‹ Traité de phrénologie. Tome 2Chapitre 42 sur 44 · C. Otto, M. D · texte numérisé non relu

C. Otto, M. D

Le Dr Otto ajoute , dans une lettre à M. Combe renfermant celle ci-dessus : < Comme médecin d'un établissement pénitentiaire, personne ne peut être plus convaincu que moi de la vérité de la phrénologie. J’ai retiré les plus grands avantages de cette science dans le traitement des criminels à mon hôpital , pour varier le traitement moral selon la forme de la tète (la sévérité étant nécessaire h l'égard de quelques-uns et la douceur h l’égard de quelques autres ) , et j’ai souvent indiqué à l’inspecteur, dès l’entrée des individus à la prison , et sans tomber dans la moindre erreur, les criminels qui devaient être considérés comme dangereux et ceux d'un caractère tranquille et bienveillant. Lorsque les détenus feignaient des maladies, l'examen des organes de la secrélivité et de la conscienciosité m’a beaucoup aidé à m’en apercevoir.

XXIV. — De tir Douglas Gordon Halyburton , membre du parlement , à George Combe , esq.

tondre», 26 mari 1836.

Mon cher Monsieur ,

Von» excuserez , j'en »ui« sûr , le retard que j’ai mi» à répondre à votre lettre du 14 courant, contenant une copie de votre circulaire imprimée du 10 , au »ujel de* représentation» de G. Mackenzie , à lord Glenelg sur les criminel» destiné» à être déportés aux colonie» australes.

Je crains qu'en demandant mon témoignage sur la question phrénologique , vous-même ou sir G. Mackenzie ne lui supposiez une valeur qu'il n’a pas. Cependant, si l'attention que j'ai donnée pendant vingt ans à celle science aussi intéressante qu'importante ; si mes relations assez intimes avec Gall et Spurzhcim, pendant mon séjour sur le continent ; si l'amitié dont Spurzbeim a bien voulu m'honorer ; si le soin que j'ai mis b ne laisser échapper aucune occasion, à Paris, b Londres, à Edimbourg ou à Glascow de profiter de scs cours ou de sa conversation ; si , et permeitez-moi de me défendre de l'intention de vous flatter , l'instruction et les progrès que je dois à vos propres écrits , b vos leçons et à votre conversation , ainsi qu’à celles de votre frère le l)r André Combe ; si toutes ces circonstances , dis-je, bien connues de vous , vous amènent , vous ou sir G. Mackenzie , à croire que mon nom peut avoir quelque poids , vous pouvez en disposer.

Le point sur lequel vous désirez , je crois , l'opinion de juges compétents, est celui-ci : < La forme et l'étendue du cerveau indiquentelles les dispositions naturelles assez exactement pour qu'il soit possible de distinguer, de leur vivant, les criminels endurcis , de ceux qui offrent quelque ressource? »

Avant de répondre à cette question , permettez-moi , mon cher monsieur , de faire quelques remarques : Il nous est bien connu qu'un phrénologue habile , et versé dans la pratique de la science , pourrait résoudre des difficultés bien plus grandes que celles que renferme la question ci-dessus. Au lieu de lui demander simplement d'indiquer des extrêmes dans les caractères, on pourrait exiger qu’il discernât, qu'il

lût en quelque sorte le caractère d'un grand nombre d'individus appartenant à cette classe intermédiaire qui compose la masse du monde civilisé ; de cette classe où les qualités de l'hommt brut se confondent, dans toutes les proportions, avec celles de l’homme religieux et moral. Sur vingt individus ( pris au hasard dans toutes les clattes de la société), dix-neuf présentent dans la combinaison de leurs organes des contradictions apparente t , qui viennent frapper à tout moment celui qui cherche le moins à observer. Ce n’est point exagérer qu'affirmer que ceux qui composent la majeure partie de la société , comprenant tous les rangs, passent leur vie tantôt à pécher , tantôt à se repentir, (au grand jour ou dans l’ombre), tantôt obéissant à leurs penchants physiques , tantôt écoutant leur nature morale ou religieuse , et se laissant réprimer ou guider par elle.

Nous le savons , tout cela est démontré de la manière la plus satisfaisante par les vérités et les doctrines de la phrénologie. Mais, dans le fait , ce sont là des phénomènes qui n'ont échappé, ni aux moralistes , ni aux théologiens. Tous les jours , nos prédicateurs nous parlent dans un style sottement équivoque et chargé d'épithètes bibliques, d'hommes < charnels, qui négligent l'esprit; > ils nous disent aussi que « l'homme naturel ne peut plaire à Dieu, etc., etc. »

En rappelant ces paroles, je n'ai ici qu’une intention : celle de prouver que ces messieurs sont d’accord avec les phrénologues ; qu’ils croient comme eux que la nature brute de l'homme doit obéir à sa nature élevée, à sa nature morale et spirituelle; que Dieu a créé l'homme avec cette intention , et qu'il a pourvu (ils ne peuvent en douter ) à ce qu'elle fût remplie; que la nature brute prend souvent le dessus; qu’au lieu A' obéir elle a la présomption de vouloir dominer , et que ce sont ses déportements qui , en faisant une guerre sourde et honteuse à la nature morale , sont la cause de tant de confusion et de tant de malheurs. Eh bien ! le plirénologue peut-il dans des cas aussi mixtes indiquer par l'inspection de la tête le caractère d'un individu? Oit. Il peut au moins énumérer les pouvoirs énergiques qui se dessinent de chaque côté du cerveau; mais comme un phrénologue n'est ni un charlatan , ni un prophète , il n'osera prédire ni l'action spéciale , ni l’enchatnemenl d actiom qui pourront résulter , pendant un temps limité et dans des circonstances particulières , des principes opposés coass. — tsaité ns rmo'ioLOGir. t. ii. lit)

