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CHAPITRE III

DU CRANK DE l’hOMME ET DES ANIMAUX VERTEBRES. N03IERE ET DESCRIPTION PARTICULIÈRE DES OS QUI LE COMPOSENT DANS LES PRINCIPALES CLASSES.

On donne le nom de crâne à cette partie du squelette de l’homme et des animaux , destinée à loger la masse encéphalique , c’est-à-dire le cerveau , le cervelet et le commencement de la moelle épinière. Les Grecs le désignèrent sous

le nom de K pctviw, les Latins sous celui de Calvaria. L’organisation de cette boite osseuse offre des différences remarquables de forme , de composition , d’épaisseur, etc., etc., suivant les diverses classes d’animaux. Elle est constamment formée de plusieurs pièces, présentant des différences remarquables de forme et de position : toutes ces pièces se trouvent réunies à l’aide d’entailles, dont la réunion constitue les sutures. Quelques-uns de ces os contribuent à la fois à la formation du crâne et de la face , voilà pourquoi quelques anatomistes dans leurs ouvrages les ont divisés en os du crâne proprement dits, et en os appartenant au crâne et à la face. Considéré d’une manière générale, le crâne présente chez l’homme une forme ovoïde dont la grosse extrémité se trouve placée en arrière, pl. LXXXVI, tig. 1. Celte forme n’indique cependant que l’un des cas les plus ordinaires , car nous verrons qu’il y a de trèsnombreuses exceptions. Celte variété de forme, comme nous le démontrerons

plus tard, est encore plus prononcée chez les animaux.

De tous les animaux vertébrés , l’homme est celui qui présente un plus grand développement de la région antérieure du crâne. Voici quelles sont les principales divisions de celte partie du squelette. 1° Une antérieure ou frontale, pl. LXXXVII , fig. 1, A. 2° Une autre supérieure ou le vertex , B; Beux latérales ou les tempes, C, C; enfin une située inférieurement appelée base du crâne, pl. V, fig. 2. Toutes ces divisions ou régions présentent des différences remarquables et de la plus grande importance, lorsqu’elles sont étudiées dans l’homme et les diverses classes, ordres, genres et espèces d’animaux. Nous n’examinerons dans notre ouvrage que le crâne de l’homme, celui des quadrupèdes et des oiseaux. Quant à celui des poissons, les différences qu’il présente sont trop variables pour qu’il soit possible de saisir les rapports entre l’enveloppe osseuse et la masse encéphalique.

Bien qu’il soit impossible d’assigner une forme constante au crâne des animaux appartenant à l’immense chaîne des vertébrés, chaque classe offre cependant un caractère général, qui doit servir de terme de comparaison pour l’étude anatomique de cette boite osseuse ; et quelque variété que celle-ciprésente, on ne peut, sans la plus grande ignorance, confondre ensemble des classes, des ordres ou des genres offrant des caractères bien tranchés. L’his-

TRAITE

loirc des différences que nous offrent les têtes des individus de la même classe , de la même espèce, quelquefois issus des mêmes père et mère, sera celle qui nous offrira le plus d’intérêt, et sur laquelle conséquemment nous insisterons davantage. Que l’on jette, par exemple, un coup d’œil sur la planche IX, fig. 1 et 2, voilà deux individus appartenant au même genre, il existe cependant entre leurs actes intellectuels des différences étonnantes. La planche LXXXYI, fig. 1 et 2, représente deux têtes d’individus de la même espèce ; l’une est celle d’un homme adulte, qui, sans présenter un grand développement de la région frontale , a cependant celte partie du crâne assez prononcée pour ne pas la confondre avec la même régionde la tête placée au-dessous.

Afin de faire connaître d’une manière plus fructueuse les variétés de formes intérieures et extérieures du crâne , toujours considéré d’une manière générale, c’est-à-dire sans une description particulière des os qui entrent dans sa composition, nous aurons recours à la division la plus généralement employée, nous voulons dire les parties désignées sous le nom de voûte et de base, enfin la section verticale. Nous examinerons successivement ces diverses parties chez l’homme et dans les classes et les espèces les plus importantes des animaux vertébrés. Leur description accompagnée de dessins parfaits et assez nombreux pour en faire saisir les différences les plus remarquables , les gravera facilement dans l’esprit de nos lecteurs, et les mettra à même de mieux appliquer la phrénologie.

Voûte du crâne de 1 homme et des animaux.

Elle résulte d’une section horizontale et circulaire du crâne , partant d’un demi-pouce au-dessus de l’apophyse occipitale externe et se rendant à un demi-pouce au-dessus des os propres du nez. Le crâne se trouve ainsi divisé en deux parties : la voûte, pi. Y, fig. 1 , et la base, même pl., fig. 2. Examinons la première de ces deux parties.

La voûte du crâne de l’homme présente deux surfaces, l’une extérieure , en contact avec les parties molles qui enveloppent le crâne , pl. LXXXYI , fig. 1 ; l’autre intérieure, tapissée par une membrane de l’ordre des fibreuses. La voûte présente intérieurement cinq régions principales, une antérieure, pl. Y bis, fig. 1, À, A, A, A; une seconde supérieure, B, B, B, B; une troisième postérieure, C, C; et deux latérales, D, D. Toutes ces régions présentent des sortes d’entailles, 2, 2, 2, désignées sous le nom de suture; elles sont formées par la réunion des divers os qui composent le crâne. La lettre N indique le point où se trouve la suture dite coronale, elle n’existe pas constamment. Celle indiquée par la letfre O est appelée corono-pariétale ; la lettre M indique la suture sagittale ; et celle marquée P, l’occipitale. Ces sutures n’existent que lorsque le crâne a acquis un certain développement; ce n’est

guère que vers l’âge de onze à douze mois qu’elles commencent à se former. Chez l’homme, c’est ordinairement la suture occipitale qui' se fait apercevoir la première, voijez la pi. VIII, fig. $ (1); celle-ci, comme on le voit, est très-apparente lorsqu’il n’existe encore aucune trace de suture sagittale. Dans l’âge avancé, elles disparaissent, et la voûte parait formée, du moins â l’extérieur , par une seule pièce osseuse. On aurait tort cependant de considérer ce dernier cas comme existant généralement ; et ce seul caractère serait loin d’être un signe certain servant à constater l’âge d’une personne dont le corps serait un objet de recherches en médecine légale. Nous possédons trois têtes de personnes avancées en âge, où les sutures sont extrêmement prononcées , et qui seraient probablement désarticulables : l’une est celle d’une femme de soixante-dix-huit ans, l’autre d’un homme de quatre-vingt-trois, enfin celle d’une autre femme de quatre-vingt-quatorze ans.

