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raisons de la mécanique et de l’astronomie ; et les organes dont ces sciences émanent sont très-développés dans sa tête.
D'après Spurzheim , la comparaison saisit non-seulement les ressemblances, mais aussi les différences. M. Scott n’est pas de cet avis; il attribue à l’esprit de saillie la perception des différences, et plusieurs métaphysiciens déjà cités pensent comme lui (t).
Cette faculté porte à ce qu’on appelle raisonner, non d’après les lois exactes et sévères d'une saine logique, mais d’après des analogies. Dans ses raisonnements , elle cherche à prouver qu’une chose est de telle ou telle nature , parce qu’elle ressemble à une autre chose qui est de telle ou telle nature, et fait ainsi le plus souvent un argument de ce qui n'est qu’une comparaison. Les sermons de M. Logan , ministre à Leith , que l’on a publiés offrent un exemple des productions d’une semblable intelligence. Aux yeux de ceux qui ne l’analysent pas, il parait être une argumentateur profond ; mais ses arguments ne sont que des analogies dont il infère que le point traité par lui doit être considéré comme il le considère, si l’on ne veut en faire un point exceptionnel dans l'ordre naturel des choses. La comparaison tend à ne percevoir que les ressemblances, ou plutôt tend à perdre de vue les différences; et comme sur cent propositions.il en est à peine une dans laquelle la différence ne puisse détruire toute la force de l’analogie , il n’y a souvent pas de raisonnements plus faux et plus superficiels que ceux des personnes chez qui l’organe de la comparaison, sans avoir un très-haut développement, est néanmoins l’organe dominant. J’opposerai à ces personnes le professeur Playfair : chez lui la comparaison et la causalité étaient toutes deux également énergiques; aussi quand il compare, il prouve. En général, on trouve entre ses conclusions et ses prémisses un rapport de conséquence nécessaire.
(t) Transactions of the Phrenolngicat Socifly, page 413.
Cctle faculté manque bien plus rarement qu'aucune autre. La Bible, si remplie d’analogies et de comparaisons, s’adresse fortement à elle. Comme elle perçoit promptement les analogies et les ressemblances , celte faculté donne une grande pénétration. Cet organe est très-développé chez les Français en général ; et comme l’a fort bien dit un écrivain anonyme : «Le Français possède au plus haut degré le don naturel de découvrir les analogies et les coïncidences les moins apparentes (î). » Dans les lycées, les meilleurs élèves ont en général le langage et la comparaison très-forts. Chez les enfants l'organe de la comparaison est ordinairement bien développé. Un écrivain bien digne de foi, sous ce rapport, a remarqué que < les enfants compreunent et aiment les expressions figurées bien plus tôt que nous ne serions naturellement portés h le croire (s). » « Les enfants, dit Mme Edgeworth, trouvent tous plus ou moins de plaisir dans la perception de ressemblances ou analogies (s). > La faculté delà comparaison est du plus grand secours aux orateurs et aux prédicateurs populaires. La comparaison et l’éventualité sont les organes les plus proéminents dans le front de William Pitt. Elle est forte aussi dans les bustes de Curran, de Chalmers, de Burke et de JefFrey. Dans la tête de Thomas Moore elle est très-développée ; et l’on a remarqué que dans sa Vie de Sbéridan , insérée au huitième numéro de The Westminster Review, il y a deux mille cinq cents comparaisons , sans compter des métaphores et des expressions allégoriques. Gall fait observer, avec raison, qu'une froide argumentation et des déductions exactes sont toujours désagréables à un auditoire composé de gens du peuple , parce que leurs facultés n'ont pas été cultivées, ni exercées à suivre des conceptions abstraites. Le grand charme des orateurs populaires
(1) Revue d' Edimbourg , nov. 18®), p. 589.
(4) Wood't Account of the Edinburgh Sessional School, 1848, p. 179.
(3) Education pratique , vol. III, p. 96.
est donc dans la netteté de l'exposition d’un sujet, et dans l'abondance des comparaisons à l'appui de ce sujet.
