CHAPITRE VIII
BU CERVEAU DE L’HOMME , DES QUA D P« U P EDES ET DES OISEAUX CONSIDÉRÉ SOUS LES POINTS DE VUE LES PLUS 1MP011TANS D’ANATOMIE.
Cerveau Je l'homme.
Nous suivrons pour le cerveau la meme méthode que nous avons adoptée pour le crâne, c’est-à-dire qu’après avoir étudié ce viscère chez l’homme, où les parties qui le composent sont dans un plus haut degré de développement , nous passerons ensuite à l’étude anatomique du meme organe chez les quadrupèdes et les oiseaux. Nous laisserons de côté les descriptions qui n’appartiennent qu’à un traité d’anatomie topographique sur ce sujet (1).
On ne doit pas être surpris que ce viscère , théâtre des actes les plus élonnans, les plus admirables des êtres organisés , ait, plus que tout autre, fixé l’attention des philosophes, des naturalistes, et surtout des anatomistes. Dès l’antiquité la plus reculée, des savans et des médecins cherchèrent à trouver quelques caractères organiques propres à indiquer ses fonctions. Les artistes dont le principal talent consiste surtout dans la correction et l’exactitude des formes, firent plus pour la physiologie du cerveau que toutes les théories philosophiques. Assurément, les formes des tètes antiques qu’ils nous ont transmises, n’étaient pas présentées par eux comme ayant les caractères qui distinguent lesiiommes, sous le rapport de telle ou telle faculté dominante ; et l’artiste qui avait reproduit les traits d’Homère ou de Théocrite , ne se doutait certainement pas que les lalens de ces deux hommes étaient en harmonie avec la conformation de leurs cerveau^ et de leurs crânes, dans certaines régions du crâne. Cependant quelques dispositions ou conformations de la tête furent si souvent reproduites par eux et accordées aux personnages qu’ils voulaient représenter , que l’on est forcé de convenir qu’ils savaient fort bien que telle et telle conformation de la tète suffisait pour donner à leurs statues un caractère d’intelligence , ou celui de facultés intellectuelles médiocres. Les tètes de tous leurs dieux , surtout celle du Jupiter olympien , présentent certaines parties cérébrales dans un Ires-haut degré de développement. Celles des es-
(1) Nous nous occupons dans ce moment Je la redaction d’un travail spécial sur l’anatomie du cerveau de 1 homme, des quadrupèdes , des oiseaux et de son développement dans les principales classes d’animaux vertébrés. Cet ouvrage , qui doit se composer d’un volume in-4° et de 30 planches grand in-folio, paraîtra dans un an, à dater de la publication du dernier volume de cet ouvrage. 11 sera exclusivement réservé aux anatomistes qui voudront avoir une connaissance approfon lie de la texture de ce viscère chez l’homme et les animaux.
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TRAITÉ
claves , des gladiateurs , des simples soldats annoncent , au contraire , des cerveaux dont les parties affectées aux organes des facultés intellectuelles supérieures sont très-faiblernent développées : c’est aussi dans ces trois classes d’hommes que se rencontrent souvent dans un haut degré de développement les organes affectés aux passions communes à l’homme et aux animaux.
L’étude la plus minutieuse de l’anatomie du cerveau ne produisit rien d’avantageux pour l’histoire des organes qui le composent. Nous avons déjà démontré que certains procédés employés par des anatomistes et des naturalistes célèbres , Camper , Daubenton , Cuvier , n’avaient pas eu plus de succès ; les recherches tentées par Haller et Vicq-d’Azir en anatomie comparée , ne donnèrent lieu qu’à de purs rapprochemens anatomiques , sans que ces rapprochemens , malheureusement trop peu nombreux , vinssent éclairer les fonctions de cet organe. Gall lui-même ne fut pas conduit , comme certaines personnes le pensent, à la découverte de la physiologie du cerveau par l’anatomie de ce viscère. Mais , lorsqu’il se crut sur la voie qui devait le conduire à l’histoire de ses fonctions , il dut nécessairement s’occuper de son anatomie : en cela il faisait preuve d’un sens droit ; il marchait sur les traces de l’un des plus célèbres physiologistes qui aient paru, Haller, qui disait qu’enseigner la physiologie sans l’anatomie était aussi absurde que ridicule. Ce grand homme attribuait , avec juste raison , tout ce fatras théorique dont on avait été inondé avant lui , à ces médecins de cabinet qui voulurent faire de la physiologie et de la médecine sans avoir étudié les organes de l’homme ou des animaux. Jamais , disait Haller , de tels gens ne feront faire de progrès aux sciences naturelles ou à la médecine (J). Gall chercha donc , par l'élude de l’anatomie, à lier l’organisation du cerveau à ses fonctions. On regrette cependant , ainsi que nous l'avons déjà fait observer, que ses recherches n’aient pas été portées plus loin. Son allas, ainsi que l’a dit Tiedemann, et comme nous l’avons démontré , ne répond en aucune manière à ce qu’on attendait de lui.
