malade , elles devenaient plus rapides , le sang paraissait arriver au cerveau avec plus de force cl les pulsations devenaient fréquentes et violentes. En conséquence, ajcMe-t-il, si vous omettez de soustraire le malade à toute agitation morale dans les cas de celle nature, vous risquerez de voir échouer tous les autres moyens de guérison (a).
Dans un cas semblable observé par Blumenbach , ce physiologiste remarqua que le cerveau s'all'aissait pendant le sommeil du malade pour se relever sous l'impulsion du sang au moment du réveil {4). >
Un troisième cas est rapporté par le docteur Pierquin, observé par lui dans un des hôpitaux de Montpellier pendant l'année 1821 . Le sujet de l'observation esl une femme qui avait
(1) Hnel, ouvrage cite, p. 10{ , § MO.
(5) Journal de la lociélé Phrénolocinuo de Pari», n*ï, p. ni. (3) S. A. Gooper's Ufiiir.'! .in Surei'rï liv Tirrel, 1.1, p. Ha. (t) Elliotwn's Blumenbacli, f édit., p. Î83.
perdu une grande portion des téguments , du crûne et de la dure-mère, de sortit que lu cerveau était à nu sur une large étendue. Quand son sommeil clail calme, le cerveau était sans mouvement cl au-dessous du niveau du l'ouverture osseuse ; si son sommeil elail imparfait ou agité par des rives, le cerveau entrait en mouvement et s'élevait à travers l'ouverture en formant une sorte de hei mit i Vf ré b raie. I.oi'mjiii; les rives étaient très-animés, selon les rapports de la malade, le soulèvement était considérable; mais il élait encore plus marqué lorsqu'elle clail éveillée, surtout si l'action de sa pensée était irès-aclive, ou si elle était engagée dans une conversation animée (i). Un des auteurs de la lircM^lrAirii-tlhirurifiriile rapporte, ù l'appui de ce cas, que quelques années auparavant II avait eu l'occasion d'être témoin de l'aiis semblables eliui un jeune homme d'une constitution très-robuste, qui avait perdu une portion considérable du crâne, par suite d'un arcidrm qui avait failli ilre mortel. Quand on lui causait de la douleur, qu'on excitait ses craintes ou aa colère, le ecrvaii se liimélnii d'une manière
remarquable, an point mi rie déranger le bandage qu'on
avait soin d'appliquer légèrement, et il battait lumulliieuscment d'une manière isochrone aus pulsations artérielles (i).
Ces phénomènes prouvent évidemment que le cerveau, comme les muscles et les autres organes du corps, reçoit une plus grande quantité de sang quand il est dans un état d'activité, que quand il est dans un état de repos, et que, lorsque les vaisseaux cérébraux sont remplis, le volume de cet organe augmente et le force b s'élever à travers les ouvertures accidentelles, comme nous venons de le voir {3),
(i) Annal. orPhrcooingy,!!* t . notion U. S. Oct. I SB, pag. 37.
La Jtroiiï (Ttidimhourg , dont la tendance au scoplicismc est assez connue, admet la doctrine philologique dans toute son étendue, i Dès les premiers temps dos éludes anatomiques, dit un des rédacteurs, n°iH, le cerveau fut considéré comme un organe de la plus haute importance, surtout dans l'espèce humaine; comme le siège do la pensée et du sentiment, le centre de toutes les sensations, le messager de l'intelligence, l'organe régulateur lie mules les Tondions du corps.
t Toute sa supériorité (de l'homme sur les animaux) les facultés qui l'élèvent et constituent sa dignité, la puissance desa raison, ses sens moi luis, ses jouissances les plus douces, les hautes destinées auxquelles il aspire, il les sent, en jouit et les manifeste au moyen de la supériorité de son système nerveux. Ses blessures iilVaililissenl ces st.' ns:i lions, ses imperfections les limitent, sa destruction (humainement parlant) les anéantit. >
En outre, on peut remarquer que nous avons la conscience que c'est dans la léte que s'exécutent les opérations de l'intelligence, sans néanmoins que rien nous révèle quelle est la substance qui est contenue dans l'intérieur du crâne. C'est seulement en ouvrant la léte iiuc I ou peut découvrir que le crâne renferme le cerveau, et alors, par un acte de l'entendement,
organe dans ses opérations.