Cette faculté est indispensable au poète; sans elle, il ne pourrait rien comparer, il devrait renoncer aux figures. Elle aide à l’esprit , en suggérant des analogies. Il est vrai qu’un observateur ordinaire prend souvent des métaphores, des amplifications, des allégories et des analogies, toutes choses qui dérivent de la comparaison, pour les produits de l’idéalité; mais il se trompe. L’idéalité est un sentiment qui, fortement excité, communique à l'esprit de la passion et de l’enthousiasme; elle le fait aspirer à ce qui est grand, beau , sublime , comme participant avec lui d’une môme nature (1). La comparaison, au contraire, étant un pouvoir intellectuel, ne fait naître aucune passion vive , aucun sentiment profond , aucun enthousiasme ; elle lance froidement et tranquillement ses feux d’artifice dans la direction que lui imposent les facultés avec lesquelles elle se combine. Se combine-t-elle à l’individualité et à la causalité, les comparaisons sont nombreuses, bien trouvées, bien adaptées; mais si l'idéalité n’est pas forte aussi, jamais elles ne sont élevées, brillantes, passionnées. Supposez de nouveau qu’avec la comparaison, l’idéalité soit énergique , vous aurez, comme dans le DrChalraers, des comparaisons dont l'éclat sera tantôt doux et charmant comme celui d'une
(1) C’est sous l'influence de l’idéalité que : —
“ The poet’s eye in a One frenzy rolling,
Doth glance from heaven to carth, from carlh to heaven ;
And as imagination bodies fortli The forms of things unknown , the poet’s pen Turns them to shapes, and gives to airy nothing A local habitation and a naine. ”
« L’œil du poète, brûlant d’un sublime délire, embrasse l'espace immense qui sépare la terre des deux; son imagination le peuple d’êtres inconnus; puis sa plume donne à toutes ces créations éthérées une forme, un nom, un séjour. •
— li 9 —
étoile, tantôt brûlant et dévorant comme le soleil à son apogée; tandis qu’un sentiment profond, un sublime enthousiasme don* nera de la force et de la majesté à toutes les conceptions.
Franklin, Roscoe, Edwards, Henri IY, Hume et les Indous ont la comparaison très-développée; cette faculté manque aux Caraïbes.
Pendant longtemps on a limité les fonctions de cet organe à la perception des ressemblances générales entre des idées comparées; mais M. Hewett Watson propose qu’il en soit autrement. Selon lui, la fonction simple de cet organe est probablement « la perception des conditions ; » et il propose de la désigner par le nom de conditionalité. 11 est reconnu, dit-il, que la forme compare les formes; les tons, les notes; et le coloris, les couleurs. Pour toutes ces facultés, la comparaison est seulement un mode d'activité ; et il est contraire à toute analogie d'attribuer la comparaison comme fonction primitive à un autre organe. Il est donc probable que des perceptions spéciales, distinctes dans leur espèce de celles qui dérivent des autres organes, émanent de cet organe de la conditionalité; et ses comparaisons seront siennes comme c’est le cas de toute autre faculté individuelle. Quelques exemples sont nécessaires pour bien faire comprendre ces idées.
Quand nous prononçons le mot homme, nous nous adressons à l'individualité seule; nous rappelons un être qui existe sans spécifier sa forme , son étendue, sa couleur, ou son poids, sans parler de ses actions, abstraction faite de sa condition. Quand nous disons : «L’ homme marche,* nous ajoutons une nouvelle idée, celle qu'il marche, et, dans cette proposition , nous appelons h notre aide Y éventualité qui conçoit les actions ou les événements. Si nous disons :« Ce petit homme parle, » nous nous adressons à l'étendue, à l'individualité et à l’éventualité; et si nous disons : «L'homme noir court, » le coloris, l’individualité et l’éventualité se réunissent pour articuler et pour com-
prendre coite proposition. Supposons à présent que l’on nous dise que « Le pauvre homme parcourt la grand’roule; » dans celle proposition il y a, 1° l'homme, 2° sa condition, pauvre. et 3° son action parcourir. Eh bien quel est l’organe qui doit percevoir sa condition? » Il est évident que ce doit être un organe distinct; car l'esprit peut concevoir l’homme sans son action ; il peut concevoir l’homme et son action, sans songer à sa condition, et concevoir sa condition sans songera son action. Sa condition est donc un troisième point de vue distinct, formant un nouveau renseignement. Supposons encore qu'on nous dise que M. A. et Mlle B. ont été mariés, la semaine passée, à l'autel de leur paroisse. C’est à l’individualité que cet avis s'adresserait, et c'est cet organe qui prendrait connaissance de M. A. et de M11* B. comme individus , et de l'autel et de l'église comme choses qui existent. La localité nous donnerait l’idée du lien du mariage, et le temps, l'idée de sa date ; mais toutes ces facultés ne donnent pas la perception de la condition des parties. Supposons à présent que nous les rencontrions à leur retour de l'église et que nous voulions leur souhaiter < beaucoup de bonheur » dans leur « nouvelle condition, » n’est-il pas évident qne nous ajouterons quelques conceptions au précédentes? Nous les contemplerons dans leur « nouvelle condition! et nous exprimerons le désir qu’ils puissent vivre heureux dans cet état.