que l’individu porte en lui. Afin de frire mieux comprendre ce que je viens d’esquisser à la hâte , je vous demanderai s’il n’y a pas des centaines d’exemples dans toutes les capitale s de l’Europe , qui comptent des sociétés phrénologiques de (prenons un exemple entre mille) parents qui tout en hésitant, tout en tremblant, moitié croyant , moitié doutant , ont conduit leurs enfants chez les phrénologues les plus célèbres , afin qu'ils prédissent leur caractère , ont fait courber la tête des petites créatures sous leurs yeux et sous leurs doigts , sous la baguette du sorcier. Quand c’est en effet un sorcier habile et instruit, il découvre de suite les traits généraux du caractère des enfants (je ne veux pas parler ici des enfants à la mamelle). Il va plus loin , il examine et pèse , il balance les forces des diverses qualités intellectuelles , morales et animales ; et dans presque tous les cas (je suppose toujours que c'est un sorcier habile) il décrit parfaitement le caractère dans tous ses détails. Les pauvres parents demeurent bouche béante; penchants, sentiments, passions, vertus et vices qu’ils s'imaginaient connaître seuls, ou au moins n'ètre connus que des familiers de la maison , sont amenés à la surface de la tâte par l'examen malicieux du docteur phrénologue. La conséquence de cet examen est que très-souvent les parents inquiets le consultent sur le système d'éducation à suivre , sur la conduite à tenir vis-à-vis d’enx , cl enfin sur le choix des professions ; et sans doute c'est un grand bien pour une famille, quand un phrénologue judicieux, qui s’est arrêté à tous les points ci-dessus mentionnés , veut bien donner ses conseils. Si ce que j’ai dit sur les classes dont j’ai parlé plus haut , et qui , loin de former des exlre'mes, composent la masse de la société , est exact , ma réponse à la question de votre circulaire ne peut être douteuse. Je regarde comme prouvé que « la forme et l'étendue du cerveau indiquent les dispositions naturelles assez exactement pour qu'il soit possible de distinguer, de leur vivant , les criminels endurcis de ceux qui offrent quelque ressource. >

Je terminerai celte lettre par quelques observations qui ressortent naturellement du sujet. Nous savons que la phrénologie a été des plus utiles dans l'éducation , a rendu de grands services aux familles et aux établissements d'instruction , en donnant aux maîtres ou aux directeurs un moyen d'établir une discipline morale et intellectuelle pour

leu élèves. Nous savons en outre que la médecine , comme art et comme science , doit beaucoup à la phrénologie , surtout dans le traitement des personnes souiïrant d'aliénation mentale. Cela me rappelle les exemples qui se sont présentés dans la maison des fous de Lancastre et dans l'établissement des pauvres du comté de Middlesex , près de la capitale ; et je crois que l’Angleterre et l’Écosse en offriraient beaucoup d’autres. Peut-on donc douter que la phrénologie offre des ressources très-grandes dans le classement de ces malheureux , dont les crimes , à divers degrés, les ont mis sous le coup de la législation pénale!

J'aurais pu , mon cher monsieur, répondre à votre lettre bien plus laconiquement , et même je vous dois des excuses d'avoir été si diffus; mais j'espère que l'intérêt que je prends à la science sera mou excuse auprès de vous.

Je suis, etc.

D. G. Hallvburtom.

XXV. — Du Dr Patrick N eill, membre de la Société royale de médecine d’Edimbourg et de la Société d’histoire naturelle de Londres, à lord Glenelg.

Cinonmtll, 31 nun IS3S.

Milord ,

A la demande de sir G. Mackenzie , je prends la liberté de vous déclarer que, des le premier séjour de Spurzheim à Édimbourg , je me suis convaincu que les principales doctrines de Gall sont fondées sur la vérité, et que celle conviction avait commencé à se former, même avant ce séjour, d'après mes propres observation*. Je crois que certaines circonvolutions ou portions du cerveau sont particulièrement les organes de certaines facultés et de certains penchants, que l'étendue indique généralement l’énergie de toutes les facultés, et que dans le plus grand nombre de cas on peut distinguer l'étendue relative des organes , à l'examen externe.

Souvent la société a distribué mal à propos le blâme ou l’éloge ; c’est

pour cela que jamais je n'ai voulu donner mon opinion quant aux actions probables d’un individu ayant reçu de l'éducation , et que je me suis fait une loi , môme alors que mes amis me sollicitaient le plus vivement , de me refuser toujours à examiner leurs têtes. Mais en de nombreuses occasions , je me suis laissé influencer par mes observations particulières sur le développement du cerveau de tel ou tel individu ; et je puis dire en conscience que je n'ai jamais eu qu'à m'en applaudir. Si donc je me suis abstenu d'appliquer publiquement U phrénologie , cela ne doit en rien diminuer le poids de mon témoignage.