La surface interne de la voûte du crâne de l’homme, pi. V, fig. 1 , est lisse, et présente des empreintes et des reliefs en rapport avec les circonvolutions du cerveau ; on y remarque aussi des sillons destinés à loger des vaisseaux artériels et veineux. L’un d’eux est plus remarquable que tous les autres et s’étend de Z à Y. Il loge une des principales veines destinée à rapporter tout le sang qui a servi à la nutrition du cerveau.

La dure-mère ou membrane fibreuse qui enveloppe le cerveau, tapisse toute cette face interne de la voûte qui présente les traces des sutures que nous avons déjà observées au-dehors, et des dépressions répondant aux circonvolutions ou plis du cerveau. Quelques-unes de celles-ci sont plus prononcées que les autres et répondent aux masses les plus apparentes de l’encéphale, ou à ses principales divisions. Elles sont au nombre de six; les deux premières répondent aux parties moyennes latérales du front, bosses frontales L, L, pl. Y bis, tig. 1 ; les secondes aux régions moyennes pariétales, F, F, bosses pariétales, îYZ. pl. , fig. 1; les troisièmes aux bosses occipitales supérieures, Q, Q.

En examinant avec soin la texture de la voûte du crâne, on voit qu'elle se compose de deux lames osseuses , l’une externe et l’autre interne , renfermant dans leur intérieur une matière spongieuse , pl. Y bis , tig. 1, X, N, X, connue, en anatomie sous le nom de diploë. Cette matière présente des variétés de densité et d’épaisseur dans les diverses régions de la voûte du crâne. Ainsi elle est plus épaisse dans la région occipitale et va successivement en diminuant d’épaisseur jusqu’à la région frontale, id. lig.

Les deux lames de la voûte présentent quelquefois dans la région antérieure un écartement assez considérable pour laisser plusieurs lignes et même quelquefois un pouce d’intervalle entre elles ; la cavité qui résulte de cet écartement porte le nom de sinus frontal, pl. Vil bis, fig. 1 , N, N, N. On conçoit

(î) Les sutures chex l'adulte sont toujours plus prononcées à l'extérieur de la voûte qu'à sa surf ce interne.

THAITÉ

que lorsque celte cavité est très-étendue , il est absolument impossible d’apprécier à l’extérieur du crâne le développement des parties cérébrales situées dans cette région : il n’en est pas ainsi des autres points de cette boîte, où, sauf quelques états maladifs que nous ferons connaître, on peut avoir une juste idée du volume des parties du cerveau qu’elle recouvre, par la seule inspection de sa table externe, la table interne lui étant parfaitement parallèle, et le degré d’élévation de l’une répondant rigoureusement à celui de l’autre (1).

§ II

Yoùte du crâne des quadrupèdes.

La voûte du crâne des animaux se trouvant correspondre à la plus grande partie des organes cérébraux, mérite toute l’attention du phrénologiste. Nous traiterons donc ce sujet avec beaucoup plus de soin et d’étendue que ne l’ont fait les naturalistes et les physiologistes les plus distingués qui nous ont précédés.

On retrouve dans la voûte du crâne des quadrupèdes, pi. I et III bis , les fosses principales que nous avons fait connaître chez l’homme, mais avec des différences de proportion très-remarquables. On y voit en outre , la famille des quadrumanes exceptée, une fosse destinée à loger le cervelet, pi. III bis lig. â au trait, fosse qui, comme nous le verrons plus loin, se trouve faire

O) Quelques anatomistes ont nié que la table externe du crâne de l'homme fut en rapport avec l’interne. Nous avons entendu le professeur Béclard soutenir cette opinion dans ses cours d'anatomie : il citait , à l'appui de son assertion, des observations faites sur des cerveaux qu’il avait laissé congeler, en exposant des têtes à un froid rigoureux. Nous croyons que les observations de cet anatomiste , si distingué d’ailleurs, manquent d’exactitude. Que Béclard ait trouvé dans la surface externe d’un cerveau congelé une différence sensible de conformation avec la table externe, rien n’est moins surprenant, car le procédé qu’il employait était plus que suffisant pour faire changer la forme du cerveau.

On sait , en physique , que l’eau qui passe de l’état liquide à l’état solide , augmente de volume; or , le cerveau contenant beaucoup d’eau, sa forme aura dû nécessairement changer par l’effet de la congélation. Quand les phrénologistes avancent que la table externe du crâne, à cause de son parallélisme avec l’interne, permet d’apprécier à l’extérieur le plus ou moins grand développement des parties cérébrales , ils ne soutiennent pas pour cela que la table externe soit tellement en rapport avec l’interne, que l'inspection de la première puisse faire connaître les divisions du cerveau; car , dans ce cas, les circonvolutions de celui-ci se dessineraient à l’extérieur du crâne; et l’on sait que cela n’a pas lieu, du moins chez l’homme. Deux causes principales s’opposent à ce qu’il en soit ainsi dans l’espèce humaine : 1° la duremère offre chez l’homme une épaisseur assez remarquable ; conséquemment , les empreintes des circonvolutions doivent être moins marquées à la surface interne de la voûte; 2° la table externe est séparée de l’interne par un diploé assez épais, de manière que les circonvolutions ne peuvent se prononcer au-dehors , comme dans les espèces où les deux lames sont contiguës et la dure-mère beaucoup plus fine. Mais il n’est pas moins vrai que , lorsqu'un point du crâne est développé, la partie du cerveau qui y répond l’est aussi; et voilà ce que les phrénologistes entendent par rapport de développement entre la table externe et le cerveau.

