‹ Traité de physiologie comparée des animaux considérée dans ses rapports avec les sciences naturelles, la médecine, la zootechnie et l'économie rurale (volume 2)Chapitre 17 sur 287 · II. — Propriétés gréiiéralcs du système nerveux · texte numérisé non relu

II. — Propriétés gréiiéralcs du système nerveux

Les centres et les cordons nerveux jouissent de trois propriétés distinctes : la sensibilité, l'excitabilité ou motricité, et cette autre qu'il est difficile de dénommer d'où paraissent résulter les opérations de l'instinct et de rintelligence.

La sensibilité est la propriété par laquelle certaines parties nerveuses reçoivent les impressions, les transmettent ou les perroivent.

La plupart des nerfs, mais non tous, les nerfs dits sensilifs, les nerfs mixtes, les racines supérieures des nerfs spinaux, les cordons supérieurs de la moelle épinière, le bulbe, la protubérance, etc., jouissent de cette ju-opriété. Au contraire, les nerfs moteurs, les racines inférieures des nerfs spinaux, les cordons inférieurs de la moelle, le cervelet et les hémisphères cérébraux sont insensibles ou à peu près insensibles.

L'excitabilité est une autre propriété par laquelle certaines parties nerveuses peuvent, lorsqu'elles sont stimulées, provoquer des mouvements ou des contractions musculaires : c'est la propriété d'exciter les mouvements, ou la motricité. Le mésocépbale, la moelle allongée, la moelle épinière, les nerfs mixtes, les nerfs moteurs, sont des parties excitables.

Ces deux propriétés peuvent être réunies dans les mêmes parties ou se trou\er

distinctes. Ainsi, d'une part, le mésocéphale et le bulbe sont, à la fois sensibles et excitables, leur stimulation provoque de la douleur et des mouvements : d'autre part les cordons inférieurs de la moelle et les nerfs moteurs ne sont qu'excitables, leur irritation provoque des mouvements, sans donner lieu à de la douleur ou à une sensation quelconque.

La sensibilité dans les organes nerveux est presque toujours associée à l'excitabilité, car c'est par la première que la seconde est mise en jeu ; mais les deux propriétés n'en sont pas moins distinctes au fond. Ainsi, lorsqu'une stimulation appliquée à un nerf sensitif donne lieu à de la douleur et à des contractions musculaires, le nerf sensitif reçoit et transmet l'impression ; l'encépbale ou la moelle la perçoit et réagit, puis le nerf moteur envoie au muscle l'excitation motrice du centre cérébro-spinal.

La propriété en vertu de laquelle s'effectuent les opérations de la volonté, de l'intelligence, de l'instinct, parait appartenir principalement aux hémisphères cérébraux qui ne jouissent ni delà sensibilité, ni de l'excitabilité telles qu'elle:^ se caractérisent dans les autres parties nerveuses.

Ces propriétés distinctes, séparables, par la fonction, par l'expérimentation et par divers troubles morbides ont leurs instruments, leurs organes particuliers. Il y a, en effet, dans le système nerveux, trois appareils spéciaux : l'un pour la sensibilité, l'autre pour la motricité et le troisième pour les opérations instinctives et intellectuelles. Il est facile de démontrer que cette distinction est incontestable.

On sait depuis longtemps, puisque Érasistrate et Galien l'avaient déjà reconnu, qu'il y a des nerfs du sentiment distincts de ceux du mouvement, et les recherches des modernes ont établi d'une façon incontestable que certains nerfs et certaines parties des centres nerveux, comme la portion ganglionnaire du trifacial, l'olfactif, l'optique, les racines supérieures des nerfs rachidiens, le cordon supérieur de la moelle épinière, sont exclusivement en rapport avec la sensibilité. Leur ensemble constituerait donc l'appareil sensitif qu'on pourrait même subdiviser en deux fractions : l'une pour la sensibilité générale, l'autre pour la sensibilité spéciale. En second lieu, il y a des nerfs exclusivement moteurs, tels que l'oculomusculaii-e commun, le moteur externe de l'œil, le pathétique, le facial, l'hypoglosse et les racines spinales inférieures. Ces différents nerfs, auxquels il faut joindre le cordon inférieur de la moelle épinière, puis la moelle allongée, où réside le principe des mouvements respiratoires, et le cervelet, qui coordonne les mouvements de translation, composeraient l'appareil de la motricité. Enfin, les hémisphères cérébraux formeraient à eux seuls l'appareil chargé de la perception des sensations et de tout ce qui est relatif aux facultés, soit instinctives soit intellectuelles.

La localisation de la sensibilité, de la motricité et des facultés intellectuelles dans des parties difl'érentes du système nerveux est, comme nous le verrons, du reste, plus tard, un fait incontestable. Cependant il ne faudrait pas croire que ces trois groupes de propriétés ont partout un siège et des organes parfaitement distincts : s'il est évident que dans la moelle épinière et les nerfs la sensibilité s'isole delà motricité, il n'en est pas de même dans l'encéphale. Ici le siège de

Page 1