‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 132 sur 287 · Borelli, /oc. «7., prop. CLXXVI · texte numérisé non relu

Borelli, /oc. «7., prop. CLXXVI

du terrain invoquée par Descartes, Borelli et tant d'autres. Cette force, d'une très grande intensité, s'exerce à peu près comme celle d'un arc subitement détendu ; elle se décompose en deux parties égales : — l'une, qui agit de haut en bas sur la résistance opposée par le sol ; — l'autre, qui agit de bas en haut, tend à élever le corps et n'a d'autre résistance à vaincre que la pesanteur de celui-ci. Le fait du partage de la puissance résultant de l'extension des extrémités est incontestable ; il est prouvé expérimentalement par le recul de la barque de laquelle on s'élance sur le rivage et par l'abaissement du plateau de la balance d'où l'on saute à terre. Des deux moitiés de cette force, celle qui pousse les pieds contre le sol est équilibrée ou détruite par la résistance de ce dernier, et d'autant mieux que sa surface est moins dépressible; l'autre, au contraire, qui tend à mettre en mouvement la masse du corps, a à vaincre la résistance représentée par la pesanteur de l'animal ; elle produit tout son effet lorsque le terrain ne se laisse pas déprimer, tandis qu'elle s'épuise à mesure que cède le point d'appui des extrémités.

Il ne saurait y avoir de doute sur le fait du déploiement, dans le saut, d'une force équivalente à au moins deux fois le poids du corps, et du partage de cette force en deux moitiés, l'une employée à lancer le corps au-dessus du sol, l'autre perdue en s'exerçant sur le terrain qu'elle tend à déprimer. Les expériences que j'ai faites à plusieurs reprises établissent l'exactitude de cette double proposition. En effet, si, après avoir mis sur le plateau d'une bascule deux fois le poids de son corps, soit, par exemple, 15U kilogrammes, on vient à s'élancer du pont à terre en s'élevant aune certaine hauteur, on soulève le plateau chargé de poids absolument comme si, sans sauter, on ajoutait sur le pont un poids de 75 kilogrammes. Une pression de 75 kilogrammes a été exercée de haut en bas sur le pont, et une autre égale de bas en haut pour soulever le corps ou le lancer à une certaine hauteur. De plus, à mesure que l'élan est plus énergique et que le saut est plus élevé, la pression sur la bascule s'accroît dans des proportions considérables C'est par l'augmentation mesurée de cette pression qu'on peut connaître la force déployée pour lancer le corps à telle ou telle hauteur. Ainsi, un jeune homme bien taillé, du poids de 72 kilogrammes, étant sur le pont et 144 kilogrammes sur le plateau, les 144 kilogrammes étaient soulevés à «ne grande hauteur lors des sauts de 1 mètre à 1",10 de haut sur 2 mètres à 2"", 17 de projection horizontale. En ajoutant successivement 5, 10, 15, et jusqu'à 20 kilogrammes, j'ai vu ces poids soulevés, mais non des poids plus considérables. Il suit de là que la force de projection développée dans le saut est égale, non seulement à deux fois le poids du corps, mais à deux fois, plus une fraction croissante avec l'étendue du saut. La moitié de cette force a un effet utile, l'autre se perd en luttant contre la résistance invincible du sol.

D'après M. Marey, le saut qui présente un grand nombre dp variétés chez l'homme où il s'associe à divers modes de locomotion, en aurait une dans laquelle la llexion très brusque des cuisses pourrait détacher le corps du sol sans impulsion préalable Alors les muscles fléchisseurs des membres abdominaux prendraient leur point d'a[)pui sur la masse du tronc et le dynamomètre sous les pieds n'accuserait aucun accroissement de pression. Mais dans le saut, pio-

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