DE PHRÉNOLOGIE. Z 1

partie de la base du crâne de l’homme. Celte cavité présente des ehfoncemens qui répondent aux principales divisions du cervelet, id. fig. II, H, H, II; elle se trouve séparée, dans certaines classes d’animaux, des autres parties de la voûte par une lame osseuse, id. tig., destinée à séparer le cerveau du cervelet, et remplaçant une membrane que nous étudierons plus tard chez l’homme. Cette lame présente beaucoup de différence, soit sous le rapport de son épaisseur, soit sous celui de son étendue. Il serait difficile d’indiquer quel peut être son véritable usage. Les recherches que nous avons faites à cet égard ne nous ont conduit à aucun résultat satisfaisant. M. le professeur Richerand (1) croit qu’elle est destinée à empêcher le choc du cervelet et du cerveau chez les animaux exposés à faire de grands sauts. Voici ce que ce professeur écrit à cette occasion.

« La tente du cervelet , qui partage l’intérieur de la cavité du crâne en deux » parties d’inégale capacité, est osseuse chez certains animaux, dont la pro- » gression s’opère par bonds et par mouvemens précipités, dans le chat, » par exemple (2) , qui peut, sans être étourdi , faire des sauts effrayans par » leur hauteur. »

Cette assertion de M. le professeur Richerand nous parait tout-à-fait gratuite. Plusieurs animaux, habitués à faire de grands sauts, et nous citerons pour exemple l’écureuil , n’ont point la tente du cervelet osseuse ; le lièvre , le lapin de garenne se trouvent dans le même cas; pareille organisation se retrouve encore chez les singes connus par leurs sauts et leurs gambades. D’ailleurs cette lame osseuse se rencontre chez des animaux à marche lente et pesante : tels sont le raton , le blaireau , etc Je puis encore ajouter qu’il m’est arrivé de trouver de très-petites tentes cérébelleuses dans des crânes de chiens réputés pour excellens sauteurs et coureurs ; et bien que cette lame ne séparât pas complètement le cerveau du cervelet, ces animaux n’avaient donné pendant leur vie aucun signe de commotion cérébrale. La pi. VI , fig. 1 , représente la coupe verticale du crâne d’un jeune chien , excellent sauteur : on voit que la tente osseuse se trouve peu développée.

Prise dans son ensemble , pi. I, fig. 2, la voûte des quadrupèdes présente une forme ovale, dont la grosse extrémité se trouve en arrière. La surface externe se trouve ici recouverte immédiatement par le péricrâne (J). Vient ensuite la peau qui se trouve unie à celui-ci par un tissu cellulaire plus ou moins dens<; suivant les classes. Dans beaucoup d’animaux, d’énormes muscles recouvrent presque toute la surface externe de la voûte du crâne : nous citerons pour exemple toute la famille des carnassiers, chez qui de très-forts muscles temporaux viennent s’insérer à la crête qui règne dans toute la lon-

(1) Physiologie y vol. n , page 116 , 5e edition.

(2) La figure 3 représente la voûte du crâne de cet animal. On distingue très bien sur la figure la lame osseuse dont il est question.

(3) Sorte de tissu lamineux très-dense et recouvrant les os.

TRAITÉ

gueur de la voûte ; voir pi. XXVI, fig. 1 et 2. On ne peut donc , dans les animaux dont la surface externe du crâne se trouve ainsi matelassée de muscles, distinguer , même lorsque la peau du crâne se trouve enlevée , quelles sont les parties de cette enveloppe qui se trouvent les plus saillantes.

Certains quadrupèdes présentent sur une partie de la voûte quelques appendices désignés sous le nom de bois , ou des portions osseuses destinées à recevoir un étui corné (1). On remarque dans la voûte du crâne des quadrupèdes , ainsi que cliez l’homme , une réunion d’entailles formant les sutures et indiquant que , chez eux , le crâne se trouve composé de plusieurs pièces, pl. 3 bis, fig. 3. La surface interne de la voûte présente ou des dépressions sinueuses ou de simples enfoncemens. Le premier cas se rencontre chez tous les animaux dont le cerveau se trouve pourvu de circonvolutions. Tels sont l’homme, pl. V, fig. 1, le singe, pl. III, fig. 5 , la vache , le mouton , le chevreuil, le cochon , etc. ; mais elles ne sont nulle part mieux exprimées que dans la famille des carnassiers. La taupe et la chauve-souris d’Europe font exception. Dans la marte, pl. I, fig. 2, la belette, pl. Ill bis, tig. 6 , le chat , id. pl. , fig. 3 , les empreintes des circonvolutions sont très-apparentes. Que l’on place par exemple la voûte du crâne d’un jeune chat entre l’œil et une bougie , de manière que la surface interne du crâne soit en avant, les empreintes produites par les circonvolutions cérébrales seront si sensibles , que l’on croira avoir devant les yeux la surface externe du cerveau de cet animal. Cette disposition, assez prononcée chez les vieux carnassiers, l’est cependant beaucoup moins que chez les jeunes animaux de la même espèce ; résultat dû au développement plus considérable du diploë.

Dans toute la famille des rongeurs, sans exception, la surFace interne de la voûte est lisse et présente des dépressions répondant aux points les plus développés de leurs cerveaux (2), pl. III bis, fig. 4, voûte du crâne d’un lièvre. Nous avons vu que la voûte du crâne de l’homme se trouvait composée de deux lames osseuses séparées paï un tissu appelé diploë, et que celui ci présentait plus ou moins d’épaisseur dans les divers points du crâne : pareille disposition se retrouve chez les animaux. Nous n’indiquerons pas ici toutes les variétés d’épaisseur existant entre les deux lames crâniennes chez les diverses classes, ordres, genres et espèces; ce serait entrer dans des descriptions fastidieuses , dont la seule vue des planches de notre Atlas suffit pour donner une idée. Il existe cependant une disposition particulière de la partie antérieure

(1) Voir les planches XXVII et XXVIIT.