Gall, dans son ouvrage intitulé , Piecherches sur le système nerveux en général et sur celui du cerveau en particulier , dit qu’un jeune anatomiste , M. Niclas, travailla long-temps sous sa direction à l’anatomie du cerveau de l’homme ; il avoue même qu’il lui est redevable , pour l’avoir mis sur la voie , de faits anatomiques assez importans. Nous croyons que ce court éloge ne suffisait pas à la mémoire de ce jeune médecin , et que Gall aurait dû au moins faire connaître avec plus de détails ces recherches dont il lui était redevable. Cet aveu n’aurait certainement diminué en rien la belle réputation de notre philosophe.
Les Grecs donnèrent le nom d’encéphale, evxi-fctXcv , les Latins, celui de
(1) Haller fit graver les principales pièces d’anatomie dont il se servait dans ses leçons. Ses planches sont assez bonnes , et il est facile de voir qu’il en a surveillé l'exécution avec assez de soin. Elles furent publiées en fascicules, en 1743 et 1753.
1)E PI1IIÊN0L0GIE.
cerebrum, à (out© la masse nerveuse contenue dans le crâne de l’homme et de& animaux vertébrés. Les anatomistes de nos jours n’ont appelé ainsi qu’une portion de cette masse , et tous ne sont pas encore d’accord sur le point où finissent ou bien se terminent certaines portions de ce système nerveux ; ce qui est dû évidemment à ce que plusieurs des parties qui entrent dans sa composition ne sont pas toujours assez isolées les unes des autres, pour faire de chacune d’elles une description spéciale. Cependant, il en est trois qui ont paru présenter des caractères si tranchés, et si bien distincts, qu’elles sont décrites à part dans tous les cours d’anatomie , et môme par Gall , dont la méthode d’étudier le cerveau est de beaucoup préférable à celle qui a été employée jusqu’à ce jour , méthode vicieuse qui devrait être bannie pour toujours de toutes les écoles.
Si l’on examine la masse nerveuse contenue dans le crâne de l’homme et des vertébrés, pl. LXX, fig. 1, 2,3,4, S ; pl. LXXY, fig. 4, 8, 9, 10; pl. LXXYI, fig. 1, 2, et pl. LXXXIÏI , fig. 1, on voit qu’elle se compose de trois parties distinctes par leur forme et leur volume. L’une située antérieurement, pl. LXXXIIl , fig. 2 ; c’est la plus volumineuse de toutes ; le cerveau proprement dit. Elle forme la plus grande partie des systèmes nerveux contenus dans le crâne. Elle seule se trouve pourvue chez l’homme et certains mammifères , de replis ayant quelque analogie par leur distribution avec ceux que présentent les intestins ; de là leur nom de circonvolutions. Une autre partie située derrière cette grosse masse , et marquée des nos 4 , 8,6,7, 8, ici. fig., a été appelée cervelet ou cerebellum, petit cerveau. Composée de lamelles , elle ne peut être confondue avec celle que nous avons désignée sous le nom de cerveau. Enfin , au-dessous du cervelet se trouve une autre partie portant les n” 1, 2 et 3 ; c’est ie commencement de la moelle épinière qui va se distribuer dans le canal formé par la réunion de plusieurs pièces osseuses formant l’échine ou la colonne vertébrale de l’homme et de tous les animaux vertébrés (1). Nous allons examiner séparément chacune de ces parties. Nous commencerons leur étude dans l’ordre où nous venons de les énumérer.
Le cerveau de l’homme , pl. LXXXÏIÏ , fig. 1 et 2 , est composé de deux masses distinctes (2) ayant une forme oblongue présentant moins de largeur en avant qu’en arrière ; ce sont les hémisphères : ils sont séparés par un sillon assez profond , logeant un repli de la dure-mère , faux du cerveau.
(1) Voir les fig. 8 et 10 de la pl. LXXÎ, représentant le système cérébro-spinal du cocbon cabiais et du rouget.
(2) Dans cette planche on ne voit qu’un hémisphère, le cerveau étant vu de profil : on peut voir la pl. LX^XV , représentant un cerveau d’homme vu par sa face supérieure , et la plan-, che LXXX , représentant le cerveau du chien et du blaireau.