L'idée de M. Watson est que la comparaison a pour fonction primitive de prendre connaissance de la condition (comme vivant, mort, chaud, sain, maladif) de l’existence des êtres vivants et des objets inanimés , et que cette faculté compare les conditions entre elles, comme le coloris compare les couleurs, commcles tons comparent les notes. Il n'est pas de moyen plus puissant pour inspirer l’intérêt que de spécifier la condition des objets ou des êtres sur lesquels on veut fixer l'attention. Ainsi l'individualité dira : L'homme existe, et excitera peu l’in-
térêt ; l'individualité et l’éventualité diront -.L’homme meurt, cl paraîtront plus touchantes; mais cette phrase :« Cet homme jeune, juste et bon meurt » éveille une émotion bien plus profonde, et c’est 1’énnraéraiion de sa condition et de ses qualités, • jeune, juste, bon * qui fait la différence. Aussi, les poètes et les orateurs chez qui la comparaison est énergique ont-ils la perception vive de la condition ou état des objets ou des êtres, et si chaque faculté se renferme dans ses attributs , celle-ci compare les conditions entre elles.
Si M. Watson envisage bien la question , les auteurs chez qui l'individualité domine doivent surtout puiser leurs comparaisons dans les objets individuels simples; ceux chez qui l'éventualité domine doivent les puiser dans les actions, et ceux qui ont surtout l'organe dont nous traitons, dans les conditions ou états, et c’est, en effet, ce qui parait avoir lieu. L’éventualité a inspiré les comparaisons suivantes :
“ When Ajax slrives some rock’8 buge weight to Ihrow ,
The line, too, labour», and the Word» moveslow;
Not »o when swift Camilla scours the plain ,
Flie» o’er the unbending corn , and «lime along the main ” (t).
l’ope.
M. Watson fait observer que Shéridan a l’individualité et l'éventualité très-développées, tandis que chez lui la comparaison n’csl que modérée , et le passage extrait de ses ouvrages et cité à la page 91 en est la preuve.
Chez Moore, l’individualité est forte, l’éventualité manque, et la comparaison est très-proéminente; et ses descriptions sont si exclusivement tirées des conditions, qu’un peintre qui
(t) Quand Ajax essaye de lancer un rocher dans l’espace, le veri est traînant et les mots se succèdent avec peine ; il n'en est pas ainsi quand la légère Camille vole sur les moissons, sans incliner leurs tiges, et glisse sur la plaine liquide.
voudrait rendre sur la toile quelques-unes de ses belles idées, aurait à inventer tout ce qui est forme, proportion, coloris et en vérité tout, excepté la condition. « The harp that once Ihrough Tara' s halls » (t), est un bon exemple de ce que nous avançons, car tout le morceau n’est qu'une description et une comparaison de conditions. On peut dire la même chose d’un autre petit poème « Though Fate, my girl, may bid us part (*) ; * en voici un fragment:
“ When I remcmber ail
The fricnds so linkcd togcthcr l’ve scen around me fall Like leaves in wintrv wcather ;
I feel like onc rvho treads alone Some banquet-hall deserted ;
Whose lights arc lied, whose garland’» dead ;
And ail but be departed (3). ”
Il est évident que la condition est le trait saillant, et même fait toute la physionomie de ces vers.
Dans les bustes de Pope, l’individualité n'a qu'un développement moyen; l’éventualité est très-développée, et la comparaison l’est à un point étonnant. « Le style de Moore , dit M. Watson, est tout à fait différent de celui de Pope. Dans ses narrations. Pope rapporte les événements dans l’ordre où l’on peut supposer qu’ils se sont présentés; Moore, au contraire, expose une série de tableaux parfaitement achevés, dans lesquels il décrit magnifiquement Vétat de la terre, de l’atmo-
(1) La harpe qu'on entendait jadis dans les salles de Tara.
(2) Quoique le destin , mon enfant , puisse nous séparer un jour.
