RUADE
sèment de la trto, la flexion de l'encolure et les eflorts dével()|)|M''s dans les muscles qui attachent le thorax aux mend)res antérieurs, lui permet d'agir puissamment sur la croupe pour continuer le mouvement commencé par les muscles précédemment énumérés.
Une fois que le train postérieur est sufiisamment élevé et que l'animal détache la ruade, eu lançant brusquement ses pieds en arrière, le grand lessier F prend une part active à cette projection en attirant le trochanter en avant. Les jumeaux de la jambe I, les fléchisseurs des phalanges, en étendant le jarret et le pied tout entier, concourent au même efl'et.
Il est clair que la ruade est un acte inverse du cabrer, produit par un mécanisme analogue. Ces deux actes tendent, en jetant un train en l'air, h porter le poids du corps sur celui (pii demeure à l'appui ; et ils sont dus, en grande partie aux mêmes puissances musculaires, dont les elTets opposés résultent d'une simple interversion dans la fixité ou dans la mobilité de leurs extrémités.
Il ressort donc de l'exposé ci-dessus qu'il y a dans la ruade plusieurs actions distinctes et successives, l'une qui projette en hautla partie jjostérieure du corps, l'autre qui soulève et lance en arrière les parties inférieures des membres abdominaux : — la première résultant du redressement des rayons et deTelTacement des angles articulaires par la contraction des extenseurs et celle de certains fléchisseurs, au moment de l'appui du pied sur le sol; — la seconde dérivant à la fois et de la contraction des ischio-tibiaux, qui a commencé dès que le pied a quitté l'appui, et de celle des extenseurs du métatarse, du fléchisseur des phalanges, qui s'est continuée jusqu'à ses dernières limites. Ces deux actions, par la rapidité avec laquelle elles se succèdent dans un mouvement aussi instantané que la ruade, ne peuvent s'isoler que rationnellement, par les diflérences essentielles qui existent entre elles, sous le rapport de leurs agents et de leur mécanisme.
La ruade s'effectue plus ou moins facilement suivant les animaux. Elle s'opère avec une aisance remarquable chez les solipèdes, notamment chez l'àne et le mulet. Elle y est toujours précédée d'un temps de pré{)aration, i)endant lecjuel l'animal abaisse fortement la tète. Sans cet acte préliminaire, la ruade devienl tellement difficile, qu'il suffit ordinairement de maintenir la tête relevée pour mettre l'individu le plus vigoureux dans l'impossibilité de ruer. Dans tous les cas, elle ne peut durer (lu'un temps très court, car le poids du corps, le centre de gravité n'arrive presque jamais à être jeté sur les membres antérieurs. Dès que la force de projection verticale et d'ascension est épuisée, le train de derrière retombe lourdement sur le sol.
Les grands ruminants nous oflVent une variété de ruade dans laquelle l'un des deux membres est projeté isolément en dehors et en avant, ou en dehors et en arrière. La disposition de la tête du fénmr, dont la surface articulaire très étendue se prolonge jusqu'à la base du trochanter, et l'absence du ligament pubiofémoral,' sont les deux conditions qui expli{|uent la possibilité de cette sorte de ruade unipédale ou latérale qui tient en grande partie à l'action du long vaste. Ce muscle forme, comme on le sait, chez les ruminants, une vaste expansion qui descend de l'épine sus-sacrée, recouvre une grande partie de la croupe, et arrive à la face externe de la cuisse et de la jambe jusque sur l'extenseur du métatarse.
La ruade est un moyen de défense que la nature a donné à certains animaux et dont-ils se servent instinctivement, soit qu'ils aient à repousser les attaques de leurs ennemis, soit qu'ils aient à résister aux mauvais traitements que l'homme leur fait subir. Les jeunes solipèdes, les poulains par exemple, suivant la remarque de Galien ', ruent de très bonne heure, alors que la corne de leurs sabots est encore extrêmement molle. Les animaux vifs, et ceux qui sont méchants, le mulet, l'hémione, ruent très souvent ; dans tous les cas, les mouvements qu'ils exécutent et la position que prennent leurs oreilles trahissent leurs intentions hostiles.