Il est quelques organes des facultés et des penchants que l'on reconnaît extérieurement beaucoup plus facilement que d'autres; et pour peu qu'ils soient proéminents , il n'est aucun phrénologue ( je veux dire aucun de ceux qui se sont occupés de ce sujet) qui puisse se tromper dans les conclusions qu'il peut être utile de déduire. Il n’est pas douteux que, pour ce qui concerne les condamnés destinés à être déportés , ils pourraient indiquer ceux qui pourraient être dangereux , de sorte que pendant le voyage , on pourrait les garder plus strictement à vue , et les séparer autant que possible de ceux dont on n'aurait rien à craindre ; et , arrivé & destination , on pourrait soumettre les premiers à une surveillance , et n’imposer aux colons que les derniers.

Afin de vous prouver que j’ai peut-être quelques droits & donner mon opinion , je me permettrai de rappeler que dans ma jeunesse j'ai étudié la médecine pendant trois années , avec l'intention d'embrasser cette profession , que je me suis surtout occupé de l'anatomie , que j’ai vu dittéqutr le cerveau par Monro jeune , que j’en ai entendu expliquer les développements par Spurzheim ( car ce dernier ne se servait presque jamais du scalpel ) , pendant plus de vingt ans que j'ai été secrétaire de la Société d'histoire naturelle de Werner, et que toute ma vie je me suis occupé d’histoire naturelle.

J’ai l’honneur, etc.

P. Neill.

XXVI. — Du Dr John ElUolton, membre de l' Institut, président de la Société royale de médecine et de chirurgie et des Sociétés phrénologiques de Londres ; professeur de médecine théorique et pratique et de médecine clinique, et doyen de la faculté à l'Université de Londres ; médecin en chef de l'hôpital du Nord à Londres , ex-médecin de Ihôpital Saint-Thomas et président de la Société royale de médecine d'Edimbourg , etc. , etc. , etc. , à lord Glenelg.

Londres, 7 avril 1836.

Le Dr Elliotson présente ses respects à lord Glenelg , et , à la demande de sir George Mackenzie , prend la liberté de lui faire part de la conviction intime qu'il a de la vérité de la phrénologie. Il n'a pas passé un jour depuis vingt ans sans s'occuper de ccttc science ; et le grand nombre de faits dont il a été témoin l'ont convaincu que c'est une science réelle aussi bien que l'astronomie et la chimie. 11 ne connaît pas de science qui soit plus importante ; car elle se lie à la morale , à la religion , au gouvernement , à l'éducation , cl enfin à tout ce qui regarde le genre humain.

XXVII. — Du D’ John Scott, membre du collège royal des chirurgiens à Edimbourg, à sir George Mackenzie , baronnet.

Edimbourg, 10 avril 1836.

Mon cher George,

Ayant été informé par M. Combe de votre proposition à lord Glenelg , tendant à ce qu'il soit fait une épreuve des principes phrénologiques sur un certain nombre de condamnés à déporter à la Nouvelle- Galles du Sud , je me plais à vous exprimer ma conviction sur les avantages immenses qui doivent en résulter, en montrant l'utilité pratique de la phrénologie. Pour moi, je ne mets plus eu doute la vérité

de celle science, depuis que je l’ai étudiée sous Spurzheim , à Paris, il y a quinze ans.

Je suis , etc.

John Scott , M. D.

XWHI. — De Juieph Vimont, docteur en médecine delà faculté de Parie , membre honoraire des Sociétés phrénologiques de Paris , de ^ Londres , tTEdimbourg , de Boston , etc. , à lord Glenelo.

Milord,

Parii, 30 mars 1836.

Sir G. S. Mackenzie , baronnet , en vous demandant la permission d’examiner la tête d’un certain nombre de criminels , afin d’apprécier leurs facultés mentales*, aurait pu se dispenser d’avoir recours au témoignage des physiologistes étrangers. Dans le cas proposé par l’honorable baronnet , l’expérience ne peut manquer de couronner le succès, si elle est faite, comme je n’en doute pas, par des phrénologues versés dans la théorie et la pratique de la phrénologie. Les observations du fondateur de la science , de Gall , dans les prisons de Berlin et de Spandau , qui ont été répétées dans tout le monde civilisé , et auxquelles j'ajouterai celles que j’ai faites dans les trois prisons principales de la France, savoir i Caen , à Bicêtre et h Melun , m’ont convaincu que non-seulement on peut apprécier le rapport existant entre le volume de la tête et l'énergie des facultés mentales , mais qu’on peut encore , en les examinant , répartir les condamnés en plusieurs classes; ce qui serait très-avantageux i la société et aux condamnés mêmes. L’ouvrage de Gall , le Journal phrénologiquc d’ftdimbourg, le grand ouvrage que j’ai publié moi-même il y a peu de temps , et enfin les musées phrénologiques abondent en faits qui prouvent d’une manière incontestable que les facultés mentales des hommes en état de santé peuvent être appréciées à l’examen de leurs tâtes. Nier ces faits , c’est mettre en doute l’existence des phénomènes les mieux établis.

J’ai l’honneur, etc.

J. Vimont.

XXIX. — Du D’ William Grcgory, F. R. S. E. , membre du college royal des médecins (T Edimbourg , président de la Société royale médicale, membre correspondant de la Société phrénologique de Paris , et secrétaire de la Société phrénologique d'Edimbourg , à lord Glekelo.

Milord ,

Êdimbourg, 11 avril 1836.

On m'a prié de vous dire mon opinion sur la proposition que vous a faite sir G. S. Mackenzie, baronnet , relativement à l'examen phrénologique des criminels qui doivent être déportés , et au moyen de les classer d’après leurs dispositions naturelles, de manière à éviter les inconvénients du système suivi dans les établissements pénitentiaires. A cet égard je commence par déclarer que depuis plusieurs années j'ai étudié la science de la phrénologie, et que j'ai acquis la conviction profonde que, dans les mains d’observateurs capables , cette science offre les moyens d’indiquer avec certitude les dispositions naturelles et les talents des individus dont le cerveau n'est pas dans un état morbide.