(3) Quand je me rappelle loua les amis si tendrement aimés, que j’ai rus tomber autourde moi, comme des rouilles desséchées par un vent rigoureux, je me sens triste comme celui qui parcourt une salle de festin que n'éclaire plus la lumière des candélabres, dont les guirlandes sont fanées, que tous ont abandonnée excepté lui.
sphère, de la voûte azurée, des nuages et des personnages du drame pendant la durée de leur existence éphémère; mais on ne voit pas dans ses ouvrages cet enchaînement régulier des événements que l’on trouve dans Pope. Les ouvrages de celui-ci nous offrent toujours le tableau de la vie réelle; ceux de Moore sont des représentations théâtrales; une partie de l’action se passe derrière la scène, et il ne met en vue que les parties les plus propres h faire de l'effet. Pope écrit des documents historiques avec l’exactitude minutieuse d'un archéologue ; la plume de Moore est le pinceau d’un artiste qui crée une galerie de tableaux dans lesquels nous retrouvons les mômes personnages à différentes époques de leur vie, et dans des situations différentes; mais nous savons aussi peu ce qu’ils sont devenus pendant le temps que nous les perdons de vue, que ce que deviennent Obiron ou le Spectre du royal Hamlet, dès que le jour parait. Le style de ces deux auteurs étant aussi différent, nous devons nous attendre, si la comparaison n’a décidément pas d’organe spécial, à trouver d’aussi grandes différences dans leurs comparaisons. Celles de Pope seront moins fortement caractérisées par des ressemblances de conditions, et proportion gardée, déploieront plus de variété dans les points de similitudes; ses ressemblances seront plus compréhensibles (t). »
J’ai communiqué les idées de M. Watson an Dr Spurzheim, avant leur publication dans le PhrenologicalJoumal. Voici les remarques qu’il a bien voulu faire dans sa réponse datée de Dublin, le!6mai 1830 : — « Il y a dans la description que je fais delà comparaison, l’essence des idées de M. Watson. Meservant de vos exemples, je pense comme vous que c’est la comparaison qui perçoit cette condition, le jeune cheval; mais c’est l'éventualité qui perçoit à mon avis celle de cheval vif; car la
(t) Phrmological Journal , vol. VI , p. 339.
COMBE. — TRAIT* DE FHR*KOLOr.lK. T. II. 50
vivacité indique un mouvement , et c est le propre de cette dernière faculté de percevoir le mouvement. La comparaison conçoit ce qu’il y a de général dans les attributs ainsi que toutes les idées abstraites. La condition n’indique pas seulement l’état, elle indique aussi la cause; et s’il faut substituer un autre nom à celui de comparaison , ce ne peut être celui de conditionalité. Abstraction ou généralisation me paraîtrait préférable. Les mots vergleichender scharfsinn sont très-significatifs; ils indiquent une faculté qui compare, discerne, sépare, fait des abstractions, adapte et généralise. Les philosophes appelés nominalistes l’avaient au plus haut degré, tandis que l'individualité dominait cher, les réalistes. La comparaison compare des conditions ou états, et des conditions ou causes. Elle a surtout pour but de généraliser ou de discerner. »
Dans la dernière édition de sa Phrénologie, Spuriheim parle de H. Waison en ces termes : « Je suis chapmé qu’il s’occupe à faire des recherches sur la phrénologie. Il est destiné à servir la cause de celte science; mais je ne puis m'accorder avec lui quant aux fonctions essentielles de la comparaison. Selon moi , l’éventualité perçoit les diverses conditions. Celte faculté perçoit non-seulement les verbes actifs, mais aussi les verbes neutres et passifs. Elle perçoit un homme se promenant, un homme qui est porté, un homme endormi, deux personnes que f on marie. Être jeune ou vieux, bon et juste, sont au contraire des événements physiques ou moraux, qui sont transmis à l’éventualité par d’autres facultés; un nouvel organe qn’on nommerait la conditionalité est donc inutile. *
Les dernières remarques de M. Watson sur la comparaison se trouvent au dixième volume du Phrenological Journal. f En comparant, dit-il, les développements cérébraux de plusieurs auteurs et de plusieurs de mes connaissances à leur style et au tour particulier de leurs pensées, j’en vins à cette conclusion, que la comparaison n’est qu’une œuvre mentale qui
