‹ Traité de phrénologie humaine et comparéeChapitre 79 sur 87 · SI · texte numérisé non relu

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tualion du schako , qui se remarque surtout chez ce que l’on appelle les crûnes en terme de régiment ? que de fois en examinant la manière dont nos lanciers portent le leur , n’ai-je pas réfléchi à la situation qu’ils lui donnent? la portion droite se trouve abaissée sur l’épaule du même côté, tandis que la gauche plus élevée laisse à découvert la région du courage.

Dans l’action énergique de l’organe du courage , la tête est portée en ar^ rière et de côté, et se rapproche de la portion du corps vers laquelle elle est tournée. La statue du gladiateur indique parfaitement cette espèce de mimique. Je ferai observer en passant , que la région du courage est fortement exprimée sur la tête de celte statue. Ce n’est pas au reste le seul cas où les artistes de l’antiquité se soient rencontrés avec les faits que la phrénologie nous présente. La mimique du courage chez les animaux, se reconnaît à la position que prend ranimai en se tenant dans une altitude fixe , les jambes écartées et la tête un peu inclinée du côté de l’organe en action. La mimique de la concentration consiste surtout dans un mouvement en arrière de la tête , qui reste dans une position fixe. Souvent la main du côté gauche lui sert de point d’appui , tandis que la main droite reçoit à son tour l’articulation du bras avec l’avant-bras du côté gauche, afin que la main de ce côté supporte la tête plus facilement. Chez les animaux, la tête se trouve portée un peu en avant, et légèrement renversée en arrière. Un chat ou un chien en arrêt, qui guette un moineau , présente bien ce caractère. La mimique de rattachement consiste dans un mouvement de rotation de la tête qui se dirige du côté de la personne à qui l’on témoigne de bâmilié , il est accompagné d’un mouvement de la main en avant, allant à la rencontre de celle de la personne, qu’elle presse fortement. Gall cite avec raison comme modèle de la mimique de l’attachement, le groupe de Castor et Pollux, dans lequel les bras des deux frères sont passés sur l’épaule l’un de l’autre, chacun serrant son organe de l’amitié contre celui de l’autre. Le même auteur fait preuve de sagacité, en faisant remarquer le mouvement des chats qui font le gros dos , en frottant la région de l’organe de l’attachement contre la personne qu’ils caressent.

J’ai vu plusieurs fois les chiens tourner en rond autour de la personne qu’ils voulaient caresser, frottant les parties latérales de leur tête sur ses jambes, et s’appuyant sur les leurs afin de trouver un point d’appui, pour presser avec plus de force la tête contre la personne.

Il m’est arrivé de voir des chevaux qui voulaient donner des marques d’attachement, porter la tête de haut en bas et un peu de côté, agitant en même temps leur queue brusquement et dans un sens horizontal.

La mimique de l’organe de la propagation a été très-bien décrite par Gall chez l’homme et certains animaux , mais il me semble qu’il n’a fait qu’indiquer son plus haut degré d’action , sans en faire connaître toutes les nuances. Il est certain que lors du plaisir vénérien , la tête se trouve portée en arrière et rapprochée des épaules. Ce phénomène s’observe non-seulement chez l’homme , mais encore chez beaucoup d’animaux. Cependant assez de temps

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avant que celte action ait lieu , il existe quelques signes extérieurs de l’action du cervelet : voici d’abord un mouvement que j’ai observé plusieurs fois chez les personnes qui ont le cervelet assez développé : la tête se porte souvent en arrière, et ensuite de droite à gauche , de manière que la nuque frotte contre le collet du vêtement. Quelque temps avant que le cervelet entre en action, le besoin du mouvement se fait sentir , les hommes et les animaux deviennent, comme ou le dit vulgairement , coureurs. Les chats abandonnent les maisons, grimpent sur les toits ou rodent dans les lieux où ils croient trouver des femelles. Les cerfs franchissent dans le même but des espaces immenses.