Ma conviction est fondée sur l'étude approfondie des ouvrages des phrénologues les plus distingués , et confirmée par l'examen répété de plusieurs grandes collections où sont déposées les tètes d'un très-grand nombre de criminels de toutes nuances de caractère. J’ai eu aussi trèssouvent l'occasion de vérifier avec quelle facilité et quelle certitude les phrénologues distinguent par la pratique de cette science le caractère des personnes vivantes. Il est superflu de nous étendre sur les avantages d'une telle faculté , notamment dans le cas des criminels.

Vos occupations vous ont sans doute empêché de donner votre attention à la phrénologie ; mais qu’il me soit permis d'avoir la confiance que vous n'examineriez pas cette science avec soin sans être convaincu de l'importance qu'elle a , comme la philosophie pratique de l'esprit , la plus logique qui ait jamais été offerte au monde.

Lorsque ceux qui se sont livrés à l'étude de la phrénologie et qui sont convaincus de la vérité offrent , comme le fait sir G. S. Mackenzie, d'en faire une épreuve publique, qui peut être très-avantageuse, et ne

peut offrir d'inconvénients , il est de votre devoir de ne pas repousser une proposition si importante , simplement par le manque de foi en la vérité de la phrénologie , foi que ne peuvent espérer avoir ceux qui sont restés étrangers à celte science et à l’évidence sur laquelle elle est fondée.

J'ai l'honneur , etc.

W. Gregort.

XXX. — Du DT Robert Hunier, profetseur d'anatomie, etc., à l’uuive rnl<f d’Anderson à Glatcow , à lord Glexelc.

Milord ,

Glatcow, Il avril 1836.

C’est à la demande de M. Combe que je prends la liberté de m'adresser à vous au sujet de la phrénologie. Depuis plus de treize ans celle science est l’objet de mes études ; et plus je l’ai approfondie , plus je me suis convaincu de sa vérité. Je l'ai examinée eu rapport avec l'anatomie du cerveau , avec laquelle elle s'harmonise admirablement. J'en ai reconnu la vérité en vérifiant que les indications qu’elle donnait sur le caractère d’un grand nombre d'individus étaient d’une exactitude parfaite. Depuis dix ans , j'ai enseigné publiquement que la phrénologie est en rapport avec l’anatomie et la physiologie , et je n'hésite pas à déclarer que c'est une science fondée sur la vérité et dont on pourrait faire l'application avec le plus grand succès.

J'ai l'honneur , etc.

Robert Huxter, M. D.

XXXI. — De Robert Macmsh.eiq., membre de la faculté det médecine et chirurgien t de Glatcow , et auteur de la Philosophie du sommeil, etc., à lord Glemelg.

Milord ,

uiascow, U avril 1836.

Ayant été invité par sir G. Mackenzie à vous dire mon opinion sur la possibilité de découvrir le caractère des criminels en examinant leurs crânes d'apres les principes phrénologiques , je ii’hésile pas b me déclarer profondément convaincu que , dans un très-grand nombre de cas, les dispositions de ces individus peuvent être appréciées par ce procédé avec une exactitude remarquable.

Tous les criminels endurcis, particulièrement dangereux pour la société, ont la tête d'une forme particulière. Ils ont derrière les oreilles une masse énorme de cerveau , et dans les régions frontale et coronale une partie relativement petite. Une telle conformation caractérise toujours la plus détestable classe de malfaiteurs ; partout où elle existe nous trouvons une tendance extrême au crime. C’est un fait que j’ai eu très-souvent l’occasion de vérifier ; et quiconque voudra comparer les têtes de criminels avec celles des personnes qui ont des dispositions naturelles à la vertu , ne peut conserver le moindre doute sur ce point.

J’ai l’honneur, etc.

R. Mac visu.

XXXII. — De Richard Poole,M. D., membre et bibliothécaire adjoint du collège royal des médecine d Edimbourg; auteur de divere articles ineérés dans les journaux sur le langage, la philologie, les •

mathématiques, l’esprit, la philosophie et l’éducation.

Edimbourg, 12 avril 1839.

Depuis plusieurs années que je m'occupe activement de phrénolo gie , j'ai reconnu que les principes de celle science sont susceptibles d'application dans un grand nombre de cas très-importants, et notam-

ment dans le traitement des aliénés dont je me suis occupé comme médecin , d’une manière toute particulière. De longues études et des observations réitérées m'ont donné la certitude qu’en examinant et en comparant les têtes durant la vie, d’après les principes de la phrénologie on parvient à distinguer les individus qui ont un caractère bas et dangereux de ceux qui sont naturellement disposés à la vertu.

Richard Poole.

XXX1I1. — De Charles Maclarcn , etq., éditeur du Nouvelliste écossais , à lord Glenelc,.

Edimbourg , 9 avril 1836.

Après avoir pris connaissance de la correspondance qui a eu lieu entre vous et sir George Mackenzie sur la convenance de soumettre les criminels à un examen pbrénologique , je déclare que , depuis sept ans que je me suis un peu occupé de phrénologie, j’ai acquis la certitude que les principes en sont vrais et me suis convaincu que la forme et l’étendue du cerveau indiquent les dispositions naturelles assez exactement pour qu’il soit possible de distinguer, de leur vivant, les criminels endurcis de ceux qui offrent quelques ressources.

