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S IV

De l’ethmoïde.

Cet os , d’une forme assez singulière , est composé d’une substance presque entièrement compacte. Les anciens l’avaient comparé à une éponge , probablement à cause de la grande quantité de trous et de cellules résultant de son mode particulier de structure ; il est situé à la partie antérieure et moyenne de la base du crâne. Les anciens l’appelèrent ethmoïde de l’expression H 'ô/ucàç crible , et de celle tïJbc; signifiant ressemblance. Sa forme est à peu près celle d’un cube : il

(1) Le développement de ces parties ne peut être apprécié pendant la vie. 11 est absolu* ment nécessaire, pour bien comprendre nos descriptions, d’examiner le dessin.

TRAITÉ

est composé d’une grande partie do lames minces évidemment destinées à augmenter son étendue, et conséquemment cello de la membrane mince qui le tapisse.

Cet os , ayant une forme cubique , présente nécessairement six faces ; nous en examinerons seulement deux : celle qui répond au cerveau ou face cérébrale , face supérieure , fig. $ , pi. X bis, et id. fig. , pi. XI bis ,et celle qui répond aux fosses nasales ou face inférieure , id. pl.^ fig.

Au milieu de la face supérieure ou cérébrale de l’ethmoïde , se voit une crête a , a , a , a , ayant une forme triangulaire , légèrement aplatie sur les côtés ; elle est décrite dans les ouvrages d’anatomie , sous le nom de crête ethmoïdale , apophyse crista galli ; sa base est fixéo et fait corps avec Pethmoïde ; son sommet donne attache à la partie antérieure du repli de la dure-mère , désigné sous le nom de faulx , voir la pl. LXXXII bis. Sur les côtés de la crête ethmoïdale, se voient une multitude de trous destinés au passage des nerfs olfactifs : le nombre , l’étendue et la forme de ces trous varient beaucoup chez l’homme et encore plus chez les animaux , comme nous le verrons par la suite. La dépression peu profonde et assez large que l’on voit sur les côtés de la crête ethmoïdale , répond aux nerfs olfactifs. Plus en dehors , et sur les parties latérales se voient les cellules ethmoïdales % , 2 , 2 , 2 , 2 , % La face inférieure ou nasale, pl. X, fig. S, et pl. X bis , id. fig. , est assez irrégulière; on aperçoit, à sa partie moyenne , une appendice , désignée sous le nom de lame perpendiculaire de l’ethmoïde a , b ; ses points n , n , n , s’articulent avec l’os vomer. Sur les côtés de la lame perpendiculaire se voient deux enfoncemens ou rainures, dans le fond desquels se trouvent les orifices des trous que nous avons vus à la face supérieure de cet os ; plus en dehors des rainures se voient deux lames recourbées , 6 , 6,6, 6, 6, 6 : ce sont les cornets ethmoïdaux. Toute la face inférieure de l’os ethmoïde se trouve tapissée par la membrane pituitaire.

Les faces postérieures k , k, les latérales 1 , 1,1, 1 , et l’antérieure m , m , m , m , de cet os , n’offrent rien de remarquable pour le plirénologisle.

L’ellimoïde s’articule avec un assez grand nombre d’os, avec les os du nez , le coronal , les cornets sphénoïdaux , les os maxillaires supérieurs , les palatins , les cornets inférieurs , le vomer et les os lacrymaux.

De l’os coronal ou frontal de l’homme.

L’os frontal , pl. X et XI , et mêmes pl. bis , fig. 1 , est ordinairement com . posé d’une seule pièce : il n’est pas rare cependant , ainsi que nous l’avons déjà dit lorsqu’il a été question de la tête considérée d'une manière générale , que cet os soit formé de deux.

L’étude du coronal de l’homme , comparé avec celui des principaux animaux vertébrés , mérite toute l’attention des phrènologistes. L’homme est , de tous les

animaux , celui qui le présente dans le plus haut degré de développement. Il offre deux faces , l’une externe , pi. X et X bis , fig. 1 , l’autre interne, pi. XI et pi. XI Lis, id. fig. ; en bas et au milieu, se voit une échancrure où se trouve logé l’os que nous venons de décrire , l’ethmoïde ; sur les côtés de cette échancrure , pi. XI bis , fig. 1 , deux surfaces concaves formant les voûtes orbitaires ,7,7.

