COMBE. — TRAITÉ DE PHRÉNOLOGII
Spiirzheini exprime ainsi son opinion sur celle faculié, dans sa Plirénologie , p. 20G. « Il est encore un sentiment qui exerce une très-grande influence sur les idées religieuses, et qui, selon moi, contribue plus que la vénération à la foi religieuse. Quelques-uns trouvent toutes choses naturelles et réglées par les lois de la création ; d'autres s'occupent de fictions, recherchent les contes merveilleux et les miracles; ils trouvent, dans tous les événements passés, des circonstances extraordinaires et surnaturelles, et sont constamment à la recherche de ce qui peut exciter l'admiration et l'élonnement. Ce sentiment s'observe dans l'espèce humaine, en général, aussi bien parmi les sauvages que chez les nations civilisées. Dans tous les temps , et sous toutes les latitudes, l'homme a été guidé et trompé par sa crédulité et sa superstition. On a attribué une 'origine fabuleuse à tous les législateurs des nations; et, dans tous les pays, on trouve ample moisson d'histoires et de traditions merveilleuses. Grand nombre de personnes sont disposées à croire aux rêves, à la sorcellerie, à la magie, à l'astrologie, à l'influence mystique des esprits et des anges, au pouvoir du diable, àlasecondevue,auxmiracles, etc., etc., etc. D'autres sont disposées à avoir des visions; elles voient des démons, des fantômes. C'est le sentiment du merveilleux qui fait la force du véritable, comme du faux prophète, qui aide à la superstition, tout en étant essentiel à la foi, à la religion. Son activité ne diffère pas seulement d'individu à individu ; elle diffère aussi de nationà nation. Le dérangement de ses fonctions constitue une espèce de folie.
« Les législateurs de l'antiquité , prévenus de la grande influence de cette faculté , l'exploitaient au profit des lois. Ils parlaient au nom de Dieu , des anges et des pouvoirs surnaturels. De nos jours, les sectes religieuses des svredenborgiens, des méthodistes, des quakers et plusieurs autres, fournissent la preuve de son activité et de son influence. L'introduction d'esprits, d'anges, de métamorphoses et d'événements
surnaturels dans les représentations dramatiques, proclame, à la fois, son activité chez l'auteur et dans le public qui recherche de tels spectacles.
« L'existence de ce sentiment n'est pas douteuse. Son organe est situé en avant de l'espérance; et un grand développement des circonvolutions qui le constituent élargit et élève les parties supérieure et latérale de l'os frontal. Il est très-proéminent sur la tête de Socrate, du Tasse, du docteur Price, de Jung Stilling, de Wesley, etc. J'ai fait , sur cet organe, un grand nombre d'observations, et je le considère comme établi.»
Voici mes propres observations : J'ai trouvé des personnes, courant après les nouvelles, et les croyant d'autant mieux qu'elles étaient plus extravagantes, portées à exprimer la surprise et l'étonnement dans la conversation la plus familière , et s'affectant profondément de quelque récit merveilleux ; se délectant à la lecture des Mille et Une Nuits; et, chez toutes, j'ai trouvé cette partie du cerveau , dont nous nous occupons , fortement développée. Quand cet organe prédomine , le regard exprime un étonnement particulier : on lève, sans le savoir, les paupières vers le ciel. Les individus, chez qui cette partie du cerveau est petite, ont dans leur extérieur quelque chose déposé ou de froid. Tout ce qui est nouveau ou étrange les ennuie; ils ne sont jamais surpris de rien, et ne trouvent bon que ce qui ne sort pas des voies battues de la probabilité ou de la réalité.
Les philosophes ont été très-embarrassés pour expliquer, pourquoi une forme d'habit ou de meuble est jugée belle, tandis qu'elle parait et ridicule et vieille, quand une nouvelle mode lui a succédé. Il est probable que la cause se trouve dans la faculté du merveilleux : les impressions agréables, que produisent sur elle de nouveaux objets, sont sans doute la source des jouissances qu'olfrele changement de la mode. Je reconnais que l'amour de l'approbation pousse le plus grand nombre à suivre la mode, sans s'inquiéter beaucoup de la non-
veaulé pour elle-même; mais en cela, comme en toute chose, il est des individus qui font la loi ; et il doit exister, dans l'esprit, un principe que flatte toute espèce de changement.