Les hommes non moins emportés dans leur passion fréquentent les lieux où se trouvent les filles publiques. Je tiens d’une de ces malheureuses , qu’il y a deux époques de l’année où les hommes paraissent plus portés aux plaisirs vénériens. La première a lieu vers le mois d’avril et se prolonge jusqu’à la fin de juin , l’autre commence à la fin d’octobre et continue jusqu’à la fin de février. Comme ces remarques sont le fruit d’une longue expérience personnelle , j’ai dù y avoir une entière confiance. La mimique de l’attachement pour les petits, consiste ordinairement dans un mouvement brusque de la tête de haut et bas, il a surtout lieu lorsqu’une personne tient par les deux mains un enfant qu’elle a placé sur ses genoux. D’autres fois la tête se trouve poi têe de côté et très-rapprochée de l’enfant. La voix , les gestes , prennent alors un caractère enfantin , tout à fait en harmonie avec l’objet qui met l’organe en action. Ce n’est pas seulement chez les femmes que ces phénomènes se passent , ils ont lieu aussi chez les animaux. J’ai surpris plusieurs fois des chattes et des chiennes affectant toutes les allures des petits , afin de les distraire et de les amuser.

Chez le ouistiti , espèce de singe chez qui le mâle et la femelle donnent des soins aux petits , on voit le père et la mère prendre l’un après l’autre leur petit dans leurs bras et le bercer comme le ferait une personne. J’ai observé plusieurs fois des petites filles faire le même mouvement avec lqjjr poupée, qu’elles approchaient de leur visage, accompagnant cette action de mouvemens de balancement de tout le tronc de droite à gauche; il est assez curieux que Gall, en traitant de la mimique des facultés , n’ait rien dit de celle qui accompagne rattachement pour les petits.

Gall ne me parait pas avoir indiqué convenablement la mimique du sentiment de propriété. Comme l’organe de la propriété , dit-il , est placé latèrament dans les tempes, mais plus en avant qu’en arrière ; lors de son action énergique , la tête sera portée en avant un peu de côté, et les bras tendus en avant , les mains tantôt ouvertes à plat pour recevoir ,. tantôt les doigts courbés comme pour attraper une mouche qui vole. Jamais un mendiant qui vous demande l’aumône ne marchera droit à vous; il porte toujours obliquement la tête en avant, et la main à moitié ouverte. Demander l’aumône ne me paraît pas la vraie pantomime du sentiment de propriété, celle-ci ne peut être bien saisie que torsqué l’activité de l’organe est portée assez loin. C’est sur-

tout au milieu des détenus pour vols que j’ai pu saisir souvent la vraie mimique du sentiment de propriété. Le premier mouvement consiste toujours à fixer avec une attention toute particulière l’objet qu’ils désirent. J’ai souvent observé la même pantomime chez les personnes qui ont la manie des collections : après avoir regardé l’objet qui les intéressent , elles ne peuvent s’empêcher d’y porter les maius et de l’examiner avec une expression de figure qui semble dire , que je voudrais bien avoir cela. J’ai encore remarqué que les personnes qui ont ce sentiment très-énergique portent involontairement les pulpes des doigts de la main droite, sur l’angle antérieur de l’os pariétal qu’elles gratteut. Le pouce se trouve appuyé sur la tempe , de manière à servir de point d’appui. Ce mouvement de la main est accompagné d’un mouvement rapide de la tête de droite à gauche, de manière à inspecter dans un appartement les objets qui tentent la cupidité. Ce mouvement de la tête existe aussi chez les chats et les chiens , lorsqu’ils veulent dérober quelque chose. Une autre remarque que j’ai faite chez ces deux espèces d’animaux, mais surtout chez les chats , c’est qu’au lieu de manger leurs alimcns dans le plat où ils leur sont offerts , ils ont ordinairement l’habitude de les enlever par portion^hors du plat.

La mimique de la circonspection consiste ordinairement dans un mouvement de la tète de droite à gauche , suivi d’un mouvement de bascule d’avant en arrière. J’ai souvent remarqué celle pantomime chez des personnes qui après vous avoir écoulé, s’arrêtaient tout à coup après avoir dit quelques mots. Il était aisé de voir qu’elles avaient quelque chose à vous dire, mais qu’une impression les avait retenues.