J’ajouterai que mes premières impressions en faveur de la phrénologie sont dues à l’explication qu’offrent ces doctrines sur les phénomènes de l’esprit et les rapports de l'homme avec le monde externe , explication plus claire , plus conséquente et plus satisfaisante qu’aucune de celles qu’offrent les systèmes de philosophie maintenant enseignés en Angleterre.

J’ai l’honneur , etc.

Charles Maclaren ,

Editeur du KouvelUste écossait.

XXXIV. — De William Wildsmilh, esq. , membre du culle'ge royal des chirurgiens de Londres et du conseil d'administration de la Société philosophique et littéraire de Leeds , et auteur de Recherche* *ur le* rapports entre l’esprit et le cerveau, à lord Glenelg.

Milord ,

Leedv, 16 avr il 1896.

Ayant appris que sir G. S. Mackenzie, baronnet, vous a proposé de soumettre à une épreuve publique le parti qu'on pourrait tirer de la phrénologie dans le choix des criminels destinés à la déportation , afin de les mieux classer , je vous prie d'accueillir la présente approbation du plan qui vous est proposé. J'ai la confiance que le résultat sera des plus satisfaisants pour les parties intéressées , servira ù convaincre tous ceux qui ont des doutes et à détruire les objections que l'on élève encore contre l'application pratique de la phrénologie aux allaires ordinaires de la vie. Rien n’est plus facile, j'en suis convaincu, que de distinguer , au moyen de la phrénologie , ceux qui sont nés vicieux de ceux que les circonstances ont rendus tels; et je ne doute pas du succès complet de l'épreuve, si vous l'autorisez.

J'ai l'honneur , etc.

W. Wildsmitu.

XXXV. — De W. William Brebner, gouverneur de la prison du comté et de la ville de Glascou) , à George Combe , esq.

Priton du comté et de Ut ville de Glatcow, IS avril 1836 .

Mon cher monsieur ,

Chaque année, près de deux mille individus passent par cet établissement, et depuis plus de vingt ans j'en suis gouverneur. Pendant ce temps, et bien longtemps avant d’avoir entendu parler de la phrénologie , j’ai été plus d’une fois frappé de la forme extraordinaire de la tête de

la plupart des criminels. J'ai suivi le cours que Spurzheim a fait dans cette ville ; et quoique je ne prétende à aucune connaissance phrénologique , je n'hésite pas à affirmer que les caractères les plus notoircmen t dangereux sont signalés par une conformation de tête toute particulière. Qu'il me soit permis d'ajouter que Spurzheim , vous-même et plusieurs autres hommes distingués , croyant aux vérités de la phrénologie et les enseignant , qui ont visité celte prison , ont décrit le caractère des détenus , ainsi que leurs principaux penchants , avec une exactitude très-remarquable.

Je suis, etc.

\V. Brebxer , gouverneur.

XXXVI. — Dell. A. Galbraith, esq., chirurgien de l'asile royal des aliénés de Glascow , 4 George Combf. , esq.

Aille royal des aliénés de Glascow, 19 avril 1936.

Mon cher monsieur ,

Dans ma position, si favorable pour observer le désordre des manifestations mentales , j'ai été depuis plusieurs années amené à comparer ces manifestations avec le développement de la tête des individus ; et d’après le résultat de celte comparaison dans de nombreux exemples très-remarquables qui non-seulement m'ont été connus pendant l'état de l'activité morbide des facultés , mais qui résultent du récit authentique des premiers désordres intellectuels , je n'hésite pas à déclarer que je crois aux doctrines générales de la phrénologie.

Je saisis celle occasion d'ajouter (ce qui n'est qu'un acte de justice ) que pendant le séjour de Spurzheim en cette ville , il y a quelques années , il visita cette institution , et qu’il examina les tètes les plus remarquables des aliénés ; et alors même que j’eusse été plus insouciant et plus sceptique que je ne l'étais réellement, l’exactitude et la facilité avec lesquelles il tira des conclusions du développement du cerveau auraient dù fixer mon attention et inc convaincre de la vérité

de la science qu'il enseignait. Ce qui sert à en confirmer les doctrines aussi bien qu'à en prouver l'utilité , c'est que lors de votre visite , il y a quelques jours, vous avez tiré exactement les mêmes conclusions des mêmes têtes. Ce ne peut être une opinion hasardée qui , à des époques éloignées , donne au phrénologue expérimenté la faculté de donner sur la conduite et le caractère de plusieurs individus, des indications exactes et qui coïncident parfaitement avec des indications déjà données. Sans avoir la prétention d'être un phrénologue expérimenté, croyez que ma foi dans les vérités de la phrénologie est telle que je la cultive avec plus de soin que jamais ; et j’ose dire que j'en tire les plus heureux résultats à l'égard des aliénés qni me sont confiés.

Je suis , etc.

H. A. Galbraitii.

XXXVII. — De George Salmond , esq., procureur fiscal du comté de Lanark; de Walter Moir , esq., substitut du shérif du comté de Lanark ; et de M. D. M. Coll, gouverneur de la prison de Glascow , à George Combe , esq.

Mon cnER monsieur ,

Glaicow, 22 avril 1636.

