PROPOSITIONS ANATOMIQUES
Tous les animaux pourvus d’une colonne vertébrale ont une des extrémités de celle-ci terminée par un renflement composé de plusieurs pièces osseuses destinées à contenir et protéger le système nerveux présidant à leurs facultés intellectuelles et affectives. Ce rendement ou celte boite est désigné sous le nom de crâne.
La forme du crâne des animaux vertébrés varie prodigieusement en étendue, suivant les classes , les ordres , le genre et les espèces. Chaque espèce a un type qui lui est propre, et qui ne permet pas de la confondre avec une autre. On trouve cependant chez elles des différences assez remarquables de volume ; différences qui expliquent celles que présente l’étendue d'action du système nerveux chez les individus de la même famille.
(I ) « L’ouvrage de Gall se trouve complet mient dépourvu des propositions géne'rales ana- » tomiques que nous présentons ici, et dont limportance sera encore mieux sentie, lors- » qu’on aura lu dans notre second volume les propositions physiologiques qui s y raüa- » client. »
CE PHRÉNOLOGIE. 8
JLa forme du crâne étant donnée , il est facile d’apprécier à l’extérieur celle de l’encéphale , sauf cependant quelques exceptions résultant d’un état maladif et de la présence des sinus chez l’homme et quelques espèces d’animaux.
Les os qui concourent à la formation du crane des animaux vertébrés augmentent en nombre en descendant de l’homme jusqu’aux poissons.
On ne peut avoir de connaissances bien positives et approfondies en phrénologie humaine et comparée , si on ne possède pas au moins la connaissance de chacun de ces os chez les espèces servant à l’application de cette science.
L’homme est , de tous les animaux vertébrés, celui dont la partie antérieure du crâne se trouve le plus amplement développée. Viennent ensuite l’éléphant , l’orang-outang , les chiens , le cheval et les singes , chez les quadrupèdes. Les perroquets , les espèces appartenant au genre corvus et les oies ont cette région assez développée. Le dinde , la poule et plusieurs espèces d’oiseaux de rivage sont , de tous les oiseaux , ceux qui la présentent dans le moins haut degré de développement.
Le développement complet du crâne n’a lieu qu’à une époque plus ou moins éloignée de la naissance; son accroissement est généralement plus rapide dans les animaux que chez l’homme , où il n’a lieu complètement que de vingt- . cinq à trente ans.
L’homme est , de tous les animaux , celui dont le crâne présente encore la trace de sutures dans un âge très-avancé.
Les oiseaux sont , de tous les animaux , ceux dont les pièces osseuses crâniennes se soudent le plus promptement. Viennent ensuite quelques carnivores, tels que la marte , le putois , la belette et le blaireau.
La surface interne du crâne présente , dans un grand nombre de classes , d’ordres et de genres , des dépressions en harmonie avec les reliefs ou plis du cerveau. L’homme , les quadrumanes , tous les ruminans , les pachydermes , les solipèdes , les carnivores (1) , sont dans ce cas.
(1) De celte famille nous exceptons la taupe chez qui nous avons trouve' un cerveau lisse.
ft 4 TRAITÉ »S PHRÉNOLOGIE .
La surface interne du crâne de tous les rongeurs , sans exception , et la même surface chez les oiseaux, est lisse. On y remarque cependant quelques dépressions ou enfoncemens , en rapport avec les parties les plus saillantes de l’encéphale.
Les oiseaux sont, de tous les animaux vertébrés, ceux dont la surface externe du crâne se trouve le plus en harmonie avec l’encéphale, ce qui est du au peu d’épaisseur des deux lames qui le composent , et à leur parfait parallélisme (1). Viennent ensuite les rongeurs, puis les petits carnassiers.
Les oiseaux sont , de tous les vertébrés , ceux dont le crâne présente le plus de symétrie dans sa forme ; de manière que toute la partie droite dé cette cavité diffère très-peu d’étendue d’avec celle du côté opposé. Plus on s’élève dans la classe des vertébrés , et plus cette symétrie disparaît d’une manière sensible , jusqu’à l’homme qui est , de tous les animaux , celui, qui la présente dans le plus haut degré.
L’âge amène des changemens remarquables dans la diminution du crâne , son épaisseur et sa densité. Ces cbangemens sont assez fréquens chez l’homme, mais surtout chez les singes, du moins quant à la diminution : viennent ensuite quelques pachydermes, le blaireau et les chiens. Les rongeurs, et surtout les oiseaux , sont , de tous les animaux , ceux dont le crâne éprouve 1© moins de changement par l’effet de l’âge.
(1) Le moyen duc et l’effraie font exception, ainsi que nous l’avons dit lors de l’anatomie du crâne.