Toute faculté, nous l'avons déjà dit, a une sphère d'action qui lui est paiticulièrc. Je suis donc disposé à conclure de ce qui précède que la tendance de ce sentiment est d'inspirer à l'esprit le désir de toute nonveanl(', et que son effet particulier est de pousser l'esprit à l'invemioii et au perfectionnement. La mode n'est pas un élément réel- de beauté dans les objets extérieurs, et l'élégance intrinsèque est bien plus agréable aux personnes qui possèdent un bon développement de la forme et de l'idéalité, que des formes dont la nouveauté fait tout le mérite. De là vient qu'il est une beauté qui ne m(;urt jamais, et des objets sur lesquels la mode n'exerce pas son empire. Une théière chinoise peut passer pour jolie, tant qu'elle est de mode; mais, dès qu'elle ne le sera plus, elle paraîtra laide et sans grâce, tandis qu'un vase d'une forme exquise plaira toujours et partout. Je conçois que la théière dont je parle, doive son charme à l'impression que fait sa nouveauté sur la faculté du merveilleux. Mais quand cette impression a cessé, on la juge par ses qualités intrinsèques; et elle déplaît , tandis que le vase, qui satisfait les facultés qui ont pour but de prendre connaissance de la beauté, ne peut cesser de plaire. Ce qui vient à l'appui de ce fait, c'est que les plus grands partisans de la mode ontleplus souvent très-mauvais goût; circonstancequiconcorde parfaitement avec la supposition que le seul amour de la nouveauté est le principal élément de celte disposition d'esprit. En général , les Français possèdent un développement considérable des organes de l'idéalité, du merveilleux et de l'amour de l'approbation. Aussi, les a-t-on toujours considérés comme les rois de la mode. Leur conversation fourmille aussi de termes d'admiration et d'approbation , qui paraissent exagérés aux Anglais. A les entendre, tout est superhe, magnifique; et
les termes bon, beau, excellent, expriment un éloge si faible, que c'est presque de l'improbation.
Sir John Ross m'a dit que les jeunes gens, nés et élevés dans l'intérieur des terres, qui entrent de leur plein gré dans la marine , ont un large développement de cet organe ; et c'est sans doute pour satisfaire cette faculté qu'ils deviennent marins.
Le merveilleux aide au génie, en poussant l'esprit à chercher le nouveau. Kepler, Napier, Newton et Davy, qui tous aimaient à s'élancer dans les régions abstraites et inconnues de la science, étaient portés à la superstition. Le D'" Samuel Johnson est fortement suspecté d'avoir cru aux esprits, traij; qui indique un développement excessif de cette faculté, et son style est plein de mots nouveaux, de formes inusitées d'expression, que ce sentiment lui a sans doute fait adopter. Le D"" Chalmers montre aussi une forte tendance au néologisme, et ses discours ont parfois un tour étrange. Cela vient, sans doute, de ce que le merveilleux agissait chez lui avec la comparaison et l'idéalité. M. Tennant, auteur de Anster Fair, et M. Hazlitt montrent dans leurs écrits la même disposition, et j'ai trouvé cet organe très- large dans la tète de tous deux. Cette faculté nous porte, comme le fait remarquer Spnrzheim, à introduire le merveilleux dans la poésie. Cet organe est large dans les portraits de Shakspeare, dans les bustes de Waller Scott, et modéré dans la tète de Rammohun Roy. Ce sentiment était très-fort chez Robert Burns, et le moule de son crâne indique un large développement de l'organe.