Il est également digne do remarque, que les notions populairesqui placent l'esprit en dehors de la matière, appartiennent aux temps modernes cl sont nées des théories philosophiques, imaginées depuis les temps de Locke. Shakspeare et nos vieux écrivains confondent fréquemment le cerveau et les fonctions intellectuelles; et même de nos jours, le langage vulgaire, moins influencé par les théories philosophiques que la langue scolaslique, est sous ce point moins en désaccord avec la nature. Un individu stupide est vulgairement appelé
lourde téle, crâne (pais, etc., tandis qu'une personne intelligente est désignée par les mots forte téte, tête pleine. La folie est appelée coup de marteau, etc.
Quand ou catarrhe affecte les fosses nasal os, nous nous plaignons de suipulili' |i;nv<: ([nu innci avilis plis on froid à la
Le principe sur lequel j'ai tant insisté, savoir : que nous
n avons nulle conscience lie 1 existence
et des fonctions des
iir^iiiii'S :<u jiiiiV'n iksqur]^ s rt>| î] i s:
icnt les actes de lin-
lelligenLe, explique la soutee de l idti
o metap ijsique ont
les langues modernes sont e m p teintes,
que 1 esprit est une
enlite isoli'e- Les unes i|iii irsulieiu r
4e Ile ment de l'action
combinée de l'esprit et de ses organes
paraissent, pour qui -
conque ne s'est point livié aux éludes ;
matomiqucs et palho-
lo^ïijucs, pniiltiih's [iar ] esprit exi'hisiv"
inenL De la le peu de
compte que Ton a tenu de ces organes
■^t le ridicule qu'on a
tenté de jeter sur ceux qui ont voulu fa
ire ressort ir leur ini-
portante dans l'élude do la philosophie
tie l'esprit. Par suile
des explications que nous avons donné*
's, le lecteur pourra
apprécier la valeur réelle dos raïsonnemi
Jeffrey dans sa critique de la 2° édition i
le cet ouvrage qui se
trouve d;ms tu n" 38 de la Reçue (fÉJiij
i&ourj. ■ Nous osons
affirmer qu'il n'existe pas la plus petite
raison de croire que
l'esprit ait besoin, pour ses opérations
lériol, si ce n'est pour arriver à perce
voir les objets niaié-
ri cl s, ou bien pour l'exécution des m oui
emcnls du corps qu'il
habile, i Kl plus loin : • Il n'existe pas
Li moindre raison de
nature à faire supposer qu'aucune do n
os facultés, si ce n'est
celles qui nous mettent en rapport ave
c le monde extérieur
on dirigent les mouvements du corps, agissent par l'intermédiaire des organes matériels. ■ C'est-à-dire que le sentiment.
(I) Elllolion'8 Biumsnbarh, pge 60.
l'imagination ci la réflexion son! des actes purement mculauï
Cependant, longtemps avant que lord Jeffrey n'écrivit ces sentences, le docteur 'l'humas Hi'mvn s'exprimait ainsi d;lns la mémo Rmu: ■ La mémoire, l'imagination et le. jugement peuvent Cire plonges dans le sommeil au moyen de quelques grains d'une drogue fort mmuinue el luit simple, i Les docteurs Cullen, Blumenbach, Grégory el fllagendie, tous pliyssolojiiiUs également distingués, avaient foi nielleoicnt avancé que les facultés mentales dépendent du cerveau.
Lord Brougliam, dans sou Discours do idéologie nalurelie, argumenle également en faveur do l'indépendance de l'esprit et de la matière vivante; ii donne comme preuve, de celte proposition le phénomène des rêves, et il ajoute que: i 5 moins que quelque accident violent et inattendu ne survienne, tel qu'une maladie grave, une forte contusion, le cours ordinaire de la vie présente l'esprit cl le corps agissant d'une manière tout à fait indépendante et même souvent dans un sens tout à fait contraire. > (Page 120. ) Dugald Stewart a réputé celle assertion. • Chez les vieillards, dit-il, on remarque généralement que le déclin des facultés intellectuelles suit lo déclin de la santé et de la vigueur corporelle. Les rares exceptions
lement qu'il existe, des maladies ru'irlrllcs qui n'intéressent point cette partie du corps avec laquelle les opérations de l'intelligence ont les rapports les plus immédiats (i). y I.ord Brougliam est évidemment en contradiction avec lui-même; car il commence par soutenir que l'esprit est entièrement indépendant du corps, et ensuite il admet qu'une maladie grave peut enrayer sa puissance. Comment, dans son hypothèse, peul-i! expliquer que l'esprit peut élre plus affecté
(i| Outlinti vf moral phitoiophy , p. S33.
par une maladie grave que par la plus légère indisposition?
