‹ Traité de phrénologie humaine et comparéeChapitre 65 sur 87 · OISEAUX VOYAGEURS · texte numérisé non relu

OISEAUX VOYAGEURS

d’hiver .

d’été.

La bécassine pi. XLV1II , Ag. 5.

La bécasse , id. pl. , fig. 1 .

Le grand courlis, id pi. , fig. 3.

La large aboyeuse, id. pl. , fig. 2.

L’oie sauvage commune, pl. Ll , flg. 1. Le canard sauvage , id. pl., fig. 4.

Le canard pilet , pl. LUI , fig. I.

Le morillon, id. pl. , fig. 2.

Le cravant, id. pl., fig. 3.

Le soucbet, id. p!.,fig. 4.

La bernache , id. pl. , flg. 5.

Le pluvier à collier, pi. L, fig. I .

La petite maubêge , id. pl. , fig. 2.

Le moyen courlis, id. pl. , fig. 3.

Le bécasseau , id. pl. fig. 4.

L’huîtrier, id. pl., fig. 5.

Le grèbe , pl. LII, fig. 1.

Les macreuses , id. pl. , flg. 2 et fig. 3. La sarcelle , id. pl. , fig. 4.

Le canard sifïleur , id. pl., fig. 5.

La spatule, pl. XLV, flg. 1.

Le cygne sauvage, id. pl. , flg. 2.

La cigogne, id. pl. , flg. 3.

La grue commune, pl. XLIX , flg. 3.

l e coucou , pl. XLVll , flg. 2 .

L’hirondelle, id. pl. , fig. 4.

le martinet, id. pl. , fig. I.

La huppe , id. pl. , fig. 3.

l a fauvette à tête noire , id. pl., flg. 5. L’engoulevent, pl. LX1II, fig. 3.

Le loriot , pl. LXXII , fig. 5.

Le râle de genêt , id. pl. , fig. I.

La caille , pl. 1.XV1 , fig. 2.

La pie grièche rousse , id. pl. , flg. 3.

L’os frontal des oiseaux peut présenter deux caractères bien différensdans la partie antérieure et externe, c’est-à-dire celle qui s’étend de i en d, et qui forme l’arcade orbitaire (voir la fig. 1 au trait, pl. XVII) : ou cette partie est déprimée et aplatie , ou bien elle présente une espèce de renflement assez

TRAITÉ '

considérable. La première disposition se remarque chez les corbeaux, pl. LIX, fig. 1; la corneille, pl. XLIV, fig. S; la pie, id. pl., fig. 4; la buse, pl. LXIX, fig. 2; la cresserelle, pl. LIY, fig. 2; l’aigle, id. pl. , fig. 8; le coucou, pl. XLYII , fig. 2 ; la huppe, id. pl. , fig. S ; le martinet, id. pl., fig. 1 ; les hérons, pl. LY, fig. 2 et 4.

Chez les canards, le grèbe , les oies et les cygnes sauvages, ce rebord orbitaire est arrondi et renflé , comme s’il était soufflé de dedans en dehors. Il prè-ente chez ces espèces quelques rugosités , probablement dues à la présence d’un corps glanduliforme (glande de Harderus).

Dans toutes les espèces où le bord orbitaire est déprimé , c’est derrière, et dans le point marqué 20, pl. XCIII, fig. 4, qu’il faut chercher l’organe des localités. Il est facile de voir que cette partie se trouve sensiblement renflée sur le crâne de l’hirondelle, pl. XLVII, fig. 4 ; du martinet, id. pl., fig. 1; de la huppe , id. pl., fig. !B; du coucou, id. pl., fig. 2; de l’engoulevent, pl. LXIII, fig. 3 ; enfin chez tous les oiseaux voyageurs d’étè compris dans la liste que je viens de présenter. Il est digne de remarque que chez toutes ces espèces le rebord orbitaire est mince et déprimé à sa partie la plus externe.

