‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 166 sur 287 · Berger, Mémoires du Muséum, 1828, t. IV · texte numérisé non relu

Berger, Mémoires du Muséum, 1828, t. IV

o70 DES MOUVEMENTS.

ambiante de + 9, la sienne allait à -|- il avec 15 à 18 respirations par minute.

De même que tous les animaux hibernants ne tombent pas en léthargie à la même époque et sous l'influence du même degré de froid, de même aussi ils ne sont pas tous plongés dans une torpeur également profonde et ne se réveillent pas au même moment de l'année. La chauve-souris, les hérissons, les marmottes, les loirs s'engourdissent, les deux premiers à -j- 7° ou -[-6°, selon Saissy, les troisièmes, seulement à — 5°, et les quatrièmes à -j- 4" ou -f- 5"\ Quelques-uns de ces animaux peuvent ne pas s'engourdir, bien qu'ils soient souvent exposés à un froid assez intense, les marmottes en domesticité, par exemple.

L'état des fonctions chez les animaux hibernants varie beaucoup suivant les degrés de leur léthargie. Je viens de dire combien de variations peut offrir la chaleur intérieure. Gelle-ci étant toujours en rapport avec l'étendue de la respiration et avec la vitesse delà circulation, on conçoit queles 4, 6 ou 8 respirations par minute delà marmotte, les 4 ou 5 du hérisson, ne doivent pas produire une grande quantité de chaleur. Lorsque l'engourdissement est très profond, il peut arriver même, si l'on en croit Dugès, que la respiration soit tout à fait suspendue, que le galvanisme et les excitations mécaniques ne puissent plus susciter de contractions musculaires. Peut-être en est-il ainsi de certains reptiles ; mais le fait paraît peu probable en ce qui concerne les mammifères.

Quels que soient, du reste, les degrés de la torpeur hivernale, celle-ci est bien rarement continue; elle est, au contraire, fréquemment interrompue aux époques pendant lesquelles la température s'adoucit, et même au moment des plus grands froids. En effet, tous ceux qui ont étudié le sommeil hivernal ont constaté que les animaux engourdis se réveillent assez promptement quand on les expose à un (roid plus vif que celui auquel ils étaient habitués. Ce réveil est suivi d'une agitation extrême et très souvent de la mort. C'est là une particularité que j'ai maintes fois notée. Si le hérisson complètement engourdi à -f- 4 à 5 est exposé à un froid voisin de la congélation ou à quelques degrés au-dessous, il sort très vite de la torpeur, s'agite, bat des flancs et arrive bientôt à un réchauffement complet. Ainsi, ayant exposé à une température de — 5 un hérisson qui, depuis plusieurs jours, vivait dans une atmosphère à -\- 5 à 6, sa température propre, en moins d'une heure, s'éleva de -\- 7 à -|- 19, pendant que sa respiration s'accélérait considérablement; au bout de trois heures elle était arrivée à -}- 34. Dans des cas analogues, si la réaction est incapable d'élever la température à un degré voisin du chiffre normal, le réveil est bientôt suivi de la mort. Les hérissons jeunes périssent ainsi, en grand nombre, dans les hivers rigoureux.

Avant que les animaux s'engourdissent, ils se préparent, dit-on, au sommeil, par le jeune et d'abondantes évacuations dont l'eflet est de débarrasser l'estomac et l'intestin des matières excrémentitielles : aussi, pendant l'hibernation, trouve-t-on les viscères presque vides. Cependant ce fait n'est pas général. J'ai vu souvent des hérissons s'engourdir après un bon repas, dont la digestion devait se faire avec lenteur pendant le sommeil. Ils sont alors très gras; mais par suite de la persistance de la respiration et des actions nutritives, la graisse qui s'était préalable-

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