Il existe une opinion populaire que la consomption pulmonaire ei les autres maladies de langueur, accompagnées d'émaciation du corps, n'ont aucune action sur les actes de l'esprit qui conserve sa vigueur jusqu'à l'heure de la dissolution. Ca fait, s'il était fondé, militerait s;ms doute contre l;i doctrine qui établit que l'esprit se ressent de l'état des organes; mais il n'est rien de moins ronde en réalité. 11 existe une énorme différence entre le déian;;emeT][ il'tni nr-pme et une simple faiblesse dans l'exercice île ses fendions. Dans la consomption pulmonaire, en yr-cir'.r-i I T le poumon seul est désorganisé; lu cerveau et les attires organes restent souvent sains, quoique alfaihlis dans leurs fonctions : l'intelligence île ces malades ne souffre, en cou séquence, nulle altération marq née; Seulement elle perd de sa vigueur (i). Dans ces cas, le malade ne continue-l-il pas à ma relier malgré l'nU'aihlisseuicnl des membres? Mais tel qui, dans l étal de santé, eût pu Taire plusieurs milles sans fatigue, peut à peine, lorsque [j maladie est arrivée à son apogée, traverser Siui appartement. Ou peut donc dire, à la rigueur, que ces malades marchent jusqu'à leur dernier jour; mais serait-il sensé de soutenir que leur puissance de locomotion est égale jusqu'à tu mort? 11 en est do infime des fonctions du cerveau et de l'esprit.
Que devient alors lu proposition que le cerveau est l'organe de l'esprit implicitement? Cherchons une analogie dans les functions de l'œil. Si l'œil est l'organe de la vision , on doit
strument; 2° que chaque acte de lu vision doit être accompagne d'un état correspondant de l'organe et vice versd, que toute modilieatlon dans la condition de l'organe doit influencer la (I) Et quand «taie, dan» q ne limes cas, it unit vrai que tel Innclfoni phfiiologiq ue» nour npliquer ce plu! i)D mène ; (iVott du traducttar.)
vision; 5" que la perfection Je lu vision est en raison de la perfection de l'organe. De la mime manière, si le cerveau est l'organe de l'esprit, il s'ensuivra que l'esprit ne peut accomplir
aucun acte pendant la vie Ludr|..viJaniuH'iil de n-l iir^: :
f°quo toute énwiinn, tout jugement dont nous avons la conscience, résuite de l'action simultanée et dépendante de l'esprit et de son Organe; 2° que toute alfce'.ion mentale doit iHrc accompagnée d'un état correspondant de l'organe, et , vice vend, chaque étal île l'organe doit donner lien à certain état de l'esprit; et 3° que la perfection des manifestations de l'esprit dépend do la perfection de ses organes. Ces propositions paraissent in contre a Ides , et il suit, comme conséquence nécessaire de ce simple fait, que l'esprit agit par l'intermédiaire des organes. Et, si cette conséquence est liien fondée, de quelle imporlanoo no devient point l'élude de l'organe de l'esprit ï N'est-ce pas là l'étude de l'esprit lui-même sous le seul point de vue où nous puissions l'envisager? El le fait même, que pendanl les siècles écoulés l'esprit a été étudié indépendamment de l'organisation, prouve , mallu.'iircust'inciH, qu'indépendamment do la plirénologie, 1a philosopliie monde ne peut atteindre a aucun but pratique de quelque milité.