(2) Gall avait avancé comme une chose certaine ( Physiologie du cprveciu , 6 vol. in-8.) que le cerveau du castor était pourvu de circonvolutions. M. Spurzheim , dans son ouvrage sur la phrénologie, publié à Londres, 3e édition, s’exprime ainsi : « Cuvier a eu tort en » disant que le erveau des rongeurs était dépourvu de circonvolutions , car le cerveau du » castor eu présente de très distinctes. » L’opinion de ces deux anatomistes est tout- à-fait gratuite. La vérité est que le cerveau du castor ne diffère en rien de celui des autres rongeurs, c’est-à-dire qu’il est lisse.

de la voûte du crâne des animaux , que nous ne pouvons passer sous silence, c’est la région où se trouve l’écartement des deux tables répondant au meme point du crâne de l’homme et formant ce que nous avons appelé sinus frontal. Ce renflement, faisant suite aux cavités olfactives, est souvent très-développé chez certaines espèces, et l’est peu et même pas du tout chez d’autres; ce qui peut donner lieu à des erreurs grossières en phrénologie comparative (1). L’éléphant, le bœuf, la vache, le mouton présentent une voûte pourvue d’énormes sinus frontaux. Plusieurs espèces de chiens , notamment les grosses espèces, offrent aussi des sinus frontaux très-étendus, tandis que les petites espèces en sont assez généralement dépourvues, voir lapl. IX, fig. 1 et 2. Le renard n’offre point de sinus frontaux, pi. VI, fig. 2 II n’en est pas de même du loup où ils sont extrêmement développés, et forment le relief énorme placé derrière les os du nez, pi. XXXI, fig. 1.

C’est absolument sans fondement que Gall avance que les chats ne présentent pas de sinus frontaux; ils y sont au contraire bien prononcés, eu égard au volume de leur crâne, pi. IV, fig. 1. Ils sont à peu près nuis dans la marte, pi. I, fig. 2. Dans le lion, les sinus frontaux sont énormes et contribuent à former cette saillie qui se remarque à la partie antérieure de son crâne , pi, XXIV. Nous reviendrons encore sur ce sujet lorsque nous examinerons la coupe verticale du crâne des quadrupèdes.

§ in.

Yoùte du crâne des oiseaux.

La voûte du crâne des oiseaux, pi I, fig. t5, présente la forme d’un ovale dont la grosse extrémité se trouve en arrière et |a petite en avant. L’une de scs faces, l’externe, est lisse, convexe, présente des renllemens ou saillies correspondant aux points les plus développés de leurs cerveaux ; l’une de ses saillies se trouve plus prononcée que les autres, elle répond au cervelet et préseute de chaque côté deux légères dépressions. Toute la surface externe de la voûte du crâne des oiseaux se trouve recouverte par un périoste mince, et celui-ci par la peau du crâne. On trouve quelquefois sur cette surface des muscles ou des appendices osseuses, comme dans la pintade, pl. LVI, fig. 8 et 9.

La face interne de la voûte du crâne des oiseaux est lisse et présente trois dépressions ou enfoncemens , pl. I bis, fig. 7, 8, 9 et 9. Les deux premières , marquées, 1, 2, 3, 4, 15, 6, fig. 10, logent les lobes cérébraux; l’autre, placée en arrière, C , et sur la ligne médiane, loge le cervelet. Ordinairement, une légère crête ou raphé sépare les deux fosses logeant les lobes du cerveau , et se termine en arrière en forme de V, présentant un relief sur les cotés de la fosse cérébelleuse, id. fig. ; sur les côtés de celle-ci se voient des cellules qui

(1) Le docteur Spurzbeim, par exemple , a indiqué le siège de l’organe de la douceur, chez le chien , pl. VII, fig 1, 3e édition de sa phrénologie, exactement sur les sinus frontaux de cet animal.

TRAITK

font partie des cavités de l’ouïe chez certaines espèces, id. pl., fig. 7 et 9, N, N, N.

La surface interne de la voûte du crâne des oiseaux est lisse (1) : on y aperçoit quelquefois de légers sillons destinés à loger des vaisseaux , pl. 1 , fig. 5. Toute celte surface se trouve en contact avec la dure-mère , comme dans l’homme et les quadrupèdes.

Deux lames osseuses concourent à former la voûte du crâne des oiseaux : il existe quelquefois entre elles un écartement assez considérable, rempli par une matière diploïque. Nous avons un exemple de ce mode de conformation dans le crâne de l’effraie , pl. I bis, fig. 8. Dans cet oiseau, ce tissu est peu dense et celluleux; il n’en est pas de même chez certaines espèces appartenant à la famille des gallinacées , comme la poule , le dinde, pl. II , fig. 2 et 4, où il présente une assez grande densité (2).

Dans toute la famille des oiseaux connus sous le nom de becs fins, tels sont les mésanges, les chardonnerets, les moineaux , etc., les deux lames du crâne sont tellement rapprochées , qu’elles paraissent n’en former qu’une. Nous aurions bien encore quelques remarques à faire sur l’organisation de la voûte du crâne des oiseaux ; mais comme elles seraient plus savantes qu’utiles pour lo sujet que nous avons en vue , nous nous renfermerons dans le cercle des descriptions qui s’y rattachent, renvoyant aux Traités d'anatomie topographique les personnes qui voudraient acquérir des connaissances plus minutieuses.

§ IV

Base du ciâne de l'homme.

La base du crâne de l’homme , que nous prenons d’abord pour terme de comparaison à cause de son plus grand développement, offre trois régions bien distinctes, 1° une antérieure, A, A, A, A, pl. Y, fig. 2, et pl. Y bis , fig. 2, sur ^laquelle se trouvent les numéros indiquant les diverses parties de cette région du crâne ; !2° une moyenne , C, E, D, V ; S® une postérieure K, F, G, H. Prise dans son ensemble (3) , la base du crâne présente un plan incliné d’arrière en

(1) 11 ne. peut en être autrement ; tonte la famille des oiseaux, sans exception, offrant un cerveau sans circonvolutions. On voit que , sous ce rapport , cette classe présente une grande différence avec un grand nombre de genres, dordres et de classes d’animaux chez les quadrupèdes.