On peut compter sur l’exactitude de forme et de volume de tous nos cerveaux : il n’y en a pas un. seul de ceux qui se trouvent représentés dans notre atlas qui n’ait été copié sur nature et dont je n’aie surveille l'exécution avec le plus grand soiu.
TRAITÉ
Leur surface externe présente ces replis que nous avons désignés sous ïe
nom de circonvolutions. Il est facile de voir , avec un peu d’attention, que
celles-ci présentent des différences de forme et de volume assez prononcées.
1 est digne de remarque que ces plis 11e sont jamais parfaitement semblables
les deux cotés : de là , cette inégalité constante que l’on remarque toujours
ntre la portion droite et la portion gauche du crâne de l’homme; et, comme
ous le fîmes observer dans le mémoire que nous présentâmes à l’Institut,
areille chose se rencontre dans tous les animaux à cerveaux pourvus de
irconvolutions. Les quadrupèdes à cerveau lisse , tels que les rongeurs et la
rande famille des oiseaux dont les cerveaux sont dépourvus de circonvoluions, ne présentent que peu de différence en volume d’un hémisphère à ’autre. L’homme est , de tous les animaux, celui qui offre les plus grandes ariétés à cet égard (1). Bichat (2) avait cru, mais à tort, que le défaut de ymétrie entre les deux lobes du cerveau devait avoir une influence sur le agement. A la mort de cet homme célèbre, la conformation de son crâne rès-irrêgulier , vint déposer contre sa propre assertion. Les anatomistes disinguent ordinairement trois parties principales à chaque hémisphère : l’une postérieure dont le centre répond au n° 12, pl. LXXXIÏI, fig. 2; l’autre moyenne , indiquée par les n 9 18, 16, 17, 18, enfin une antérieure portant les nos 19, 20, 21, 22, 23, 24, 28, 28, 27, etc. La portion postérieure de ces trois masses est généralement celle qui se trouve le plus développée ; il existe cependant quelques exceptions : les parties supérieures de ces trois régions se trouvent en rapport avec la surface interne de l’os coronal , des pariétaux, et la moitié supérieure de l’os occipital. Toutes les circonvolutions de celte partie que nous appelons cerveau, se trouvent recouvertes par une membrane assez résistante , connue sous le nom de dure-mère (3) : celle-ci se trouve tellement soulevée dans l’état de vie par ces replis nerveux, qu’ils viennent former à la surface interne du crâne ces dépressions que nous avons désignées sous le nom d’empreintes cérébrales , pî. Vil. Les mômes empreintes se remarquent aussi dans la base du crâne, pl. Y. fig. 2. On voit qu’elles sont bien exprimées sur le plancher orbitaire et dans les fosses temporales. La table interne du crâne est si bien en rapport avec le cerveau , que si on coule du plâtre dans la cavité crânienne , on obtient une masse ayant tout-à-fait la forme de l’encéphale recouvert par sa membrane la plus extérieure. On voit môme sur les cerveaux ainsi coulés les artères de la dure-mère en relief, comme lorsqu’elles sont dans l’état d’injection. La lame externe, ainsi que
(1) Il ne faut pas confondre ce défaut d’inégalité aVec un autre beaucoup plus prononcé dont nous parlcrous à l’article des têtes malades, et qui résulte évidemment du vice rachitique.
(2) Recherches physiologiques sur la vie et la mort .
(3) Il n’est pas nécessaire de dire ici que la face interne de la dure-mère est tapissée par une membrane de l’ordre des séreuses , et que c’est celle-ci qui se trouve en contact immédiat avec le cerveau.
nous l’avons fail observer à l’occasion de la description du crâne , se trouve parallèle à l’interne , du moins dans la jeunesse et même l’âge adulte ; on conçoit aisément alors comment on peut apprécier à l’extérieur le développement plus ou moins considérable des parties nerveuses qui constituent le cerveau (1).
Vu par sa ïaée inférieure , le cerveau de l’homme présente plusieurs objets qu’il est important de connaître. Voir la pi. L XXXIV , fig. 1 et 2 (2).