Admettant donc comme une vérité établie par le témoignage di'S pliysifdii^islcs li'S plus r.^mit 1 - et p:;r l nLservaliun , que le cerveau est l'organe de l'esprit, et que de sou étal dépendent les puissances intHIcflncllcs, la question suivante SO présente d'elle-même, savoir: Si chaque aeio de l'esprit c\igo l'action du cerveau mol entii-r agissant comme un seul organe, OU bien Si les dilféivoU's facultés mentales sont en rapport avec des poriious distinctes du cerveau formant leurs organes respectifs.'? Les consiiié: ali.ins suivîmes ihihs p-raieUroul de résoudre cette question. •
1° Ce que nous connaissons relativement aux autres fonctions nous apprend que jamais un organe n'est destiné à l'accomplis-
sèment de placeurs fonctions, mais d'une se ulo : c'est-à-dire que dingue fonction u son organe particulier, par exemple: l'estomac digère l'aliuieni, le fuie secrète la bile, le cœur donne nu sang sa princijuili.' impulsion, f'.eil voit , l'oreille entend, la langue goûte, le nei sent, et si on analyse ces exemples, on
el pour celle de la langue, par exemple, on y mil un nerf dont l'usage est de présider à ses mouvements, un autre nerf est destiné à communiquer les sens» lions ordinaires du tact, et un troisième exclusivement drsLiné an sens du goût, line semblable combinaison de nerfs s'observe aux mains, aux bras et à toutes les parties du corps où il existe des muscles soumis à l'empire de la volonté: uu nerf donne le mouvement, un autre sert au sentiment, tandis qu'un troisième, est destiné à portera l'eSprit la connaissance de l'état actuel des muscles, et, excepté pour la langue, tous ces nerfs sont renfermés dans une gaine
L'Économie liumaine n'a offert, jusqu'à ce jour, aucun exemple d'un nerf servant à deux fonctions, telles, par exemple, que île conminniquer à la Ibis !;] sensibilité el le mouvement, la vue el l'ouïe, le goût et l' odorat. La moelle épînière est formée de trois colonnes doubles : la colonne antérieure de chacune des divisions laLtirales est ctwrgéo du mouvement; la postérieure, de la sensibilité; celle du milieu sert à la respiration. L'analogie, pour ce qui concerne le cerveau, ne doii-cllo
pus nuiis conduire a penser que si le raisoiiiiemem est un aele essentiellement dilfércnt de l'amour ou de la haine, il doit exister un organe pour le raisonnement, un autre pour l'amour, un autre pour la haine?
2° (i) Il est une vérité incontestable, c'est que les diverses
(i|La plupart dci raiionnemcnli qui niivenliOiiteitraiUj dei ohwrvationi
— ai —
puissances miellée lu elles de l'Iiommc apparaissent successivement, cl qu'en règle générale les facullés réllcclives cl raisonnâmes sont celles qui arrivent lu plus lard à leur élat de pei faction. Chez l'enfant les émolious de la erainlc et.de l'amour apparaissent avant celles de la vénération; et la faculté d'observer l'existence cl les qualités des olijuls oslérieurs, arrive beaucoup plus tôt a sa inaUiriic que relie des raisonnements abstraits. Chaque jonc l'i'liservaliuii démontre que le cerveau éprouve des elianyrnienls correspondants, tandis que rien ne prouve que le principe immatériel varie en puissance, d'année en année. Si eli;ieiiiie îles fat allés de l'esprit éluit liée au cerveau tout entier, ee développement successif des puissances intellectuelles serait tout à fait dînèrent de ce que nous devrions attendre à priori, car si l'organe en masse était capable d'exécuter complètement une des facullés moniales, il devrait titre également en élat de les exécuter toutes. L'observation, an contraire, démontre que les dilfércnlcs parties du cerveau sont réellement développées à des périodes différentes delà vie, périodes auxquelles correspondent les manifesta lions successives des facultés. I);ms l'enfance, selon Cliaussier, lo cervelet ne forme que I;: qidu'.icmc parlie de la ouïsse encéphalique ; dans l'adulte, il en l'orme la sixième ou huitième partie, son volume étant ainsi en rapport direct avec l'énergie de la propension vers le sexe, facilité' dont d cm l'organe. Dans l'enfance, la partie moyenne du front prédomine généralement; il une époque plus avancée de la vie, les parties supérieures et latérales deviennent plus proéminentes. Ces faits Sont aussi strictement d'accord avec l'énergie plus grande des facultés de l'observation et du raisonnement.
Le "énic est presque luiijotii's partiel. En serait-il ainsi si
W Barrlaj publiées clans te* Tritmac tiens de la sociclc phrénolugique. (Edimbourg, (821, page 415.)
l'organe de l'esprit était unique? Tel est poète ou mécanicien, peintre, musicien, mathématicien, qui n'est , relativement aui autres facultés iiilellecluellcs , qu'un homme très-ordinaiie. Quelquefois ces facultés se manifesleut dés l'àgc le plus tendre.