La partie moyenne de la face externe du frontal , pi. X bis , fig. I , présente ordinairement une surface arrondie , mais quelquefois une dépression ; dans ce dernier cas , les organes situés à la partie moyenne du front ne se touchent pas ; ils sont placés plus en dehors qu’à l’ordinaire.

La partie inférieure de celte région, marquée q, q, est quelquefois assez saillante : elle porte le nom de bosse nasale. Elle peut contribuer pour beaucoup à la forme du nez , en lui donnant le caractère grec. Il ne faut pas confondre cette saillie avec celle qui résulte d’un organe placé plus haut , et à laquelle le docteur Spurzheim (1) attribue , sans doute par inadvertance , cette forme de nez si remarquable. Sur les côtés de la bosse nasale, se voient deux reliefs appelés arcades sourcilières ,5,5. Recouvertes par deux muscles destinés à rapprocher les sourcils , ces arcades présentent assez souvent deux crêtes que les personnes peu familiarisées avec l’application de la phrénologie confondent avec les organes placés au-dessous. Plus en dehors, se remarquent deux appendices appelés apophyses orbitaires externes ,9,9. J’ai quelquefois rencontré une telle épaisseur de ces apophyses , qu’elle suffisait pour empêcher do bien apprécier les organes qui l’avoisinent (2).

Examiné généralement ou partiellement , le frontal de l’homme varie beaucoup de forme et d’étendue, selon les races humaines et les individus de la même race. Sur plus de cinq cents crânes humains que nous avons examinés avec soin , il ne nous est pas arrivé de trouver deux os frontaux dont les formes fussent rigoureusement identiques (S) . Le frontal de la femme est généralement moins haut et moins large que celui de l’homme.

Nous ferons, pour le coronal, ce que nous avons déjà fait pour l’os sphénoïde, c’est-à-dire , que nous aurons recours à une division de cet os en plusieurs régions. Cette division n’est pas arbitraire, comme on pourrait le penser, elle résulte de la présence des organes cérébraux que cet os recouvre. Voici quelles sont ces régions, pi. X bis, fig. 1 ; 1° deux supérieures, 1,1; deux moyennes ,2,2; deux inférieures 5,5; deux plus inférieures encore ,8,8; deux latérales antérieures et inférieures , 6 , G , deux latérales moyennes , 3 , 3 , et deux latérales externes, 4 , 4. Ces divisions ne sont pas encore celles que nous présenterons lorsqu’il sera question de l’application de la phrénolo-

(1) Phrénologie , 3e édition; Londres, page 274.

(2) Voir la fig. 3 de la pl. CIX, représentant le frontal d’un habitant de la Nouvelle-Hollande.

(3) Voir la pl. CIX représentant six frontaux.

TRAITÉ

gie; clics doivent être seulement considérées, dans ce cas, comme un acheminement à l’étude de celle-ci. Leur principale utilité pour le moment consiste à mieux faire ressortir les rapports et les différences anatomiques des os de la tête de l’homme comparés avec ceux des principaux animaux vertébrés (1).

On peut apprécier à l’extérieur , et sur une tête dépourvue de scs cheveux , le développement de toutes les parties cérébrales répondant à l’os frontal , les régions orbitaires exceptées, où se trouvent quelques parties que Gall a cru pouvoir reconnaître par la manière dont se présente le globe de l’œil à l’extérieur. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet. On conçoit très-bien que s’il existe, et cela se rencontre quelquefois, des sinus frontaux très-étendus, il est absolument impossible de bien apprécier le développement des parties situées derrière la table externe qui contribue à les former (2).