(2) Ce tissu ne se voit bien que chez les oiseaux de cette famille qui ont passé l’âge adulte : il m’est souvent arrivé de rester stupéfait en ouvrant des crânes de très vieux coqs d’Inde ou de très vieilles poules ou coqs de basse-cour: leur crâne , assez volumineux en apparence , nq présentait qu’une cavité encéphalique d’une très petite dimension, et presque envahie par le tissu diploïque.

(3) Nous ne saurions trop recommander aux personnes qui veulent acquérir des détails positifs et absolument nécessaires en phrénologie , d’étudier avec soin ces détails anatomiques, en les suivant sur la planche; elles acquerront ainsi une connaissance exacte des parties qu’il leur est absolument essentiel de connaître.

avant , dont la largeur augmente dans le même sens. La fosse antérieure so trouve partagée en deux parties par une crête osseuse , M, appartenant à l’os connu sous le nom d’ethmoïde. Cette apophyse a été improprement désignée sous le nom de crête de coq, crista galli, dans presque tous les ouvrages d’anatomie anciens et modernes. Sur ses côtés , ou parties latérales, e, e, e, e, id. pi., id. tig., se voient plusieurs trous destinés à laisser passer les nerfs olfactifs; tout le reste de la fosse antérieure, à droite et à gauche , se trouve recouvert par la partie inférieure des lobes antérieurs du cerveau , et forme le plancher orbitaire. On voit que, dans cette région, les circonvolutions sont bien exprimées sur le crâne ; ce qu’il faut attribuer au peu d’épaisseur que la membrane qui enveloppe le cerveau présente dans ce point.

Trois os, dont nous ferons plus^lard la description , contribuent à la formation de la fosse antérieure de la base du crâne. Ce sont l’ethmoïde , le coronal et le sphénoïde.

La fosse moyenne, C, D, E, est plus étroite à sa partie moyenne , Y, où se trouve une dépression , o, o, o, o, logeant un petit corps désigné vulgairement sous le nom de glande pituitaire. Les côtés, ou parties latérales de la fosse moyenne , sont assez développés ; ils logent les lobes moyens du cerveau et la partie antérieure des lobes postérieurs.

Deux os entrent dans la formation de la fosse moyenne , le sphénoïde qui en forme la plus grande partie, et les temporaux.

La fosse postérieure de la hase du crâne, F, G, II, E, est plus étendue que les deux autres : elle se trouve presque entièrement formée par l’os occipital et son apophyse basilaire; cependant une petite portion du sphénoïde et des temporaux contribuent à sa formation.

La fosse postérieure de la base du crâne se trouve correspondre, dans ses parties latérales , F, F, aux lobes du cervelet, et, dans sa partie moyenne, K, K, au renflement de la moelle épinière. Au milieu de cette fosse et en arrière se voit un grand trou ovalaire, P, destiné à laisser passer la moelle alongée. Sur les parties les plus latérales , deux larges dépressions, II, II, logent les sinus latéraux»

En examinant avec soin l’intérieur de la base du crâne, pi. V, fig. 2, on aperçoit encore plusieurs trous que nous n’avons point mentionnés : il en sera question lors de la description des os auxquels ils appartiennent.

base du crâne des quadrupèdes.

La base du crâne des quadrupèdes présente des variétés de formes que le plirènologisle ne doit pas ignorer. ISous allons examiner avec soin les plus importantes^

La fig. (j de la pi. III, représente la base du crâne du singe sajou. La pi. V bis,

TRAITÉ

fig. 3, représente la même base pourvue de numéros et de lettres exactement les mêmes que chez l’homme. Examinée superficiellement, cette partie du crâne du singe paraîtrait avoir une grande ressemblance avec celle de l’homme. Elle offre cependant à l’œil attentif des différences bien remarquables, que nous allons faire ressortir. Dans le singe, la crête ethmoïdale, M, n’est pas apparente, l’ethmoïde se voit à peine; le plancher orbitaire, A, A, A, A, forme deux saillies très-renflées à l’intérieur, et ne présente pas, comme chez l’homme , un plan presque horizontal. On y trouve aussi des dépressions en rapport avec les circonvolutions cérébrales. Cette région offre, comme on voit, un grand rétrécissement de ses parties latérales et antérieures. A la partie moyenne, et en arrière delà fosse antérieure, se voient deux trous très-rapprochès l’un de l’autre, 4, 4 ; ils donnent passage, comme chez l’homme, aux nerfs optiques. La fosse moyenne est assez prononcée; elle présente au milieu, comme dans l’espèce humaine, une cavité, o, o, où se trouve logé le corps pituitaire.

La fosse postérieure, F, G, a, comme dans l’homme, assez d’étendue , et se trouve, ainsi que chez lui, en rapport avec la face inférieure du cervelet. Cette fosse est ordinairement plus spacieuse chez le mâle que dans la femelle ; caractère qui se retrouve aussi chez l’homme (1).

Nous allons trouver chez les autres quadrupèdes des différences encore plus remarquables entre les bases de leurs crânes comparées avec celle del’homme. Nous ne passerons point en revue, comme on doit bien le penser, les bases de crânes de tous les animaux : nous nous contenterons de faire la description de celles qu’il importe le plus de connaitre. Nous retrouvons d’abord , comme chez l’homme, trois fosses principales, du moins chez les carnassiers , car nous verrons qu’il n’en existe réellement que deux bien distinctes chez les rongeurs et les herbivores. Examinons d’abord la base du crâne des animaux

carnivores. Nous voyons que, dans le chat, pi. Ill bis, fig. 2, il existe, à la

partie moyenne de la fosse antérieure, une crête ethmoïdale, et, de chaque côté, des trous assez nombreux, i , i, i, i, laissant passer les nerfs olfactifs ; ces trous sonL surtout bien apparens dans la base du crâne de la marte; pi. 1, fig. 1. Le plancher orbitaire présente chez ces deux animaux un contraste frappant d’étendue et de forme , si on le compare avec celui de l’homme et du singe. Comme chez eux, il se trouve marqué de dépressions indiquant la forme des circonvolutions qui y répondent -.dans le chat, le plancher orbitaire se trouve sur un plan encore moins horizontal que chez le singe; sa partie la plus extérieure est plus relevée que l’interne. Dans la marte, pi. I, fig. 1 , le plan du plancher orbilaire s’élève d’arrière en avant et devient plus rapproché d’une ligne perpendiculaire élevée à sa surface ; il est extrêmement rétréci Vers son extrémité antérieure où il se termine en pointe, et n’offre que l’empreinte d’une petite circonvolution. Dans le chat, pi. III bis, fig. 2, oit voit