Spnrzheim conclut, sur cette faculté, par les remarques suivantes : « Les faits précédents m'ont, autrefois, déterminé à désigner ce sentiment par le nom de surnalur alité , et il est certain qu'il se manifeste surtout par la foi dans tout ce qui est miraculeux et surnaturel. Cependant, comme ce sentiment s'applique à la fois aux événements naturels et surnaturels, et remplit , dans tous les cas, l'esprit d'étonnement et de sur-
prise, je n'hésite pas à substituer le nom de merveilleux , à celui de surnaturaUlé.y
L'exaltation des fonctions de cet organe est la grande source du fanatisme religieux. Quand il est fortement développé, il est susceptible d'une activité énergique, même dans l'état de santé. Les impressions qu'il éveille peuvent être prises , par ceux qui ignorent son existence, pour des communications directes avec le ciel, et la raison succombe sous l'apparence. Cet organe est aussi très-susceptible d'une excitation vive, par suite de communications avec des personnes dont l'esprit est porlé au fanatisme et au merveilleux : c'est ainsi que les dogmatistes les plus extravagants, prétendant être illuminés par le ciel , trouvent si facilement des croyants et des sectateurs. Ayant examiné la tête de feu le R. Edward Irving, avant qu'il ne se fût posé comme prédicateur, et qu'il eût acquis comme tel de la célébrité, j'observai que les organes du merveilleux et de l'estime de soi avaient chez lui une grande prédominance. Ils ont formé le trait principal de sa vie publique. Les organes de la bienveillance, de la conscienciosité, de la vénération et ceux des facultés intellectuelles, étaient aussi fort développés; de sorte qu'il possédait, à un haut degré, tous les éléments du caractère chrétien. Mais ils ne produisirent rien d'utile par suite de l'exagération de l'estime de soi et de l'organe du merveilleux. Cet organe est très-proéminent sur le crâne des anciens GREC. Grecs; il est petit chez les Esquimaux;
aussi ce sentiment est-il beaucoup plus faible parmi ces derniers, que chez les sauvages en général (i). Quand il est petit, le crâne s'affaisse rapidement de chaque côté; tandis que quand il est fort, le vertex est large, comme on peut le voir sur la figure ci-jointe.
(1) Voyez Journal Phrénologiquc , Vlll , 455.
Le D' Adam Smith, dans son Histoire de l'Astronomie, appelle le merveilleux un sentiment, et cherche à le distinguer de la surprise. «Le merveilleux, » dit-il, c nous frappe, quand nous apercevons un objet extraordinaire et peu connu : à l'aspect des phénomènes qui n'apparaissent que rarement dans la nature, tels que les météores, les comètes, les éclipses, à la vue de plantes et d'animaux singuliers, de toutes choses, enfin, que nous n'avons pas l'habitude de voir, nous sommes émerveillés, quoique déjà avertis de ceque nous allons voir.» «Nous sommes surpris, » continuet-il , « à la vue de choses que nous connaissions déjà , mais qui apparaissent inopinément, et quand nous ne nous attendionspas à les voir; nous sommes surpris à l'apparition soudaine d'un ami que nous avons vu mille fois, mais que nous rencontrons par hasard. »
Lord Kames observe que « de toutes les circonstances qui éveillent cette émotion, sans en excepter la beauté et la grandeur, la nouveauté est celle dont l'influence est la plus puissante; l'aspect d'un objet nouveau produit, à l'instant, une vive émotion de surprise qui s'empare de l'esprit pour un temps, à l'exclusion de toute autre idée. La conversation du vulgaire n'est jamais plus intéressante, que quand elle est tournée vers des objets étranges ou des événements extraordinaires. L'homme quitte son pays natal pour courir à la recherche du rare et du nouveau ; la nouveauté convertit la fatigue et même les périls du voyage en plaisirs : à quoi peut-on attribuer ce fait? Ala curiosité sans doute, principe implanté dans l'humaine nature, dans un but extrêmement utile, celui de donner le désir d'acquérir des connaissances; et le sentiment du merveilleux, éveillé par la nouveauté et l'étrangeté des sujets, enflamme notre curiosité et nous donne le désir de les connaître à fond (i). »
(i) Eletnentx of the Criticism , vol. I , p. 2i i.
Le D"" Thomas Brown admet aussi le senlimcnl du merveilleux comme une émotion primitive, et soutient, avec raison, que la surprise et l'admiration sont le même sentiment, mais excité par des objets ou des circonstances différentes. Nous admirons une comète dans la nouveauté de son apparition; nous sommes surpris de rencontrer un ami à Edimbourg, si nous le croyions à Londres : mais ce n'est pas sa présence qui cause notre surprise c'est la situation nouvelle et inattendue dans laquelle nous le rencontrons.