La face interne ou cérébrale de l’os frontal , pi. XI et pi. XI bis, fig. 1 , est concave et se trouve en contact avec le cerveau dont elle n’est séparée que par la membrane appelée dure-mère. On voit à sa partie moyenne une dépression destinée à loger le sinus longitudinal supérieur, n , n , n , n , n. On y distingue aussi la suture dite coronale , quand cet os se trouve formé de deux pièces. Plus bas que la dépression précitée, se voit une espèce de crête , x , x, ou s’insère la faul^. du cerveau. Toute la face interne du frontal présente des empreintes cérébrales assez marquées ; mais nulle part elles ne se trouvent plus prononcées que sur le plancher orbitaire , dont on aperçoit bien ici la surface interne, 6, 7, 9, 10 , 11 , pi. XI, fig. 1 et pi. XI bis , id. fig. /

Le coronal s’articule avec sept os du crâne : 1° avec les deux pariétaux, par son bord supérieur, q , q, q, q,q,q; 2° avec l’cthmoïde, par sa grande échancrure ; 4° avec les os du nez , en devant et inférieurement ; avec les os unguis , par sa face inférieure ; enfin, avec les os de la pommette, par les apophyses orbitaires externes, 9 ? 9.

S VI

Os pariétal de l'homme.

L’os pariétal , ainsi nommé parce qu’il contribue à former une grande partie de la voûte du crâne ou ses parois , paries , est double, irrégulier, ayant une

(1) Il est presque impossible d’apprécier toute l’étendue du crâne chez les hommes qui ont beaucoup de cheveux 5 et l’on peut, dans ce cas, commettre des erreurs grossières. Ainsi, tel individu qui parait avoir le front petit l’a cependant plus développé que tel autre , ou il ne semble plus grand que parce qu’il se trouve complètement à découvert. Voilà pourquoi les hommes chauves ou qui portent de faux toupets paraissent avoir généralement le front plus développé que les autres hommes, l’état de calvitie de la peau du frontal faisant mieux apercevoir toute la surface de cet os.

(2) Nous ne saurions trop engager les personnes qui désirent s’instruire en phrénologie , à comparer entre elles plusieurs têtes osseuses, seulement pour les variétés de formes présentées par l’os frontal.

DE PIIEÊNOLOGIE.

forme quadrilatèro , pi. X et XI , X et XI i bis , fig. 4 et 8. On y distinguo deux faces et quatre bords. Les deux os représentés sur ces feuilles appartenaient à la môme tête. Nous en décrirons seulement un ; ce qui lui est applicable l’étant rigoureusement à celui du côté opposé. La face externe du pariétal est convexe, mais surtout dans sa partie moyenne qui répond au point d’ossification de cet os; voir la fig. 2 de la pi. VIII bis, représentant le crâne d’un fœtus à terme : elle est recouverte par le cuir chevelu. La face interne est concave et recouverte par la membrane dure-mère : on y voit des enfonccmens répondant aux circonvolutions cérébrales; celui du milieu 15, pi. XI bis , fig. 5, est de tous celui qui offre le plus de profondeur. Vers l’angle antérieur de cet os, se remarque un sillon, k, k; il loge l’artère méningée moyenne. Tout le long du bord supérieur, S, S , 5 , 5 , existe une dépression où se trouve logé le sinus supérieur de la dure-mère.

Nous avons divisé le pariétal en neuf régions , propres à mieux faire ressortir les différences entre le développement général ou partiel de cet os comparé avec le même chez les autres vertébrés.

Le pariétal s’articule : 1° avec son semblable , par le bord supérieur marqué, n , n , n , n : leur réunion dans ce point forme la suture sagittale ; 2 ’ avec le coronal , par l’antérieur , o , o , o , o ; avec l’occipital , par son bord postérieur, q, q, q, q. C'est ordinairement à l’angle supérieur de ce bord, b, et même quelquefois dans toute sa longueur , que se remarquent les os vormiens. Enfin, le pariétal s’articule avec les temporaux par son bord inférieur , p , p , p.

Cet os présente autant de variétés de développement que le coronal dans les diverses races humaines et chez les nations. Sa partie moyenne est ordinairement peu saillante chez les Français ; elle l’est au contraire d’une manière trèsprononcée chez les Allemands. Nous reviendrons plus tard sur ce sujet , particulièrement lorsqu’il sera question de l’application de la phrénologie et des tètes nationales.

Le pariétal est de tous les os du crène de l’homme, celui qui contient le plus

de substance diploïque.

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