‹ Traité de phrénologie. Tome 2Chapitre 8 sur 44 · WILLIAM DOBSON · texte numérisé non relu

WILLIAM DOBSON

Lord Jeffrey, dans l’article Beauté inséré au Supplément à F Encyclopédie britannique, s’accorde avec un autre auteur qu’il nomme, M. Knight, pour soutenir que « il n’y a pas de formes qui aient une beauté intrinsèque , ou le pouvoir de nous plaire et de nous émouvoir, sans leur association ou leur afjininité avec nos affections intellectuelles, soit qu’elles expriment la convenance et l'utilité, soit quelles se présentent comme des types ou des symboles de certaines qualités intellectuelles ou morales qui excitent notre intérêt. • Ces observations porteraient à supposer que lord Jeffrey et M. Knight ont euxmêmes les organes de la forme très-petits, et qu'ils ont pris leur expérience personnelle pour la règle générale. Tous les jours l’expérience vient contredire cette pensée, sur laquelle lord Jeffrey a échafaude son Essai sur la Beauté que « les objets intérieurs ne possèdent aucune qualité propre à exciter dans notre esprit une sensation de plaisir, et que toute leur beauté et le plaisir qu'elle procure viennent des sensations auxquelles l’homme les a associés. » Le minéralogiste qui parle de la beauté de ses cristallisations , a le sentiment et l’intelligence de ce qui en constitue, à bon droit, la beauté; et cependant il ne rattache aucune émotion aux formes de pyramide, de losange et d’octogone qu’il admire dans ses marcassites. Les personnes, chez lesquelles cet organe est étendu, avoueplqu’elles éprouvent un grand plaisir à contempler une forme, même en ne la rattachant à aucune idée d’utilité et de convenance, ni à aucune association d’idées morales ou intellectuelles, et qu’elles peuvent parler aussi clairement de formes élégantes, inélégantes, belles ou laides, en les considérant simplement comme formes, tout aussi bien qu’elles parleraient de choses douces ou amères, dures ou molles.

L’existence de cet organe nous parait prouvée.

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