SAUT
pied qui, dans la première situation accroupie, touche la terre de son extrémité à la pointe du jarret, s'élève progressivement, devient vertical dans la seconde, puis oblique dans la troisième, à l'instant où l'impulsion s'achève et détache le corps du sol.
C'est évidemment des membres postérieurs que dérive la puissance de projection destinée à mettre en mouvement la masse du corps : elle est produite par les deux à la fois, si le saut est simple, comme chez le lièvre, le lapin, la gerboise, la chèvre, le chat, etc., et par un seul, s'il est associé à une allure rapide, telle que le trot ou le galop ; car, dans ce dernier cas, les deux membres abdominaux ne se trouvent jamais ensemble à l'appui. Les muscles qui y contribuent le plus sont les extenseurs du jarret ou du métatarse, ceux de la jambe, et enfin (lu boulet, c'est-à-dire des articulations métatarso-phalangiennes chez les mammifères ongulés, notamment les solipèdes et les ruminants. Les extenseurs de la cuisse, le grand et le petit fessier y prennent aussi une part notable.
Les membres thoraciques agissent ici de concert avec les précédents, surtout dans le saut vertical. Leur participation au développement de la force de projection est aussi incontestable qu'elle est énergique; il suffit, pour s'en faire une idée, de se rappeler que ces extrémités, à elles seules, lancent le corps en l'air dans le cabrer, et relèvent au point de le mettre en équilibre sur les pieds de derrière. Du reste, on conçoit aisément que, s'ils se trouvent dirigés obliquement, ils peuvent contribuer aussi bien à la prépulsion qu'à l'élévation du centre de gravité: leur rôle dépend toujours essentiellement de la contraction des fléchisseurs des phalanges qui redressent l'angle métacarpo-phalangien et de celle du coraco-radial et du sus-épineux.
L'action des extenseurs, en ce qui concerne le mécanisme du saut, est remarquable par une énergie et une vitesse qu'elle ne possède pas, au même degré, dans la progression ordinaire : elle est énergique, car elle doit vaincre une résistance considérable, c'est-à-dire soulever le poids du corps et lancer celui-ci à une distance souvent très grande ; elle est brusque, instantanée, car c'est par son extrême rapidité qu'elle peut arriver à détacher l'animal de lu surface du sol. Sans cette dernière condition, elle rélèverait autant que lepermettrait l'extension des membres, ftiais elle ne lui ferait pas perdre l'appui.
La force résultant de la contraction des extenseurs est d'autant plus intense, toutes choses égales d'ailleurs, que les rayons des membres étaient préalablement plus fléchis, et son effet est d'autant plusétendu que ces rayons sont plus allongés. Aussi voit-on, d'une part, les animaux proportionner la flexion de leurs extrémités à l'étendue des bonds qu'ils veulent faire, et, d'autre part, les espèces jouir d'une aptitude à sauter qui est directement en rapport avec la longueur de leurs membres postérieurs. Cette dernière proposition, si bien établie par Borelli \ se trouve pleinement confirmée par l'étude comparative des mouvements de progression chez les divers animaux.
La force dérivée de l'action des exionseurs est bien évidemment la cause de la projection. Celle-ci ne tient nullement à la puissance de répulsion ou de réaction