‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 156 sur 287 · Girard, ouv. cité, p · texte numérisé non relu

Girard, ouv. cité, p

3. BuiTon, Histoire naturelle, édil. in-1 de l'imprimerie royale, déjà cilée, l. IV, p. -252.

Aristote ^, est celui de leurs amours. Il en est, comme la caille, qui crient dans le combat même; il en est qui crient avant le combat, comme pour défier l'adversaire; d'autres qui crient après la victoire, ainsi que le fait le coq. » Les mâles, dont l'appareil vocal est plus parfait que celui des femelles, chantent souvent, à l'exclusion de ces dernières, pendant qu'elles s'occupent, soit de la ponte ou de l'incubation, soit de l'éducation de leurs petits.

Ainsi, chaque animal des classes supérieures a donc, par la voix, un précieux moyen d'expression : chacun a dans le timbre et les autres caractères de cette voix quelque chose que les autres individus de la même espèce comprennent instinctivement. De plus, les animaux domestiques et ceux que l'homme apprivoise reconnaissent la voix du maître, quelquefois confondu dans la foule ; ils distinguent les paroles qui menacent de celles qui flattent. C'est là un fait que tout le monde a pu noter et qui s'applique non seulement au chien, au chat, mais encore au cheval et au bœuf. Sans doute ils ne savent pas le sens des mots, mais ils le devinent par l'intonation et les gestes de ceux qui les prononcent, comme le spectateur devine, à l'opéra ou au ballet, l'action qu'il ne peut suivre par les paroles. Néanmoins, l'animal se trompe souvent: l'oiseleur avec ses appeaux fait tomber dans le piège bien des oiseaux.

Quoique les animaux traduisent par les inflexions de la voix une foule de sensations diverses, ils ne peuvent nullement se créer un langage analogue à celui de l'homme; ils n'articulent pas les sons qu'ils produisent quelquefois aussi bien que nous. Cependant, on cite à cet égard quelques exceptions remarquables, surtout parmi les oiseaux : le perroquet et la pie sont assez connus sous ce rapport. Pline dit que le perroquet salue les empereurs et répète les mots qu'il entend; il ajoute que la pie aime à parler et qu'elle parvient facilement à ce genre d'imitation. Les exemples de cette nature cités par lui sont nombreux : tels ceux du corbeau éclos sur le temple de Castor et Pollux, corbeau qui saluait par leur nom Tibère et les jeunes Césars : — de la corneille qui prononçait des phrases entières ; — du sansonnet et du rossignol qui articulaient des mots grecs ou latins et répétaient même des phrases assez longues, etc. Le crédule naturaliste cite aussi, en doutant de sa réalité, l'exemple d'un chien qui aurait parlé. Leibnitz ^ dit avoir entendu un animal de cette espèce qui était parvenu, par le secours d'une longue éducation, à prononcer une trentaine de mots allemands. Quoi qu'il puisse être de l'authenticité de ces faits, il est certain que, par imitation, quelques animaux peuvent articuler, sans en connaître la valeur, plusieurs des mots qu'ils ont souvent l'habitude d'entendre.

IL — Des divers modes d'expression.

Indépendamment de la voix, les animaux ont encore d'autres moyens d'expression qui, sans être aussi variés que ceux de l'homme, ne laissent pas que d'être

1. Aristote, Histoire des animaux, liv. IV, p. 223, édit. citée.

2. Pline, Histoire des animaux, édit. citée, liv. IX, p. 374 et suiv.

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