ALIÉNÉS
population
rovn
t'S ALI fit f.
Norwége
Angleterre
Pays de Galle*
Écosse ( 1823)
New- York (1831 )
France
COMBE. — TRAtTf DE PHnf.SOt.Or.IF.. T. II. 46
« En Norvège, continue M. Quelelet, les idiots sont pour un tiers dans le nombre total des aliénés, et pour moitié dans l'Ecosse et la principauté de Galles; c’est ce grand nombre d’idiots qui rend si supérieur le nombre des aliénés de l’Ecosse comparé à celui de l’Angleterre. On remarque, en général, que, dans les montagnes, il y a beaucoup plus d’idiots que dans les plaines; et dans les plaines livrées à l'agriculture, on trouve aussi plus d'idiots que dans les villes. En France et à New- York, le nombre des idiots est très-peu considérable. »
Le nombre excessif des idiots en Norwége et en Écosse peut être attribué à une foule do choses : 1° au froid et à l’humidité du climat (le remède à cela serait de dessécher et de cultiver le sol, de bâtir des maisons plus chaudes cl de pourvoir à ce que le peuple fût mieux couvert); 2° à la nourriture insuffisante du peuple ( pour faire disparaître cette cause il faudrait à ce pays des capitaux et de l’industrie ) ; et 3° aux mariages entre proches parents pendant des générations successives, résultat de ce qu’une population peu nombreuse est éparpillée sur un vaste territoire. Pour remédier â ce mal, il faudrait instruire le peuple des fonctions et des lois du cerveau, et lui faire un devoir d’étendre la sphère de ses alliances. Les bateaux à vapeur et les chemins de fer, en étendant le cercle des relations sociales, tendent à détruire celte cause.
C’est là probablement la principale cause du mal. Cela s'explique par les faits suivants. M. Brown, agent du duc Hamilton pendant un grand nombre d’années dans plusieurs petites îles sur la côte occidentale de l'Ecosse, m'a dit qu’il avait trouvé, par un recensement , que le nombre des idiots, comparé à la population totale, était plus grand dans les iles que sur la terre ferme; ce qu’il attribuait aux mariages entre proches parents, motivés par le défaut de rapports en dehors de leur île. Ensuite parmi les familles nobles, royales et aristocratiques de l’Europe, qui le marient souvent entre
parents consanguins, on dit que tes idiots sont en général plus nombreux en proportion de leur nombre, que dans des classes moins élevées. Enfin les habitants des villes ont pour faire un choix une sphère plus grande , et se marient moins entre parents consanguins que les habitants de la campagne; et le fait qu’on trouve parmi eux moins d’idiots, vient à l’appui du principe que nous soutenons ici. Ce n’est donc pas assez, pour arriver à un résultat pratique, de connaître la proportion des idiots avec la population générale. Il faut que nous découvrions les causes de l’idiotisme avant de diminuer le nombre des idiots; et comme le cerveau est l’organe de l’esprit, nous reconnaîtrons que chacune des causes affecte directement ou indirectement sa condition. Les tableaux statistiques devraient donc embrasser des faits relatifs à l'étendue et à la condition du cerveau des aliénés , et présenter un état de toutes les causes physiques et morales, que l’on sait avoir une influence funeste sur son développement ou sur son activité.
En faisant ces remarques, je suis loin de vouloir diminuer le mérite des faits mis au jour dans le tableau précédent, même en les considérant simplement comme des faits indépendants de toute opinion sur leurs causes. Connaître l’existence et l'étendue du mal est le premier pas vers des recherches sur ses causes et ses remèdes; et le public a de grandes obligations aux statisticiens qui lui présentent les phénomènes du monde moral en groupes palpables , appréciables par des chiffres , et faciles à comprendre. Tout ce que je veux dire, c'est que l’étendue , la forme et les lois de l’action du cerveau sont des éléments essentiels de toute recherche rationnelle dans les causes de ces phénomènes , toutes les fois que le but est de les détruire, cl qu'on ne devrait pas les négliger comme on l’a fait jusqu’ici , par suite des préjugés de l’ignorance.
La statistique des crimes a été traitée avec de grands détails
par M. Quetelet. Il nous présente le tableau suivant sur les crimes commis en France :
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