La réserve dans les gestes et les paroles est un des caractères distinctifs de la circonspection. Si le contraire a lieu, vous pouvez prédire d’avance que la région de la ciiconspection est peu développée. Dans les habitudes de la vie publique,' comme dans celles de la vie privée, l’homme très-circonspect se fera toujours remarquer par son extrême réserve et ses précautions.

Je dinais un jour dans un lieu public, où se trouvaient à la même table deux individus d’un caractère entièrement opposé , sous le rapport de la faculté en question. T/un , très-grave et très-réservé, n’ouvrait la bouche que pour se plaindre des accidens nombreux qui arrivaient à Paris par le manque de précautions. C’est vraiment une chose horrible, disait-il , de voir le peu de soin apporté aux diligences. Tous les jours il n’est question que de malheurs , à chaque instant on risque d’être écrasé dans les rues. L’autre ne répondait à ses observations que par un flux de mots sur la politique , les journaux, les théâtres, etc.

Les corbeaux qui sont naturellement très-circonspects , portent habituellement la tête à droite et à gauche. J^e renard qui veut atteindre une pièce de gibier, mais qui craint d’être surpris, fait le même mouvement.

Gall, en parlant de la mimique de la ruse, dit que lorsqu’on jette à manger à un moineau qui n’est pas privé, il ne s’en approche qu’cn donnant à son

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corps une direction plus ou moins oblique. Ce mouvement me parait , au contraire, appartenir à la circonspection ; l’oiseau ne cherche pas à tromper dans ce cas, il est seulement sur ses gardes.

Bien que les facultés du 8e ordre soient très-nombreuses , j’aurai peu de chose à dire de leur mimique , parce qu’elle ne se trouve pas accompagnée de signes extérieurs aussi tranchés que ceux qui accompagnent les facultés de conservation et de reproduction , et comme nous le verrons plus loin , celles des sentimens supérieurs.

La mimique de l’organe des lieux est presque toujours accompagnée d’un mouvement de la main droite , dont la pulpe des doigts indicateur et médius s’appliquent sur l’organe des localités. Lors de ce mouvement les yeux se ferment , et les paupières sont assez rapprochées l’une de l’autre.

La mimique de l’organe du temps se manifeste ordinairement par un mouvement latéral de la tête, c’est elle qui accompagne involontairement le jeu des instrumens d’un orchestre. Que l’on étudie le geste qui a lieu, dans ce cas et l’on verra qu’il répond aux principales mesures musicales ou à celles qui en dérivent.

La mimique de la musique consiste dans un mouvement oblique delà tête qui se trouve un peu élevée , tandis que les yeux se trouvent dirigés vers le . ciel. La Sainte-Cécile de Raphaël peut servir de modèle comme mimique de cet organe.

Gall , en parlant de la mimique du sens de construction , me paraît l’avoir confondue avec celle de l’organe que j’appelle sens du beau dans les arts. Comihe je ne puis être bien compris qu’après l’avoir cité, je vais rapporter ce qu’il dit à cette occasion.

« L’organe des arts ayant son siège dans les tempes , à peu près à la hauteur des arcs superciliaires , lors de l’action énergique alternative de chacun des organes congénères, la tête et le corps doivent être portés tantôt d’un côté et tantôt de l’autre , et faire un mouvement semblable à celui de l’oiseau qui considère un objet tantôt d’un œil , tantôt de l’autre, ou à celui du chien qui en guettant , prête tantôt l’oreille droite et tantôt la gauche. Que l’on observe une ouvrière en mode qui fait un chapeau , pour juger s’il réussit bien, jamais elle ne le place devant elle, elle le tient obliquement, penche la tête en avant et le considère ainsi alternativement tantôt d’un côté tantôt de l’autre. »

Ce mouvement indiqué par Gall me parait appartenir à celui du sens du bean dans les arts, et non à celui de construction ; et ce qui le prouve, ce quç c’est ordinairement lorsque le travail est terminé qu’il a lieu. On ne peut établir de mimique pour le sens de construction , car la position du corps doit nécessairement varier suivant le genre d’ouvrage dont ou s’occupe.

