APPLICATION PRATIQUE DES PRINCIPES DE LA PHRÉNOLOGIE
Nous avons déjà dit que le cerveau est formé par deux hémisphères semblables par leurs formes et destinés à accompliides fonctions correspondantes; il existe , en conséquence, deux organes pour chacune des fonctions, un dans chaque hémisphère. Chaque organe, renfermant son appareil de communication supposé, s'étend de la moelle allongée ou du sommet de la moelle épiiiière à la surface du cerveau ou du cervelet. Chacun, à l'exception des idiots, possède la totalité de ces organes plus ou moins développés. Ceux de ces organes qui sont situés immédiatement sur les côtés de la ligne médiane qui sépare les deux hémisphères , sont réunis en un seul dans
les indications des bustes explicatifs. Pour éviter les circonlocutions, le mot organe sera employé au singulier pour indiquer les différentes facultés; mais on devra se souvenir qu'ils sont doubles.
Le cerveau n'est pas divisé par des lignes correspondant à celles qu'on voit tracées sur les bustes; mais les saillies qu'on observe sur le crâne, quand elles sont extraordinairement proéminentes ou déficientes, les figurent assez exactement; cependant il ne faut pas s'imaginer que les angles qui indiquent la séparation des organes sur les bustes puissent être aperçus sur le crâne; on induit que chaque portion du cerveau forme un organe séparé, de ce que son volume, toutes choses égales d'ailleurs, est toujours la mesure de l'énergie avec laquelle s'exeice la faculté intellectuelle qui lui correspond.
Si donc le volume d'un organe indique sa puissance, on doit d'abord étudier le volume du cerveau en général, pour juger s'il a le développement nécessaire à l'accomplissement des fonctions intellectuelles dans leur mesure ordinaire; car, comme nous l'avons déjà dit, s'il est trop petit, l'idiotisme en est la conséquence inévitable. On doit, en second lieu, s'assurer des proportions relatives de ses différentes parties, afin de déterminer quelles sont celles dont la puissance est la plus grande.
Il est nécessaire de commencer par observer les cas les plus saillants, parti("ulièremcnt lorsqu'on cherche à distinguer les organes en particulier, dans les dilfércnts lobes. Le volume du lobe extérieur est la mesure de l'inlclligence. Il est facile de distinguer dans le cerveau et de noter sur le vivant la position et le développement des organes de la consiructivité et de la bienveillance; quelquefois la partie inférieure du lobe frontal, qui renferme les organes de la perception, est la plus proéminente; celte disposition est indiquée par l'espace qui, de la construclivilé s'étend le plus avant vers la base : quelquefois
la partie supérieure, où gisent les facultés réûeciives, est la plus largement développée; dans ces cas, le crâne est plus proéminent dans sa région supérieure ; quelquefois les deux régions sont également développées. Les commençants ne doivent jamais s'écarter de celle manière d'eslimer le volume des lobes antérieurs, s'ils veulent éviter de fréquentes méprises. Chez quelques individus, le front est assez perpendiculaire, de manière que vu de face et jugé sans égard à son étendue longitudinale, il peut paraître bien développé, tandis qu'examiné comme il convient, il paraîtra fort bas. Klfectivemenl, la masse totale est peu considérable, et les facultés inlellecluelles sont proportionnellement faibles.
En outre, la projection du front, ses dimensions latérales et verticales doivent être appréciées avec soin; cette recommandation, du reste, s'applique à l'examen de tous les organes qu'il faut examiner dans leur largeur , leur hauteur et leur épaisseur.
Le lobe postérieur est principalement destiné aux propensilés animales; sa masse se distingue aisément, et sur la léte d'un homme vivant, une ligne perpendiculaire tirée des apophyses mastoïdes longera tout le lobe postérieur. Chaque fois que celte partie du crâne et la région basilaire auront beaucoup d'ampleur, les propensités animales seront très- véhémentes et vice versa. La région coronale du cerveau est le siège des sentiments moraux; son étendue peut être estimée par l'alléralioii et l'expansion de la tète au-dessus des organes de la causalité au front, et delà circonspection vers le milieu des os pariétaux. Quand toute la partie du cerveau logée au-dessus de ces organes est basse et étroite, les sentiments moraux sont faibles; quand elle est élevée et large, au contraire, ils agissent avec une grande vigueur.
La figure l""® représente la tête de William ILire, qui, de concert avec Burke, commit seize meurtres à Edimbourg dans
le but de vendre aux amphithéâtres de dissection les corps des malheureux qu'ils assassinaient (i). La figure 2 représente la tête de Mélanchton, disciple de Luther, et l'un des hommes les plus religieux, les plus moraux, et de rintcUigcncc la plus élevée qui aient existé (2). Toutes les parties situées en avant de la ligne AB, dans la figure 1, forment le lobe antérieur comprenant les organes des facultés intellectuelles; l'espace situé au-dessus de la ligne horizontale BC comprend la région
FIG. 1. HaRE.
FiG. 2. Mélanchton.
des organes des sentiments moraux, l'espace de A jusqu'à BC
(0 Phrenological journal, V, p. 549.
(2i Spurzhcim's phrenology in connexion with (he study of physiognomony , p. 1G0.
COMBE. — Tn,VJTÉ DE PHRÉNOLOGU:. 15
en arrière et au-dessous, indique la région des propcnsites.
F[G. O. COTTFniKn.