Le schérif Moir m'ayant parlé, il y a quelques jours, de votre intention d'examiner phrénologiquement quelques-uns des détenus de la prison de Glascow , j'exprimai le désir d'être présent à cette expérience , afin d'avoir une preuve pratique du système de la phrénologie, et de vérifier si vos déductions s'accorderaient avec ce que je savais d'eux officiellement et officieusement. M. Moir eut l'obligeance de me donner une lettre pour vous , et j’eus la satisfaction de suivre l'examen que vous files d'un grand nombre de ces criminels , et d'entendre avec beaucoup d'intérêt les conclusions auxquelles vous arrivâtes sur chacun d'eux.

Comme je n'avais jamais été présent à une pareille opération , je m'attendais à ce que , après un long et ennuyeux examen , après avoir

pris des notes, après avoir comparé et calculé les résultats, vous donneriez un aperçu général du caractère ; combien ne fus-je pas étonné et enchanté tout à la fois , quand je vis qu'après un examen d'une minute tout au plus, vous vous prononciez sans hésiter sur le caractère , non pas seulement par des généralités , mais avec des spécialités de sentiments et de penchants qui justifiaient d'une manière étonnante tout ce que j'en savais. Je ne pouvais douter que c'était la première fois que vous aviez accès près d'eux , que vous n'aviez non plus eu aucun moyen de les connaître préalablement , puisqu’on les avait pris au hasard dans un grand nombre d'autres criminels. Dès lors je fus convaincu de la vérité de la science , dès lors je vis les avantages que la société pourrait en tirer ; je compris qu'elle devait surtout être utile dans l’application du droit pénal.

Au nombre des observations qui me frappèrent le plus de votre part , pcrmellcz-moi d'en citer quelques-unes comme m’ayant paru plus convaincantes que toutes les autres.

Vous déclarâtes le premier homme qui vous fut présenté « un effronté et dangereux voleur, qui, dans un état d'ivresse , n’hésiterait pas à mettre tout i feu et à sang, * En effet , cet homme a parcouru le pays pendant des années avec un chariot et un cheval , vendant du sel et des objets de peu de valeur ; il s'est acquis, dans ce commerce, la réputation d'un maître voleur , et maintenant il est poursuivi pour avoir volé, à main armée , sur une grande roule , à un pauvre paysan, le prix de son travail de la saison , avec lequel il rentrait chez lui.

Vous avez dit d’un autre qu’il avait « une belle intelligence et que sans doute il était coupable de filouterie > et l’exactitude de celte déclaration fut vérifiée ; car celui-là était détenu pour faux et pour escroquerie.

Un troisième , dites- vous , était < un voleur adroit , audacieux et déterminé > et c’est en effet un incorrigible voleur , qui, pendant un grand nombre d’années , a , de la manière la plus adroite et la plus cachée, été le chef d’une bande de voleurs ; et il est maintenant poursuivi pour vol de grand chemin et pour coups et blessures sur un pauvre homme qui a failli en mourir. Des informations particulières m’ont appris qu’il s’est rendu complice d’un autre crime de même nature, s’il ne dénote pas même plus de barbarie.

Vous déclarâtes le cinquième < un homme dépravé et des plus dangereux ; » c'est le compagnon et l’ami de celui dont nous venons de parler , il est depuis longtemps familiarisé avec le vol , et c'était un des plus grands voleurs de cadavres , à l’époque où les étudiants en médecine les achetaient; il passe pour avoir été complice du crime atroce que nous avons mentionné , à propos du criminel dont nous venons de parler.

Un sixième, que vous jugeâtes < un rusé voleur, qui, malgré son air doux , était audacieux et cruel, » était un voleur de profession , adroit et rusé , qui souvent avait cté pris et s’était échappé des mains de la jnstice. Il y a peu de temps qu'il vola en plein jour dans les rues de Glascow un mouchoir dans la poche d’un individu et prit la fuite. Comme on se mit de suite â courir après lui , il jeta le mouchoir , croyant qu'ainsi il arrêterait les poursuites. On fut hientàl sur le point de l’atteindre. Il se jeta alors dans un trou de fumier où l’on ne put songer à le suivre. L’individu volé se mit en faction à l’entrée du trou jusqu’à l’arrivée de la police. Notre voleur implora sa pitié dans les termes les plus suppliants , et , voyant qu’il ne réussissait pas à l’émouvoir, il sauta dehors ; saisi par l'individu , il fil un effort désespéré , lui fit une forte morsure à la main, et, par son audace et sa violence, il aurait sans doute réussi à se sauver, si la police n'était pas arrivée.

L'exactitude de vos conclusions m’a profondément convaincu du hien que pourrait retirer la société de l’application de la phrénologie au classement des criminels détenus avant et après le jugement, au choix des condamnés et aux règles à suivre à leur égard , et même aux mesures rigoureuses à prendre à l’égard des criminels dont l'évasion serait le plus dangereuse pour la société.

Croyez-moi , etc.

G. Salmûmd,

Procureur fiscal du comie de Unark.

Nous avons été présents à la visite qu’à faite M. Combe de la prison de Glascow , et nous attestons la vérité du récit ci-dessus qu’en donne M. Salmond. Les déductions tirées par M. Combe , relativement au

caractère de» détenu» qu'il a examinés phrénologiquemcnt «ont parfaitement exacte» ; et il est impossible que ce soit le résultat du hasard.

Walter Mois ,

Substitut du shérif du comte de Lsusrk.

D. M. Coll,

Gouverneur delà prison de Glaicow.

XXXVIII. — Récil de l'examen phrénologique fait par M. Combe des léles des criminels à la prison de Neiecastle -sur- Tyne , en octobre 1835. Extrait du Phrcnological Journal , vol. IX , p. 524.

