SUR LLS FONCTIONS DE LA MOELLE ÉPINIÈRE ET DES NEUFS
Avant d'entrer dans la discussion des organes cérébraux , il peut être avantageux de donner une idée générale des découvertes de sir Charles Bell sur les diverses fonctions des nerfs. Spurzlieim et plusieurs médecins avant lui avaient déjà manifesté l'opinion qu'il devait exister des nerfs particuliers pour la sensibilité et les mouvements; car ils avaient observé que l'une de ces fonctions peut être accidentellement troublée sans que l'autre éprouve le moindre dérangement. Sir Charles Bell
'a démontré, avec la plus grande évidence, qu'il en était réellement ainsi, et a, par conséquent, établi sur des bases indestructibles un principe de phrénologie déjà annoncé par les secta-
jteurs de cette science, savoir : Que, dans toutes les parties de
Î 'économie animale, un organe spécial est affecté à chacune les fonctions, et que, toutes les fois qu'une fonction est cora- ,plexe, on peut prédire qu'elle ne peut être exécutée que par des organes également complexes, quand même l'expérience n'aurait pas encore démontré le fait.
Ce que nous allons dire maintenant est tiré de l'ouvrage de sir Charles Bell quia pour titre : Analomie et physiologie du corps humain {Anatomy and physiohgy of the human body, jvol. 11, 7^ édit., 1829), et, autant que possible, j'ai rapporté les expressions mêmes de l'auteur. Mon but est de donner au 1 lecteur étranger à la science une idée générale des découvertes jde ce physiologiste, contenues et dans ses ouvrages et dans 'les ouvrages périodiques de médecine et de physiologie. J'ai ■omis les détails dont la connaissance n'est indispensable que pour les médecins; aucun d'eux ne peut se dispenser de lire les ouvrages de sir Charles Bell. Si quelques erreurs se sont
glissées dans les extraits que j'en ai faits, elles ne doivent êlie attribuées qu'à moi-même; car, quoique j'aie rapporté, autant que je l'ai pu, les expressions de l'auteur, j'ai été obligé d'intervertir considérablcmeiil l'ordre de son ouvrage et d'y introduire des idées qui me sont propres.
Un nerf, dit Bell, est un cordon blanc et ferme, formé d'une substance nerveuse et de tissu cellulaire. La substance nerveuse existe en fibres distinctes, liées ensemble par une membrane cellulaire; elles peuvent être comparées à une mèche de cheveux renfermée dans une gaine formée d'une membrane extrêmement fine.
Figure d'un Nerf.
Cette planche représente un nerf considérablement grossi, formé de fdaments distincts. A, nerf enveloppé de ses membranes; B, ûhve nerveuse disséquée. Les nerfs varient d'épaisseur, depuis le diamètre le plus petit possible jusqu'à celui de huit lignes. Ils sont dispersés dans tout le corps et s'étendent dans toutes les parties qui jouissent de la puissance de sentir et de se mouvoir, ou qui ont des sympathies d'actions avec d'autres parties. Quand un nerf est sain et qu'il jouit de toute l'intégrité de sa sensibilité, sa couleur est d'un blanc opaque, sa consistance est molle et pulpeuse, entre le fluide et le solide, et, si l'on incise le nerf, elle forme hernie. Par la putréfaction, elle prend une couleur verte; elle devient transparente quand le nerf est desséché. Le deulochlorurc de
mercure et l'hydrochlorate de soude en solution la durcissent, les alcalis la dissolvent. Chaque fibre nerveuse forme des circonvolutions et s'étend dans les parties non en droite ligne, mais en formant des sinuosités de la même manière qu'un fil de colon qu'on détache d'un bas tricoté; celte disposition donne aux nerfsune élasticité qu'ils n'auraient pas sans cela. Le manque d'exercice donne lieu à une diminution de sécrétion de la matière nerveuse; on remarque en même temps que le nerf devient plus transparent que dans l'état normal.