En procédant d’avant en arrière ; nous trouvons , 1° une scissure ou fente résultat de la séparation des deux lobes cérébraux ; elle est indiquée par la ligne droite placée entre les n08 1-4 et 17 : à droite et à gauche de celte ligne une portion pulpeuse , o , plate , se terminant par une extrémité ovalaire un peu renflée ; c’est le nerf olfactif qui va se distribuer dans les cavités nasales. La circonvolution sur laquelle ce nerf est placé , et celles qui se trouvent en dedans et en dehors , reposent sur le plancher orbitaire : elles sont indiquées par les n 8 14, ld, 16, 17, 13 et 19 ; 2' à l’extrémité postérieure de la ligne qui sépare les deux hémisphères et sur les cotés , se voient deux corps blancs cylindriques, n, n, se dirigeant d’abord de dehors en dedans, ensuite de dedans en dehors; ce sont les nerfs optiques (4) : ces deux nerfs vont se distribuer au globe de l’œil où ils forment , par leur épanouissement , la membrane connue sous le nom de rétine ; 3° entre ces deux nerfs se trouve une partie renflée marquée m ; c’est la tige sus-sphénoïdale à la base de laquelle se voient deux corps arrondis , j , désignés dans presque tous les ouvrages d’anatomie sous le nom de corps maxillaires , tubercules pisiformes : ces deux petites saillies ont un aspect blanchâtre à l’extérieur et grisâtre en dedans ; 4,J sur les côtés des corps pisiformes, les nerfs oculo-musculaires communs ou de la troisième paire , 1, assez longs et assez volumineux , ils se dirigent d’arrière en avant et un peu de dedans en dehors , pour pénétrer dans les cavités orbitaires par la fente sphénoïdale. En dehors de ces nerfs se voient deux gros faisceaux striés , h , se dirigeant obliquement de dedans en dehors , grands faisceaux du cerveau de Gall , pédoncules cérébraux des autres anatomistes : ils sont aussi désignés par quelques auteurs sous le nom ridicules et impropre de cuisses du cerveau (4) ; 15° entre ces faisceaux , plus
(1 } Nous avons déjà dit que le développement de certaines parties cérébrales ne pouvait être apprécié à l’extérieur du crâne ; nous avons même cité à cette occasion celles qui sont situées à la base du cerveau.
(2) Ce cerveau est celui d'un militaire mort au Yal-de-Grâce , et dont le crâne est représenté, pl. C. Je le dois à la bienveillance de M. le docteur Gaubert, qui a bien voulu me donner des renseignemens sur le caractère de la personne à qui il appartenait.
(3) Tous les nerfs que l’on aperçoit à la base du cerveau sont doubles ; nous n’avons mis des lettres que sur ceux du côté gauche, afin de ne pas surcharger le dessin inutilement
(4) Le professeur Chaussier, dans l’ouvrage qu’il a publié sur le cerveau, s’est surtout attaché à donner de nouveaux noms aux parties cérébrales si ridiculement dénommées avant lui ; nous croyons que c’est à peu près à cela que se réduit le principal mérite de ce livre qui n’offre rien de neuf, et dont les planches peu nombreuses sont très-mal exécutées.
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en dehors et tout-à-fait en arrière , se voit un long filet nerveux : c’est le nerf de la quatrième paire ; nerf pathétique , q; 6° exactement derrière lui un faisceau assez large lamelleux , p : c’est le nerf de la cinquième paire ou trifacial ; 7° sur les parlies latérales des gros faisceaux cérébraux , li , so voient de nombreuses circonvolutions occupant les fosses moyennes et latérales de la base du crâne; elles sont indiquées par les nos 10, 11, 12, 13, k, k, et forment , en grande partie , le lobe moyen du cerveau : ces circonvolutions sont , comme on le voit , plus volumineuses et plus arrondies que celles qui se trouvent placées sur le plancher orbitaire. L’espace compris entre la circonvolution ,22, et celle marquée 16, pl. LXXXIli , fi g. 9, est appelé scissure de Sylvius ; elle sépare le lobe antérieur du lobe moyen. La face inférieure des lobes cérébraux postérieurs se trouve cachée par le cervelet , sauf les circonvolutions indiquées par le n° 20 , pl. LXXXIY. Lorsque le cerveau n’est pas dépouillé de la dure-mère , celle-ci présente un repli transversal légèrement incliné , séparant le cervelet des hémisphères. Voir la pl. LXXXil bis.
Continuons à examiner les parties que l’encéphale nous présente par sa face inférieure : derrière les tubercules pisiformes , une large surface qua* drilatère, b, légèrement déprimée au milieu par la présence d’un vaisseau artériel. Ce corps a porté long-temps le nom de pont de Varole ; Chaussier lui donna celui de mèsoeéphale , parce qu’il croyait qu’il avait pour but de réunir les diverses parties du cerveau : Gall lui donne le nom de commissures du cervelet. Au bord postérieur de cette commissure et sur les côtés du sillon-, b , se voit le nerf abducteur de l’œil , nerf de la sixième paire, f.