Le D"" Brown fait une remarque assez singulière, c'est que « il semble fort probable que le sentiment de surprise, que nous cause tout événement extraordinaire et inattendu, n'a pas lieu dans l'esprit de l'enfant, à l'aspect d'événements qui tous sont nouveaux pour lui ; d'oîi il conclut que la suiyrise ne résulte point d'une puie sensation de nouveauté , mais qu'il faut encore supposer la connaissance de quelques autres circonstances qui sont attendues; je ne conçois donc pas que ce sentiment puisse exister dans un état d'ignorance complète. »
Les faits que nous observons journellement sont directement contraires à cette doctrine. L'organe du merveilleux existant, tout objet nouveau l'excite, et fait naître l'émotion; aussi plus l'ignorance est grande, plus l'étonnement est fréquent et intense; car, alors, tout événement est nouveauté.
Le D"" Brown observe, avec raison, que l'on peut être à la fois frappé de la beauté ou de la grandeur d'un objet nouveau , et que l'émotion, que produisent la nouveauté et la beauté combinées, se nomme admiration.
M. Stewart et le D"" Reid ne parlent pas de cette émotion. Leurs écrits, surtout ceux du D' Reid, indiquent que cette qualité est faible dans leur esprit; et c'est peut-être pour cela qu'ils l'ont omise dans les émotions mentales primitives.
Le sujet des visions est encore hérissé de mille difficultés.
J'ai vu des cas semblables à ceux rappoités par Gall et Spurziieim. J'ai examiné, à Bcdiam, la lètc d'un homme donl l'aliénalion consistait à voir partout des fantômes, et à agir comme s'ils existaient en réalité, quand, cependant, il se disait convaincu que c'étaient des illusions; mais il ne pouvait parvenir à régler sa conduite d'après cette conviction. Chez lui l'organe delà forme était bien développé; celui du merveilleux était extrêmement large. Je lui demandai s'il éprouvait quelque sensation dans la tête, dans les moments où il était aflligé de ces visions; il mit le doigt sur les deux organes du merveilleux, en disant qu'il éprouvait là une sensation sourde.
Dans l'asile des fous de Richmond , à Dublin , j'en ai vii plusieurs chez qui cet organe était prédominant, et dont l'aliénation consistait à se croire des êtres surnaturels ou inspirés. Dans celui de New-Castle, j'ai vu M"'' H** dont la folie consistait à se croire sous l'influence d'êtres immatériels, et chez elle cet organe était très-fort dans l'hémisphère gauche de la tête.
Un cas intéressant du dérangement de l'organe du merveilleux est rapporté dans le Journal phrénologique, volume V, p. 585. Le D' Anderson, de Cuppar-Fife, enthousiaste de l'étude du magnétisme animal, s'imagina enfin être lui-même sous son influence; et cette opinion prit un tel ascendant sur lui, qu'elle finit par l'absorber tout entier. Ses nuits furent troublées par des rêves fatigants et d'étranges fantômes. Il pensait que certains individus, qui avaient pour lui de l'antipathie, pouvaient à volonté le soumettre à une influence magnétique maligne, et le priver de toute jouissance. Il supposait à ces esprits invisibles, comme il les appelait, un pouvoir illimité. Aucun lieu ne pouvait le mettre à l'abri de leur malignité; aucune distance ne pouvait la diminuer. En 1822, il fit un voyagea Paris, dans le but de leur échapper; mais il retrouva leur puissance, en celte ville, aussi grande que chez lui. Il entendait pendant la nuit ses ennemis comploter sa ruine. Dans
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son imugination, ils avaient recours à toutes les tortures inventées par l'inquisition. Plusieurs fois il s'adressa aux autorités du lieu, afin de déjouer leurs plans; et jamais, comme on peut le croire, il n'y réussit. Sur tout objet qui ne touchait point au magnétisme animal, il avait un jugement sain , et faisait preuve d'une grande finesse d'esprit. Un étranger n'aurait pu, alors, soupçonner sa folie. Lorsque, après sa mort, on ouvrit son crâne, on trouva l'enveloppe du cerveau tiès-épaisse et très-dure, offrant des traces d'une longue maladie ; au-dessus de l'organe du merveilleux était un dépôt inflammatoire, qui paraissait exister depuis longtemps, en dessous de la membrane arachnoïde; cette membrane elle-même était épaisse, et présentait, dans l'espace d'un pouce et demi de longueur et d'un pouce de largeur, de fortes adhérences avec les parties sous-jacentes. Le D"" Scott, qui rapporte ce cas, n'indique pas particulièrement l'organe du merveilleux comme le siège exact de l'affection, parce que, n'étant pas versé dans la phrénologie , il ne connaissait pas la situation de cet organe. Mais le D"" A. Combe reçut une lettre d'une personne présente à la dissection, qui avait étudié le sujet, où elle dit positivement que le dépôt était sur l'organe du merveilleux, et que le D' Anderson, pendant huit ans que dura cette douleur, faisait des applications d'eau froide pour en diminuer la chaleur excesssive. Dans l'asile des aliénés pauvres d'Edimbourg, Spurzheim a vu une femme qui se disait visitée par des spectres et des démons. Chez elle, l'organe du merveilleux était très-développé. 11 lui demanda si elle souffrait quelquefois de la tête, elle répondit que oui; et elle indiqua comme siège de la douleur l'organe dn merveilleux.