devrait être classée à côté de la perception, de la conception, de la mémoire, de l'imagination et autres termes qui semblent exprimer l’étal d'activité d'une fonction , et non cette classe d’idées qui sont formées dans les organes cérébraux. Je fus forcé d’en venir à celte conclusion, lorsque j'eus reconnu que la tendance à tout comparer n’était pas toujours proportionnée au développement de l’organe de la comparaison, et que le sens de ressemblance et de différence comme celui de la mémoire, se manifestait toujours le plus fortement dans les idées que l’on suppose être formées par les organes les plus développés. Il fallait ensuite déterminer f espèce d'idées , existant dans l'organe appelé jusqu'ici comparaison, ou formées par lui. En analysant avec soin les œuvres des auteurs chez qui cet organe dominait, je crus y découvrir une tendance particulière à décrire et à comparer certaines séries d'idées touchant la condition ou l'étal de la nature externe et des sentiments intérieurs; tandis que cette tendance se faisait à peine sentir dans les œuvres de ceux qui avaient cet organe faiblement développé , et que ces derniers étaient portés à décrire et à comparer d’autres séries d’idées. Voilà comment j'en vins à comprendre que cet organe prenait connaissance des idées de condition ou d'état, se les rappelait, et les comparait entre elles comme l’organe de la forme, dit-on , se rappelle et compare les formes entre elles. Quoique les ouvrages de Spurzheim ne considèrent pas la comparaison sous ce point de \og, il semble que ses propres idées sur la fonction de cet organe s’en rapprochent beaucoup, puisque en réponse à la lettre de M. Combe qui lui communiquait mes conclusions.il écrivit : < La comparaison compare des conditions ou états et des t conditions ou causes. > M. Hancock dit que, mon expression condition ne transmet à son esprit aucune idée bien distincte. La faute n’en est pas au mot, mais à lui-même; car Spurzheim a compris distinctement les idées que ce mot devait provoquer.
Je ne puis me ranger de l’avis deSpurzheim el de M. Scolt, ei je pense encore que chaque organe ( ou paire d’organes) ne généralise et ne discerne que les idées qui en émanent. La tête de plusieurs personnes , qui se sont distinguées dans les sciences physiques, ne présente qu’un développement assez faible de l’organe de comparaison; cependant , pour bien posséder ces sciences, il faut pouvoir généraliser et distinguer parfaitement. La moitié de la botanique et presque toute l'entomologie roulent sur des distinctions entre des objets presque identiques , ou sur des classifications fondées sur certaines ressemblances ou propriétés physiques. Comment se fait il alors que l'organe de la comparaison ne soit pas trèsdéveloppé chez les botanistes et les entomologistes célèbres, s’il est vrai que cet organe soit indispensable pour généraliser et distinguer toutes les idées identiques? Et si la comparaison compare les conditions ou états , quel est l'organe qui les perçoit et s’en souvient (i)? »
Le Dr Vimont comprend ce sujet de la même manière que M. Watson; il nomme cette faculté « comparaison ou appréciation de l'état des choses, > et explique ainsi sa nature. Si l'on place un morceau de glace sur le feu dans un vase, les organes de la forme, de l’étendue et du coloris, perçoivent son apparence. Toutes ces perceptions peuvent s'opérer, sans provoquer aucune idée de relation entre l’état de la substance devenue liquide et le même état d'autres substances comme le plomb en fusion, le mercure ou le lait. Quelle est donc, dit-il, la faculté qui prend connaissance de l’état d’un corps relativement à un autre, et qui en fait comprendre les qualités par l'emploi des adjectifs? Ce ne peut être, dit-il, que la comparaison, ou comme il préfère la nommer, « l’appréciation de l'état des corps, mais avec l’idée de rapprochement ou de relation (s). » Il fait
(t) Phrenological Journal, vol. X , p. 169.
(2) Traité de Phrénologie, tom. II , p. 382.
allusion à l'Essai de M. Watson dans le Phrenological Journal, et ajoute cette remarque ( qui ne me paraît pas fondée ) que « quoique les arguments de ce phrénologue soient très-ingénieux, sa théorie ne semble au fond pas autre chose, que l'idée de la comparaison, dans le sens que Gall attache à ce mot. > 11 n’est pas encore prouvé que les animaux possèdent cet organe, Gall dit que l’homme seul en est doué; mais le Dr Vimonl a été conduit par l’étude des mœurs de certains animaux, tels que le chieu, l'éléphant, l’orang-outang et l’ours, à supposer qu’ils n’en sont pas entièrement dépourvus.