Le 28 octobre , M. Combe a visité la prison , en compagnie du Dr Oeorge Fifc, aide-chirurgien de la prison (ce n’est pas le phrénologuc) ; de Benjamin Sorsbic, esq. , alderman ; du DrD. B. White; de M. T. M. Grccnhow, chirurgien ; de M. John Baird , chirurgien ; de M. George C. Atkinson ; de M. Édouard Richardson ; de M. Thomas Richardson ; de M. W. Hutton et du capitaine llookc.

M. Combe dit que le but principal qu'il se proposait était de démontrer, à ceux qui étaient présents et qui avaient suivi ses cours à Newcastle , la réalité du fait qu'il avait si souvent affirmé , qu'il y a une différence marquée entre le développement du cerveau des hommes vertueux et celui des hommes tout à fait vicieux , comme le sont en général les criminels , et que les organes moraux sont en général plus développés chez les premiers , tandis que , chez les derniers , ce sont les organes des penchants animaux ; il demanda que quelques-uns des plus grands criminels lui fussent présentés , afin qu'il pût comparer la tète des criminels à celle des personnes présentes qui le voudraient.

On s’empressa d'accéder à sa demande , et le Dr Fifc suggéra à M. Combe (comme devant répondre mieux encore au but de M. Combe), l'idée d'écrire scs remarques avant d'en faire part au public présent , tandis que , de son côté il ( le Dr Fife ) donnerait . par écrit , le récit

de ce qu'il aurait appris des divers individus, et de comparer les deux résultats. M. Combe ne fit aucune objection à cette proposition et l'examen commença.

P. S. , âgé de vingt ans. — M. Combe écrivit ce qui suit : Lobe antérieur bien développé ; facultés intellectuelles considérables. L'organe de l'imitation est très-développé , ainsi que l'organe de la secrétivilé ; l'acquisivité est plutôt développée. L'organe le plus faible est la conscicnciosité. I-a bienveillance et la vénération sont très-développées. Les organes animaux n'ont pas un développement démesuré. J'eu conclus que ce garçon n'est point accusé de violences. Ses dispositions ne sont ni féroces , ni cruelles , ni violentes ; il a le talent de tromper et un désir d’acquérir qui n'est pas tempéré par la justice. Ses désirs peuvent s’ô tre manifestés dans la filouterie ou le vol. Il est plus probable qu'il a filouté. Il a b combinaison d’organes qui contribue le plus au talent de l’acteur. — Remarque i du D' Fife : Voleur avéré ; l'individu a été deux fois convaincu de vol. 11 n'a jamais fait preuve de brutalité ; mais il n'a pas le sentiment de l'honnéteté. Il a souvent essayé d'en imposer an Dr Fife; il est très-habile ; dans les écoles qu'il a fréquentées , il a montré beaucoup d'aptitude au travail et de vivacité d'esprit ; il a le talent d'imiter.

T. S., Agé de dix-buit ans. — M. Combe : La destructivité est trèsdéveloppée ; 1a combativité , la secrétivilé et l'acquisivité sont développées ; les organes intellectuels sont bien développés ; l'ainativiié est proéminente ; la conscienciosité n’a qu'un développement plutôt en dessous de la moyenne ; la bienveillance un développement moyen ; et la vénération un peu au-dessus de la moyenne. Ce garçon est trèsdifférent du précédent. Il est plus violent dans ses dispositions. II est sans doute détenu pour crime de viol. Comme la secrétivité et l'acquisrvité sont très-développécs , il peut avoir volé ; mais je crois celte dernière supposition moins probable. Vu ses talents intellectuels , c’est un sujet qui peut s’améliorer.

— Le Dr Fife : Crime, rapt... (t). Aucun Irak frappant dans son caractère ; facile à conduire ; n’a jamais fait preuve de vice depuis qu’il est en prison.

(1) Les observations ne sont pas de nature à être publiées.

COMBE. — TRAITÉ DE PHRÉ.TOLOGIE. T. 11. 6i

.1 . W . , âgé de soixante et treize ans. — M. Combe : La région coronale est très-déprimée ; la vénération et la fermeté sont un peu mieux développées ; et tous les organes de cette partie sont en général trèsfaibles. I,a circonspection est étonnamment développée ; l’organe de la combativité est considérable; et l'amativilé très-forte; les autres organes des penchants n'ont pas un développement démesuré. L'intelligence est très-faible. Je me serais plutôt attendu à trouver ce développement dans un hôpital d'aliénés que dans une prison ; je ne puis déterminer quelle espèce de crime a été commis. Ses dispositions morales sont en général très-faibles ; mais il a beaucoup de circonspection. Son crime doit se rapporter à l'union de l’amativité avec la combativité. Une grande faiblesse dans les organes moraux est le trait caractéristique de cet individu ; chez lui les penchants animaux ne sont tempérés par aucun organe. — Le Dr Fife : Voleur, n'ayant aucun principe de probité ; entêté , insolent , ingrat. Insensible à tout bon procédé ; en un mot , un des caractères les plus dépravés que j'aie jamais connus. — Note de AI. Combe : Je soutiens depuis longtemps que quand les organes moraux sont très-déprimés , comme c’est ici le cas, l’individu est atteint d'une folie morale , et devrait être traité comme tel. Des individus chez qui un organe est aussi développé que l’est la conscienciosité chez ce vieillard , et chez qui les organes modérateurs des sentiments moraux manquent également, sont , par suite de la disproportion dans les organes cérébraux , sujets à tomber en démence , s'ils sont fortement excités. Il est assez ordinaire de rencontrer de tels cas dans les maisons d’aliénés ; et comme la législation pénale n'a fait que punir cet individu pendant toute sa vie (car il a été déporté deux fois ), et que loin de réussir à le rappeler à la société, elle le laisse en prison , condamné pourvoi à l'âge de soixante et dix ans, je dis que tous ces faits viennent à l'appui de mon opinion , qu'on aurait dû le traiter tout d'abord comme atteint d’une maladie morale.