Derrière la commissure du cervelet , se voit un corps irrégulier , renflé à son extrémité supérieure où il présente quatre éminences bien prononcées : c’est le bulbe rachidien , présentant au milieu un sillon ayant à peu près la profondeur de deux à trois lignes. Les reliefs moyens, 2,2, portent le nom de pyramides; elles sont plus grosses en haut qu’en bas, ou elles vont en s’amincissant et se confondent avec la moelle alongée 1. A douze ou quinze lignes du mèsoeéphale ou commissures du cervelet, ces pyramides s’entrecroisent, mais on ne peut bien voir leur entrecroisement qu’après avoir enlevé avec soin la membrane qui enveloppe la moelle alongée. Cela fait, si on écarte avec soin et avec la lame d’un scalpel les deux bords des pyramides , l’entrecroisement se voit parfaitement. Nous l’avons fait représenter, pl. XII de l’atlas de notre ouvrage sur l’anatomie du cerveau.
Pourfour-Pelit (1) , anatomiste français, est celui qui a le mieux décrit , et
(1) Voici quelles sont les propres expressions tic Pourfour-Petit :
« Chaque corps pyramidal se divise à sa partie inferieure en deux gros manipules de fibres, * le plus souvent en trois, et quelquefois en quatre; celles du cote droit passent au côté » gauche , et celles du cold gauche passent au côté droit , en s'engageant les unes entre les » autres. *
avec le plus de soin, l’enlrecroisemcnt de9 pyramides : l’on ne conçoit pak comment Chaussier a pu le considérer comme une chose imaginaire, ou comme le résultat du tiraillement opéré sur ces parties. Gall , après Pourfour , a insisté sur l’entrecroisement et l’a démontré jusqu’à satiété. En dehors des pyramides , sont les olives ou éminences latérales ; 8, S (1). Leur plus grande étendue est de haut en bas : elles sont un peu moins élevées que les pyramides dont elles sont séparées par un sillon , d’où naissent les racines du nerf hypoglosse ou neuvième paire de nerfs. Entre la grande commissure et les éminences düvaires, et un peu en dehors, se voit un faisceau aplati, que l’on peut partager en deux portions distinctes , l’une antérieure , g, nerf facial ou portion dure du nerf auditif ; l’autre postérieure , e , portion molle du nerf auditif, nerf labyrinthique. La distribution, la forme et la consistance de ces deux nerfs diffèrent évidemment : derrière ce faisceau l’on en distingue un autre qui lui est immédiatement contigu par sa hase , r , d ; il est aussi composé de deux faisceaux , l’un antérieur, r, l’autre postérieur, d : le premier est le nerf glosso-pliaryngien , et le second le nerf vague ou nerf de la huitième paire. Tout-à-fait en dehors des olives et à cinq ou six lignes d’elles, on aperçoit un long filet nerveux dirigé de haut en Las , de dedans en dehors , a, a, a , naissant par plusieurs racines : nerf spinal ou accessoire de Willis.
Examinons, tandis que nous avons sous les yeux la pi. L XXXIV représentant tout le système nerveux cérébro-spinal vu en dessous , tout ce que nous pouvons apercevoir de ce système dans cette position. Les nn* 4, 5, 6, 7, 8 et 9, indiquent la face inférieure du cervelet et les divers lobules qui entrent dans sa composition. Considérée d’une manière générale, cette portion du système nerveux cérébro-spinal présente deux grosses masses à droite et à gauche du bulbe rachidien. On voit que chacune d’elles est divisée en plusieurs lobules composés de lames minces (2). Toute la face inférieure du cervelet repose dans les fosses occipitales inférieures , pi. Ar, fig. 2.
Nous allons passera l’examen des autres parties de la masse nerveuse renfermée dans le crâne , et qui ne peuvent être aperçues sans le secours de la dissection ou division. Si on écarte légèrement en dehors les deux lobes cérébraux, après avoir placé le cerveau sur sa face inférieure, pl. LXXXV , fig. 1 et 2 , on aperçoit une lame blanchâtre, a, a, a, paraissant réunir les deux hémisphères cérébraux, et que Chaussier appela , pour cette raison , mésolobe. Celte partie du cerveau est généralement connue sous le nom de corps calleux (3) ; sa surface est lisse , et sa longueur est ordinairement de (rois pouces
(1) Vieussens est le premier des anatomistes qui en a fait la description.
(2) Vicq-d’Azir et Chaussier ont extrêmement mal représenté les principales divisions du cervelet. Les planches de Gall et de Spurzheim , bien que mieux exécutées, sout loin d être exactes sur ce po:nt.
(il) Gall considère cette partie comme formée par la réunion de fibres provenant de la substance grise qui recouvre les circonvolutions, et qu'il appelle fibres rentrantes.