Je ne sais pourquoi Gall n’a rien dit de certains caractères qui appartiennent à la faculté d’imitation , et qui en sont la vraie mimique.

J’ai toujours observé que les personnes qui possédaient la faculté d’imiter dans un haut degré étaient en général gesticulateurs et grimacières. Il est

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rare qu’en parlant aux autres elles n’accompagnent pas leurs expressions de gestes uu peu affectés. Il en est de même du ton qui les accompagne.

La mimique des trois facultés intellectuelles du troisième genre consiste surtout dans la position de la tête , accompagnée de quelques mouvemens des bras. Comme les organes de ces facultés sont situés à la partie antérieure et latérale antérieure de la tête , il en résulte que celle-ci se trouve portée eu avant ou un peu de côté lorsqu’ils entrent en action. Ainsi lors de l’action de la comparaison la tête est ordinairement portée en avant, soutenue par la main droite dont le pouce se trouve appliqué sur la tempe , et la pulpe des autres doigts sur la partie moyenne du front. Lors de l’action de l’esprit de causalité, outre que la tête se trouve portée en avant, elle demeure fixe , et tout annonce dans les traits l’expression de la réflexion : il arrive quelquefois dans le plus fort de l’action de l’organe de causalité , que les yeux se dirigent et se fixent vers la pointe du nez , de manière à occasionner un strabisme momentané.

Lors de la mimique de l’esprit de discrimination la tête se trouve inclinée d’un côté , la pulpe des doigts indicateur et du médius est appuyée sur la région moyenne externe et latérale de l’os frontal : le pouce est ordinairement appuyé sur l’os de la pommette. J’ai quelquefois remarqué que dans l’action de cette faculté, l’œil du côté correspondant se fermait presque complètement.

Dans la chimique des sentimens les gestes sont engénéralbien plus prononcés^ et conséquemment plus faciles à saisir.

Dans la mimique de la vanité ou du sentiment d’approbation , la tête se trouve portée alternativement à droite et à gauche, obéissant au mouvement de balancement du corps dans le même sens. Toutes les fois que je vois marcher devant moi une femme dont les hanches décrivent un arc de cercle , avec un léger balancement de la tête qui s’incline à gauche et à droite pour voir si on la regarde , je puis assurer que le sentiment d’approbation est trèsprononcé chez elle. Je ne connais pas de pantomime du sentiment de l’approbation plus prononcée que celle qui nous est offerte par la démarche d’un tambour-major à la tête de son fégiment : examinez son altitude , la main gauche sur la hanche du même côté , la tête relevée et se balançant avec tout le corps de droite à gauche. Avec quel air à prétention il regarde les polissons qui l’entourent? N’a-t-il pas l’air de dire voyez comme je suis beau ? C’est surtout quand il se tourne vers les tambours qu’il devient superbe ; car il y a ici mélange de vanité et d’orgueil , résultat de sa position comme chef : alors la tête se renverse en arrière et le regard devient fixe.

La mimique de l’orgueil ou de la fierté est caractérisée par 1 altitude droite de tout le corps, la tête surtout est portée en arrière et dans 1 attitude du commandement : souvent un air de dédain se laisse apercevoir sur les lèvres. J’ai rencontré la mimique de l’orgueil fortement exprimée chez une aliénée qui se trouve maintenant à la Salpêtrière : elle se croit la reine de 1 univers.

Son altitude , son regard surtout , portent le cachet de l’orgueil au plus haut degré. Personne ne peut rien faire sans mon ordre , me disait-elle , je suis la seule maîtresse ici , et tout le monde doit m’obéir.