XXXIX. — I)u Dr John Mackinlosh , chirurgien du gouvernement dont le nord de l'Angleterre, professeur de principes de pathologie et de physique pratique ; membre du college royal des chirurgiens rT Edimbourg ; membre des Sociétés de médecine, de chirurgie et <rhistoire naturelle d'Edimbourg , de Montréal, d'Heidelberg et de Bruxelles , à George Combe , esq.

Edimbourg, 27 avril 1830.

Mon cuer monsieur ,

En réponse à votre lettre du 7 mars, dans laquelle vous m'invitez à dire si , à mon avis , la forme et l'étendue du cerveau indiquent les dispositions naturelles assez exactement pour qu'il soit possible de distinguer, de leur vivant , les criminels endurcis de ceux qui offrent quelque ressource , je me fais un vrai plaisir de le déclarer.

J'ai compté parmi les incrédules aux vérités de la phrénologie , et même j’ai tourné cette science en ridicule. Ma conversion a été lente ; elle est le résultat de plusieurs cas qui seront présentés à mon observation ; et je ne voudrais pas parier, en mettant pour enjeu tout co que je possède , que sur cent criminels examinés par tel phrénologuc que je pourrais nommer, il y eût erreur pour un seul.

Ce serait un grand bien pour la société , dans les pays où l'on envoie les déportés , si le plan proposé par sir G. S. Mackenzie à lord Glenclg était adopté. Si ces investigations donnent lieu à quelque dépense, je suis prêt à y contribuer ; car elles feront faire des progrès à la science, et rendront même un grand service aux malheureux déportés.

Je puis ajouter que , depuis quelques années , il s'est fait non-seulement en Angleterre , mais encore sur le continent , une grande révolution en faveur des doctrines phrénologiques. Le nombre de scs adversaires a diminué; le nombre de scs disciples, au contraire, a beaucoup augmenté. C'est à tel point, qu'à Paris, ou compte à peine un nom illustre dans la médecine ou dans les sciences qui ne se trouve sur U liste des membres de la Société pbrénologique.

Je suis , mon cher Monsieur , votre bien dévoué ,

John Mackintosh , M. D.

XL. — Certificat de M. Henri Marth, médecin d l' hôpital de Stevens médecin consultant à T hôpital général de Dublin, à l’hôpital de Saint- Vincent , et à l’établissement dee enfante maladee ; de Robert Harnton , eeq., M. D. , professeur d’anatomie et de physiologie au collège royal des chirurgiens en Irlande; de Richard Tonson Evanson , esq. professeur de physique pratique au collège

royal des chirurgien t en Irlande; de James Armstrong , M. D.; de François White , esq. , président du collège royal des chirurgiens en Irlande; de W. F. Montgomery, esq., M. D., professeur d accouchements au collège royal des médecins en Irlande ; de W m. IV. Campbell, esq. , préparateur d anatomie au college des chirurgiens en Irlande , médecin adjoint à l’hôpital de Dublin; de André Bo urne, esq., à Barrisler; de Thomas Édouard BeaUy. esq. ,M.D., ex-professeur de médecine légale au collège royal des chirurgiens en Irlande; de Arthur Édouard Gager, esq.; de André Carmichael, esq. ; de John Houston, esq., M. D., conserva- *

leur du muséum au collège royal des chirurgiens en Irlande , chirurgien à l hôpital de Dublin, chirurgien des écoles libres d Irlande , et de l'établissement des sourds-muets d Irlande; de H.Maunscll, esq., M. D., professeur d accouchements au collège royal des chirurgien, en Irlande et membre de la Société de médecine de Leipsick.

Pions soussigné» déclarons . d’après ce que nous savons et avons vu de la science de la phrénologie que , la forme et l’étendue du cerveau indiquent les dispositions naturelles assez exactement pour qu’il soit possible de distinguer, de leur vivant, les criminels endurcis de ceux qui offrent quelque ressource ; , et nous n’hésitons pas à recommander 1 exponence proposée par sir G. S. Mackenzie , afin de prouver qu’il est possible d appliquer la phrénologie.

Nous pensons qu'en autorisant une épreuve publique qui doit préciser le degré d'exactitude où la phrénologie est arrivée comme moyen scientifique de déterminer le caractère , et de deviner les dispositions naturelles des criminels , le chef du departement des colonies agira en homme d’Élat éclairé , qui veut sc tenir au niveau de la science , rendre justice à la phrénologie , et offrir au gouvernement l'occasion de profiter des lumières de la philosophie pour remplir les obligation» difficiles qui lui sont imposées en fait de législation criminelle.

Henri Marsh.

Robert Harrison.

Richard Toison Evanson.

James Armstronc.

Francis Write.

W. F. Montgomery.

Wm. W. Campbell.

André Bourne.

, TnoMAS Édouard Beatty.

Arthur Édouard Gâter.

André Carmicuael.

John Houston.

H. Maunsell.

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