Rien, jusqu'à présent, ne prouve qu'un fluide pondérable ou impondérable circule dans les nerfs; car il est impossible de considérer les fibrilles qui les composent comme des tubes.
Les nerfs reçoivent des artères et des veines; et le fait que le sang sert à leur nutrition est prouvé par cette circonstance que, chaque fois qu'un membre est privé de sang, les nerfs perdent leur force et leur sensibilité. Si un nerf est partiellement comprimé, de manière à interrompre la libre circulation du sang dans sa texture, il cesse d'agir sur le muscle et de porter les sensations au centre commun; si le cours du sang est rétabli brusquement, on éprouve une sensation douloureuse particulière pendant un certain temps. Ce n'est pas à la compression des tubes du nerf, mais à celle qu'éprouvent les vaisseaux sanguins, qu'il faut attribuer ces phénomènes. Le cerveau, les nerfs des yeux et des oreilles, les nerfs de la sensibilité et du mouvement, sont tous plus ou moins atfeclés par les changements qu'éprouve la circulation; chaque organe, selon sa fonction particulière, est diversement influencé par la même cause, c'est-à-dire par l'aftluence d'une trop grande quantité de sang, ou par la diminution de la quantité nécessaire.
Un nerf est toujours formé de filaments à fonctions distinctes; mais, jusqu'à présent, il a été de tous points impossible de distinguer ces filaments les uns des autres; les uns
servent à la sensation, les autres aux mouvements musculaires; d'autres, enfin, servent à l'action combinée des muscles dans l'acte de la respiration. Mais les fonctions propres à chacun de ces fdaments ne peuvent être découvertes qu'en les poursuivant jusqu'à leur racine, et en les observant dans leurs rapports et surtout à leur origine dans le cerveau et dans la moelle épinière. Leur substance n'offre donc rien de particulier; tous semblent être formés d'une matière molle, pulpeuse, enveloppée d'une membrane cellulaire et contenue dans des tubes de la même membrane qui semblent destinés à conduire les filets de la matière nerveuse du cerveau aux extrémités des muscles et de la peau.
La clef du système nerveux peut être trouvée dans cette simple proposition, que : chaque filament ou fibre nerveuse est doué d'une sensibilité particulière, indépendante de celle qui concourt à former le même faisceau, et qu'elle continue à conserver cette sensibilité propre dans toute son étendue. Les différents filaments n'exercent aucune influence les uns sur les autres, car la fibre la plus ténue d'un nerf de la sensibilité peut accompagner la fibre la plus ténue d'un nerf du mouvement, et chacune vient apporter aux parties dans lesquelles elle se distribue, sa part d'influence indépendante de celle qui lui est accolée.
Certains nerfs sont destinés à la sensibilité, mais il en est d'autres, aussi parfaitement et aussi délicatement conformés, qui ne sont nullement sensibles. La sensibilité d'un nerf résulte de ce qu'il est formé d'une certaine partie du cerveau douée de cette propriété. Si on comprime le globe de l'œil, les téguments extérieurs ressentent de la douleur; mais la rétine n'en éprouve aucune, et les traits de feu qui apparaissent devant l'œil indiquent seuls son action. Dans l'opération de la cataracte par abaissement, l'aiguille qu'on introduit dans l'œil transperce nécessairement la rétine, et pourtant elle n'y fait
naître aucune sensation douloureuse; seulement le malade croit apercevoir quelques étincelles de feu. Le même phénomène a lieu pour les nerfs de l'audition, du goût, et enfin pour ceux de tous les organes des sens externes. La sensation que ces nerfs éprouvent lire son caractère des parties du cerveau avec lesquelles ils sont en rapport par leurs racines; il en existe qui n'ont aucun rapport avec les impressions extérieures. Certains nerfs n'ont d'autre destination que de régler les mouvements musculaires : ceux-ci sont destinés à transmettre la volonté, et nullement à rapporter au cerveau les sensations extérieures; aussi ne sont-ils doués que d'une sensibilité spéciale, et incapables de transmettre la douleur. Chacun de ces nerfs jouit, sans aucun doute, d'une exquise sensibilité pour les fonctions qui lui sont assignées; il peut être le lien qui unit deux organes d'une étroite sympathie et la cause qui les fait agir à l'unisson; toutefois, on peut l'irriter ou le déchirer sans qu'il transmette au cerveau aucune impression; car il n'est pas en rapport avec les parties de cet organe destinées à produire l'impression générale de la douleur, de la chaleur, du froid , de la vision ou de l'audition. La partie du cerveau avec laquelle il est en rapport ne sert à la production d'aucune perception.