(1) On verra cependant, lorsqu'il sera question d'applications pbrenologiques, qu’il existe quelquefois des exceptions à cette règle.

que la même région offre plus d’étendue. Derrière les trous ethmoïdaux , pi. Ill bis, tig. 2, se voient les deux trous optiques, v, v, dirigés de dehors en dedans, et, dans la marte, d’arrière en avant. La fosse moyenne, 5 , 6 et 7 , offre généralement peu de profondeur, bien qu’assez étendue. Sa partie moyenne présente une dépression id. pi. id., fig. 8, où se trouve logé, comme chez l’homme, le corps pituitaire. La fosse postérieure, h, h, nous présente des différences très-remarquables avec celle des hases du crâne de l’homme et du singe. La gouttière basilaire, m, m, tig. 2, en forme la plus grande partie : le trou occipital que nous avons vu présenter , chez le singe et surtout chez l’homme , une direction verticale , se trouve ici en avoir une horizontale , p. Au lieu de se trouver , comme dans l’homme et le singe , au milieu de la fosse postérieure , il est , au contraire , placé à son extrémité la plus reculée. Il résulte de ce mode d’organisation une différence frappante , à cet égard , entre la fosse postérieure de la base du crâne de ces animaux et la môme région chez l’homme et les quadrumanes.

Il est plus difficile, dans les rongeurs, id. pi., fig. I , d’établir une ligne de démarcation entre les fosses de la base du crâne. Nous avons indiqué , par les chiffres 2, 2, 4 , 8, 6 , et la lettre c , les parties qui y répondent. La partie la plus interne de la fosse antérieure se termine en pointe ; au milieu, et antérieurement, se voient les trous ethmoïdaux, i, i, très-prononcés chez eux (1). Il existe , entre la base du crâne des rongeurs , et celle des carnassiers , une disposition remarquable que nous allons signaler. Si nous comparons , par exemple, à volume égal, deux bases de crâne , l’une d’un carnassier, pi. III bis, fig. 2 (base du crâne du chat) , l’autre, celle d’un rongeur, id. pi., fig. 1, (base du crâne du lièvre) , nous trouvons que , du point où commence le cerveau (2) , à celui où il se termine , il existe dans le premier plus de longueur que chez le second , conséquemment plus de parties cérébrales. Gall avait déjà fait un rapprochement, à cet égard, entre la tôle des rongeurs et celle des carnivores, à l’occasion de l’histoire de l’instinct carnassier, comme il l’appelle. Si l’on élève , dit-il , une perpendiculaire sur le trou auditif externe chez les herbivores , il ne reste derrière elle qu’une petite portion du cerveau et du cervelet, tandis que chez les carnassiers cette perpendiculaire, tirée du même point , partage le cerveau en deux parties égales. Cette observation de Gall est doublement inexacte : 1° sa ligne perpendiculaire tombe, chez les rongeurs , entre les hémisphères et le cervelet , et la même ligne, au lieu de partager le cerveau des carnassiers en deux parties égales , le divise au con-

(t) Dans les gros ruminans et les herbivores, dont nous n’avons point fait représenter la base du crâne à cause de son extrême \olunic, les trous ethmoïdaux sont très-prononcés et séparés par une forte crête ethmoïdale. C’est du moins ce que nous avons rencontré chez la vache , le cheval, l'âne et le mouton. En arrière des trous olfactifs se trouvent , chez ces animaux , deux larges dépressions où sont logées les bulbes des nerfs olfactifs tçcs-renllés chez eux.

(2) Mous entendons , dans ce cas, par cerveau , les deux lobes cérébraux.

traire très-inégalement, la plus grande partie restant en devant. Gall n’a éi<* induit en erreur que parce qu’il s’est consente d’examiner le crâne superficiellement; sa ligne étant tirée à l’extérieur, il est impossible de voir à quel point du crâne elle répond intérieurement. Nous allons faire ressortir par un moyeu sùr, dans ces deux classes d’animaux, la justesse de notre observation. Soit , par exemple, une ligne transversale tirée sur la base du crâne du «bat, animal carnassier/et devant le conduit auditif, pi. Ill bis , a, b, fig'. 2, et la même ligne tirée sur celle du lièvre , animai de la famille des rongeurs, id pi., fig. 1. On voit que chez le premier le crâne ne se trouve point partagé , comme le soutient Gall , en deux parties d’égale étendue , et, qu’ainsi que nous l’avions observé chez le rongeur , fig. 1 , la ligne passe exactement entre la région du cervelet et celle des hémisphères cérébraux. Nous reviendrons plus loin sur ce point lorsqu’il sera question d’appliquer la phrénologie , et nous en ferons ressortir toute l’importance.

Nous terminerons ce qui a trait à la base du crâne des rongeurs, en faisant observer que l’on ne trouve point , dans les fosses qui la composent , ces dépressions que nous avons vues chez les carnassiers, du moins elles n’offrent pas le même caractère ; cela tient à ce que les cerveaux de tous les animaux de cette classe se trouvent complètement lisses , ou dépourvus de circonvolutions. Le trou occipital se trouve avoir , comme chez les autres quadrupèdes ,. une position horizontale ; il est même placé plus haut et plus en arrière quo chez eux, fig. 1, p.

S VI

Base du crâne des oiseaux.