Les aliénés vaniteux se distinguent surtout des orgueilleux par le soin qu’ils prennent de leur toilette. Il est assez commun de voir dans les hôpitaux d’aliénés, des hommes, et surtout des femmes, ayant une démarche et des manières à prétention , très-recherchées dans leurs vêlemens qu’elles prennent grand soin de charnarer de mille colifichets. Il existe maintenant à la ^Upctrière une femme dont le Docteur Falret m’a fait examiner la tête : elle s’occupe du matin au soir du soin de sa toilette : l’organe de l’approbation est énormément développé à la surface du crâne.

La mimique de la fermeté se fait reconnaître par un mouvement en arrière de la tête qui demeure fixe sur les épaules. Il est souvent précédé d’un autre mouvement de rotation ou de pivotement de droite à gauche : c’est ce qui a lieu surtout lorsqu’une personne refuse de sc soumettre à une chose. Ce mouvement exprime , plusque des mots , que l’on persiste dans sa résolulion.

Userait assez difficile de rendre la pantomime de l’organe du sentiment de conscience : je ferai seulement observer que les personnes douées de celle faculté présentent dans l’ensemble des traits de leur visage , et dans leur manière de dire les choses, un air de candeur et de franchise que rien ne peut imiter. On 11e trouve pas chez elle cet air composé ou d’apprêt qui se remarque communément chez les autres. Tout ce qui blesse le sentiment de justice, dans quelque circonstance que ce soit , les affecte vivement.

J’eus un jour occasion d’étudier chez deux individus qui n’auraient pas dù vivre ensemble , les nuances d’expression de .visage occasionnées par le sentiment de conscience dans un assez haut degré d’une part, et très-faible de l’autre côté. C’était sur un menuisier et sa femme qui étaient souvent en dispute à cause de l’habitude de boire du mari , et de son défaut d’ordre. La femme , au contraire , était un vrai modèle de douceur et d’excellente conduite. Un jour qu’elle avait été tourmentée par quelques personnes à qui le mari devait, une scène très-vive eut lieu entre eux. Mais malheureux quand cesseras-tu donc de boire , lui dit-elle. Boire ! boire! parbleu quand on a soif il faut bien se rafraîchir , je ne connais que cela moi. Mais monstre tu me fais mourir à petit feu , tu fais des dettes et tu ne les paies pas. Qu’est-ce que cela peut te faire , dit le mari , ne sais tu-pas bien que je ne m’acquitterai jamais ?

• Allons, vas-tu te tourmenter pour rien? La figure de ces deux personnes était à peindre pendant leur altercation.

Selon Gall , dans la mimique de la vénération , la tête se trouverait portée en avant et en haut. Je crois, au contraire , que la tête doit être inclinée en avant. La mimique que Gall attribue au sentiment de vénération , me paraît plutôt appartenir à celui du merveilleux , ou pour mieux dire ces deux senlimens sont ordinairement mis en jeu dans l’action de vénération. Toutes les fois qu’un objet nous frappe d’une manière extraordinaire, la tête se trouve

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portée eu haut et les regards vers le ciel ; et s’ils nous inspirent une profonde vénération, la tête et le corps ont une tendance à se prosterner ou à se porler en avant. Ce mouvement est celui de tous les hommes, quel que soit le culte auquel ils appartiennent. La mimique de la vénération me paraît porlèe au plus haut degré , lorsque les fidèles se prosternent à l'élévation de l’hostie.

La pantomime du sentiment de l’espérance consiste dans un mouvement de la tête qui se trouve portée un peu en haut et de cô(é : les yeux sont dirigés vers le ciel , et la figure exprime un air de satisfaction.

Dans la mimique de la bienveillance la tête se porte en avant , et les bras se dirigent dans le même sens. L’expression de la figure de l’homme bienveillant , comme celle de celui qui possède le sentiment du juste est impossible à décrire. Il n’y a pas de comédien consommé qui puisse la rendre , à moins que lui-même ne possède ce sentiment dans un haut degré. Voulez-vous avoir une juste idée de la différence qui existe entre la mimique de la bienveillance affectée, et celle qui est réelle? Observez l’attitude de l’homme qui donne par bonté de cœur, comme on le dit ordinairement, et de celui qui donne seulement sous l’influence des sentimens de justice où d’approbation : vous serez aussitôt frappé du contraste de leurs physionomies.

