‹ Traité de phrénologie humaine et comparéeChapitre 6 sur 87 · SI · texte numérisé non relu

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Des enveloppes membraneuses et osseuses du cerveau de l'homme et des animaux vertébrés.

On appelle animaux vertébrés ceux qui présentent une colonne formée d’une série d’os réunis à l’aide de ligamens et de cartilages , offrant à l’une de ses extrémités une partie renflée désignée sous le nom de tête ou Kevethj

(1) Mot dérivé du mot grec xpayiou , crâne, et du verbe a xerreu, examiner.

des Grecs, Caput , des Latins. Composée de diverses parties osseuses, celle espèce de boite est destinée à contenir et préserver l’organe qui préside aux facultés intellectuelles et affectives de l’homme et des animaux. Cet organe est désigné collectivement sous le nom de cerveau, ou mieux encore sous celui de système nerveux cérébro-spinal.

Nous commencerons par faire connaître les diverses pièces qui servent de protection à cette partie si importante du système nerveux. Nous nous appesantirons surtout sur celle qui a le plus de rapports avec lui, nous voulons parler du crâne, dont nous nous attacherons à faire ressortir les rapports de conformation les plus remarquables et les plus importans pour les personnes qui veulent étudier la phrénologie , et posséder des connaissances plus étendues que celles qui ont été présentées jusqu’à ce jour sur cette science.

Avant d’aller plus loin , nous ne saurions trop recommander à nos lecteurs de ne lire nos descriptions qu’âprès avoir mis devant leurs yeux les dessins de notre Atlas , qui s’y rattachent ; on peut compter sur leur exactitude , et l'on peut être certain qu’en les consultant, on aura une juste idée des objets naturels : sans ceüe précaution indispensable , on courrait le risque de n’avoir qu'une idée vague , imparfaite ou fausse, de ces parties.

La peau du crâne, appelée aussi cuir chevelu, n’esl qu’une continuation de toute l’enveloppe cutanée de l’homme et des animaux vertébrés , connue sous le nom de peau. Cette membrane (1) offre assez d’épaisseur et de densité; elle se trouve fixée au crâne à l’aide d’un tissu blanc dont la dureté, la longueur et la densité varient selon les diverses classes d’animaux et les diffèrens points du crâne où on l’examine. Chez l’homme , elle offre assez d’épaisseur et se moule si bien sur le crâne , qu’elle ne devient pas un obstacle à saisir la forme de la tête dépourvue de cheveux. Il existe cependant quelques cas où elle présente une épaisseur telle qu’il est impossible d’apprécier le volume du crâne par la seule inspection de la peau ; c’est ce que nous avons trouvé plusieurs fois chez les idiots et plusieurs hommes doués d’un tempérament athlétique. Cette exception, assez nombreuse , nous parait mériter l’attention du phrènologiste et du médecin qui s’occupe de médecine légale.

La surface externe de la peau du crâne se trouve recouverte, chez l’homme , de poils ou cheveux propres à garantir cette partie de l’action des corps extérieurs. Chez certains animaux , la face externe de la peau crânienne est recouverte de poils ou de plumes variant prodigieusement pour la longueur et l’épaisseur. Son tissu présente quelquefois une élasticité si considérable , qu’elle peut

fl) 11 est seulement question ici de la peau étudiée dans un sens général, et non de l’anatomie spéciale des parties qui entrent dans sa composition, tels sont l’épiderme, le derme, le réseau muqueux, etc., dont l'histoire ne doit trouver place que dans un traité d’anatomie topographique.

être éloignée d’un ou de plusieurs pouces de la boîte osseuse : voilà pourquoi il est impossible, dans beaucoup de cas, d’apprécier le développement du crâne chez certaines espèces par la seule inspection de la peau qui le recouvre, lors même que celle-ci se trouve complètement privée des enveloppes pileuses.

On rencontre quelquefois chez l’homme un état particulier du tissu qui fixe la peau au crâne ; il consiste dans un relâchement de ce tissu , probablement dû à un épanchement ou à une infiltration de matière séreuse : on le trouve ordinairement plus prononcé à la peau qui entoure les orbites : il peut induire en erreur les personnes promptes à juger sur de simples signes extérieurs. Nous avons trouvé cette disposition bien caractérisée chez le docteur Robertonn , médecin anglais , qui habite Paris. La région du crâne où siège l’organe du calcul, parait au premier aspect, très-dèveloppée chez ce médecin ; cependant si l’on opère une légère traction sur la peau de cette région , on peut facilement se convaincre que ce prétendu développement n’est dû qu’au relâchement et à l’extension du tissu cellulaire qui unit la peau au crâne , et que la région où siège l’organe des nombres se trouve peu développée (1),

On trouve , indépendamment du cuir chevelu , une membrane dense, le périoste , et parfois des muscles et des aponévroses à l’extérieur du crâne de l’homme et des animaux. Comme ils se trouvent plus en rapport immédiat avec* les os qui le composent , nous y reviendrons en faisant la description particulière des os qui forment celte boite osseuse.

(1) Ce médecin nous a dit qu’il avait toujours eu peu de facilité pour l'arithmétique , etc que ce genre d’étude lui était très-pénible.

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