‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 163 sur 287 · SOMMEIL · texte numérisé non relu

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leurs du caloii(|ue, ot cela, il est vi-ai, autant, pour éviter des sensations tactiles désagréables, que pour se préserver du refroidissement. La digestion continue alors, car beaucoup d'animaux, les carnassiers surtout, s'endorment après avoir pris leur repas ; la plupart des sécrétions ne paraissent nullement modifiées ; mais la transpiration est diminuée, toutes les déperditions sont réduites, aussi le besoin de réparation s'aflaiblit.

Mais les appareils organiques ne s'endorment point: celui delà génération qui, chez riiomme, éprouve si souvent une vive surexcitation pendant le sommeil, sous l'influence cérébrale, reste complètement engourdi chez les animaux, si l'on en juge par le défaut d'érection et d'émissions spermatiques. Cependant il ne faudrait pas croire que la vie organique est dans une activité permanente toujours égale. Elle a, aussi bien que l'autre, comme le dit iMiillei", ses moments de ralentissement, dont les périodes inégales ne coïncident point entre elles, pour tous les organes à la fois. On sait comment le relâchement du conir succède à la contraolion, comment l'inertie de l'estomac alterne avec son activité, et nous verrons liientùt de quelle manière les glandes salivaires, le pancréas, se reposent à la suite de leur supersécrétion. Les psychologues ont beaucoup disserté sur la question de savoir jusqu'à quel point les actions cérébrales se suspendent dans le sommeil. Les uns ont pensé que l'imagination, l'intelligence, l'esprit, le moi fatigué comme le corps, comme les sens, s'assoupit et s'endort avec eux, sauf dans les moments de rêves ; les autres, avec Jouffroy ', ont soutenu que le cerveau ne suspend pas son action, que l'esprit veille toujours, qu'il a constamment des idées, une perception confuse de ce qui se passe dans les viscères, des sensations vagues, qu'il discerne, parmi les bruits du dehors, ceux qui doivent arrêter l'attention ; qu'enfin il veut même, ou paraît vouloir, puisqu'on se réveille à l'heure où l'on a formé la résolution de le faire et qu'il tire, par conséquent, les sens de leur assoupissement. La preuve de cette activité non interrompue est dans le rêve que ce philosophe croit permanent, rêve qui ne paraît momentané que faute de laisser constamment des traces dans le souvenir. Le fait du rêve démontre au moins l'activité cérébrale enjeu ù certains moments. Cette activité est entretenue par des sensations vagues, que l'individu éprouve réellement, quoiqu'il n'en ait pas conscience, sensations objectives ou subjectives venues des viscères, du cceur, du poumon, des organes génitaux, lesquels peuvent faire naître des idées de rêves. Le cerveau paraît, en eflet, agir pendant le sommeil; l'imagination éveillée est fVap[)ée par les impressions j)assées plus que par les impressions actuelles: les idées se présentent à elle ordinairement confuses, incohérentes, sans association logique. La raison n'intervenant pas, comme dans la veille, pour les associer dans leurs rapports, pour les comparer, pour les juger, dissiper les illusions, l'esprit est duj)e, En un mot, les facultés cérébrales sont alors troublées, ainsi que le pense Alfred Maury-, comme dans l'aliénation mentale. Le rêve, qui témoigne de l'activité cérébrale, de l'exercice des facultés inégalementéveillées, serait, dans ses idées, comme dans celles de Cabanis, de Maine de Biran, de Lélut ^, unt^ hallucination, un lroubl(> de l'intelligence. Aussi

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