Il a été facile de voir, par les précédentes descriptions , que de grandes différences. se laissaient apercevoir entre la base du crâne de l’homme et celle du singe, entre celle de cet animal et celle des autres quadrupèdes : nous avons même vu que cette partie des animaux appartenant à cette dernière classe présentait des variétés encore plus remarquables. Nous trouverons celles-ci encore plus sensibles dans la classe des oiseaux. Plusieurs anatomistes , et nous citerons le plus célèbre de tous, M. Cuvier, ne trouvent que deux fosses principales â la base du crâne des oiseaux; nous croyons au contraire qu’elle en présente trois bien distinctes.

Voici la description de cette partie du crâne des oiseaux, qui nous parait la plus propre â donner une juste idée de ses rapports avec le système cérébrospinal. La fig. À de la pl. 1, représente la base, du crâne de la corneille mantelée : nous la prenons de préférence comme point de comparaison , parce que chez elle toutes les régions y sont assez développées. La fig. 7 de la pl. V bis représente la ligure de la même hase de crâne : elle est pourvue de lettres indiquant ses parties les plus remarquables. Les deux grandes surfaces

DK PHRÉNOLOGIE.

marquées, A, A, A, A, A, forment, selon nous, la grande fosse principale ; on pourrait l'appeler supérieure. Nous la distinguerons en trois régions : 1° l’une antérieure 1, elle répond à la partie inférieure et antérieure des hémisphères: 2° une moyenne 2 , en contact avec les parties moyennes latérales et inférieures de ces mêmes hémisphères; 8° enfin une postérieure 3, logeant leur extrémité postérieure et inférieure. On peut voir les différences remarquables que présentent les bases du crâne de quatre autres espèces représentées pl. 1 bis, seulement à l’égard de la région que nous venons de faire connaître. Au milieu de la base du crâne se remarque une légère dépression N, où se trouve logé le corps dit pituitaire; plus en dehors, deux dépressions, id. fig , C, C; elles se trouvent remplies par les tubercules bijumeaux : la fosse postérieure D, ne présente réellement qu’une partie moyenne ; elle répond au cervelet et au commencement de la moelle épinière : son étendue et sa profondeur sont toujours en rapport avec le développement de ces parties du système cérébro-spinal. De chaque côté de la fosse cérébelleuse se remarque une partie des cellules appartenant aux organes de l’ouïe , renfermés entre les deux lames du crâne. La fig. 2 de la pl. ï bis, représente le crâne de la corneille mantelée , dont j’ai enlevé la table externe , afin de laisser apercevoir les canaux demi-circulaires très-développês dans cette espèce. La description des trous qui se remarquent à la base du crâne des oiseaux , trouvera sa place lors de l’histoire des os qui concourent à sa formation.

S VII

Coupe verticale du crâne de l'homme et des quadrupèdes.

Étudiée chez l’homme et dans la longue série des animaux vertébrés , la section verticale du crâne offre d’immenses avantages au phrènologiste : 1 " elle nous fait apprécier d’un seul coup d’œil toute l’étendue et la forme de la cavité cérébrale , puisqu’elle représente une moitié de la cavité de cette boite osseuse, et qu il nous est facile , par la pensée , d’y ajouter celle qui manque , pl. VII bis, fig. 1,2,8, 4, 5, 6, 7 , 8 ,9 , pl. III, fig. 8 et 4,pl. VI, fig. 1 et2.

2° Nous pouvons apprécier , par son examen , les divers degrés d'épaisseur des parois du crâne, depuis la racine du nez jusqu’à l’extrémité la plus reculée de l’os occipital ; nous pouvons mieux aussi distinguer l’écartement plus ou moins considérable que l’os frontal présente entre ses deux tables (sinus frontaux).

8° Sa profondeur nous indique le plus ou moins grand développement des parties cérébrales logées sur ses côtés.

La coupe verticale du crâne de l’homme , pl. VII et pl. VII bis , fig. 1 , représente un ovale ayant plus d’étendue en arrière qu’en avant ; les deux lames qui la forment présentent à peu près , y compris la substance spongieuse , environ deux lignes d’épaisseur. La portion de ces lames qui répond à la partie inférieure

TRAITÉ

du front N , N , N , et celle où se trouve la crête occipitale , sont les points qui présentent le plus d’épaisseur ; la région la moins épaisse est celle qui répond au cervelet, elle n’a pas plus d’une demi-ligne; la moitié du cervelet et l’hémisphère entier du cerveau du même côté, remplissent toute la cavité de la coupe verticale du crâne de l’homme. La surface interne se trouve tapissée , chez le sujet vivant , par une membrane fibreuse appelée dure-mère : on y voit des empreintes répondant aux circonvolutions du cerveau, et plusieurs sillons destinés à loger des vaisseaux artériels et veineux ; l’un de ces sillons appartient à la principale artère de la dure-mère, pi. YI1 bis, fig. 1, K. Dans les quadrupèdes, la coupe verticale du crâne présente aussi un ovale dont la partie antérieure se trouve moins développée que la postérieure. Nous trouverons , à cet égard , des différences remarquables chez les divers animaux , quelquefois même entre des individus de la même classe , comme le renard et le chien , dont les coupes verticales du crâne sont représentées pi. VI, fig. 1 et 2, et même chez des individus du même genre , comme on le voit dans les deux coupes verticales des crânes des deux chiens, représentées pi. IX , fig. 1 et 2. Nous nous contenterons de signaler , peur le moment, les différences les plus frappantes d’organisation, nous réservant de faire ressortir plus tard les actes psychologiques qui sont en rela-

tion avec elles.

Voici les différences les plus remarquables d’èteiïdue qui nous sont présentées par la coupe verticale des crânes des quadrupèdes , et sur lesquelles nous croyons devoir insister. La fig. 5 de la pi. VII bis, représente la section verticale du crâne du singe sajou (1) ; une ligne perpendiculaire Jtirée de la partie moyenne du plancher orbitaire , ne présente que cinq à six lignes de hauteur ; le diamètre longitudinal, représenté par la ligne tirée de la racine du nez à l’os occipital , est très-prononcé ; mais il existe entre le mâle et la femelle de cette espèce une différence frappante à cet égard; la fig. S, pi. III, représente la coupe verticale du crâne du sajou femelle, la fig. -4 , id. , pl. , celle du mâle.