Au confluent des filaments nerveux on aperçoit de petits gonflements rougeâtres qui ont reçu le nom de ganglions (Foy. la planche de la pag. 89, lettre D). Ces ganglions ressemblent par leur forme à ces élévations circulaires qu'on voit sur des tubes de paille ou sur les bambous; mais les ganglions ne sont point disposés à des intervalles égaux sur les nerfs comme ces gonflements. Les ganglions sont disposés d'une manière régulière dans tout le corps, et dans les animaux vertébrés ils forment une série d'élévations de chaque côté de la moelle épinière. Un nerf communique avec eux , c'est le grand sympathique. D'autres ganglions existent encore dans la tète, au col, dans les cavités thorachique et abdominale; mais ils sont
irréguliers dans leur forme et par leur position. La couleur des ganglions diiïèrc de celle des nerfs; elle est plus rouge à cause du plus grand nombre de vaisseaux sanguins qu'ils reçoivent : la substance qui les forme semble être identique à celle du cerveau.
Lorsque l'on suit le trajet des nerfs du mouvement, on trouve qu'avant de pénétrer dans les muscles, ils s'envoient mutuellement des rameaux et forment une sorte de lacis inextricable qu'on a nommé plexus. Un plexus est d'autant plus compliqué que le nombre des muscles auxquels il doit fournir des rameaux nerveux est plus considérable cl qu'il est formé d'une plus grande variété de nerfs de diverses fonctions. Les filaments nerveux qui viennent s'épanouira la peau et qui ne sont destinés qu'aux sensations, se répandent irrégulièrement vers leur dcslination sans former de plexus. A mesure qu'on s'élève dans Téchelle des êtres organisés, depuis les nageoires du poisson jusqu'au bras de l'homme, les plexus nerveux deviennent de plus en plus complexes en raison de la variété ou de l'étendue des mouvements qui doivent être exécutés par les membres. C'est par l'entre-croisement des filaments que les muscles agissent de manière à former des mouvements combinés.
Diverses colonnes de matières nerveuses concourent à former la moelle épinière ( A B, page 89). Chacune de ces parties latérales est formée de trois colonnes , une pour les mouvements volontaires, une pour la sensibilité, une pour l'acte de la respiration, de sorte que la moelle épinière est formée de six colonnes intimement unies, mais ayant des fonctions différentes et dont la réunion forme ce qu'on appelle la moelle allongée. Les colonnes antérieures des deux divisions latérales de la moelle sont destinées au mouvement, les colonnes postérieures à la sensibilité, et les moyennes président à l'acte de la respiration. Les deux premières s'étendent jusque dans
— sole cerveau et viennent se perdre dans sa snbstance, car leurs fonctions les mettent en rapport direct avec le centre commun {sensorium commise). Les dernières, au contraire, ne dépassent point la moelle allongée, leurs fonctions étant indépendantes de la volonté et s'exécutant, par conséquent, sans le contrôle du cerveau et en dehors de sa sphère d'action.
A B. Moelle épinière vue clans sa parlio intérieure. La séparation des parties latérales est marquée par la ligne qui s'étend entre A et B.
Le cordon nerveux C naît des colonnes postérieures et fournil des nerfs de la sensibilité. Le gonflement D est un ganglion. Le cordon nerveux E nait des colonnes latérales antérieures et fournit des nerfs du mouvement; il n'a point de ganglions. Ces deux cordons s'unissent plus tard (lettre F) et marchent vers leur destination réunis par la même gaine.
