‹ Traité de phrénologie humaine et comparéeChapitre 78 sur 87 · TRA1T · texte numérisé non relu

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per, afin de lire dans vos regards si vous ne l’avez pas devinée. Celte attitude est évidemment contrainte ; car si , comme je l’ai observé, vous avez l’air de n’ajouter aucune confiance à ce qu’elle vous dit , un sourire malin ou embarrassé vient vous prouver que vous avez rencontré juste. J’ai retrouvé la môme expression de figure chez les enfans qui jouent à cacher un objet: tant que celui qui est à la recherche ne l’a pas encore trouvé, le plus grand nombre reste impassible et change tout à coup d’expression au moment de la découverte.

Les personnes rusées sont en général très-curieuses ’ elles aiment à s’enquérir de ce que les autres disent et font; elles sont aussi très-défiantes. Dans leurs questions elles ne vont jamais directement à leur but. L’imitation ajoute beaucoup à la ruse eu leur donnant les habitudes et le geste qui conviennent le mieux au rôle qu’elles veulent jouer. Une personne de ma connaissance possède ces deux facultés dans un assez haut degré. Un jour , et en ma présence, elle reçut une personne et lui fit mille démonstrations d’amitié, que je savais n’êlre pas sincères. Bien que le rôle eut été bien joué , je ne pus m’empêcher, après le départ de celte personne , delever les épaules. Probablement que mon langage fut bien entendu de notre comédien , car il partit aux éclats.

La démarche de l’homme rusé est souvent accompagnée d’un mouvement légèrement oblique de tout le corps ; la tête se trouve un peu en avant , et se porte alternativement de droite à gauche. On retrouve la même pantomime chez le renard , la marte et le chat. J’ai observé plusieurs fois la mimique de la ruse chez les ours renfermés dans les basses fosses du Jardin des Plantes. Elle a surtout lieu lorsque les enfans leur jettent un morceau de pain fixé à une ficelle qu’ils retirent aussitôt que l’animal en approche. J’ai vu plusieurs fois l’ours marcher dans une direction en apparence opposée à celle où se trouvait le pain , et lorsqu’il se croyait à une distance convenable il faisait brusquement un saut oblique et s’en emparait. Lorsqu’on lui jetait le pain au haut de l’arbre il se mettait à grimper et s’arrêtait à certaine distance, portant la tête à droite et à gauche, et n’ayant pas l’air de voir le pain : après avoir fait Cette manœuvre pour endormir la vigilance de celui qui tenait la ficelle, il s’élancait comme un trait sur le morceau de pain.

Quand un chien veut échapper au châtiment qui le menace , il ne vient près de son maître qu’obliquement , et s’arrête à une certaine distance. S’il est très-rusé, ce sera en vain qu’on l’appelera, il ne viendra qu’aulant qu’il ne verra aucune trace de colère dans les traits de son maître. Celui-ci a beau prendre un air riant pour l’engager à venir , l’animal reste eu place, il voit bien que c’est un piège qu’on veut lui tendre.

La mimique de l’organe du courage varie suivant que cet organe est plus ou moins excité. La position que beaucoup de soldats donnent à leur chapeau, me parait un degré de cette faculté. Mettre sou chapeau de travers n’indiquel-il pas tout à la fois une action physique et morale ? pourquoi donc celle si-

DF PHRÉNOLOGIE

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