Dans plusieurs espèces d’oiseaux voyageurs d’hiver, nous trouverons une différence de conformation assez remarquable pour être signalée. Chez toutes les oies et les canards sauvages , dont j’ai fait représenter dix espèces dans mon atlas , le rebord orbitaire est arrondi et bombé. Que l’on se rappelle ce que j’ai dit de l’organe du sens géométrique , et l’on ne sera point surpris de trou* ver ici un tel mode de conformation. Toutes ces espèces , sans exception , ont la faculté de tracer en l’air des figures géométriques. Le grèbe, la famille des courlis et les barges , sont aussi dans le même cas ; aussi la région marquée 1 8, fig. 4 , pl. XCÎIÏ, est-elle bien prononcée sur leur crâne. Une disposition contraire se remarque chez les oiseaux voyageurs d’étè.

Il n’existe pas d’oiseaux chez qui l’organe des locali tés se distingue mieux à la surface du crâne que chez la bécassine. Cette disposition est due, d’une part, à l’extrême développement de cet organe chez cet oiseau , de l’autre, au peu d’épaisseur de son crâne , surtout dans la région frontale (1).

Toutes les personnes peu familiarisées avec l’anatomie du crâne et du cerveau des oiseaux, prendront les deux masses situées en arrière des orbites et occupant tout le frontal de la bécassine, pour les organes des lieux : l’erreur est d’autant plus facile â commettre , que le crâne de cet oiseaux, placé entre

(1) Il est digne de remarque que les bécassines sont , de tous les oiseaux voyageurs, les plus répandus. Voici ce que je trouve à ce sujet dans le 4e vol. du Voyage de Cook , édit. ip-4° , MDCCLXX1V, Paris. Il est question du gibier qui se trouve à Batavia.

a En général, le gibier volant y est assez rare j nous avons aperçu une fois dans les champs un canard sauvage , mais nous n’en avons jamais vu d’exposés en vente : nous avons souvent vu des bécassines de deux espèces, dont l’une est exactement la même que celle d’Europe : il est à remarquer que les bécassines se trouvent dans beaucoup plus de pays du monde qu’un autre oiseau. Elles sont communes à certaines époques dans toute l’Europe , l’Asie , l’Afrique et I Amérique.

l’œil et la lumière , laisse apercevoir deux masses communes. L’expérience cl un grand nombre de comparaisons , m’ont cependant démontré que ces deux masses renferment plusieurs organes , et que le point marqué 20 sur le crâne du corbeau, pl. XCIII, fig. 4, est celui qui correspond aux organes des lieux. Cette partie est généralement très-renflée chez tous les oiseaux voyageurs; on peut comparer comme contre épreuve le crâne du dinde, pl. LI, fig. 5 ; de la perdrix , pl. LXII , fig. 6 ; du faisan , pl. LYI , fig. 1 ; du héron , pl. LY , fig. 2 , tous oiseaux sédentaires.

On peut encore comparer ensemble, afin de bien saisir la différence d’organisation , deux individus du même genre ; le crâne du canard domestique et celui du canard sauvage, pl. LI, fig. 8 et 4; celui de l’oie domestique et de l’oie sauvage , id. pl. , fig. 2 et fig. 1 .

Bien que la différence entre ces espèces soit frappante, on aurait tort de supposer que chez l’oie et le canard domestiques , l’organe des localités soit peu développé ; il l’est au contraire à un degré très-remarquable : c’est là ce qui explique commentées oiseaux reviennent facilement, de très-loin, aux lieux où ils résident. La pl. LXXII représente autant de cerveaux d’oiseaux voyageurs : chez tous , sans exception , la région moyenne antérieure répondant au nombre 20 , fig. 4 , pl. XCIII , est très-saillante. On retrouve la même disposition sur le cerveau de l’hirondelle , pl. LXXIII, fig. 9 ; de l’huürier, id. pl. , fig. 6. J’ai rencontré, chez des oiseaux de la même espèce , un état de développement de l’organe de localités assez remarquable et que je ne puis passer sous silence.

Un chasseur me donna un jour une tête de canard sauvage , en l’accompagnant d’une observation que j’avais déjà entendu faire plusieurs fois. C’est que cet oiseau se trouvait à la tête du Y que la troupe traçait en volant. J’avais ouï dire, me dit ce chasseur , qu’il se trouvait toujours un chef chargé de conduire les autres; ainsi vous pouvez compter l’avoir , car j’ai la conviction de l’avoir tué. L’année suivante , je reçus encore une tête d’un canard placé à la tête de la troupe. Mais ce qu’il y a de vraiment curieux , c’est que sur trente crânes de canards sauvages qui font partie de ma collection , ce sont les seuls qui présentent , dans le plus haut degré de développement , les organes de la distance , de la résistance , du sens géométrique et des localités. Ce cas est-il accidentel? est-il , au contraire, la suite d’un développement plus considérable des organes que je viens de citer chez les individus de la même espèce , développement qui changerait en certitude l’hypothèse d’un chef ou d’un oiseau instructeur chez quelques espèces sauvages? C’est ce que j’ignore , mais le fait n’en est pas moins exact.