Sir Charles Bell, après avoir frappé un lapin d'nn coup sec derrière les oreilles, de manière à le priver de sa sensibilité par la commotion, met à découvert la moelle épinière. En irritant les racines postérieures dvi nerfs , on n'aperçoit aucnn mouvement dans aucune des parties du tissu nuiscidaire; mais, en irritant les racines antérieures, on aperçoit , chaque fois que
COMBF. JUAITÉ T)F PHRKSOI.Or.IK. 10
rinslrument les touche, un mouvement correspondant des muscles dans lesquels le nerf se distribue.
Ces expériences prouvent que les difierentes racines et les différentes colonnes dans lesquelles ces racines prennent naissance ont à remplir des fonctions différentes et que les notions tirées de l'anatome sont exactes.
Cet auteur a faitencore phisieursexpériencesintéressantessur la cinquième paire de n(M-fs qui nail du cerveau, Dans la planche I de son ouvrage il représente ce nerf formé de deux racines, l'une sortant des cuisses un cerveau correspondant à la colonne antérieure de la moelle épinière, l'autre des cuisses du cervelet correspondant à sa colonne postérieure. Il existe un ganglion sur celte dernière branche; la branche antérieure en est dépourvue. Celte circonstance est aussi d'accord avec ce que l'on observe sur les nerfs de l'épine. Ces deux branches s'unissent à une très-petite distance de leur origine et se distribuent dans toutes les parties de la tête et de la face. Sir Charles Bell considère ce nerf comme le plus élevé de ceux qui donnent le mouvement et la sensibilité. Pour prouver celle o|)inion, il coupa transversalement sur un âne la branche postérieure de ce nerf ou celle qui est pourvue d'un ganglion, et la sensibilité des parties auxquelles elle se distribue fut entièrement détruite; ensuite, il découvrit la branche antérieure de la cinquième paire à sa racine , et au moment même l'animal fut tué en irritant ce nerf; les muscles des mâchoires se contractèrent et elles se fermèrent avec bruit. Si on divise la racine de ce nerf sur un animal vivant, la mâchoire tombe par le relâchement des muscles. Ainsi donc ses fonctions ne peuvent plus être mises en doute, il est tout à la fois nerf du mouvement et de la sensibilité; et l'opinion de ceux qui pensaient que le nerf de la cinquième paire était pour la tête ce que les nerfs de la moelle sont pour les autres parties du corps, se trouve pleinement confirmée.
Les muscles ont donc deux nerfs, et ce fait n'avait pas été prévu avant les expériences de sir Charles Bell, parce que ces deux sortes de nerfs sont contenus dans la même gaine; mais chaque fois que ces différents nerfs, comme cela a lieu à la tête, marchent dans des gauies séparées, on voit qu'un nerf moteur et un nerf de la sensibilité viennent se distribuer dans les fd^res musculaires. Il faut en conclure que les branches des nerfs spinaux qui vont aux muscles sont formées de filaments sensitifs et de fdaments moteurs. Les nerfs du tact ou des sensations qui se distribuent à la peau diffèrent des uns et des autres.
On avait d'abord supposé que les fonctions des nerfs qui viennent se distribuer dans les muscles, consistent seulement à transmettre la volonté et à exciter l'action du muscle; mais cette théorie dénotait une connaissance incomplète de l'action du système musculaire; car avant que la volonté puisse les mettre en jeu, le cerveau doit avoir la conscience de l'état dans lequel le muscle se trouve.
Quand nous admettons que les différents états d'un muscle doivent être estimés ou perçus pour qu'ils soient convenablement soumis à la volonté, la question suivante se présente : Un nerf, chargé de transmettre le mandat de la volonté, peut-il, tout à la fois, rapporter une impression rétrograde du muscle vers le cerveau ? Si les faits anatomiques n'établissaient pas le contraire, la raison seule sullirait pour faire comprendre que le même fdament nerveux ne peut en même temps servir à transmettre la volonté d'agir du cerveau vers le muscle et porter, par une vibration opposée et dans le même instant, vers le cerveau, l'impression de l'état actuel de ce muscle.