4° Le phénomène (1rs rêves est aussi loin à fait contraire à la supposition de l'unilé de l'organe célébrai, tandis qu'il s'explique parfaitement par l'hypothèse île la pluralité. En révanl, l'esprit éprouve de nombreuses cl vives émotions, telles que la crainte, la colère, fall'cclion. Ces émotions se succèdent l'une h l'autre et s*elf;icent sans le coiilnili- des puissances iulellccluclles. L'esprit csl plein de mille o.niceptions diverses, quelquefois liées et rationnelles, mais plus souvent absurdes cl incohérentes, et toutes dilïcranl évideinmeiit des opérations de l'intelligence pendant la veille par leur défaut de cunsislanco cl de sens. Cr-s phénomènes sliai monisciit d'une manière remarquable avec la théorie de la multiplicité des organes cérébraux, doul quclriurs-iiris, ni a;;is>aiLi pendant le sommeil des aulrcs, donnent lieu anK idées et aux sensations désordonnées qui constituent les rêves.
Il est clair que si l'organe de l'esprit était unique, toutes les facultés seraient a la fois éveillées un endormies et que rien de semblable aux rêves ne pourrait avoir lieu.
S' Tout le monde admet l'idiotie et la manie partielle; et encore ici ce phénomène est eo contradiction flagrante avec l'idée d'un organe unique, à tel point que Pinel lui-mime, qui était loin d'être partisan du la phrenolugic, se demandait comment on pourrai! expliquer ce phénomène sans elle?
L'idiotie partielle est cet état dans lequel un individu possède une ou plusieurs facultés intellectuelles a un degré d'énergie ordinaire, tandis qu'il est plus ou moins privé de la faculté de manifester tomes les autres. Pinel, llaslam, Hush.Esquirol , et cuira tous ceux qui ont écrit sur la folie, parlent du développement partiel de certaines facultés de l'intelligence chei les
par la force < li oui m i"s de i Fodéré,dans
lemcnt incapables de lire les ouvrages qui traitent des principes de la mécanique, mais ils riaient tout à fait déroulés IriVMjii'nii ;i ii liiil . i'l ru' sir [H'iïrr! iuninii'nl j.uiUiis. ' ( )il iloil remarquer aussi que ^i-s inriutiuirs iliUun-rit beaucoup entre eux par l'espèce, ainsi que par la force de la Faculté mentale qu'ils possèdent. Tel, par exemple, est plein île bienveillance et du meilleur caractère; tel antre se montre querelleur el méchant; celui-ci aime la musique ;iv-c parsien ; on autre y est tout il fait insensible. Pinel a rapporté l' observation d'une fille idiote qui possédait an plus haut poiitt la faculté d'imiter toutes les personnes qu'elle voyait ou entendait, et qui pourtant paraissait complètement dénuée d'inl i lli^em e au point de n'attacher aucune Idée aux mots qu'elle répétait. Le docteur Rush parle d'un homme qui était remarquable par la force de ses sentiments religieux quoiqu'il fût tout a fait privé des autres sentiments moraux et de tout entendement. On voit des crétins qui ne manifestent aucune faculté de l'esprit, si ce n'est une forte amalivité.
11 faul remarquer, pu outre, que ces traits caractéristiques
veil lance, de vénération ou do l'estime de soi, ne présentera pas lo lendemain ou dans un an la prédominance d'une faculté différente. Si le manque de volume du cerveau, considéré comme organe unique, était la cause de l'idiotie, ces phénomènes ne pourraient pas avilie lien ■ car, par cela seul qu'il aurait la puisci rcenslanc^ :i ii [Milieu desquelles l'idiot serait place, être également en ét:il de manifestée foules les aillées lorsque leur activité serait sollicitée, etc. Ainsi le caractère de l'idiot, au tieu d'Être permanent, se modilici-ail à chaque événement, ce qu'on n'a jamais observé. Fédéré appelle ces faits d'inexplicables tinguiaritte, et sans aucun doute , selon sa théorie , cela doit
harmonie avec ses idées. La différence des facultés intellectuelles que manifestent quelques idiuls est aussi grande que cellequi existe entre les sensaiimis quelon! naitee.parexcmplc, un son, une odeur. En conséquence, inférer qu'un orgn ne unique serti ta manifestai iun de tomes es lacullrs, serait aussi peu iogiqueqne de stqip'iSïT que unis les sein externes n'ont qu'un seul appareil organique, eu dépit des lin [s qui iinnm-u qu'un individu peut être aveugle sans être sourd, ou sourd sans être aveugle.