J'ai vu , il y a plusieurs années, dans l'ouest de l'Ecosse, un homme qui se croyait visité par des spectres. Il avait alors 58 ans, jouissait d'une parfaite santé, et n'était nullement extravagant dans ses idées ou dans ses sentiments. Il me dit
qu'il avait presque constamment sous les yeux un tapis couverl de figures qui dansaient. Lorsqu'il visita Glascow, il vit un grand morceau de bois monté sur deux axes et quatre roues, traîné ainsi dans les rues. Lorsqu'il revint chez lui , il revit tout cet attirail en mouvement. En une autre occasion, il vit passer un enterrement, et, pendant bien longtemps ensuite, toutes les fois qu'il fermait les yeux , il revoyait la procession aussi distinctement qu'auparavant. Ce sont là quelques exemples , pris au nombre des mille et un objets qui repassaient dans son imagination. Il ne voyailjamais, dans sesapparitions, que desobjets qui avaient déjà passé sous ses yeux; et toujours elles avaient lieu quand il les tenait fermés, ou lorsqu'il se trouvait dans une obscurité complète. Sa tête était en général bien formée; les divers organes, à rexce[)tion de celui du merveilleux, qui était d'une largeur extraordinaire , étaient bien proportionnés entre eux. Les organes du savoir dominaient un peu ceux de la réflexion.
11 dit que son fils avait hérité de cette particularité. Un jour, cet enfant s'avança vers ce qu'il croyait être un pauvre , et il alla se cogner le visage contre un mur, à travers lequel il crut qu'il était disparu. Je n'ai pas eu l'occasion d'examiner la tête du fils; mais mon père m'a affirmé qu'il n'y avait que cette particularité dans sa constitution mentale.
Cette tendance de l'esprit, qui se présente assez souvent dans les districts éloignés des montagnes d'Ecosse, a probablement donné lieu à la seconde vue. Un correspondant du Journal "phrénohgique donne l'iiisloirc d'un habitant des montagnes, qui croyait qu'une apparition de la seconde vue s'était présentée à lui. Le correspondant affirme que, dans sa tête, l'organe du merveilleux est très-large.
Disons cependant qu'il est difficile de comprendre comment l'état d'exaltation de cet organe produisait ces eflets, sans supposer qu'il existe les organes de la forme, du coloris, de
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retendue et de l'individualilé, qui seuls peuvent faire nailre des illusions et des couleurs propres à satisfaire le merveilleux; précisément de la même manière que l'activité involontaire de la circonspection, pendant le sommeil , excite les oiganes intellectuels à concevoir des objets de terreur, et produit ainsi les rêves cffravants. Cette théorie est appuyée par le fait, que l'excitation morbide des organes du savoir produit les illusions de spectres, indépendamment de l'affection de l'organe du merveilleux. M. Simpson a écrit un article admirable sur ce sujet dans le Journal phrénologique. J'aurai l'occasion de le mentionner plus d'une fois.
Le langage naturel de celte faculté est un mouvement oblique dans la direction de cet organe. J'ai observé une personne, chez qui il dominait, contant à une autre une histoire merveilleuse. A la fin de chaque incident extraordinaire, celui qui écoutait, relevait deux ou trois fois la tête et poussait des ah! de surprise.
La fonction générale de cet organe est regardée comme déterminée; mais l'analyse métaphysique en est encore incomplète.