CHAPITRE IV
OS QUI ENTRENT DANS LA COMPOSITION DU CRANE DE l’hOMME , DES QUADRU¬ PEDES ET DES OISEAUX, COMPARES ENTRE EUX DANS LES POINTS LES PLUS REMARQUABLES DÀNATOMIE.
Os du crâne de l’homme.
Lé précèdent chapitre a été consacré à l’histoire du crâne de l’homme , des quadrupèdes et des oiseaux , considéré d’une manière générale : nous avons fait ressortir, par des démonstrations exactes, les points les plus remarquables de la cavité encéphalique , vus selon les coupes ou divisions les plus importantes. Chacune de ces divisions a été non-seulement examinée chez l’homme , mais encore chez les quadrupèdes et les oiseaux : on a du se convaincre , par nos descriptions , que ce sujet si important de la physiologie du cerveau avait été complètement négligé par tous les auteurs qui ont traité de la phrénologie. L’ouvrage le plus complet sur cette science , celui de Gall , n’offre que de légers aperçus à cet égard; encore ne sont-ils pas, ainsi que l’on peut s’en convaincre, exempts de reproche.
Nous allons maintenant étudier les divers os qui concourent à former la cavité du crâne. Ce sujet , déjà traité par quelques anatomistes , ne l’avait été jusqu’à nous que sous un point de vue purement anatomique ; nous l’envisagerons ici tout à la fois sous ce premier point, et sous celui, plus important encore, de la physiologie du cerveau. Si nos détails coïncident , quant à l’anatomie , avec ceux de quelques auteurs, il faut considérer qu’ayant traité le même sujet, nous avons dû nécessairement nous rencontrer avec eux. Nous protestons ici que nous n’avons pris pour base de nos descriptions , que la nature elle-même ; c’est ce que nos dessins prouveront d’une manière incontestable. On verra , par leur inspection, combien il serait, nous ne dirons pas difficile, mais impossible , d’avoir une idée des objets sans leur représentation.
Les os qui entrent dans la composition du crâne de l’homme 6ont au nombre de huit : tous sont représentés sur la pi. XI ; ce sont ; le coronal ou frontal , fig. 1 ; l’occipital , fig. 2 ; l’ethmoïde , fig S ; les deux pariétaux , fig. 4 et S ; le sphénoïde , fig. 6 ; et les deux temporaux, fig. 7 et 8.
Dans presque tous les cours d’anatomie et dans les ouvrages sur le même sujet, on commence toujours la description des os du crâne par le coronal ; ce-
TRAITÉ
pendant d’autres auteurs ont préféré , et nous croyons avec juste raison, commencer par celui de tous les os qui servait de support à tous les autres , celui qui avait avec eux plus de connexions ; nous voulons parler du sphénoïde. C’est aussi par lui que nous croyons devoir commencer la description des os entrant dans la composition du crâne.
§ III
Du sphénoïde.
Cet os est appelé sphénoïde, de deux mots grecs signifiant coin, et de la particule cïJbç entraînant avec elle l’idée de similitude ou ressemblance. Les anciens anatomistes avaient comparé sa forme à celle d’une chauve-souris dont les ailes seraient étendues : on est d’abord frappé de cette comparaison , dont un examen attentif ne tarde pas à faire voir le peu de justesse.
Le sphénoïde occupe le milieu de la base du crâne , dont il forme presque à lui seul la plus grande partie de la fosse moyenne, voir la pl. Y, fig. 2. Yoici quelles sont de ses faces celles qui peuvent présenter de l’intérêt au phrénologiste : celle qui répond au cerveau, face cérébrale , pl. XI, fig. 6 , et pl. XI bis , fig. 6. Toute cette surface, comme on le voit, est assez inégale : elle se trouve recouverte par la membrane dure-mère. Voici les principales choses que l’on y observe : exactement au milieu, voir la planche Xï,fig. 6,« une fosse' destinée à loger le corps pituitaire (1) , d ; au-devant de cette fosse et plus en dehors, deux apophyses triangulaires, a, a , ailes d’Ingrassias , à la hase desquelles se trouvent deux trous, c, c, destinés à laisser passer les nerfs optiques; au-devant de ceux-ci , une surface lisse sur laquelle reposent les nerfs olfactifs.
Les parties latérales de la face cérébrale du sphénoïde sont très-importantes à connaître (Gall et tous les auteurs qui ont écrit après lui sur la phrénologie , n’ont rien dit sur les organes qui s’y trouvent logés) ; leurs usages sont encore généralement inconnus. Une grande fen te et trois trous se remarquent dans les fosses latérales; la fente résulte de l’écartement placé entre les grandes et les petites ailes , 10, 10. Les trous placés sur la même ligne, sont le grand rond, 7,7, destiné au passage du nerf maxillaire supérieur ou deuxième branche du nerf trifacial ; le trou ovale , 11, 11, par lequel passe le nerf maxillaire inférieur ou troisième branche du nerf précité ; enfin , le petit rond ou splièno-èpineux, 12,12, à travers lequel passe l’artère qui va se distribuer à la duremère, et former à la surface interne du crâne ces rameaux indiqués sur la fig. 1 de la pl. Y.
Voici les principaux points de la surface cérébrale des grandes ailes , que les
(1) Les usages de ce corps que quelques analomistes ont assimile improprement aux glandes , ne sont pas connus. Ce qu’il y a de certain , c’est que nous l’avons trouvé chez tous les mammifères , les quadrupèdes et les oiseaux dont nous avons disséqué les cerveaux.
phrênologîstes ne doivent pas ignorer , et sur lesquels nous croyons devoir fixer leur attention (1). Nous diviserons cette région en trois parties : 1° Une antérieure et interne , 2 : elle répond dans l’orbite, et en forme la partie externe la plus profonde. 2° Une supérieure, 1 : elle répond en dehors à la région temporale inférieure , et se trouve recouverte au dehors par les fibres du muscle temporal. Nous verrons plus loin que l’épaisseur des fibres de ce muscle peut devenir un obstacle à saisir , sur le vivant, le développement de la partie cérébrale occupant cette région. Nous indiquerons cependant quelques signes qui peuvent quelquefois servir à l’apprécier. La troisième région est celle marquée & : il est impossible de saisir à l’extérieur son développement , lorsque le crâne est entouré de ses parties molles. Sa surface externe répond à la fosse zigomatique.
La fosse gutturale du sphénoïde (voir la planche X , fig. 6 , où le sphénoïde se trouve représenté de manière à faire voir la face opposée à celle que nous venons de décrire) offre peu d’intérêt pour le phrénoîogiste : elle est extrêmement irrégulière et présente à sa partie moyenne une crête, 8,8, fig. 6, pi. X i/s , qui s’articule avec l’os connu sous le nom de vomer. En dehors de cette crête, se voient de chaque côté deux rainures pour l’articulation de ces deux os. Plus en dehors, un appendice osseux connu sous le nom de ptérygoïde. Toute cette surface est, comme on le voit, très-irrégulière, et recouverte par la membrane pituitaire : elle donne attache à plusieurs musclos appartenant an voile du palais. Nous laissons de côté et à dessein une foule de petits détails minutieux , insignifians pour le physiologiste , et qui ne doivent trouver leur place que dans un ouvrage d’anatomie purement topographique. L’os sphénoïde s’articule avec le coronal, par les grandes et les petites ailes ; avec le vomer , par la partie moyenne de sa face inférieure ; avec les temporaux , par les parties latérales des grandes ailes ; avec l’occipital , l’cthmoïde , les os palatins et de la pommette ; enfin avec les pariétaux.