La manie partielle est un état dans lequel une ou plusieurs facultés de l'esprit sont dérangées, tandis que les autres restent saines : elle est connue sous le nom de monomanic; ainsi que l'idiotie, elle exclut la possibilité d'un organe unique pour toutes les facultés intellectuelles ; car on rencontre toujours cette objection, que si l'organe est eu état de manifester une faculté dans sa perfection, il doit être également capable de les manifester toutes, ce qui cependant est connu pour être en opposition directe avec les dits.
Relativement à la folie raisonnante , Pinel s'exprime ainsi :
fureur et accompagnée d'uni' rerlaino iiiiégfrilé. d(! jugement. Ces malades font les réponses Ira plus justes e( les plus précises aux questions qu'on leur adresse : i! est impossible do distinguer aucune, incohérence dans leurs idées : ils lisent et écrivent
leurs vêtements et leurs rmn en lires, et trouvent toujours quelque raison plausible pour juslilier ees acles d'uni) fureur insensée. Cette sorte de manie est si commune, que le nom vulgaire de folie mitonnante lui a été donné, i (l'age 1)3.) Ici encore il serait impossible de concilier ces faits avec l'idée qu'un seul oi ^me exécute a lui seul tous les actes intellectuels.
0" Outre les phénomènes qu'on observe dans l'idiotie et d.tns la folie, il est une autre classe de faits (auxquels je me contenterai de faire ici allusion) également en désaccord avec la supposition d'un organe unique do l'esprit, savoir : les blessures partielles du cerveau qu'on dit avuir existe sans aucun trouble des facultés mentales. Je ferai observer seulement que si toutes les parties du cerveau étaient intéressées dans l'exécution de chacun des actes inlelli'i lucls, il serait étrange que les actes s'accomplissent cij;ileiiie:it quand une grande partie du cerveau est lésé létruiie, de la même manière que lorsque son tissu est intact dans toutes ses parties; si le Tait était réel, comme on prétend l'avoir constaté, le cerveau ferait une exception ans lois ^'éiiérali'S qui naissent 1rs autres organes ; car, quoiqu'une portion des poumons puisse sulliro an maintien de la respiration, qu'une portion de l'esKnnar, suffises la digestion à un degré snllisani pour soutenir la vie, il n'est pas un seul exemple dans lequel ces fonctions aient été exécutées par les organes malades comme elles le sont quand les paumons au
l'estomac sonlà l'état normal et jouissent dû toute leur activité naturelle. Les phrénologues n'ont besoin de recourir à nucun subterfuge pour concilier l'observation de ces Fuits avec leur système, car, lu pluralité des organes du cerveau étant admise, l'explication est fucile et satisfaisante.
7" L'expérience de ohaqnc jour fournil la prouve que l'esprit manifeste uni! pluralité de fjeuliês i-M'i-tililt- par une pluralité d'organe». Qu'un individu reçoive un auront au milieu d'une assemblée resperlaldo, les emoiions murales, qui suivent peuvent s'éveiller simultanément : sa colère s'allume , mais bientùl, par UN sentiment de ie-[n et pooi 1 l-'i personnes présentes, la réflexion arrête la vengeance. Un tel état d'esprit peut durer pondant plusieurs heures. Ln organe unique pourrait-il en même temps éprouver l'indignation, le respect et commander la modération '! <Ju se al que cela ne peu! se faire que par plusieurs organes, riiuinnns-iious, m ni a la fois, ressentir des émotions aussi opposéi'S si nous n'employions pas divers instruments pour y arriver. Tel homme donne un coup de poignard tout en souriant à son adversaire ei en lui adressant des paroles de paix. Le peintre chante tout en travaillant, et si le infinie homme ne peut a la fois faire de la poésie et calculer des logarithmes, c'est parce qu'une partie des organes dont l'action est nécessaire à l'une do ces opérations, l'est aussi pour l'autre, et que le même organe ne peut accomplir deux phénomènes à la
11 résulte dos considérations précédentes, qu'une théorie fondée sur l'idée que le ceneau est un organe unique serait de tous points en désaccord avec les faits qui résultent da l'étude de l'esprit; tandis que, d'nn autre coté, le principe de la pluralité des organes permet d'en expliquer un grand nombre et s'accorde avec tous. Ainsi donc celle vérité est démontrée non par des faits rares et supposés, que peu do personnes peuvent vérifier, mais par les faits nombreux qui chaque jour so pré-