Lors de l’action énergique du penchant au merveilleux la tête se trouve portée en haut et de côté , les yeux sont ordinairement dirigés vers le ciel et en extase , les sourcils élevés et la bouche entr’ouverle. Celle mimique se voit fréquemment chez les visionnaires et les personnes superstitieuses. Si nous sommes frappés par un événement qui paraît tenir du prodige , les mains s’élèvent et se portent en dehors de manière à faire voir leur paume ; le regard est fixe , les yeux très-ouverts , et le sourcil fortement éleyé vers le front.

Dans la mimique de la poésie la tête est portée en haut et obliquement, les regards sont dirigés vers le ciel , et les traits annoncent un état d’extase ou d’inspiration. Notre célèbre peintre Gérard me paraît avoir bien saisi la mimique de la poésie dans son tableau de Corinne.

La conséquence que nous pouvons tirer des observations précédentes, c’est qu’il existe évidemment entre les organes cérébraux et ce qui constitue le geste, en prenant ce mot dans sa plus grande extension, une relation telle, que la situation de la tête qui renferme cesorganes se trouve en harmonie avec leur état d’activité et leur situation. Plus, en peinture et eu sculpture , cette harmonie sera bien saisie, et plus on se rapprochera de la nature et conséquemment de la vérité.

Les peintres , les sculpteurs et les personnes qui se livrent au théâtre doivent faire une étude particulière de la mimique qui accompagne toutes les nuances possibles de l’action des organes cérébraux. Une chose à laquelle les deux premières classes n’ont pas donné assez d’attention, c’est la forme de la tête des personnages qu’ils voulaient représenter. Je me rappelle avoir vu dans une grande composition la tête d’un cardinal , dont le mode de conformation

n’eût pas été déplacé à côté de celles de tout ce qu’il y a de plus corrompu dans les bagnes. Quel que soit le soin pris par le peintre dans ce cas pour donner à la figure un air recueilli , elle formera toujours un contraste ou une opposition avec le mode d’organisation que la nature nous présente. Que penserait-on , par exemple , d’un sculpteur qui donnerait à Ulysse une tête sans un déve loppement remarquable de la circonspection, de la ruse et des facultés rèflectives?

Sans rien changer aux traits du visage d’Homère , chez qui la région de la poésie est très-développée sur le buste antique, diminuez ce front majestueux où viennent se refléter les grandes et profondes compositions de l’Iliade , et il ne vous restera plus qu’une tête sans expression. Il ne suffit donc pas que les mimiques des organes dans les compositions des peintres et des statuaires soient bien saisies , il faut encore que les organes qui les produisent soient bien exprimés sur les têtes.

Il existe chez les hommes des gestes de pure convention qu’il faut bien distinguer de ceux qui résultent de l’action des organes cérébraux. Ceux-ci sont communs à toute l’espèce humaine, ce sont ceux dont nous venons de parler : les autres dépendent des usages et des coutumes des peuples : ils peuvent varier à l’infini (1).

( I ) Je ne dirai rien ici des rapports que les phré nologisf es ont cru trouver entre certains caractères extérieurs du visage des hommes et leur passion dominantes. Plus j’ai lu tout ce qui avait été écrit sur ce sujet, et plus je me suis convaincu qu’il ne valait pas la peine d’une sérieuse réfutation. Je ils voir un jour à une personne qui se donnait pour un grand physionomiste, le plâtre de Belin, représenté pl. CXlll. Ici, me dit-elle, il y aurait peu de mérite à se prononcer, car tous les caractères de la bêtise, de la gloutonnerie et delà méchanceté sont trop prononcés. Belin, répondis-je, n’a jamais été glouton, il s’en faut de beaucoup qu’il soit bête, c'est le meilleur des hommes , le vrai Las-Casas des nègres j A ces mots notre physionomiste devint rouge pourpre, et, comme on doit bien le penser, fort embarrasse.

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