Dans les petits quadrupèdes l’organe des localités est très-facile à recon-' naître , lorsque le crâne offre peu d’épaisseur : c’est ce que l’on peut voir sur le crâne de l’écureuil, pl. XXXVII , fig. 1 ; du lemming de la Norwége, fig. 7 et 8 , pl. XIX : ce n’est pas le point indiqué par le n° 4 , id. pl. , fig. au trait ? qui est le siège de l’organe des localités , mais celui qui est en dedans de ce n 0

TRAITÉ

La région <4 est affectée au sens géométrique , et sous ce rapport , le crâne de ce rongeur présente une grande ressemblance avec celui des oiseaux qui voyagent en traçant des figures dans l’air. Je ne puis rendre l’impression agréable que j’éprouvai après avoir découvert cette faculté et le siège de son organe chez les oiseaux, lorsque je vis pour la première fois le crâne du lemming, chez qui je rencontrai une organisation semblable et la même faculté , d’après la description que Linné nous a donnée sur ces animaux. Les lemmings , dit ce célèbre naturaliste, voyagent par troupes immenses qu’aucun obstacle n’arrête : on les voit descendre par milliers des montagnes de la Norwége et du nord de l’Europe , à certaines époques , qui , quelquefois , n’arrivent guère qu’une fois tous les huit ou dix ans. Ils descendent en nombre incroyable des Alpes du nord , où sont construits leurs terriers dans les plaines voisines ; ils marchent rangés en bataille , les files serrées , laissant leur passage marqué par un chemin de la largeur qu’occupe la troupe. ( Linnœus , Systema naturœ).

Chez le chat , la circonvolution placée derrière le n° 2 , fig. 2 , pl. LXXV, est l’organe des localités. Cette circonvolution est plus distincte sur la fig. 8, id. pl. , parce que celle qui se trouve en devant est bien séparée de celle des localités.

Le crâne de la chatte représenté en bas et à gauche, pl. XXXIII, peut servir de modèle quant au développement de l’organe des localités. Bien que très-jeune et portée dans un panier à plus d’une demi-lieue, elle revint à sa première demeure : trois heures après son transport elle était de retour.

Le crâne du chien représenté pl. XXIII, fig. 2, est celui d’un barbet

femelle, ayant appartenu à un Anglais qui habitait Caen en 1827. Obligé d’aller passer quelques jours à Rouen , il emmena son chien avec lui et dans une voiture. Le chien perdit son maître dans cette ville , mais trois jours après il revint à Caen (1).

L’organe des localilés est énorme chez ce chien : il donne lieu à cette saillie qui se remarque au-dessous de la crête qui va se terminer à l’angle orbitaire. La circonvolution marquée 4, fig. 6, pl. LXXV, est l’organe des localités chez cet animal. On peut comparer , quant à la différence de développement de cette partie cérébrale , les deux cerveaux représentés pl. LXXI , fig. 1 et 2 (2). Celui de la fig. 1 appartenait à une chienne très-remarquable par sa facilité à retrouver les lieux : il s’en fallait de beaucoup que l’autre s’orientât aussi aisément; il lui arrivait même très-souvent de se perdre. (Ces deux animaux étaient de même âge et de même espèce).

L’organe des localités est très-apparent chez le renard , où il occupe la même place; en se confondant avec un autre organe, il donne lieu, chez cet animal, à ce renflement qui se remarque au-dessous de la crête qui va se rendre à l’angle orbitaire externe. Ce grand développement de l’organe des

(1) On compte 30 lieues de Rouen à Caen.

(2) H y a erreur dans le texte anglais, le n° I est i’épagncul femelle , et le n9 2 l’épagneul mâle.

DB PHRÉNOLOGIE

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