sentent d'eux-mêmes à notro observation ri tombent pour ainsi Jire sons nos sens. Co principe a un tel degré ds probabilité, qu'il avait déjà depuis lime temps frappé l'esprit d'un grand nombre d'observateurs, i Le cerveau est un organo trèscompliqué, dit Bonnet, ou plutôt un assemblage d'organes divers (l). » ïissul soutenait qu'à chacune des perceptions était allt'Clée une fibre diuëïente (i). Ilaller et Van Swicten pensaient que les sens internes avaient dans le cerveau des organes dislincu de la même manière que les nerfs des sens externes (s). Cabanis a émis une opinion semblable (i). Telle était encore l'opinion de Prochaska. Cuvier dit que t certaines parties du cerveau dans les différentes espèces d'animaux sont petites ou volumineuses selon certaines ipialiti's dont ces animaux sont doués (s). > Le même auteur admet que la doctrine de Gall sur les fonctions du cerveau n'est nullement opposée au* principes
d'idées, i Que lus esprits és prennent donc [.■enrage, dit le docteur Gcorgut, et qu'appuyés sur do si hautes autorités, ils ne craignent pas d'être accusés du crime impardonnable d'innovation et de passer pour cranioscopisles en admettant la pluralité des urtfaues et tU-s laeuliés intelleri uel les dans le cerveau, on au moins en osant examiner cette tbéorie (j). •
Fodéré lui-même, adversaire ardent du la plit énologie, après avoir récapitulé une nombreuse série d'arguments semblables à ceux que nous avons donnés ci-dessus et qu'employaient les philosophes qui ont précédé Gall et Spurzheiin pour supposer
(o) îlaptjorl h 1*1 u ri qui! sur le» \imgri* des «rienert mlarelles, pag« 193. (t) Physiologie du mtéme nerveux, tom. I, page ISA.
l'existence de ia pluralité des organes, est forcé d'admettre que i celte sorlu de rais on ne me ni a été employée par le plus grand nombre des anatimnstes depuis (ialicn jusqu'à nos jours, et infime par le grand liai 1er qui srnlail lu iicsoin d'assigner «ne fonction à chacune des parties du cerveau. • Pinel aussi (dans l'article Maine de l'Encyclopédie méthodique) , après avoir rapporté quelques cas de folie partielle, demande si toute cette série de faits peut s'aeeerder avec l'opinion d'une faculté unique et d'un seul organe de l'entendement; et mime dans la Tîei-uf dÊdimbourg [«• XCUI), on loue sir Charles Bell d'avoir attaqué l'opinion commune t que h sensation et Ij volition puisent l ire rinuniuniquécs |ur le mime nerf, > et pnor av»ir jirnuié . tes différerai'* fonelious des diucrentos parties du cerveau et du cervelet. •
11 est d»ne peu surprenant que les Hommes n-fléeliis aient été de bonne heure amenés à penser que les diverses facultés mentales devaieut cire en rapport avec diverses portions du cerveau. Aussi , avant le xvtn* siècle, époque oit la philosophie nouvelle fut professée ù Paris, nous trouvons des traces do cette opinion commune, non-seulement chez les anatomistos et les physiologistes célèbres, niais aussi dans tous les auteurs
qui ont écrit sur la nature Lu nui ne. [Imïon, dans son Analomie de la Mélancolie (publiée en 1G2I), dit : < Il existe trois sens internes, ainsi appelés parce qu'ils viennent de l'intérieur du crâne, savoir : le sens commun, la fantaisie et la mémoire. > Il dit du sens commun, que i la partie antérieure du cerveau est son organe ou son siège; • de la fantaisie ou imagination, que quelques-uns dé-i^neal par le nnrn ilïslÏEiialive on eo^Slalive, cjuc i son organe est dans le ventricule moyen du cerveau; • et do la mémoire, que i si m sirs;e un snu myane est à la parlie postérieure. > Telle était l'idée qu'Aristolo s'était formée des facultés, idée qui Tut adoptée avec peu de modifications par les écrivains du moyen âge. Dans le nu' siècle, une léle
divisée en régions, selon celle opinion, fut construUe par Albert le Grand, én'que de Ratisbminr, et une autre fut publiée par Pierre Hontagnona en 1-tOl (■).
Enfin, mie autre fn! publiée à Venise , en ISG2, par Ludovico Dolei, dans un traité sur Its Moyens d'étendre et de conserver la mémoire.
Nous en donnons ici une copie.
LI N.l CATION DU Ll PmCUE.
\. Fantasia.