La pl. IV représente trois autres sections verticales de crânes d’animaux carnassiers , fig. 1,2 et S. La première est celle du chat domestique, la seconde, celle de la marte , et la troisième, celle du putois.

Dans le chat , fig. 1 , le crâne présente en hauteur , dans la région que nous avons indiquée chez le singe, c’est-à-dire, à partir du milieu du plancher orbitaire, une étendue de trois à quatre lignes; dans la marte, fig. 2, elle n’a pas la moitié de cette étendue ; elle est encore plus petite chez le putois , fig. ÎB.

Dans le renard , pl. VI, fig. 2 , la même région comparée avec celle du chien, id. pl. , fig. 1 , présente une différence frappante ; dans le chien, cette partie de l’os frontal se trouve beaucoup plus étendue que dans le singe (2).

(1 ) C’est cette espèce que les bateleurs et beaucoup d'enfans font voir dans les rues pour de l’argent.

(2) Je m’entretenais un jour de la doctrine de Gall avec un de mes confrères , distingue' par ses connaissances variées. Il prétendait que la phrénologie se trouvait en défaut par la comparaison du crâne du ebieu avec celui du singe. Ce dernier animal, disait-il , a la région

Dans quelques especes de chiens, comme celle dont la coupe verticale du crâne se trouve représentée, pi. IX , fig. 1 , on trouve d’énormes sinus frontaux : une partie de leur cerveau se trouve donc séparée de la table externe , de manière à ne pouvoir être appréciée à l’extérieur du crâne.

La coupe verticale se trouve divisée en deux parties distinctes , chez certaines espèces , par la lame osseuse dont nous avons parlé à l’occasion de la voûte. L’une, antérieure, loge les hémisphères cérébraux, l’autre, postérieure, le cervelet. La première , ainsi qu’on le voit sur les trois coupes de têtes représentées pl. IV , est plus étendue que l’autre : elle présente dans ces trois espèces des empreintes répondant aux circonvolutions du cerveau , et quelques légers sillons logeant les vaisseaux de la dure-mère. Dans celle qui contient le cervelet, se remarquent quelques enfoncemens répondant aux principales divisions de eette partie du système nerveux.

§ VIII

Coupe verticale du crâne des oiseaux.

Partagé verticalement, le crâne des oiseaux, pi. II, fig. 1 , 2, S, 4 , S, présente plus de hauteur en arrière et au milieu qu’antérieurement. On peut voir, en jetant les yeux sur les coupes verticales des dix têtes d’oiseaux appartenant à des espèces différentes, pi. Il et II hisf la différence d’étendue que ces espèces nous présentent sous ce rapport. Examinons d’abord ceux de ces crânes qui nous offrent une capacité absolue plus considérable. L’oie (1), pi. II, fig. § , le perroquet , id. pl. , fig. 1 , la corneille mantelée, id. pj. , fig. 5 , présentent une cavité crânienne bien plus grande que le dinde, id pl. , fig. 2, et la poule , id. pl. , fig. 4. Quant à la capacité relative, on voit que le perroquet est celui qui présente la partie antérieure ou frontale la plus développée ; vient ensuite la corneille mantelée, enfin l’oie. Cette région est au contraire peu étendue chez la poule et le dinde , qui méritent réellement la juste réputation qu’ils ont acquise , comme oiseaux stupides. Il est aisé de voir , par ces dix dessins de la plus grande exactitude , que l’écartement existant entre les deux lames qui composent le crâne de ces oiseaux, est loin d’être le même dans tous. Commençons par ceux de lapl. II. Dans le perroquet et la corneille mantelée , on trouve à peu près une ligne entre elles; l’intervalle se trouve rempli par un

antérieure du crâne plus développée que le chien , et cependant celui-ci le surpasse en intelligence. Sans doute le chien est de beaucoup supérieur au singe par son intelligence, mais la partie antérieure de son crâne, comme on peut le voir ici, est bien plus grande que celle du singe. Ce médecin n’avait donc pas observé avec attention.

(1) C’est à tort que l’on considère l’oie comme un animal stupide : les recherches que nous avons faites sur cet oiseau nous ont démontré qu’il possédait au plus haut degré certaines facultés. Il reconnaît fort bien les personnes et les lieux; il est brave, et montre beaucoup d’attachement pour ses petits et pour ceux qui lui font du bien. L’histoire nous apprend que sa vigilance sauva le Capitole.

tissu celluleux peu résistant. Dans le dinde et la poule , l’écartement est plus considérable , et le tissu qui le remplit , le diplot* , extrêmement dense. Dans le héron bleu, pi. II bis t fig. S , les pardîs crâniennes sont peu écartées l’une de l’autre. Il en est de même du canard sauvage et domestique , id. pl. , fig. 1 et 2.

Dans l’effraie , id. pl. , fig. 15 , les parois du crâne offrent , dans leur intérieur, un tissu celluleux très-étendu , voilà pourquoi on aurait une très-fausse idée du développement du cerveau de cet animal , si on l’appréciait seulement par la surface externe du crâne , notamment dans la partie antérieure , où il existe plus de trois lignes entre les deux tables de cette région. Cette tête exceptée , il est aisé de voir que dans toutes les autres il existe un parallélisme parfait entre la ligne marquée par la table interne et celle qui dessine la surface extérieure du crâne.

Nous ferions au moins deux volumes sur l’organisation de la coupe verticale du crâne des animaux, si nous voulions en faire une description trop détaillée et trop minutieuse. Nous avons cru qu’il était seulement important , pour le but que nous voulons atteindre , de nous arrêter aux faits principaux , convaincu qu’en pareil cas il n’y avait rien de mieux à faire que de suivre le précepte d’Horace : seqnius irritant animas demissa per anrem quam quœ sant oculis subjecta fulelibus. Nous ne saurions donc trop^ngager nos lecteurs à examiner avec soin les fidèles représentations de ces coupes ; leur simple vue leur sera plus utile que les meilleures descriptions , quelque minutieuses qu’elles puissent être.

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