Sir Charles Bell a prouvé que pour qu'un muscle jouisse de toute sa puissance, il doit posséder deux branches nerveuses de nature différente, de manière à former une espèce de cercle entre ce muscle et le centre commun. Un de ces filaments ou
nerf simple transmet l'influence de la volonté vers le muscle et ue possède pas la puissance de rapporter l'impression au corveau. Un autre nerf, agissant comme nerf de la sensibilité, est chargé de cette fonction, et d'avertir le cerveau de l'état actuel du muscle. Celui-ci n'est donc pour rien dans la contraction musculaire, et ne peut la produire quelle que soit l'irritation à la([uelle il est soumis.
Il existe quatre nerfs prenant leur origine d'un ordre de colonnes de la moelle , qui ne servent, ni pour les sensations, ni pour les mouvements volontaires. Des expériences ont prouvé que ces nerfs sont chargés d'imprimer les mouvements qui ont rapport à l'acte de la respiration. Les mouvements respiratoires sont de deux espèces, savoir : les mouvements instinctifs ou involontaires, et ceux qui dépendent de la volonté. Nous n'avons pas la conscience de l'état alternatif de mouvement et de repos qui caractérise la respiration de l'animal pendant le sommeil ; l'expérience a prouvé que celte fonction des muscles s'exécute en dehors de l'aclion du cerveau. Mais, d'un autre côté, on sait que l'acte de la respiration est quelquefois un acte de la volonté, destiné à accomplir quelqu'autre fonction, telle, par exemple , que de flairer ou de parler. Sir Charles Bell estime que c'est celte opération composée des organes de la respiration qui rend nécessaire l'élat complexe des nerfs respiratoires. Le -concours des nerfs de dilférents systèmes était donc nécessaire à l'accomplissement d'une fonction qui, au premier abord, paraît être si simple.
Si on coupe la branche de la cinquième paire qui se distribue aux lèvres d'un âne, on prive ces parties de leur sensibilité; de sorte que quand l'animal porte la bouche vers le sol pour y chercher sa nourriture, il n'est pas averti par le tact de sa présence, et, par conséquent, ne cherche pas à brouter. Si , au contraire, on coupe la portion dure de la septième paire qui se distribue également aux lèvres, l'animal reste doué de
la faculté de reconnaître la présence de l'herbe, mais il ne peut parvenir à la brouter, par suite de la perte du mouvement musculaire détruit en conséquence de la section de ce nerf. Ainsi donc, nous voyons que dans l'action de brouter, de même que pour saisir un corps avec la main, c'est la sensibilité qui préside à l'action et que deux espèces de nerfs sont nécessaires à cet acte si simple.
Après ces expériences sur les nerfs de la sensibilité et du mouvement, la question qui avait si longtemps occupé sir Charles Bell, relativement aux innombrables entre-croisements des nerfs de la face , du col et de la poitrine, devenait d'une solution facile. Ces nerfs sont les agents de puissances distinctes, et leur combinaison dans les muscles est en raison des fonctions qu'ils doivent accomplir.
A mesure que les animaux s'élèvent dans l'échelle des êtres, ils sont doués de nouveaux organes, et, avec ces nouveaux organes, de nouvelles fonctions leur sont attribuées. On conçoit qu'il faut également des nerfs plus nombreux pour la sensibilité et le mouvement.
Sir Charles Bell remarque que nous connaissons maintenant l'usage de tous les nerfs du corps, excepté de la sixième paire qui semble destinée à servir de point d'union avec un système de nerfs tout à fait différent qu'on a jusqu'à présent désigné sous le nom de nerf grand sympathique ou nerf ganglionaire ; nous connaissons si peu de choses relativement à ce nerf, qu'on ne doit pas être surpris si jusqu'à i)résent on n'a pu découvrir rien de satisfaisant relativement à la liaison qui existe entre lui et le nerf de la sixième paire.